Nos cérémonies, un audacieux conte d’été …

Nos cérémonies, un audacieux conte d’été …

NOS CÉRÉMONIES

Drame – Fantastique – France – 2021 – 1h44
Réalisation : Simon Rieth
Scénario : Simon Rieth & Léa Riche
Distribution : Raymond Baur, Simon Baur, Maïra Villena…

Sorti en salles le 3 mai 2023

Disponible en DVD & VOD le 6 septembre 2023 – The jokers
16/9 -2.35 – Français 5.1 – Audiodescription – Sous titres français pour sourds et malentendants

Le pitch
Royan, 2011. Deux jeunes frères, Tony et Noé, jouent au jeu de la mort et du hasard… Jusqu’à l’accident qui changera leur vie à jamais. Dix ans plus tard, ils recroisent la route de Cassandre, leur amour d’enfance. Mais les frères cachent depuis tout ce temps un secret…

Le film ***
Auteur, réalisateur de six courts métrages (dont FEU MES FRÈRES proposé ici en bonus), Simon Rieth, nous livre avec NOS CÉRÉMONIES, à seulement 27 ans, un premier film étrange et audacieux en forme de conte estival et fantastique.

C’est un récit d’apprentissage explorant la complexité et l’ambiguïté de la relation fraternelle qui lie Tony & Noé que nous invite à explorer le jeune cinéaste. Malgré le jeu parfois « bord cadre » de Raymond et Simon Baur, l’indéniable communion qui lie les deux frères nourrit le film d’un véritable supplément d’âme.

« … C’est quelque chose qui était important de me dire que c’était un film sur des corps masculins qui vont aussi être érotisés » Simon Rieth

Simon Rieth avait la volonté de filmer avec sensualité des corps qui peuvent être à la fois extrêmement violents et extrêmement doux et de montrer ainsi la beauté de ces corps d’hommes.

Le jeune réalisateur affiche aussi, dès le début du film, une envie de déstabiliser le spectateur, afin de le mettre dans une position particulière et c’est parfaitement réussi.

« Chaque mouvement est millimétré, chaque déplacement est pensé » Simon Rieth

Baigné par la magnifique lumière de la côte atlantique et le remarquable travail de la directrice photo Marine Atlan, NOS CÉRÉMONIES est, vous l’aurez compris, un film au style narratif, visuel et sonore très affirmé et qui propose une image assez rare dans notre cinéma. Il déroute parfois, envoute souvent et marque durablement notre rétine et notre esprit.
Un premier long d’un jeune cinéaste plus que prometteur qu’il faut (re)découvrir sans tarder en DVD ou VOD …

Bonus ***
Court métrage FEU MES FRÈRES de Simon Rieth (47mn)

Remercions The Jokers, éditeur du DVD de NOS CÉRÉMONIES de nous proposer en bonus le premier court métrage de Simon Rieth qui y mettait en scène, son jeune frère Hugo, comme dans tous ses autres courts.
Il n’est pas interdit de voir dans FEU MES FRÈRES comme une tentative d’ébauche de NOS CÉRÉMONIES. On y retrouve de nombreuses thématiques comme la fraternité, le rapport à la mort, l’adolescence et la masculinité, sans oublier un goût certain pour le cadre et l’image.
FEU MES FRÈRES & NOS CÉRÉMONIES ont attisé notre curiosité. Nous attendons désormais la suite du parcours de ce jeune réalisateur avec impatience.

Le + Cin’Écrans
C’est à quelques kilomètres des principaux lieux de tournage de NOS CÉRÉMONIES, et à l’occasion d’une avant-première de son film au cinéma Créa-Le Relais de Saint-Georges de Didonne, que nous avons rencontré Simon Rieth pour évoquer ce premier long-métrage…

INTERVIEW SIMON RIETH

La fiancée du poète, délicieuse fantaisie de Yolande Moreau

La fiancée du poète, délicieuse fantaisie de Yolande Moreau

« Il ne faut pas avoir peur d’aller dans l’inconnu… » Yolande Moreau

Yolande Moreau est sans aucun doute l’une de nos comédiennes les plus attachantes mais aussi l’une de nos cinéastes les plus originales.
C’est en 2004 que l’inoubliable interprète de Yolande dans Les Deschiens se lance dans le grand bain de la réalisation avec QUAND LA MER MONTE, un premier essai derrière la caméra qu’elle écrit et réalise avec son complice Gilles Porte.

Ce récit très original et personnel est récompensé du prestigieux Prix Louis Delluc du premier film ainsi que le César de la meilleure première œuvre et celui de la meilleure actrice pour Yolande Moreau. Cinq ans plus tard, son rôle-titre dans SÉRAPHINE de Martin Provost lui vaudra son second César d’interprétation.
En 2013, l’actrice, scénariste et réalisatrice signe cette fois en solo HENRI, une comédie dramatique qu’elle présente la même année à La Quinzaine des réalisateurs.

« J’aimerai bien être une cinéphile, je vais peut-être m’y mettre en vieillissant ! » Yolande Moreau

Il aura donc fallu patienter 10 ans avant de découvrir son troisième long-métrage LA FIANCÉE DU POÈTE, qu’elle coécrit cette fois avec Frédérique Moreau, une scénariste avec qui la cinéaste n’a aucun lien de parenté…

Amoureuse de peinture et de poésie, Mireille s’accommode de son travail de serveuse à la cafétéria des Beaux-Arts de Charleville tout en vivant de petits larcins et de trafic de cartouches de cigarettes. N’ayant pas les moyens d’entretenir la grande maison familiale des bords de Meuse dont elle hérite, Mireille décide de prendre trois locataires. Trois hommes qui vont bouleverser sa routine et la préparer, sans le savoir, au retour du quatrième : son grand amour de jeunesse, le poète.

Avec LA FIANCÉE DU POÈTE, Yolande Moreau nous régale d’une fable poétique en forme de fantaisie enchanteresse et peuplée de joyeux faussaires.
Pour l’accompagner dans cette aventure atypique, la réalisatrice s’est entourée d’un casting 5 étoiles avec, entre autres, Grégory Gadebois, Sergi Lopez, Thomas Guy, Esteban ou bien encore William Sheller dans le rôle d’un curé qui chante du Abba en s’accompagnant à l’orgue.

« Est-ce que tu peux chanter un peu plus faux, tu m’avais habitué à pire… » Esteban, à propos d’une demande de Yolande Moreau

LA FIANCÉE DU POÈTE est une œuvre généreuse, bigarrée et excentrique, à l’image de son instigatrice et principale interprète, la géniale Yolande Moreau.
C’est au cours du Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de parler avec Yolande Moreau de cette troisième réalisation, du sentiment d’usurpation ou bien encore de son plaisir d’actrice à donner la réplique à ses formidable partenaires…
Dans la foulée de ce moment délicieux passé avec Yolande Moreau, nous nous sommes régalés à échanger autour du film avec Thomas Guy et Esteban au cours d’une interview totalement improvisée mais réjouissante…
Merci à Yolande et ses deux formidables comédiens pour ce moment drôle, touchant et décalé à l’image de ce film que l’on vous recommande très chaleureusement.

INTERVIEW YOLANDE MOREAU, THOMAS GUY & ESTEBAN

LA FIANCÉE DU POÈTE
Un film de Yolande Moreau
Scénario de Yolande Moreau & Frédérique Moreau
Avec Yolande Moreau, Grégory Gadebois, Thomas Guy, Esteban, Sergi Lopez, William Sheller, Anne Benoit, François Morel, Philippe Duquesne…
Comédie dramatique – 1H43 – France
Sortie en salles le 11 octobre 2023

La femme flic d’Yves Boisset – Noir c’est noir…  

La femme flic d’Yves Boisset – Noir c’est noir…  

LA FEMME FLIC

Drame – Policier – 1980 – 1H49 (Blu ray) 1H45 (DVD) – France
Réalisation : Yves Boisset
Scénario :
Yves Boisset & Claude Veillot
Distribution : Miou-Miou, Jean-Marc Thibault, Leny Escudero, Jean-Pierre Kalfon, François Simon, Niels Arestrup…

Sorti en salles le 8 janvier 1980

Film en version restaurée 4K par Studiocanal. Disponible en Blu-ray, DVD et VOD – le 19 septembre 2023 – Tamasa
Français 16/9 – 1.66 :1 – Dolby digital 2.0

Le pitch
Parce que son sens du devoir dérange, l’inspecteur Corinne Levasseur se voit reléguée aux travaux administratifs dans une petite ville du Nord. Mais elle est bientôt chargée d’enquêter sur une affaire de prostitution enfantine… Son action met sa vie en danger…

Le film ***
C’est en 1980 que LA FEMME FLIC sort sur les écrans français.
Après avoir signé deux films plus intimistes qu’à l’accoutumée, (UN TAXI MAUVE et LA CLÉ SUR LA PORTE, Yves Boisset, en bon franc-tireur qu’il est, revient à ce cinéma de dénonciation (qui est un peu sa marque de fabrique), où il n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat…
En l’occurrence, à travers le portrait de cette femme flic qui doit faire face à la condescendance, voire au mépris, de certains de ses collègues, le réalisateur pointe du doigt la lutte des classes qui règne au cœur d’une cité ouvrière, les petits arrangements entre « amis » et la politique des notables inattaquables, le tout sur fond d’affaire pédophile…

Force est de constater que le 12è long-métrage du réalisateur de DUPONT LAJOIE et LE JUGE FAYARD DIT « LE SHÉRIFF » pose un regard très moderne sur la condition de la femme dans une institution comme la police à l’aube des 80’s..
Près de 45 ans plus tard, les choses ont bien évolué, même s’il reste encore beaucoup à faire…
Le film est aussi la peinture sans fard (et sans véritable lueur d’espoir) d’une petite ville de province, pauvre et éclaboussée par une répugnante affaire de mœurs.

Alors oui, sur la forme LA FEMME FLIC parait un peu daté et peine à décoller, mais si l’on passe le cap des 40 premières minutes et le jeu parfois approximatif  de certains acteurs, on finit par se passionner pour cette histoire dont certains aspects semblent malheureusement, encore terriblement actuels.
Aujourd’hui, le drame policier d’Yves Boisset avec une Miou-Miou à fleur de peau s’offre une sortie en version restaurée 4K agrémentée d’un passionnant bonus. À (re)voir donc !

Bonus ***
ANTIGONE CHEZ LES FLICS, documentaire de Roland-Jean Charna avec Bernard Payen, Richard Marlet et Yves Boisset (48mn)

C’est un documentaire conséquent de 48 minutes qui est proposé ici en bonus du film.
Son réalisateur Roland-Jean Charna revient longuement sur la genèse du film à la toute fin des années 70, par le biais d’entretiens croisés avec Richard Marlet, commissaire général honoraire, Bernard Payen, programmateur à la Cinémathèque Française et Yves Boisset, réalisateur de LA FEMME FLIC.
Sont ainsi longuement expliquées les origines de ce film inspiré de la carrière d’une femme policière et de plusieurs faits divers ayant défrayé la chronique au cœur des années 70.

On y évoque aussi évidemment le contexte de sa réalisation à une époque où les femmes avaient bien du mal à se faire respecter et à trouver leur juste place au sein d’une société (et notamment de la police) terriblement patriarcale.

Parmi les nombreuses autres questions abordées au cours de ce doc, on retiendra celle concernant le choix de Miou-Miou pour incarner cette femme-flic. Un rôle destiné, à l’origine, à Isabelle Huppert qui ne participera donc pas à cette aventure pour cause de tournage sans fin (ou presque !) du film de Michael Cimino LES PORTES DU PARADIS.

Saint-Jean-de-Luz tombe en amour pour Agnès Jaoui et décerne 3 prix à Dissidente

Saint-Jean-de-Luz tombe en amour pour Agnès Jaoui et décerne 3 prix à Dissidente

Initié et mené de mains de maitre, avec toujours beaucoup d’humour, par le passionné Patrick Fabre, le Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz fêtait cette année ses 10 ans.
Un festival pour lequel les années se suivent et se ressemblent sur au moins trois points…

– Son très bon esprit et sa convivialité qui en font l’un des événements les plus plaisants de la saison ciné.

– La qualité générale de sa programmation qui s’affirme de plus en plus éclectique et aventureuse chaque année (Merci qui ? Merci Patrick, évidement 😊 !)

– Son positionnement temporel en début d’automne qui lui apporte une saveur particulière, d’autant plus que cette année, public et festivaliers ont été irradiés par un soleil omniprésent. Une chaleur plaisante mais dont on n’est pas certain de devoir se réjouir, qui n’a pas empêché les salles d’être complètes, sur l’essentiel des séances.
Il faut vraiment dire, et toutes les équipes de films présentes l’ont souligné, que ce public vient non seulement en nombre, mais fait aussi preuve d’une belle curiosité sur tous les événements proposés tout au long de la semaine, tels que les master class d’Alex Beaupain et Agnès Jaoui ou la rencontre avec Thomas Bidegain.

S’il est impossible ici de détailler tous les excellents moments passés durant la semaine, voici en vrac, quelques souvenirs sur lesquels j’aurai, pour certains, le plaisir de revenir ces prochaines semaines…

Je me souviens de l’immense plaisir d’assister aux répétitions du concert d’Alex Beaupain puis de partager avec le public de la soirée d’ouverture, l’instant de grâce de son duo avec Agnès Jaoui sur « Avant la haine ».

Souvenir également de la belle complicité unissant tous les membres du jury autour de cette même Agnès Jaoui, présidente du jury, de la forte émotion provoquée par les témoignages d’amour et d’admiration des spectateurs de sa Masterclass à… Agnès Jaoui, encore et toujours !

Je me souviens également du plaisir de retrouver pour des sujets/interviews à venir des talents comme… Agnès Jaoui, Sarah Suco, William Lebghil, Alysson Paradis, Thierry Klifa, Bryan Marciano & Valérie Lemercier, Thomas Bidegain, Julien Carpentier, Massimo Riggi, Hugo Becker
Celui d’échanger pour la première fois avec des réalisateurs.trices passionné.es, à propos de leurs premiers courts ou longs métrages. Sans oublier la magnifique et très touchante complicité d’Emmanuelle Devos & Raphaël Thierry, les deux principaux interprètes de L’HOMME D’ARGILE, le troublant premier long-métrage d’Anaïs Tellenne.

Souvenir enfin, d’avoir fait de belles découvertes avec l’envie de partager très prochainement mon plaisir de spectateur.
Je citerais plus particulièrement, parmi les films que ne n’ai pas encore évoqués, le formidable JE NE SUIS PAS UN HÉROS de Rudy Milstein, le puissant DISSIDENTE (3 fois récompensé) de Pier-Philippe Chevigny, le troublant QUITTER LA NUIT de Delphine Girard, le bouleversant NOUVEAU MONDE de Vincent Capello, le très attachant PATERNEL de Ronan Tronchot, la réjouissante comédie d’Ann Sirot et Raphaël Balboni LE SYNDRÔME DES AMOURS PASSÉES ou bien encore l’excellent court-métrage UN BON GARÇON (3 prix lui aussi) de Paul Vincent de Lestrade, que l’on retrouvera très certainement d’ici quelque temps en compétition à Saint-Jean-de-Luz avec son premier long. C’est en tous cas, tout le bien qu’on lui souhaite.

En attendant, découvrez ci-dessous le palmarès complet de cette très belle édition qui s’est achevée avec la projection en avant-première du remarquable premier long-métrage de Julien Carpentier avec William Lebghil et Agnès Jaoui, décidément incontournable cette années à St Jean.

PALMARÈS COMPLET

Le jury présidé par Agnès Jaoui et composé de Sarah Suco, Alysson Paradis, Guillaume de Tonquédec et William Lebghil a décerné les prix suivants :

Grand Prix parrainé par Blue Efficience
DISSIDENTE de Pier-Philippe Chevigny

Une mention spéciale a été attribuée à L’HOMME D’ARGILE d’Anaïs Tellenne

Prix d’Interprétation Masculine parrainé par le conseil départemental
Diego Murgia dans LES TROIS FANTASTIQUES de Michaël Dichter

Prix d’Interprétation Féminine parrainé par Joa Casino
Ariane Castellanos dans DISSIDENTE de Pier-Philippe Chevigny

Prix de la Mise en Scène
Nehir Tuna pour YURT

AUTRE PRIX LONGS MÉTRAGES

Prix du jury jeunes parrainé par Porosus
L’HOMME D’ARGILE d’Anaïs Tellenne

Prix du public parrainé par France TV
DISSIDENTE de Pier-Philippe Chevigny

PRIX SFCC de la critique
YURT
de Nehir Tuna

PRIX COURTS MÉTRAGES

Prix Vision d’avenir des exploitants – Court métrage
UN BON GARÇON de Paul Vincent de Lestrade

Prix du public – Court métrage
UN BON GARÇON
de Paul Vincent de Lestrade

Prix du jury jeune  – Court métrage
ASSOIFÉ
de Lisa Sallustio

Prix du jury – Court métrage
UN BON GARÇON de Paul Vincent de Lestrade

Prix Révélation Arda
Vladislav Botnaru
dans LES CORNEILLES BLANCHES de Denis Liakhov

Prix du producteur d’avenir
Yoan Scherb de Nolita Productions pour JE JOUE RODRIGUE (prix du public – Court-métrage 2022) de Johann Dionnet et MARTINGALE de Marthe Verdet, présenté cette année en compétition

ET BIENTÔT SUR CIN’ÉCRANS

Retrouvez prochainement sur Cin’Ecrans toutes les interviews (plus d’une trentaine en 6 jours) réalisées à l’occasion de cette très belle 10ème édition du festival…

J’en profite pour remercier infiniment Jeanne Billaud & Laurent Renard de m’avoir permis la réalisation de ces beaux et très nombreux entretiens, mis en image par FX Guihot 🙂

Haute tension pour Henri Verneuil !
Haute tension pour Henri Verneuil !

Ces deux films s’offrent une nouvelle jeunesse avec ces belles sorties numériques agrémentées de nombreux et passionnants bonus. On est ravi de retrouver Yves Montand & Patrick Dewaere dans ces deux thrillers qui n’ont rien perdu de leur pertinence et de leur efficacité avec le temps.

lire plus
Le règne animal… ça fait mal !

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LE RÈGNE ANIMAL

Un film de Thomas Cailley
Scénario de
Thomas Cailley & Pauline Munier
Avec Romain Duris, Paul Kircher, Adèle Exarchopoulos, Tom Mercier…
Drame – Fantastique – 2H08 – France
Sortie en salles le 4 octobre 2023

L’histoire
Dans un monde en proie à une vague de mutations qui transforment peu à peu certains humains en animaux, François fait tout pour sauver sa femme, touchée par ce phénomène mystérieux. Alors que la région se peuple de créatures d’un nouveau genre, il embarque Émile, leur fils de 16 ans, dans une quête qui bouleversera à jamais leur existence.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Il aura fallu patienter près de 10 ans après LES COMBATTANTS, le premier et brillant long métrage de Thomas Cailley pour enfin découvrir son nouveau film. Et autant le dire d’emblée, nous ne sommes pas déçus, bien au contraire.
Avec LE RÈGNE ANIMAL, le réalisateur passe à la vitesse supérieure et signe un grand film d’auteur fantastique et populaire, à ne surtout pas louper.

LE RÈGNE ANIMAL est un film hybride et passionnant, quelque part entre le mélodrame, la fable écologique et le thriller surnaturel avec une irruption étonnante du fantastique dans le quotidien de ses personnages. A ce titre la séquence d’ouverture du film restera comme un modèle du genre et mérite de mettre le spectateur au cœur du propos en un temps record.

2 / A travers cette nouvelle œuvre, le cinéaste interroge, notamment et avec beaucoup de subtilité, notre rapport à la nature et des conséquences qui se profilent déjà dans nos vies de tous les jours. Alors évidemment, nous sommes dans la fiction, le fantastique et donc les humains sont rappelés à leur condition animale. Et ça fait mal ! Mais le résultat est cinématographiquement époustouflant avec une direction artistique remarquablement maitrisée. Du grand art !

3/ Saluons enfin la remarquable direction d’acteurs de Thomas Cailley. Paul Kircher révélé par LE LYCÉEN de Christophe Honoré porte le film sur ses jeunes épaules. Il est absolument parfait, à l’image de Romain Duris qui excelle dans ce rôle de père désemparé par la fougue de son fils et amoureux fou et désemparé…
Citons aussi Adèle Exarchopoulos qui donne beaucoup de relief à son personnage de gendarme empathique qui doit se battre contre une hiérarchie enlisée dans un sexisme d’un autre temps.
De film en film, la comédienne prouve qu’elle peut tout jouer et surtout à quel point elle est devenue indispensable à notre paysage cinématographique. Tout comme le cinéma de Thomas Cailley, en quelque sorte ! Et cette fois-ci, hors de question d’attendre 10 ans de plus pour déguster son prochain film… On a hâte !