Annie colère, histoire d’un mouvement injustement oublié !

Annie colère, histoire d’un mouvement injustement oublié !

ANNIE COLÈRE

Drame – Français – 2022 – 1h59 (blu ray) 1h56 (dvd)
Réalisation : Blandine Lenoir
Scénario : Blandine Lenoir et Axelle Ropert

Distribution : Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair, Rosemary Standley, Damien Chapelle, Yannick Choirat, Florence Muller, Cédric Appietot…

Sorti en salles le 30 novembre 2022
Disponible en Blu ray, DVD & VOD le 4 avril 2023
16/9 – Français 5.1 et 2.0

Le pitch
février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous.

Le film ****
Avec ce 3ème long métrage, Blandine Lenoir (ZOUZOU, AURORE) nous livre sans aucun doute son film le plus ambitieux et le plus abouti. Une œuvre intime et politique qui vient nous rappeler combien ce combat collectif est aujourd’hui encore, malheureusement nécessaire.

En près de deux heures, la réalisatrice nous invite à (re)découvrir les enjeux majeurs vécus par les femmes (mais aussi quelques hommes) au cœur des années 70, à travers leur juste combat pour le droit à l’avortement, à quelques mois de la loi initiée avec vigueur par Simone Veil.

ANNIE COLÈRE possède la puissance d’un documentaire grâce au formidable travail de recherche effectué par la réalisatrice et sa coscénariste Axelle Ropert. Leur scénario est d’ailleurs nourri en grande partie par la thèse de la chercheuse Lucile Ruault, conseillère historique sur le film.

Quant à l’incarnation de ces femmes « combattantes du quotidien » par des actrices aussi remarquables que Laure Calamy (déjà à l’affiche des deux premiers longs de Blandine Lenoir), Zita Hanrot, India Hair, Rosemary Standley ou Florence Muller, elle donne au film une puissance émotionnelle plus forte encore.

Bonus ****
Scènes coupées (15mn)
Entretien avec Blandine Lenoir et deux anciennes militantes du MLAC, Irène Jouannet et Brigitte Daudu (14mn)
Le film commenté par la réalisatrice Blandine Lenoir et  la conseillère historique sur le film, Lucile Ruault

Outre le commentaire audio du film par la réalisatrice et sa conseillère historique Lucile Ruault, ce sont une douzaine de scènes coupées qui sont proposées en bonus. Même si certaines de ces séquences présentent un certain intérêt, on imagine assez bien que d’autres auraient ralenti le rythme d’un film déjà très dense. A voir par curiosité.

En revanche, on ne peut que vous conseiller le passionnant entretien avec Blandine Lenoir et deux anciennes militantes du MLAC, Irène Jouannet et Brigitte Daudu. L’occasion pour les trois femmes de revenir sur le mouvement du MLAC, sa création, son existence et son importance sur les longs mois qui ont précédé la promulgation de la loi Veil.

La réalisatrice nous explique également la manière dont s’est déroulé le tournage de ce film à haute teneur émotionnelle et sur l’importance de transmettre aujourd’hui ce pan d’histoire et de rendre hommage au combat de ces femmes et de ces hommes.

Noémie dit oui… jusqu’au dégout !

Noémie dit oui… jusqu’au dégout !

« C’est très facile de tomber dans la prostitution, c’est très difficile de s’en sortir ! » Geneviève Albert

NOÉMIE DIT OUI

Noémie, une adolescente impétueuse de 15 ans, vit dans un centre jeunesse depuis trois ans. Lorsqu’elle perd tout espoir d’être reprise par sa mère, Noémie fugue du centre en quête de repères et de liberté. Elle va rejoindre son amie Léa, une ancienne du centre, qui l’introduit dans une bande de délinquants. Bientôt, elle tombe amoureuse du flamboyant Zach qui s’avère être un proxénète. Fin stratège aux sentiments amoureux ambigus, Zach incite Noémie à se prostituer. Récalcitrante au départ, Noémie dit oui

« j’ai beaucoup appris et je crois que j’en sors une actrice différente et une actrice meilleure… » Myriam DeBonville

Sorti il y a tout juste un an au Québec, NOÉMIE DIT OUI trouve enfin le chemin des salles françaises après un passage très remarqué en août dernier au Festival du film francophone d’Angoulême.
Un festival où le film a été récompensé de deux prix, le Valois des étudiants francophones et une mention spéciale pour la jeune et remarquable interprète de Noémie, Kelly Depeault.

La scénariste et réalisatrice Geneviève Albert signe avec ce premier long métrage choc, une œuvre âpre mais indispensable qui dénonce avec puissance la spirale infernale de la prostitution juvénile.
Sans aucun pathos et sans jamais l’enfermer dans un rôle de victime, la réalisatrice dresse le portrait d’une adolescente livrée à elle-même, Si Noémie accepte de se prostituer, c’est par amour d’un jeune délinquant et pour gagner un peu d’argent. Mais très vite, la jeune femme, escorte malgré elle, va se battre farouchement pour échapper à un destin sordide.
Geneviève Albert ne cède jamais à la facilité et met en scène avec force et de manière quasi-clinique l’enchainement des passes, afin de bien ancrer dans l’esprit du spectateur l’horreur, l’abjection de ces situations, jusqu’à l’écœurement

La réalisatrice a trouvé en Kelly Depeault, une interprète à la puissance de jeu sidérante. On comprend aisément que sur le tournage, la jeune actrice ait eu besoin d’un sas de décompression après le tournage de certaines scènes éprouvantes.

« J’ai demandé à toute l’équipe de porter des oreilles de lapin, pendant qu’on faisait les scènes d’agression…  » Kelly Depeault

C’est entre autres ce que Kelly et sa mère de cinéma, Myriam DeBonville, nous ont confié lors d’une interview réalisée en août dernier au cours du Festival du film francophone d’Angoulême. L’occasion aussi évidement d’échanger avec la réalisatrice sur les raisons qui l’ont poussé, pour son premier film, à s’emparer d’un tel sujet…    

NOÉMIE DIT OUI
Un film de Geneviève Albert
Scénario de Geneviève Albert
Avec Kelly Depeault, James-Edward Métayer, Emi Chicoine, Maxime Gibeault, Myriam DeBonville…
Drame – 1h56– Québec
Sortie en salles le 26 avril 2023

INTERVIEW GENEVIÈVE ALBERT, KELLY DEPEAULT & MYRIAM DEBONVILLE

Petit miracle pour Gad Elmaleh

Petit miracle pour Gad Elmaleh

RESTE UN PEU

Comédie– France – 2022 – 1h26
Réalisation : Gad Elmaleh
Scénario : Gad Elmaleh & Benjamin Charbit

Distribution : Gad Elmaleh, Régine Elmaleh, David Elmaleh, Judith Elmaleh…

Sorti en salles le 16 novembre 2022

Disponible en DVD & VOD le 16 mars 2023 – Studio Canal
16/9 – Français DD 5.1 & 2.0 – Audiodescription – Sous-titres pour sourds et malentendants

Le pitch
Après trois années à vivre l’« American dream » Gad Elmaleh décide de rentrer en France. Sa famille et ses amis lui manquent. Du moins, c’est la réponse officielle pour justifier son retour… car Gad n’est pas (seulement) rentré pour le couscous de sa mère. Non, c’est une autre femme qu’il vient retrouver à Paris… la Vierge Marie.

Le film ***
Soyons honnête ! 14 ans après COCO, premier film un peu “tape à l’œil” de Gad Elmaleh, on n’attendait pas forcément grand-chose de la seconde réalisation de l’humoriste chouchou des Français. On avait tort !
De la comédie décomplexée à l’autofiction, il n’y a qu’un pas que Gad Elmaleh franchit avec une belle santé. Le comédien y fait part de ses questionnements sur son rapport à la religion et sur le poids de l’injonction familiale, avec la complicité bienveillante et parfois exaspérée de ses parents, qui jouent leur propre rôle. A mi-chemin entre le documentaire existentialiste et la comédie familiale, RESTE UN PEU touche juste. Gad Elmaleh y pointe avec malice et insolence les pièges du communautarisme et nous livre une réflexion intime sur le sens de la vie… de sa vie.

Religion et famille, une association qui ne fait pas toujours bon ménage…
Alors, faut-il se résoudre à mentir par amour ? La question est posée avec humour et distance.

Bonus ***
Entretien avec Pierre-Henri Salfati et père Barthélémy (33’)
Scènes coupées (20’)

Pour compléter judicieusement la découverte de RESTE UN PEU, Ava Cahen (rédactrice en chef de la revue FrenchMania et Déléguée Générale de la Semaine de la Critique à Cannes) nous convie à une discussion très libre et curieuse, qui va bien au-delà du film, entre le père Barthélémy et le rabbin Pierre-Henri Salfati.

L’occasion pour les deux hommes de foi de revenir sur les circonstances de leur rencontre avec Gad Elmaleh et sur les enjeux du film.
Un long métrage atypique qui représente un challenge intéressant pour le père Barthélémy, à qui Gad Elmaleh a demandé de jouer en essayant de rester le plus proche du moment de leur rencontre.
Pour le prêtre, RESTE UN PEU présente la particularité d’avoir un vrai souffle spirituel tout en répondant aussi aux codes de l’humour et de la comédie. On ne saurait mieux dire…

20 belles minutes de scènes coupées viennent compléter ce premier et conséquent bonus.

Des séquences qui présentent, quasiment toutes, un véritable intérêt narratif et dont on aurait aimé connaitre, de la part du réalisateur, les raisons de leur absence.

On retiendra en particulier la longue et émouvante scène où Gad découvre le « cockpit » de son père et la frustration de ce dernier n’avoir jamais trouvé un rôle au cinéma.

Autres séquences à retenir, la rencontre entre sœur Catherine et Régine, la mère de Gad Elmaleh qui s’interroge sur la crise de foi de son fils ou bien encore la réjouissante battle de mots autour des religions entre Gad et le comédien Mehdi Djaadi

 

Fumer fait tousser…de rire !

Fumer fait tousser…de rire !

FUMER FAIT TOUSSER

Comédie – 2022 – 1H17 (blu ray) 1h14 (DVD)- France
Réalisation : Quentin Dupieux
Scénario : Quentin Dupieux
Distribution : Gilles Lellouche, Vincent Lacoste, Anaïs Demoustier, Jean-Pascal Zadi, Oulaya Amamra…

Sorti en salles le 20 novembre 2022

Disponible en blu ray, DVD & VOD le 5 avril 2023 – Gaumont Vidéo
Français 5.1 & 2.0 – Audiodescription 2.0 – Sous-titres français pour sourds et malentendants – Anglais

Le pitch
Après un combat acharné contre une tortue démoniaque, cinq justiciers qu’on appelle les “TABAC FORCE”, reçoivent l’ordre de partir en retraite pour renforcer la cohésion de leur groupe qui est en train de se dégrader.

Le film ***
Toujours très productif, Quentin Dupieux nous régalait l’an passé de deux nouveaux long-métrages. Après l’excellent INCROYABLE MAIS VRAI, voici donc le joyeusement foutraque FUMER FAIT TOUSSER, une histoire de super-héros qui ont fort à faire avec, entre autres, leur « Chef Didier », un rat libidineux (alias Alain Chabat), mais aussi un robot suicidaire et une belle envie de se faire peur !

Nos cinq héros sont campés par Gilles Lellouche, Vincent Lacoste, Anaïs Demoustier, Jean-Pascal Zadi, Oulaya Amamra qui s’éclatent sans retenue dans l’univers déjanté de Quentin Dupieux.

A leurs côtés, dans des séquences annexes de récits dans le récit, on retrouve avec bonheur Adèle Exarchopoulos (géniale dans MANDIBULES du même Dupieux) Doria Tillier, Jérôme Niel, Raphaël Quenard ou Blanche Gardin (formidable en reine du hachoir !). Et n’oublions pas l’inénarrable Benoit Poelvoorde qui incarne Lézardin, démoniaque Empereur du mal !

Bref, une fois de plus, on nage avec bonheur dans le grand n’importe quoi !  A condition de vous abandonner au délire, vous y prendrez beaucoup de plaisir !

Bonus ***
Échanges avec le public : Quentin Dupieux fait son cinéma ! (32’31”)
Bande-annonce (1’38”)

Comme toujours les bandes annonces valent le détour chez Quentin Dupieux et celle de FUMER FAIT TOUSSER ne déroge pas à la règle.
Quant au « vrai » bonus, il s’agit de la captation d’une rencontre qui a eu lieu entre le réalisateur et des spectateurs à l’issue d’une avant-première du film pour le site participatif Sens critique !

Et contrairement à ce que nous « vend » le titre du bonus, Quentin Dupieux ne fait pas vraiment son cinéma face à l’assemblée assez jeune et très enthousiaste à l’issue de la projection. Et ce n’est pas grave… bien au contraire.

Le réalisateur ne se pose jamais en donneur de leçon et fait preuve d’une humilité désarmante. Parfois déstabilisé, souvent amusé par certaines réactions, il répond avec une belle franchise à toutes les questions.

Il nous apprend ainsi qu’il a voulu, non pas faire un film à sketches, mais qu’il avait plutôt envie de changer de format en proposant cette tentative de film à « détours »…

Parmi ses influences le cinéaste cite, sans grande surprise, CREEPSHOW ou MEET THE FEEBLES (en VF s’il vous plait !) et avoue bien volontiers qu’il a de meilleures idées, qui partent souvent de l’inconscient, quand il ne réfléchit pas !

Et quand un spectateur l’interroge sur son rythme intensif de production (quasiment un film par an), Quentin Dupieux confesse son plaisir de faire du cinéma de cette façon et donc une petite boulimie de films (qu’il monte seul), même s’il affirme « je ne fais pas non plus trois INCEPTION par an ! »

Premiers pas réussis pour Victoria Bedos et Brune Moulin

Premiers pas réussis pour Victoria Bedos et Brune Moulin

« À jamais, on aura fait notre 1er film ensemble !» Victoria Bedos

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER

Marie-Luce Bison, 14 ans, est élevée par son père dans une joyeuse pension de famille pour seniors dont il est le directeur. C’est bientôt la soirée déguisée de son nouveau collège : son père ne veut pas qu’elle y aille … et de toute façon, elle n’est pas invitée. Mais poussée par Albert, son meilleur ami de 80 ans, Marie-Luce, s’y incruste, habillée en homme. Ce soir-là, tout le monde la prend pour un garçon… un garçon que l’on regarde et qui plait. Elle décide alors de s’inventer un double masculin prénommé Léo pour vivre enfin sa vie d’ado. Bien entendu, à la maison, la relation avec son père se complique.

« On peut embarquer une équipe par l’énergie joyeuse…j’avais tellement envie de faire ce film… » Victoria Bedos

Peut-on mentir par amour ? C’est l’une des nombreuses questions posées avec malice et légèreté par Victoria Bedos dans LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER, son premier film.
Après avoir cosigné les scénarios de LA FAMILLE BÉLIER et VICKY, Victoria Bedos se jette avec bonheur dans le grand bain de la réalisation avec cette histoire intergénérationnelle en forme de marivaudage moderne.

Récit d’apprentissage amoureux qui emprunte les atours d’une comédie de travestissement à la manière de VICTOR VICTORIA, LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER est porté par la jeune Brune Moulin (14 ans au moment du tournage), véritable révélation du film.
La comédienne débute sa carrière au cinéma sous les meilleurs auspices puisque cette toute première prestation a été saluée d’un prix d’interprétation féminine lors de la dernière édition du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez.

« Quand la caméra s’allume, tu n’as plus Pierre Richard devant toi, mais seulement un collègue hyper doué… » Brune Moulin

On retrouve à ses côtés, avec beaucoup de plaisir, les excellents Philippe Katerine (parfait en papa « old school » un peu largué) et Pierre Richard qui défendent avec beaucoup de conviction deux personnages aux antipodes de ceux qu’on leur propose généralement.

Malgré une affiche un peu vieillotte, on se laisse volontiers séduire et emporter par la bienveillance et l’énergie insufflées par Victoria Bedos à son film ainsi que par la fougue et le talent de Brune Moulin, sa jeune interprète principale à qui on peut d’ores et déjà prédire un bel avenir.

C’est à Rochefort, au lendemain de l’une des toutes dernières avant-premières du film à Royan que nous avons croisé Victoria Bedos et Brune Moulin pour deviser joyeusement autour de LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER.
Merci à Alain Jeanne (Chut…on écoute la télé) d’avoir permis cette rencontre.

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER
Un film de Victoria Bedos
Scénario de Victoria Bedos et Louis Pénicaut
Avec Brune Moulin, Philippe Katerine, Pierre Richard, Guy Marchand, Firmine Richard…
Comédie – 1H32 – France
Sortie en salles le 19 avril 2023

INTERVIEW VICTORIA BEDOS & BRUNE MOULIN