« C’est ma vie ce film… » Ramzy Bedia

« C’est ma vie ce film… » Ramzy Bedia

« L’ambition du film, c’était de mêler tout le temps la comédie et une émotion sincère… » Baya Kasmi

Youssef Salem, 45 ans, a toujours réussi à rater sa carrière d’écrivain. Mais les ennuis commencent lorsque son nouveau roman rencontre le succès car Youssef n’a pas pu s’empêcher de s’inspirer des siens, pour le meilleur, et surtout pour le pire.

JE SUIS À VOUS TOUT DE SUITE, le premier long métrage de Baya Kasmi en 2015, déjà coécrit avec Michel Leclerc était une belle réussite, même si le film n’a malheureusement pas rencontré un très grand public.
Gageons que la donne change avec ce nouveau film et confirme que YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS. Un véritable succès, il le mérite !

La réalisatrice, scénariste et actrice est donc de retour avec une comédie franchement réjouissante mais aussi très touchante. Il faut dire que le duo Baya Kasmi / Michel Leclerc n’a pas son pareil pour tourner en dérision les nombreux clichés autour de ce que doit être une famille arabe dans notre société française.
Et puis leur immense talent d’écriture leur permet d’offrir aux comédiens et comédiennes avec qui ils travaillent, des partitions riches et d’une formidable humanité comme dans LE NOM DES GENS ou LA LUTTE DES CLASSES pour ne citer que ces deux films réalisés, eux, par Michel Leclerc.
Toutes et tous participent à la belle réussite de ce long-métrage ambitieux et intelligent au point qu’on a très envie de les citer et on ne va pas s’en priver : Noémie Lvovsky (irrésistible dans le rôle de l’éditrice), Tassadit Mandi & Abbes Zahamani (tellement justes, drôles et touchants dans le rôle des parents de Youssef), Melha Bedia, Caroline Nguyen & Ousama Kheddam (qui incarnent les sœurs & frère de Youssef, en but à l’incompréhension face à son roman), sans oublier l’excellent Lyes Salem qui nous régale d’une hilarante composition en candidat de télé réalité déconnecté de la réalité et la toujours géniale Vimala Pons que Baya Kasmi prend un plaisir inouï à filmer.
Et bien sûr il y a Ramzy Bedia pour qui les deux coscénaristes ont écrit le personnage de Youssef Salem.
Le comédien s’avère absolument remarquable dans ce rôle riche et complexe dont il nous a expliqué combien il n’était pas forcément évident pour lui.

« On part sur un truc arabe, y’a écrit Youssef Salem et on finit sur des êtres humains » Ramzy Bedia

Ne loupez donc surtout pas YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS qui porte un regard tendre, généreux et bienveillant sur la famille et plus cruel (mais aussi très drôle) sur le rapport à la célébrité. Le film a obtenu, il y a quelques semaines le très mérité Prix du Meilleur film, décerné par le jury du Festival du film de société de Royan.

INTERVIEW BAYA KASMI & RAMZY BEDIA

Les cinq diables, Totale eclipse of the heart …

Les cinq diables, Totale eclipse of the heart …

LES CINQ DIABLES

Drame – 2022 – 1h36 (Blu ray) 1h32 (DVD) – France
Réalisation : Léa Mysius
Scénario : Léa Mysius & Paul Guilhaume
Distribution : Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé, Swala Emati, Moustapha Mbengue, Daphné Patakia, Patrick Bouchitey…

Sorti en salles le 31 août 2022

Disponible en VOD, Blu ray & DVD

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  16/9 2.39:1 (source pellicule 35mm)
Audio :  Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Audio Description Français DTS HD 2.0

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  16/9 2.39:1 (source pellicule 35mm)
Audio : Français Dolby Audio-DD 5.1 et 2.0 – Audio Description Français Dolby Audio-DD 2.0

Le pitch
Vicky, petite fille étrange et solitaire, a un don : elle peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix qu’elle collectionne dans des bocaux étiquetés avec soin. Elle a extrait en secret l’odeur de sa mère, Joanne, à qui elle voue un amour fou et exclusif, presque maladif. Un jour Julia, la sœur de son père, fait irruption dans leur vie. Vicky se lance dans l’élaboration de son odeur. Elle est alors transportée dans des souvenirs obscurs et magiques où elle découvrira les secrets de son village, de sa famille et de sa propre existence.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
Après AVA, son 1er long-métrage très remarqué en 2017, Léa Mysius a poursuivi son travail de scénariste pour des cinéastes aussi importants qu’Arnaud Desplechin, Claire Denis, André Téchiné ou Jacques Audiard. En août dernier, elle nous livrait enfin le fruit de son travail derrière la caméra avec LES CINQ DIABLES, un film envoutant à la frontière des genres, entre drame familial, thriller psychanalytique et fable fantastique qui n’a malheureusement pas rencontré le succès mérité.

Une séance de rattrapage est donc fortement conseillée, tant LES CINQ DIABLES séduit par son propos singulier et un traitement au diapason. Malgré des moyens réduits, la réalisatrice parvient à insuffler une salvatrice étrangeté à son film, bien aidée il est vrai par la bande son composée par Florencia Di Concilio et par l’utilisation judicieuse de somptueux décors naturels de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il convient, à ce titre, de saluer l’excellence du travail de Paul Guilhaume, directeur photo de ce film et par ailleurs coscénariste des films, courts et longs, de Léa Mysius dont LES CINQ DIABLES.

Avec le personnage de Joanne, Adèle Exarchopoulos prouve une nouvelle fois que sa révélation dans LA VIE D’ADÈLE ne devait rien au hasard. De RIEN À FOUTRE, à ce film de Léa Mysius, en passant par BAC NORD ou MANDIBULES, la comédienne s’affirme dans des registres toujours très différents et à travers des rôles auxquels elle apporte tout son talent et les différentes facettes de sa forte personnalité. A ses côtés, on a plaisir à retrouver Patrick Bouchitey, la révélation de la série OVNI(s) Daphné Patakia et à découvrir une très jeune actrice, Sally Dramé dont la première prestation impressionne…

Avec LES CINQ DIABLES, Léa Mysius nous propose une véritable expérience sensorielle et un film qui participe pleinement au renouveau du cinéma de genre français, dans la lignée d’œuvres comme GRAVE, LA NUÉE ou PETIT PAYSAN.

Bonus
– Commentaire d’extraits avec Léa Mysius et Adèle Exarchopoulos (13’42”)
– 2 courts métrages de Léa Mysius : L’ÎLE JAUNE (2016, 29’30”) et CADAVRE EXQUIS (2013, 25’12”)

Présenté curieusement comme un commentaire d’extraits du film, le premier bonus est en fait une interview croisée de Léa Mysius et Adèle Exarchopoulos. Pourquoi cet intitulé ? Mystère !
Reste en tous cas, un entretien très intéressant et sans langue de bois qui nous informe sur les intentions de la réalisatrice et le travail de la comédienne.

Excellente idée de nous proposer en complément 2 courts métrages de Léa Mysius (sur les 3 qu’elle a réalisés) même si L’ÎLE JAUNE était déjà présent sur le DVD d’AVA. Deux films ambitieux habités par la même jeune comédienne, Ena Letourneux.
Malgré quelques longueurs et maladresses, ces deux courts confirment la singularité du regard de la cinéaste et son goût de l’étrange.

Escapade enchantée dans les cyclades pour Laure Calamy & Olivia Côte

Escapade enchantée dans les cyclades pour Laure Calamy & Olivia Côte

« Pardon à vous, personnels de bateaux grecs, mais vous êtes des mabouls mentaux ! » Olivia Côte

Adolescentes, Blandine et Magalie étaient inséparables. Les années ont passé et elles se sont perdues de vue. Alors que leurs chemins se croisent de nouveau, elles décident de faire ensemble le voyage dont elles ont toujours rêvé. Direction la Grèce, son soleil, ses îles mais aussi ses galères car les deux anciennes meilleures amies ont désormais une approche très différente des vacances… et de la vie !

Adolescentes, Blandine et Magalie étaient inséparables. Les années ont passé et elles se sont perdues de vue. Alors que leurs chemins se croisent de nouveau, elles décident de faire ensemble le voyage dont elles ont toujours rêvé. Direction la Grèce, son soleil, ses îles mais aussi ses galères car les deux anciennes meilleures amies ont désormais une approche très différente des vacances… et de la vie !

Avec LES CYCLADES, son 7e long-métrage, Marc Fitoussi nous propose un nouveau portrait de femme(s) haut en couleurs.
Le réalisateur de PAULINE DÉTECTIVE et COPACABANA nous invite à partager les retrouvailles de deux femmes séparées par la vie.

Véritable comédie buissonnière, LES CYCLADES est un film dépaysant à souhait, par son ancrage géographique évidemment, mais aussi par le ton très énergique emprunté par le cinéaste.
Il faut dire qu’il est bien aidé par ses deux actrices principales, Laure Calamy et Olivia Côte qui « balancent » leurs dialogues avec insolence et une vraie délectation (l’excellente Kristin Scott Thomas qui complète le trio n’est pas en reste), même si le film est plus profond qu’il n’y parait au premier abord, en laissant deviner une certaine forme de solitude de ses personnages dans un quotidien pas si exaltant que ça…

« Les tournages de drame doivent être plus fun que les tournages de comédie… » Marc Fitoussi

Ce moment de vie au cœur des îles grecques n’est peut-être qu’une parenthèse enchantée pour ces sœurs de cœur, mais leur nouvelle amitié va sans aucun doute, néanmoins, changer leur quotidien…

Quelques heures après la toute première et endiablée projection du film au Festival du film francophone d’Angoulême, j’ai eu le plaisir de retrouver Marc Fitoussi en compagnie de la talentueuse et attachante Olivia Côte pour parler des CYCLADES et d’un tournage, pas vraiment de tout repos…

INTERVIEW MARC FITOUSSI & OLIVIA CÔTE

Liaison presque fatale pour Al Pacino

Liaison presque fatale pour Al Pacino

MÉLODIE POUR UN MEURTRE (Sea of love)

Thriller – 1990 – 1h53 (Blu ray) 1h48 (DVD) – Etats-Unis
Réalisation : Harold Becker
Scénario : Richard Price
Distribution : Al Pacino, Ellen Barkin, John Goodman, William Hickey, Michael Rooker, Richard Jenkins, Paul Calderon, Samuel L.Jackson…

Sorti en salles le 10 janvier 1990

Disponible en Blu ray & DVD (nouvelles éditions)

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  16/9 1.85 :1(source pellicule 35mm)
Audio :  Français et Anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  16/9 1.85 :1 (source pellicule 35mm)
Audio : Français et Anglais Dolby Audio-DD 5.1
Sous-titres : Français

Le pitch
A New York. En l’espace d’une semaine, deux hommes qui organisaient leurs rendez-vous amoureux par l’entremise d’un magazine spécialisé sont assassinés. Frank Keller, un policier intègre mais usé depuis sa rupture avec sa femme, est chargé de l’enquête. Il organise alors des rencontres avec les nombreuses correspondantes des victimes. C’est ainsi qu’il va rencontrer Helen dont il tombe amoureux mais qu’il ne peut s’empêcher de soupçonner d’être la meurtrière.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
S’il n’est pas inoubliable ce thriller “sexuel”, comme le définit son réalisateur Harold Becker, a gagné avec les années et la patine du temps, un charme certain. D’autant que le film n’est pas, loin s’en faut, que le simple polar annoncé. Il fait aussi le constat de la solitude pesante de ses principaux personnages qui tentent de survivre à un quotidien usant, au cœur de la très énergisante ville de New-York.
MÉLODIE POUR UN MEURTRE nous régale aussi de son excellent casting. On retrouve ainsi avec beaucoup de plaisir Al Pacino & la trop rare Ellen Barkin dont l’alchimie du duo imprime formidablement la pellicule, mais aussi John Goodman et Michael Rooker sans oublier dans une très courte apparition Samuel L.Jackson (crédité au générique comme le « black guy »… ça ne s’invente pas !)
Un film à (re)découvrir “A la maison”, donc, dans de toutes nouvelles éditions Blu ray et DVD généreusement fournies en bonus…

Bonus
Supplément exclusif à cette édition française : « Petite musique de chambre » par Fred Teper (2022, 22’37”)
+ Suppléments d’époque :
« The Creation of ‘Sea of Love’ » : making-of (2003, 13’53”, VOST)
Scènes coupées (5’55”, VOST)
Scènes commentées par Harold Becker (13’03”, VOST)
Bande-annonce originale (1’27”, VOST)

Pour rendre justice à ce film qui, en son temps, a redonné un bel élan à la carrière d’Al Pacino, L’Atelier d’images nous propose toute une série de bonus qui figuraient sur l’édition américaine du DVD mais qui étaient curieusement absents de sa première édition française en 2013.

On peut ainsi découvrir « The creation of Sea of love » making-of de 14 minutes qui retrace les origines et les coulisses du film ainsi que quelques scènes coupées, plutôt intéressantes, même si un commentaire du réalisateur n’aurait pas été superflu.
On retrouve justement Harold Becker sur le dernier supplément proposé qui consiste en un commentaire audio de plusieurs scènes du film. L’occasion pour le cinéaste d’évoquer, entre autres, le tournage entre New-York et Toronto, le travail et l’implication d’Al Pacino et Ellen Barkin ou bien encore la bande originale du film signée Trevor Jones.
Saluons l’initiative de proposer ce format de commentaires sur une sélection de séquences, qui s’avère au final bien plus judicieux et palpitant qu’un commentaire audio de la totalité d’un film. Un exercice dont on vient, sauf dans de très rares cas, difficilement à bout.

Cerise sur le gâteau, son éditeur français, L’Atelier d’images nous propose un supplément inédit assez passionnant avec « Petite musique de chambre », un entretien riche en infos, avec Fred Teper, le rédacteur en chef des « Chroniques de Cliffhanger & co ».
Le journaliste, dont on ressent parfaitement sa passion pour le 7è art, évoque le film en soulignant notamment, l’excellence du casting, la richesse du scénario de Richard Price ou bien encore le beau travail sur les lumières du directeur de la photographie Ronnie Taylor.

On pourra simplement regretter la redondance de certaines infos que l’on retrouve dans les autres suppléments et la pauvreté de mise en image de ce bonus : l’interview de Fred Teper est filmée sur un fond noir assez austère et son montage rythmé par une successions de plans plus ou moins serrés et répétitifs. Ce sobre dispositif est néanmoins sauvé par de trop rares extraits de films (heureusement en VOST).

Les Rascals…Outsiders du cinéma français

Les Rascals…Outsiders du cinéma français

« Je voulais provoquer des émotions… bousculer le spectateur ! » Jimmy Laporal-Trésor

Les Rascals, une bande de jeunes de banlieue, profite de la vie insouciante des années 80. Chez un disquaire, l’un d’eux reconnait un skin qui l’avait agressé et décide de se faire justice lui-même. Témoin de la scène, la jeune sœur du skin cherche à se venger des Rascals.

Après avoir cosigné les scénarios de LA CITÉ ROSE et MON FRÈRE avec Julien Abraham, puis la réalisation de SOLDAT NOIR, un court-métrage très remarqué (nommé aux César 2022 dans la catégorie Court-métrage de fiction), Jimmy Laporal-Trésor nous offre en ce début d’année, LES RASCALS, son 1er long métrage.

Un film difficilement classable (on s’en réjouit !) tant son réalisateur s’emploie à brouiller les pistes pour mieux stimuler le spectateur. Résultat LES RASCALS, un divertissement choc et spectaculaire pour dénoncer le racisme qui gangrénait déjà notre société dans les années 80 et la montée en puissance de l’extrême droite.
Avec ce film très documenté sur ces 80’s qu’il décrit sans fioritures, Jimmy Laporal-Trésor fait le portrait sans concessions d’une jeunesse et d’une société en pleine mutation.
LES RASCALS est un film dont le cinéaste considère qu’il fait partie d’une sorte de triptyque débuté avec SOLDAT NOIR et qui devrait se poursuivre avec une série actuellement en écriture BLACK MAMBAS.  

« On ne sort jamais de ce cycle de la violence… cette société va imploser ! » Jimmy Laporal-Trésor

C’est au Festival de Sarlat LES RASCALS a été présenté avec grand succès en novembre dernier que nous avons pu échanger avec Jimmy Laporal-Trésor autour, entre autres, de la genèse du film, du contexte politique et musical de ces années 80 déjà si lointaines ou des enjeux de casting…

INTERVIEW JIMMY LAPORAL – TRÉSOR