Et Soudain, la grâce !

Et Soudain, la grâce !

SOUDAIN (All of a sudden)

Un film de Ryūsuke Hamaguchi
Scénario de Ryūsuke Hamaguchi et Léa Le Dimna
Avec Virginie Efira, Tao Okamoto, Kodai Kurosaki, Jean-Charles Clichet, Gabriel Dahmani, Marie Bunel…
Drame – France – Japon – Allemagne – Belgique – 2026 – 3h15
Sortie en salles le 12 août 2026

L’histoire
Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.

L’AVIS CIN’ÉCRANS *****

Tout le paradoxe de SOUDAIN*, le nouveau long-métrage de Ryūsuke Hamaguchi (DRIVE MY CAR, LE MAL N’EXISTE PAS) est contenu dans son titre français.
Loin de la brusquerie ou même de la sensation de rapidité et d’efficacité qu’il laisse supposer, SOUDAIN prend le temps de nous immiscer au cœur de la complicité naissante entre deux femmes que rien ne prédestinait à leur rencontre.

Ce premier film tourné en France par le cinéaste japonais dépeint avec une infinie délicatesse cette amitié féminine et fait le lien entre la pensée française et la sensibilité japonaise.
Ryūsuke Hamaguchi y aborde de nombreuses questions de civilisation dont celles de la fin de vie et de la maladie sans jamais tomber dans le pathos ou la démonstration sociétale. Le réalisateur privilégie judicieusement la douceur et la dignité des échanges.

Outre la subtilité de la mise en scène et la manière très personnelle dont Ryūsuke Hamaguchi capture les petits geste du quotidien, on est littéralement envouté par l’intensité et la grâce incomparable du duo, formé par Virginie Efira et Tao Okamoto.

Un bon conseil, ne vous laissez surtout pas rebuter par les 3 heures 15 du film et laissez-vous embarquer dans ce subtil et sublime voyage sensoriel !

Avec son rythme atypique et contemplatif, SOUDAIN laissera, peut-être, certains spectateurs sur le bord de la route mais les autres ressortiront de sa projection fascinés et bouleversés, tout à la fois par son propos et sa forme.

SOUDAIN est une œuvre ambitieuse mais jamais excluante, qui vous accueille à bras ouverts et magistralement portée par ses deux remarquables interprètes principales. Si le long-métrage de Ryūsuke Hamaguchi ne vous convaincra pas forcément de tous les bienfaits de l’humanitude** ou des massages par le pied (quoique !), il s’inscrit néanmoins d’ores et déjà comme l’un des très, très grands films de l’année.

Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte. À voir absolument !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

* SOUDAIN a été présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes 2026. Virginie Efira et Tao Okamoto y ont remporté le Prix d’interprétation féminine ex-æquo.

** L’humanitude est une philosophie et une méthode de soin créée par Yves Gineste et Rosette Marescotti qui repose sur quatre piliers relationnels et identitaires majeurs : le regard, la parole et le toucher, ainsi que la verticalité.

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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Un grand raccourci – Coup de jeune(s) !

Un grand raccourci – Coup de jeune(s) !

UN GRAND RACCOURCI

Un film de Armand Foëx et Clément Devilliers
Scénario de Clément Devilliers avec la collaboration de François Le Bris
Avec Sara Montpetit, Louise Labeque, François Le Bris, Jules Porier, Olivier Rabourdin
Comédie dramatique – France – 2026 – 1h21
Sortie en salles le 12 août 2026

L’histoire
Quand le restaurant familial menace de fermer, deux cousins bretons relâchent des rats pour s’improviser dératiseurs. Le même été, deux jeunes femmes trafiquent le concours de beauté local pour promouvoir leurs bijoux. Embarqués dans leurs stratagèmes chaotiques, ces quatre débrouillards en quête d’avenir finissent par se percuter.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Ce premier long métrage, Armand Foëx et Clément Devilliers en rêvent depuis très longtemps, depuis l’âge de 13 ans en fait (ils en ont aujourd’hui 22). Et au moment où UN GRAND RACCOURCI sort en salles, les deux potes ne boudent pas leur plaisir à l’accompagner en réinventant certains codes vieillissants de la promo (un bon conseil, allez jeter un œil à leur compte Instagram). Leur enthousiasme mérite à lui seul que vous alliez saluer leur premier film sur grand écran.

D’autant, que malgré des moyens très limités (mais néanmoins assez largement supérieurs à ce qu’ils envisageaient) Armand Foëx et Clément Devilliers ont plus que réussi leur passage du court au long. UN GRAND RACCOURCI dresse un portrait malin et plein de fraîcheur d’une jeunesse rurale qui cherche à s’en sortir, quitte à user de moyens « limites ».
UN GRAND RACCOURCI possède un ton singulier et emprunte des chemins de traverse, à la manière de VINGT DIEUX,  LA PAMPA, CHIEN DE LA CASSE ou même dans un tout autre registre certains films de Guillaume Brac comme A L’ABORDAGE ou L’ILE AUX TRÉSORS, dans sa manière de saisir au vol l’énergie vitale de la jeunesse.

Avec ce premier film Armand Foëx et Clément Devilliers captent avec justesse et sans condescendance les aspirations de jeunes gens à peine sortis des affres de l’adolescence.

Malgré quelques ellipses, il convient de saluer la qualité du scénario signé Clément Devilliers qui mêle habilement répliques énergiques, comique de situation (le concours de miss qui vrille en coulisses) et réflexion plus intime sur le besoin pour chacun.e de trouver sa place ou d’acquérir son indépendance.

Le film recèle, à ce titre de quelques très jolies et touchantes séquences comme celles où Corentin tente, non sans difficultés, de tenir un discours personnel à l’adresse de sa grand-mère disparue ou bien encore celle de la séparation, pleine de retenue pudique sur le quai d’une gare avec Grégoire, son cousin et « meilleur ami »…

Cette très chaleureuse comédie dramatique aux accents mélancoliques est également une belle occasion de mettre la lumière quelques jeunes talents très prometteurs du cinéma français : Louise Labèque (TONI EN FAMILLE), Sara Montpetit (VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT), Jules Porier (MADRE) et Anja Verderosa (L’ÉPREUVE DU FEU) apportent  beaucoup de sincérité, de charme et de nuances à leurs personnages respectifs. Et n’oublions surtout pas, François le Bris, fidèle complice des deux cinéastes qui a collaboré avec Clément sur l’écriture du scénario et qui compose avec Grégoire, un personnage désenchanté très attachant.

Seul petit bémol du film (il en faut bien un), une bande originale très (trop) présente, comme si les deux réalisateurs manquaient de confiance dans la mise en scène de leur histoire.
Si c’est le cas, ils ont tort car UN GRAND RACCOURCI impose aisément leur belle énergie et une forte personnalité à deux têtes.
On attend maintenant avec beaucoup de curiosité et d’impatience la suite de leurs aventures sur grand écran.
Bref, si vous ne l’aviez pas encore compris, nous vous conseillons plus que chaleureusement cette balade en terre bretonne. N’hésitez surtout pas à emprunter ce très recommandable “grand raccourci”.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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Les silences de Ryad – Seule contre tous…

Les silences de Ryad – Seule contre tous…

LES SILENCES DE RYAD (Unidentified)

Un film d’Haifaa Al Mansour
Scénario d’Haifaa Al Mansour et Brad Niemann
Avec Abdullah Al-Qahtani, Mila Alzahrani, Aziz Gharbawi…
Thriller – Arabie saoudite – 2025 – 1h41
Sortie en salles le 5 août 2026

L’histoire
Dans le désert saoudien, le corps d’une adolescente est retrouvé, sans qu’elle puisse être identifiée. Personne ne signale sa disparition et l’affaire est rapidement classée. Mais à Riyad, Nawal, une jeune employée du commissariat, refuse de lâcher ce dossier. En enquêtant sur la victime, elle met au jour des éléments qu’elle n’aurait jamais dû découvrir et se retrouve bientôt entraînée dans une affaire qui la dépasse.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

13 ans se sont écoulés depuis la sortie de WADJDA, le remarquable premier long-métrage d’Haifaa Al Mansour. Un film choc suivi de quelques autres plus oubliables (excepté THE PERFECT CANDIDATE en 2019) et de la réalisation d’épisodes pour des séries américaines.
Cet été la cinéaste saoudienne est de retour avec un drame social en forme de polar que l’on a plaisir à vous recommander.

L’occasion pour d’Haifaa Al Mansour de montrer et dénoncer, une nouvelle fois, les travers de la société contemporaine saoudienne, dont notamment les inégalités de genre qui frappent les femmes de ce pays.
LES SILENCES DE RYAD est rythmé par un scénario malin qui multiplie les fausses pistes jusqu’à son surprenant et déroutant retournement final qui permet au spectateur une relecture mentale de ce qu’il pu imaginer au fil d’un palpitant récit.

À ce titre, que ce soit sur le fond ou sur la forme, LES SILENCES DE RYAD n’est pas sans évoquer un autre thriller social sorti l’an passé, AÏCHA de Mehdi M. Barsaoui.
Les deux films possèdent en commun d’installer leurs spectateurs dans une grandissante tension en jouant habilement avec les codes du thriller. Une façon de mieux raconter, entre autres, la condition féminine dans leurs pays respectifs, l’Arabie Saoudite et la Tunisie.

Si on est en droit de tiquer par moments, face à certaines réactions de Nawal (Mila Al-Zahrani très impliquée) et quelques raccourcis scénaristiques, on se laisse néanmoins emporter par l’efficacité de ce polar en terre méconnue qui confirme le talent certain de sa réalisatrice.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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Sur la route d’Omaha – Road trip déchirant

Sur la route d’Omaha – Road trip déchirant

SUR LA ROUTE D’OMAHA (Omaha)

Un film de Cole Webley
Scénario de Robert Machoian
Avec John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis
Drame – États-Unis – 2025 – 1h23
Sortie en salles le 22 juillet 2026

L’histoire
Ella et son frère Charlie sont réveillés en pleine nuit par leur père. Sans explication, il les embarque pour un long voyage sur les routes du Midwest. Alors que les deux jeunes enfants découvrent un monde qu’ils n’ont jamais vu, leur père demeure mutique et soucieux. Ella commence alors à entrevoir la vérité derrière ce voyage improvisé…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

À l’instar de longs-métrages comme AFTERSUN ou REBUILDING, SUR LA ROUTE D’OMAHA s’inscrit dans la grande tradition du cinéma américain indépendant qui se fait malheureusement de plus en plus rare.
Avec ce premier long-métrage couronné du Prix du Jury au Festival de Deauville 2025, Cole Webley nous offre l’un des films les plus bouleversants vus ces derniers mois sur grand écran.

Ce qui frappe dès les premières minutes de ce film d’une remarquable sensibilité, c’est l’extrême douceur qui se dégage du personnage de ce père que l’on suit avec ses enfants SUR LA ROUTE D’OMAHA, 1h33 durant.
À travers ce récit, en forme de road movie, d’un homme rongé par la culpabilité de décisions qu’il prend à contre cœur, le réalisateur dresse le portrait triste mais digne d’une Amérique en marge, victime du déclassement social.

Au fil de séquences, tour à tour,  âpres, tendres et parfois lumineuses (la parenthèse enchantée du cerf-volant dans le désert de sel), ce premier long métrage affiche une formidable cohérence avant de nous délivrer sa bouleversante révélation finale.

Nous ne sommes pas près d’oublier la prestation de John Magaro qui oscille entre douceur protectrice et dureté contrainte. Son jeu, tout en retenue et en intériorité n’est pas sans rappeler celui de Casey Affleck dans MANCHESTER BY THE SEA. Un acteur dont John Magaro partage également un ton de voix très singulier (à la limite de l’atone) qui sert magnifiquement son personnage. Face à lui, la jeune Molly Belle Wright impressionne par l’intensité et la variété de son jeu face à son petit frère et à ce père démuni, dont elle tente de décrypter les pensées et les émotions.

En dehors de l’interprétation du film qui lui apporte toute sa puissance émotionnelle, il convient de saluer le soin apporté à son image avec un beau travail sur la lumière du directeur photo Paul Meyers, sans oublier la très belle et mélancolique bande originale du film signée Christopher Bear (PAST LIVES – NOS VIES D’AVANT, dans lequel jouait d’ailleurs John Magaro).

D’une sincérité poignante, SUR LA ROUTE D’OMAHA touche en plein cœur avec une belle économie de mots et sans jamais céder aux sirènes du mélo.
Cet intimiste mais puissant drame social impressionne par sa tenue et son exigence. On en ressort bouleversé et révolté par une situation qu’aucune famille ne devrait jamais subir.
Sans conteste, l’un des énormes coups de cœur de l’été (découvert l’hiver dernier lors du Festival du film de société de Royan). À découvrir absolument !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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The last viking – Loufoque mais terriblement humain !

The last viking – Loufoque mais terriblement humain !

THE LAST VIKING (Den Sidste Viking)

Un film de Anders Thomas Jensen
Scénario de Anders Thomas Jensen
Avec Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Lars Brygmann…
Comédie noire – Danemark – Suède – 2025 – 1h56
Sortie en salles le 15 juillet 2026

L’histoire
Interdit en salles aux – de 12 ans

Après quinze ans derrière les barreaux, un braqueur de banque sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

La séquence d’ouverture animée de THE LAST VIKING (l’histoire d’un chef viking obsédé par l’égalité absolue de son clan) donne parfaitement le ton d’une fable noire et cruelle, mais qui est surtout très drôle.

THE LAST VIKING marque la sixième collaboration entre le réalisateur Anders Thomas Jensen et son duo d’acteurs fétiches, Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas.

Avec son look totalement improbable et son goût pour les défenestrations intempestives, Mads Mikkelsen compose un personnage beaucoup plus subtil qu’il n’en a l’air au premier abord. Son jeu oscille en permanence entre une forme de comique absurde et une immense vulnérabilité, face à Nikolaj Lie Kaas. Ce dernier incarne à merveille un personnage fermé et violent qui se laisse peu à peu attendrir par son frère, pas vraiment comme les autres.

Comme dans ses précédents films LES BOUCHERS VERTS ou ADAM’S APPLE, Anders Thomas Jensen excelle dans l’art de marier une violence cartoonesque à des dialogues ciselés à l’humour noir. À travers le portrait de personnages fantasques (on est fan du groupe qui réinvente Abba & The Beatles !), le réalisateur danois nous invite à une juste réflexion autour de la bienveillance nécessaire vis-à-vis de celles et ceux qui vivent différemment de la plupart d’entre nous.

Sous ses airs de comédie loufoque dont l’univers peut évoquer le cinéma des frères Coen,  THE LAST VIKING s’avère être une formidable réflexion sur la quête d’identité, la reconstruction d’êtres brisés et la loyauté fraternelle.
Un film original, déjanté et rafraichissant que l’on vous conseille très chaleureusement.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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