Débâcle, 1er film intense et sans concession !

Débâcle, 1er film intense et sans concession !

DÉBÂCLE (When it Melts)

Un film de Veerle Baetens
Scénario Veerle Baetens & Marteen Loix d’après le roman Débâcle de Lize Spit
Avec Charlotte De Bruyne, Rosa Marchant, Sebastien Dewaele, Naomi Velissariou, Amber Metdepenningen, Anthony Vyt, Matthijs Meertens, Charlotte Van De Eecken

Drame – 1h51 – Belgique / Pays-Bas
Sortie en salles le 28 février 2024

L’histoire
De nombreuses années après cet été où tout a basculé, Eva retourne pour la première fois dans son village natal avec un énorme bloc de glace dans son coffre, bien déterminée à affronter son passé.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Adapté du best-seller éponyme de Lize Spit, DÉBÂCLE est le premier long métrage réalisé par Veerle Baetens. L’actrice belge, révélation d’ALABAMA MONROE, dit avoir fait ce film « pour tous ceux qui enfouissent leurs souffrances au plus profond d’eux mêmes, à un endroit où personne ne pourra les deviner et d’où elles les dévorent peu à peu. ».

DÉBÂCLE est un film d’une puissance rare dont il vaut mieux ne pas connaitre tous les tenants et aboutissants pour en ressentir encore plus fortement l’impact, dont acte !
Veerle Baetens y dresse, sans jamais céder à la facilité, le portrait d’Eva sur deux époques, de l’enfance à l’âge adulte.

La réalisatrice joue avec intelligence de la double temporalité de son récit afin que le spectateur s’attache au personnage d’Eva enfant pour mieux comprendre l’adulte qu’elle est devenue, une jeune femme meurtrie et profondément solitaire.

Si on est impressionné par la manière dont la cinéaste filme le monde souvent cruel de l’enfance et la perte de l’innocence (on songe par instants au sublime STAND BY ME de Rob Reiner) on l’est tout autant par l’acuité du regard qu’elle porte sur les adultes. Des parents démissionnaires et d’autres qui se voilent la face et ne veulent pas voir le mal chez leurs enfants et les dégâts qu’ils provoquent.

2 / En dehors du courage de sa réalisatrice à s’emparer de questions délicates, il convient de saluer sa remarquable direction d’acteurs, à commencer par l’interprète d’Eva enfant, Rosa Marchant.
Un performance subtile qui a valu à la jeune actrice un très mérité prix d’interprétation au Festival du film de Sundance 2023. Il ne faudrait néanmoins pas oublier de citer la remarquable interprète d’Eva adulte, Charlotte de Bruyne qui force elle aussi l’admiration avec une composition tout sauf évidente.

3 / Soulignons pour terminer l’intelligence de la mise en scène de Veerle Baetens qui nous met en état d’alerte permanente, sans que l’on n’ait jamais un coup d’avance sur les personnages.
En gardant toujours la bonne distance, la réalisatrice parvient à instaurer un véritable suspens autour d’un propos qui ne se pas prêtait avec évidence à ce traitement et ce ton.

DÉBÂCLE est un film intrigant, parfois malaisant, mais jamais complaisant. Nul doute que ce premier essai de Veerle Baetens ne sera pas le dernier. On attend la suite de cette nouvelle carrière derrière la caméra avec impatience.

César 2024 – Le règne d’Anatomie d’une chute, 6 fois récompensé

César 2024 – Le règne d’Anatomie d’une chute, 6 fois récompensé

L’incroyable parcours du film de Justine Triet s’est donc poursuivi vendredi soir avec l’obtention de 6 César dont ceux du meilleur film, de la meilleure réalisation, de la meilleure actrice pour Sandra Hüller et du meilleur scénario original cosigné par la réalisatrice et son compagnon Arthur Harari.

Avec 5 César pour 12 nominations, le remarquable film de Thomas Cailley, LE RÈGNE ANIMAL s’est lui distingué sur le plan technique (photo, musique originale, son, costume, effets visuels).

L’enthousiasmant CHIEN DE LA CASSE de Jean-Baptiste Durand a lui remporté le César du meilleur premier film tandis que le désormais incontournable Raphaël Quenard s’est vu remettre celui de la meilleure révélation masculine, avec à la clé un formidable et revigorant discours de remerciements.

Saluons également, entre autres, Adèle Exarchopoulos, très justement récompensée du César du meilleur second rôle féminin pour le très beau film de Jeanne Herry, JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES et Arieh Worthalter, César du Meilleur acteur pour sa fascinante interprétation de Pierre Goldman dans le film de Cédric Khan, LE PROCÈS GOLDMAN.

La cérémonie a également été marquée par le discours très émouvant et plein de tendresse de Jamel Debbouze envers Agnès Jaoui, César d’honneur qui nous a, en retour, gratifié d’un message enchanté, empreint de pudeur et de modestie.

Parmi les autres moments forts de la soirée, on se souviendra des discours et prises de positions fortes et souvent engangées de personnalités comme Golshifteh Farahani, Kaouther Ben Hania, Arieh Worthalter sans oublier la belle déclaration d’amour de Juliette Binoche à chacune des 5 actrices nominées et la classe de Justine Triet qui a tenu à partager son César du meilleur film avec son amie la réalisatrice scénariste et actrice Sophie Fillières disparue en juillet dernier.   

Mais le moment le plus fort de la soirée restera, sans aucun doute, la puissante et bouleversante prise de parole de Judith Godrèche face à ce monde du cinéma qui a parfois du mal à assumer cette terrifiante réalité que l’actrice-réalisatrice dénonce depuis quelque temps « Depuis quelque temps, je parle, je parle mais je ne vous entends pas ! »

PALMARÈS COMPLET

CÉSAR DU MEILLEUR FILM

ANATOMIE D’UNE CHUTE réalisé par Justine Triet

Étaient nommés :
CHIEN DE LA CASSE
réalisé par Jean-Baptiste Durand
JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES réalisé par Jeanne Herry
LE PROCÈS GOLDMAN réalisé par Cédric Kahn
LE RÈGNE ANIMAL réalisé par Thomas Cailley

CÉSAR DE LA MEILLEURE RÉALISATION

Justine Triet pour ANATOMIE D’UNE CHUTE

Étaient nommé.e.s :
Catherine Breillat pour L’ÉTÉ DERNIER
Jeanne Herry pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Cédric Kahn pour LE PROCÈS GOLDMAN
Thomas Cailley pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE

Sandra Hüller dans ANATOMIE D’UNE CHUTE

Étaient nommées :
Marion Cotillard dans LITTLE GIRL BLUE
Léa Drucker dans L’ÉTÉ DERNIER
Virginie Efira dans L’AMOUR ET LES FORÊTS
Hafsia Herzi dans LE RAVISSEMENT

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR

Arieh Worthalter dans LE PROCÈS GOLDMAN

Étaient nommés :
Romain Duris dans LE RÈGNE ANIMAL
Benjamin Lavernhe dans L’ABBÉ PIERRE – UNE VIE DE COMBATS
Melvil Poupaud dans L’AMOUR ET LES FORÊTS
Raphaél Quenard dans YANNICK

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

Adèle Exarchopoulos dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

Étaient nommées :
Leila Bekhti dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Galatea Bellugi dans CHIEN DE LA CASSE
Élodie Bouchez dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Miou MIOU dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

Swann Arlaud dans ANATOMIE D’UNE CHUTE

Étaient nommés :
Anthony Bajon dans CHIEN DE LA CASSE
Arthur Harari dans LE PROCÈS GOLDMAN
Pio Marmaï dans YANNICK
Antoine Reinartz dans ANATOMIE D’UNE CHUTE

CÉSAR DE LA MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE

Ella Rumpf dans LE THÉORÈME DE MARGUERITE

Étaient nommées :
Céleste Brunnquell
dans LA FILLE DE SON PÈRE
Kim Higelin dans LE CONSENTEMENT
Suzanne Jouannet dans LA VOIE ROYALE
Rebecca Marder dans DE GRANDES ESPÉRANCES

CESAR DE LA MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE

Raphaël Quenard dans CHIEN DE LA CASSE

Étaient nommés :
Julien Frison dans LE THÉORÈME DE MARGUERITE
Paul Kircher dans LE RÈGNE ANIMAL
Samuel Kircher dans L’ÉTÉ DERNIER
Milo Machado-Graner dans ANATOMIE D’UNE CHUTE

CÉSAR DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL

Justine Triet, Arthur Harari pour ANATOMIE D’UNE CHUTE

Étaient nommé.e.s :
Jean-Baptiste Durand pour CHIEN DE LA CASSE
Jeanne Herry pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Nathalie Hertzberg, Cédric Kahn pour LE PROCÈS GOLDMAN
Thomas Cailley, Pauline Munier pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DE LA MEILLEURE ADAPTATION

Valérie Donzelli, Audrey Diwan pour L’AMOUR ET LES FORÊTS

Étaient nommé.e.s :
Vanessa Filho pour LE CONSENTEMENT
Catherine Breillat pour L’ÉTÉ DERNIER

CÉSAR DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

Andrea Laszlo De Simone pour LE RÈGNE ANIMAL

Étaient nommé.e.s :
Gabriel Yared pour L’AMOUR ET LES FORÊTS
Delphine Malausséna pour CHIEN DE LA CASSE
Vitalic pour DISCO BOY
Guillaume Roussel pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DU MEILLEUR SON

Fabrice Osinski, Raphaél Sohier, Matthieu Fichet, Niels Barletfa pour LE RÈGNE ANIMAL

Étaient nommé.e.s :
Julien Sicart, Fanny Martin, Jeanne Delplancq, Olivier Goinard pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Rémi Daru, Guadalupe Cassius, Loïc Prian, Marc Doisne pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Erwan Kerzanet, Sylvain Malbrant, Olivier Guillaume pour LE PROCÈS GOLDMAN
David Rit, Gwennolé Le Borgne, Olivier Touche, Cyril Holtz, Niels Barletta pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DE LA MEILLEURE PHOTO

David Cailley pour LE RÈGNE ANIMAL

Étaient nommés :
Simon Beaufils pour ANATOMIE D’UNE CHUTE

Jonathan Ricquebourg pour LA PASSION DE DODIN BOUFFANT
Patrick Ghiringhelli pour LE PROCÈS GOLDMAN
Nicolas Bolduc pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DU MEILLEUR MONTAGE

Laurent Senéchal pour ANATOMIE D’UNE CHUTE

Étaient nommé.e.s :
Francis Vesin pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Valérie Loiseleux pour LITTLE GIRL BLUE
Yann Dedet pour LE PROCÈS GOLDMAN
Lilian Corbeille pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DES MEILLEURS COSTUMES

Ariane Daurat pour LE RÈGNE ANIMAL

Étaient nommé.e.s :
Jürgen Doering pour JEANNE DU BARRY
Pascaline Chavanne pour MON CRIME
Tran Nu Yên Khê pour LA PASSION DE DODIN BOUFFANT
Thierry Delettre pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DES MEILLEURS DÉCORS

Stéphane Taillasson LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

Étaient nommé.e.s :
Emmanuelle Duplay pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Angelo Zamparuiti pour JEANNE DU BARRY
Toma Baquéni pour LA PASSION DE DODIN BOUFF
Julia Lemaire pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DES MEILLEURS EFFETS VISUELS

Cyrille Bonjean, Bruno Sommier, Jean-Louis Autret pour LE RÈGNE ANIMAL

Étaient nommé.e.s :
Thomas Duval pour ACIDE
Lise Fischer, Cédric Fayolle pour LA MONTAGNE
Olivier Cauwet pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)
Léo Ewald pour VERMINES

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE D’ANIMATION

ÉTÉ 96 réalisé par Mathilde Bédouet

Étaient nommé.e.s :
DRÔLES D’OISEAUX réalisé par Charlie Belin
LA FORÊT DE MADEMOISELLE TANG réalisé par Denis Do

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE

LA MÉCANIQUE DES FLUIDES réalisé par Gala Hernandez Lopez

Étaient nommés :
L’ACTEUR, OU LA SURPRENANTE VERTU DE L’INCOMPRÉHENSION réalisé par Hugo David, Raphaël Quenard
L’EFFET DE MES RIDES réalisé par Claude Delafosse

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DE FICTION

L’ATTENTE réalisé par Alice Douard

Étaient nommés :
BOLÉRO réalisé par Nans Laborde-Jourdàa
RAPIDE réalisé par Paul Rigoux
LES SILENCIEUX réalisé par Basile Vuillemin

CÉSAR DU MEILLEUR FILM D’ANIMATION

LINDA VEUT DU POULET réalisé par Chiara Malta, Sébastien Laudenbach

Étaient nommés :
INTERDIT AUX CHIENS ET AUX ITALIENS réalisé par Alain Ughetto
MARS EXPRESS réalisé par Jérémie Périn

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE

LES FILLES D’OLFA réalisé par Kaouther Ben Hania

Étaient nommés :
ATLANTIC BAR réalisé par Fanny Molins
LITTLE GIRL BLUE réalisé par Mona Achache
NOTRE CORPS réalisé par Claire Simon
SUR L’ADAMANT réalisé par Nicolas Philibert

CÉSAR DU MEILLEUR PREMIER FILM

CHIEN DE LA CASSE réalisé par Jean-Baptiste Durand

Étaient nommés :
BERNADETTE réalisé par Léa Domenach
LE RAVISSEMENT réalisé par Iris Kaltenbâck
VERMINES réalisé par Sébastien Vanicek
VINCENT DOIT MOURIR réalisé par Stéphan Castang

CÉSAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER

SIMPLE COMME SYLVAIN réalisé par Monia Chokri

Étaient nommés :
L’ENLÈVEMENT réalisé par Marco Bellocchio
LES FEUILLES MORTES réalisé par Aki Kaurismâki
OPPENHEIMER réalisé par Christopher Nolan
PERFECT DAYS réalisé par Wim Wenders

Deux jours après cette 49ème cérémonie des César, l’annonce du 27ème et dernier César 2024, celui des lycéens a été faite par L’Académie des Arts et Techniques du Cinéma et le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.
Et ce César des lycéens décerné tous les ans depuis 2019 à l’un des films en lice pour le César du meilleur film a été attribué au très beau long métrage de Jeanne Herry, JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES.

Ce César des Lycéens 2024 a été attribué par un corps électoral de 2 286 élèves de Terminale issus de 97 lycées généraux, technologiques et professionnels, situés sur tout le territoire métropolitain, en Guadeloupe, à La Réunion, en Martinique mais aussi à Mexico, Milan et Tokyo, grâce à la participation des établissements français à l’étranger.

C’est dire l’importance de cette récompense, attribuée les années précédentes à JUSQU’À LA GARDE de Xavier Legrand en 2019, HORS NORMES d’Éric Toledano et Olivier Nakache en 2020, ADIEU LES CONS d’Albert Dupontel en 2021, BAC NORD de Cédric Jimenez en 2022 et LA NUIT DU 12 de Dominik Moll en 2023.

Dalva, 1er film digne et puissant !
Dalva, 1er film digne et puissant !

Découvert il y a déjà quelques mois en festival, Dalva est le remarquable premier long métrage d’Emmanuelle Nicot. La réalisatrice ne lâche pas une seconde sa jeune « héroïne » du quotidien qui va devoir refaire l’apprentissage d’une enfance qu’on lui a volé. Une œuvre coup de poing et sans pathos à découvrir absolument !

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L’été dernier… Désir(s) coupable(s)

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L'ÉTÉ DERNIER

Drame – 1h44 (Blu ray) 1h40 (DVD) – 2023 – France
Réalisation :  Catherine Breillat
Scénario : Catherine Breillat avec la collaboration de Pascal Bonitzer
Avec Léa Drucker, Samuel Kircher, Olivier Rabourdin, Clotilde Coureau

Sorti en salles le 13 septembre 2023

Disponible en Blu ray, DVD et VOD – 6 février 2024 – Pyramide Vidéo

Image : 16/9 – Son : Français Dolby Audio DD 5.1 et 2.0
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Anne, avocate renommée, vit en harmonie avec son mari Pierre et leurs filles de 6 et 7 ans. Un jour, Théo, 17 ans, fils de Pierre d’un précédent mariage, emménage chez eux. Peu de temps après, il annonce à son père qu’il a une liaison avec Anne. Elle nie.

Le film ****
10 ans que Catherine Breillat n’avait pas tourné (ABUS DE FAIBLESSE en 2013). Avec L’ÉTÉ DERNIER, la réalisatrice nous livre sans aucun doute l’un de ses meilleurs films. Une œuvre intime, dérangeante et tumultueuse autour d’un amour transgressif.  

Sublimés par la photographie lumineuse de Jeanne Lapoirie, les interprètes de ce drame intense sont filmés au plus près par leur impétueuse réalisatrice.

Avec Anne, Léa Drucker campe un personnage au désir dévorant, toujours sur le fil, ambigüe à souhait et dont les failles se révèlent au fil de l’évolution de sa relation avec le jeune Théo.  
On ne peut qu’être bluffé, subjugué par l’intensité de son jeu. Une performance subtile qui passe énormément par des regard dont on perçoit parfaitement qu’ils sont en totale contradiction avec les propos qu’Anne tient à son mari (excellent Olivier Rabourdin) quand celui-ci lui exprime son désarroi, son incompréhension, après les révélations de son fils, Théo.  
Léa Drucker nous impressionne encore plus que dans le film choc de Xavier Legrand, JUSQU’À LA GARDE qui lui avait valu le César de la meilleure actrice en 2019.

Saluons également la justesse absolue et la grâce de Samuel Kircher (frère de Paul Kircher LE LYCÉEN, LE RÈGNE ANIMAL) qui apporte lui aussi toute l’ambiguïté nécessaire à ce personnage par qui tout arrive, tout dérape.

Catherine Breillat nous offre avec L’ÉTÉ DERNIER une œuvre sulfureuse et inconfortable dans laquelle il est plus question de désir et de culpabilité, que de morale. Ambitieux, casse gueule mais passionnant !

Bonus ****
Scènes du film commentées par Léa Drucker (21mn)
Essais casting de Samuel Kircher et Romane Violeau (13mn)
La leçon de cinéma de Catherine Breillat – Festival international de Films de Femmes (2001 – 16mn)

Plutôt que de nous proposer un commentaire audio de la réalisatrice, Pyramide vidéo a eu l’excellente idée de demander à Léa Drucker de commenter non pas l’intégralité du film mais six de ses scènes les plus emblématiques.

Les propos de la comédienne, qui précise avoir mis beaucoup de choses personnelles dans son personnage, s’avèrent constamment réfléchis et passionnants. Léa Drucker y évoque notamment le travail avec Catherine Breillat, la complexité du tournage de certaines scènes et de sa complicité indispensable avec ses partenaire et notamment le jeune Samuel. Il est assez rare de comprendre à ce point le travail d’un(e) interprète, avec ses interrogations, ses doutes et son dévouement à un projet aussi singulier.  

On retrouve également deux suppléments consacrés aux essais filmés des jeunes Samuel Kircher et Romane Violeau, dirigés avec détermination et bienveillance par Catherine Breillat en personne.  

Enfin, à défaut d’une interview autour du film, Pyramide Vidéo est allé dénicher une leçon de cinéma de Catherine Breillat, donnée par la réalisatrice en 2001, lors du Festival international des films de femmes à Créteil.
L’occasion pour la cinéaste de revenir aux sources et d’évoquer, entre autres, son enfance avec sa découverte de la littérature et sa passion pour le cinéma… Intéressant !

Fumer fait tousser…de rire !
Fumer fait tousser…de rire !

Après l’excellent Incroyable mais vrai et en attendant Daaaaaali !, on ne peut que vous conseiller de (re)voir le joyeusement foutraque Fumer fait tousser de Quentin Dupieux avec sa bande de super-héros incarnés par des interprètes en très grande forme !

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Le ciel rouge, un film intimiste et incandescent !

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LE CIEL ROUGE (Roter Himmel)

Drame – 1h43 – 2023 – Allemagne
Réalisation :  Christian Petzold
Scénario : Christian Petzold
Avec Thomas Schubert, Paula Beer, Langston Uibel…

Sorti en salles le 6 septembre 2023

Disponible en DVD et VOD – 20 février 2024 – Blaq Out

Image : 16/9 – Son : Allemand 5.1 et 2.0
Sous-titres français

L’histoire
Une petite maison de vacances au bord de la mer Baltique. Les journées sont chaudes et il n’a pas plu depuis des semaines. Quatre jeunes gens se réunissent, des amis anciens et nouveaux. Les forêts desséchées qui les entourent commencent à s’enflammer, tout comme leurs émotions. Le bonheur, la luxure et l’amour, mais aussi les jalousies, les rancœurs et les tensions. Pendant ce temps, les forêts brûlent. Et très vite, les flammes sont là.

 

Le film ***
Le réalisateur allemand Christian Petzold (BARBARA, ONDINE…) est de retour avec ce film faussement léger et parfois déroutant qui débute à la manière d’une chronique estivale en forme de marivaudage autour de jeunes gens contraints de partager une maison de vacances.
Or, le film prend très rapidement un ton plus grave au fur et à mesure que la menace d’un gigantesque incendie de forêt se rapproche.

L’ambiance au sein de la petite communauté devient plus pesante et les émotions des quatre principaux protagonistes s’enflamment, elles aussi, même si elles trouvent des chemins d’expression différents.  

LE CIEL ROUGE questionne alors la place de la création artistique dans le quotidien, la perte de l’insouciance et des illusions mais aussi le besoin d’amour et d’humanité à l’heure où une angoisse sourde envahit le monde face au dérèglement climatique.

Porté par la belle présence de Paula Beer et récompensé de l’Ours d’argent lors du dernier Festival de Berlin, LE CIEL ROUGE possède un charme singulier et magnétique. Une œuvre intimiste à découvrir.

Pas de bonus

Fumer fait tousser…de rire !
Fumer fait tousser…de rire !

Après l’excellent Incroyable mais vrai et en attendant Daaaaaali !, on ne peut que vous conseiller de (re)voir le joyeusement foutraque Fumer fait tousser de Quentin Dupieux avec sa bande de super-héros incarnés par des interprètes en très grande forme !

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Double foyer, haut les c(h)oeurs !

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DOUBLE FOYER

Un film de Claire Vassé
Scénario Claire Vassé avec la collaboration de Louis-Stéphane Ulysse
Avec Émilie Dequenne, Max Boublil, Arthur Roose, Pierre Rochefort, Michel Jonasz, Françoise Lebrun…
Comédie dramatique – 1h26 – France
Sortie en salles le 21 février 2024

L’histoire
Lili et Simon s’aiment, mais n’habitent pas ensemble. Abel, l’enfant de cet amour, vit entre deux maisons. Un jour, les accidents de l’existence remettent en question leur mode de vie… Peut-on s’aimer sans vivre ensemble ? Question simple, réponse compliquée.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec DOUBLE FOYER, son tout premier film, Claire Vassé a choisi un sujet assez peu abordé au cinéma, celui du regard posé sur un couple de parents qui s’aime mais fait le choix de vivre séparément pour tenter de préserver son désir et sa curiosité.

Ancienne critique de cinéma et autrice de six romans, Claire Vassé pose un regard plein de tendresse sur Lili et Simon que leurs proches regardent avec de la bienveillance pour certains mais aussi une de l’incompréhension, voire une certaine forme de jalousie pour d’autres.

Malgré tout, la réalisatrice nous dit que malgré les injonctions permanentes de notre société contemporaine, il n’est pas interdit d’oser un pas de côté et de tenter d’inventer sa propre vie en insufflant un peu d’air et de fantaisie à son quotidien.

2 / Malgré ses maladresses, DOUBLE FOYER est un film plein de promesses. Claire Vassé laisse son premier long respirer, au risque de déstabiliser le spectateur avec notamment quelques scènes qui semblent rester en suspens, sans véritable conclusion.  

La cinéaste fait aussi le pari gonflé d’intégrer au cœur de son récit des chansons (composées par Guillaume Aldebert) interprétées par ses comédien.ne.s.
Cette proposition originale participe pleinement au charme fragile que distille son DOUBLE FOYER, même si les intentions paraissent parfois un peu surlignées.  

Saluons donc Claire Vassé qui, à l’image de ses principaux personnages, a su se montrer audacieuse en tentant un pas de côté dans sa mise en scène et qui privilégie la poésie et le lyrisme du quotidien à une approche purement sociologique que laissait imaginer le propos du film.

3 / Pour terminer, difficile de ne pas évoquer le casting du film.
Si le personnage de Julien (incarné par le trop rare Pierre Rochefort) dont on tarde à comprendre le parcours, aurait mérité d’être plus développé, remercions la réalisatrice-scénariste d’avoir réservé une jolie partition à l’excellent Michel Jonasz dont l’humanité transpire à l’écran.   

Mais saluons surtout la belle idée de casting que constitue le couple formé par Émilie Dequenne et Max Boublil.
Depuis ses débuts dans ROSETTA, l’actrice belge n’en finit plus de nous séduire et de nous surprendre au fil de rôles très différents les uns des autres, de MAMAN A TORT à CLOSE en passant par LES CHOSES QU’ON DIT, LES CHOSES QU’ON FAIT ou CHEZ NOUS.
Son partenaire Max Boublil n’est pas en reste et ajoute ce beau personnage de Simon (enfin un véritable rôle adulte) à une galerie finalement déjà assez riche si l’on repense à ses compositions dans LES GAMINS, LE NOUVEAU ou COMME DES GARCONS.