La tête froide – Le prix du passage pour un premier long réussi !

La tête froide – Le prix du passage pour un premier long réussi !

LA TÊTE FROIDE

Un film de Stéphane Marchetti
Scénario de Stéphane Marchetti & Laurette Polmanss
Avec Florence Loiret Caille, Saabo Balde, Jonathan Couzinié, Aurélia Petit, Marie Narbonne, Philippe Frécon, Souleymane Toure…
Drame – Thriller – 1H32 – France

Sorti en salles le 17 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 21 mai 2024 – UFO

Image : 16/9 2.35 – Son : français et anglais sous-titré français 2.0 et 5.1
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire 
Dans les Alpes enneigées, en plein hiver. Pour boucler ses fins de mois, Marie, 45 ans, trafique des cartouches de cigarettes entre la France et l’Italie avec l’aide de son amant Alex, policier aux frontières. Lorsqu’elle rencontre Souleymane, jeune réfugié, prêt à tout pour rejoindre sa petite sœur, elle s’embarque dans un engrenage bien plus dangereux qu’elle ne l’avait imaginé.

Le film *** ½
Documentariste réputé et lauréat du Prix Albert-Londres en 2008 pour RAFAH, CHRONIQUES D’UNE VILLE DANS LA BANDE DE GAZA coréalisé avec Alexis Monchovet) Stéphane Marchetti réussit son passage à la fiction.

Avec LA TÊTE FROIDE, le réalisateur signe un drame social glaçant aux allures de thriller et de film noir.
Stéphane Marchetti documente le parcours croisé d’une femme qui s’improvise passeuse et d’un jeune migrant déterminé. La rencontre de deux solitudes entre opportunisme et solidarité…
Une des grandes réussites du film tient dans sa volonté de ne jamais poser un regard moralisateur sur ses protagonistes. Stéphane Marchetti ne juge jamais ses personnages mais expose, au plus près, leur situation singulière et souvent désespérante.
Les parti-pris scénaristiques de Stéphane Marchetti font que son propos et son récit ne sont jamais manichéens. A l’instar de Marie et Souleymane, nous sommes en permanence en proie aux doutes et aux questionnements existentiels.
La découverte de LA TÊTE FROIDE confirme pleinement, si besoin était, la complexité de l’être humain et de celle de ce type de situation quand on y est confronté. De près ou de loin…

Grâce à la composition très juste de ses deux principaux interprètes, Florence Loiret Caille et Saabo Balde, le spectateur est embarqué dans cette haletante et touchante aventure humaine qui ne sombre jamais dans le pathos.

A noter que l’excellente Florence Loiret Caille a été fort justement récompensée en novembre dernier d’un prix d’interprétation féminine pour sa prestation lors du Festival du film de Sarlat.

Bonus **
Aucun bonus vidéo n’est proposé avec ce premier film de Stéphane Marchetti. Dommage… Seul un livret de 12 pages d’entretien avec le réalisateur est inclus dans le boitier DVD.

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion de la toute première présentation publique de LA TÊTE FROIDE au Festival du film francophone d’Angoulême, en août dernier, que nous avons rencontré le réalisateur et ses deux principaux comédiens, Florence Loiret Caille Saabo Balde, belle révélation du film.

INTERVIEW STEPHANE MARCHETTI, FLORENCE LOIRET CAILLE & SAABO BALDE

Fifi, douce mélancolie…
Fifi, douce mélancolie…

FIFI est le récit de la rencontre entre deux solitaires terriblement attachants incarnés par les remarquables Céleste Brunnquell & Quentin Dolmaire. Ne loupez surtout pas ce très joli 1er film, délicat et lumineux passé trop vite par les salles, en juin dernier…

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La crise, toujours et encore…
La crise, toujours et encore…

30 ans après sa sortie en salles, la comédie sociétale de Coline Serreau, portée par son réjouissant casting est toujours d’une actualité cruelle. Le film est agrémenté par deux passionnants entretiens avec la réalisatrice et son acteur principal Vincent Lindon.

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La gardav – Un air de famille 

La gardav – Un air de famille 

LA GARDAV

Un film de Thomas & Dimitri Lemoine
Scénario de Thomas Lemoine & Christiane Lemoine-Vultaggio
avec Thomas Lemoine, Gaël Tavares, Pierre Lottin, Lionnel Astier, Melissa Izquierdo, Alain Bouzigues, Hichem Yacoubi …
Comédie, drame – 2024 – France – 1h27

Sortie en salles le 5 juin 2024

L’histoire
Mathieu jeune acteur ambitieux galère pour boucler sa bande démo. Son pote Ousmane lui propose de tourner dans son clip de rap, mais le tournage ne va pas se passer comme prévu.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Librement inspiré d’une garde à vue réellement vécue par Thomas (Mathieu dans le film) LA GARDAV est le premier long métrage de Thomas et Dimitri Lemoine. Un film dont le scénario a été coécrit par Dimitri et la mère des deux frères, Christiane. Une histoire de famille, pour le meilleur et pour le rire, donc !

2 / Si le propos, celui de cette garde à vue qui échappe à ses principaux protagonistes est plutôt au dramatique sur le fond, le ton adopté et bienvenue est celui d’une comédie burlesque.

En effet, même s’il croque joyeusement quelques travers du monde policier, LA GARDAV n’est en aucun cas, une diatribe « anti-flics ».

Le film illustre, avec une certaine malice, la façon dont des individus (en l’occurrence ici des jeunes de quartiers dont un apprenti comédien « J’ai ma fiche AlloCiné » et les policiers) tentent de cohabiter dans une société de plus en plus fracturée. C’est à partir de situations absurdes liées très souvent à la précarité des ressources policières que LA GARDAV tire sa singularité.

Le film qui ne se revendique pas comme une tribune politique, dénonce néanmoins judicieusement les dérives possibles d’une machine policière et judiciaire.
Ce choix affirmé d’employer un humour souvent burlesque permet au spectateur de mieux appréhender le ridicule de certaines situations.

3 / Malgré quelques défauts de rythme, LA GARDAV est ponctué de dialogues piquants et possède suffisamment de qualités scénaristiques pour nous intéresser au sort de son principal protagoniste, Mathieu.
Un personnage lunaire incarné avec conviction par Thomas Lemoine, coréalisateur du film. À ses côtés, on notera la belle présence de Gaël Tavarès (Ousmane) et surtout quelques comédiens plus chevronnés dont on sent qu’ils ont pris du plaisir à incarner des personnages quelques peu dépassés par leurs fonctions. Citons les duo Lionnel Astier/Alain Bouzigues et Benjamin Baffie/ Pierre Lottin (toujours surprenant) à qui l’on doit quelques une des meilleures séquences du film…    

Nouveau monde au palmarès du Festival du film de demain 2024

Nouveau monde au palmarès du Festival du film de demain 2024

Le Festival du Film de Demain initié par Louis-Julien Petit, Mathieu Petit Bonnefond et Camille Carteret s’est achevé ce dimanche soir sur une note très positive, celle d’une fréquentation en forte hausse avec près de 9800 spectateurs (contre près de 4000 en 2022 et plus de 7000 l’an passé) qui se sont réunis dans les salles du Ciné Lumière de Vierzon.
Avant de découvrir LA FAMILLE HENNEDRICKS, premier film de Laurence Arné avec l’actrice-réalisatrice et Dany Boon, les festivaliers ont eu la révélation du palmarès de cette troisième édition.

Le jury présidé par Lambert Wilson était composé de Gwendoline Hamon, Ivan Calbérac, Lyes Salem, Eloïse Lang et Manon Bresch.
Ils ont attribué les récompenses suivantes :

Meilleur film
PARADISE IS BURNING de Mika Gustafson, avec Bianca Delbravo, Dilvin Asaad et Marta Oldenburg (sortie en salles le 28 août)

Meilleure réalisation
GLORIA!
  de Margherita Vicario avec Galatea Beluggi, Carlotta Gamba, Veronica Lucchesi (sortie en salles le 12 juin)

Meilleure interprétation
Ariane Castellanos
dans DISSIDENTE de Pier-Philippe Chevigny (sortie en salles le 5 juin)

Meilleur scénario
DISSIDENTE
de Pier-Philippe Chevigny, avec Ariane Castellanos, Marc-André Grondin et Nelson Coronado (sortie en salles le 5 juin)

Prix de la meilleure musique originale
GLORIA!
de Margherita Vicario, avec Galatea Beluggi, Carlotta Gamba, Veronica Lucchesi (sortie en salles le 12 juin)

Mention spéciale
NOUVEAU MONDE
de Vincent Cappello avec Rohid Rahimi, Sandor Funtek (sortie en salles le 19 juin)

Le public venu nombreux cette année découvrir la sélection de longs et de courts métrages mais aussi pour échanger avec les invités et les équipes de films ont attribués les prix suivants :

Prix du public
LE PANACHE
de Jennifer Devoldère, avec Joachim Arseguel, Aure Atika et José Garcia (sortie en salle le 20 novembre)

Prix du meilleur court-métrage (FFD Challenge)
QUI NE DIT MOT de Paul Lenoir.

Retrouvez ci-dessous l’interview que Lambert Wilson nous a accordé en tout début de festival pour évoquer, entre autres, sa mission de président de jury, mais aussi de revenir sur sa carrière, ses plaisirs, ses frustrations, de parler de son rapport au public, à sa voix et même de “pleurer” la disparation prochaine d’une salle mythique, l’UGC Normandie, un lieu qu’il affectionne particulièrement…

INTERVIEW LAMBERT WILSON

C’est donc PARADISE IS BURNING du cinéaste suédois Mika Gustafson qui a remporté les suffrages du jury présidé par Lambert Wilson qui lui a décerné son Prix du meilleur film ( le président du jury évoquant sur scène un chef d’œuvre !) parmi les 9 longs métrages présentés en compétition. Nous aurons l’occasion d’en reparler pour sa sortie en salles le 28 août prochain.

Autre film dont nous allons également reparler très vite, c’est NOUVEAU MONDE, le premier long métrage de fiction de Vincent Cappello à qui le jury a décidé d’attribuer une très méritée mention spéciale. D’ici quelques jours, nous aurons effectivement le plaisir de vous proposer une interview des principaux protagonistes du film, réalisée il y a quelques mois dans un autre festival, celui de Saint-Jean-de-Luz.

En attendant, nous vous invitons à découvrir la BA du film ci-dessous.

Le très étonnant (et réussi) GLORIA ! de la cinéaste italienne Margherita Vicario s’est vu attribué deux prix, celui de la meilleure réalisation et celui de la meilleure musique originale, tandis que DISSIDENTE, le premier long métrage du réalisateur canadien Pier-Philippe Chevigny continue sa moisson de récompenses.

Après avoir notamment raflé 3 prix au Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz, DISSIDENTE s’est vu attribuer, deux nouvelles et belles récompenses à l’issue de ce Festival du Film de Demain, le Prix du meilleur scénario et celui de la meilleure interprétation pour Ariane Castelanos.

Une nouvelle célébration du film, de très bon augure à la veille de sa sortie dans les salles française ce mercredi 5 juin.
Retrouvez ci-dessous, une interview de Pier-Philippe Chevigny que nous avons rencontré en octobre dernier à Saint-Jean-de-Luz.

INTERVIEW PIER PHILIPPE CHEVIGNY

D’ici quelques jours (et quelques semaines pour d’autres) Cin’Écrans vous proposera quelques interviews réalisées à l’occasion de cette troisième belle édition du festival avec les invités des rencontres du FFD (Clémentine Célarié, Claude Lelouch & Frédéric Tellier) mais aussi avec les équipes de films suivantes :

Jennifer Devoldère pour LE PANACHE (sortie en salles le 20 novembre)

Éric Métayer, Laurence Brunet-Jambu, Cécile Bois & Odile Vuillemin pour SIGNALEMENTS (bientôt sur France 2)

Akim Isker, Bernard Campan, Frankie Wallach, Moussa Sylla & Zaccharie Chasseriaud pour À L’ÉPREUVE (bientôt sur France 2)

Matthieu Delaporte, Alexandre De La Patellière, Julien de Saint Jean & Adèle Symphal
pour LE COMTE DE MONTE CRISTO (sortie en salles le 28 juin)

Max Mauroux, Marley Dubosc & Sawsan  Abès
pour PRESQUE LÉGAL (sortie en salles le 17 juillet)

J’en profite pour remercier chaleureusement les organisateurs du festival, ses dévoués bénévoles ainsi que les indispensables Jeanne Billaud & Laurent Renard pour leur aide précieuse et l’organisation de ces interviews.

Retrouvez les bandes annonces de certains films de la sélection 2024, mais aussi les interviews Cin’Écrans réalisées l’an passé à l’occasion des deux premières éditions du festival sur notre chaine YouTube.

Le cinéaste cubain Tomãs Gutiérrez Alea se fait coffret en 3 films !

Le cinéaste cubain Tomãs Gutiérrez Alea se fait coffret en 3 films !

TOMÁS GUTIÉRREZ ALEA – ICUBA Y LA REVOLUCIÓN!

LA MORT D’UN BUREAUCRATE (La Muerte de un burócrata)

Un film de Tomãs Gutiérrez Alea
Scénario de Tomas Gutierrez Alea et Alfredo L. Del Cueto
Avec Salvador Wood, Manuel Estanillo, Silvia Planas, Gaspar de Santelices…
Comédie – 1H24 – Cuba
Sorti en salles en 1966

Disponible en coffret 3 films ou seul en Combo Digipack Blu-ray & DVD – 30 avril 2024 – Tamasa

Image : noir & blanc 16/9 – 1.66 respecté – Master restauré 4K
Version originale espagnole sous-titrée en français

L’histoire 
Francisco, ouvrier exemplaire, meurt broyé par sa machine. Selon ses vœux, on l’enterre avec son livret de travail, preuve de son dévouement à la victoire du socialisme. Or, sa veuve, pour recevoir sa pension de réversion, est obligée de fournir ce fameux livret. Son neveu Juanchín entreprend alors les démarches aussi absurdes que rocambolesques pour le récupérer…

Bonus 
– Livret 16 pages “La subversion de l’humour noir”
– “Un cinéaste exigeant dans la révolution” par Julie Amiot (37mn)
– “La bureaucratie sans dessus-dessous” par Julie Amiot (16mn)
– Films annonce

  

FRAISE ET CHOCOLAT (Fresa y Chocolate)

Un film de Tomãs Gutiérrez Alea
Scénario de Juan Carlos Tabio et Tomas Gutierrez Alea
Avec Jorge Perugorría, Vladimir Cruz, Mirta Ibarra…
Comédie dramatique – 1H50 – Cuba
Sorti en salles en 1993

Disponible en coffret 3 films ou seul en Combo Digipack Blu-ray & DVD – 30 avril 2024 – Tamasa

Image : 16/9 – 1.85 respecté – Master restauré 4K
Version originale espagnole sous-titrée en français

L’histoire 
David, un jeune étudiant cubain, ne doute pas de la validité des idéaux castristes. L’amour lui semble plus contestable. Viviane, la femme qu’il courtisait, ne vient-elle pas d’épouser un autre homme ? Désappointé, David erre dans la Havane et rencontre Diego. Il préfère la glace au chocolat, Diego choisit la fraise. Mais qu’importent les différences, pourvu qu’on ait le souci de se comprendre !

Bonus 
– Livret 16 pages “Un film impactant”, textes et entretien avec le réalisateur
– “Un cinéaste exigeant dans la révolution” par Julie Amiot (37mn)
– “Idéologie et intolérance ” par Julie Amiot (16mn)
– Films annonce

LA ÚLTIMA CENA

Un film de Tomãs Gutiérrez Alea
Scénario de María Eugenia Haya, Constante Diego (dialogues) d’après Manuel Moreno Fraginals
Avec Nelson Villagra, Silviano Rey, Luis Alberto García, José Antonio Rodríguez…
Drame – 2H01 – Cuba
Sorti en salles en 1976

Disponible en coffret 3 films ou seul en Combo Digipack Blu-ray & DVD – 30 avril 2024 – Tamasa

Image : 16/9 – 1.85 respecté – Master restauré 4K
Version originale espagnole sous-titrée en français

L’histoire 
Dans un esprit d’humilité religieuse, un riche propriétaire sucrier convie douze de ses esclaves à sa table le Jeudi Saint, répétant avec eux les gestes du Christ avec ses apôtres. Se fiant aux promesses de leur maître, les esclaves décident de ne pas travailler le lendemain, Vendredi Saint..

Bonus *
– Livret 16 pages “La Ultima cena : Sang et sucre” par Sandra Hernandez
– “Un cinéaste exigeant dans la révolution” par Julie Amiot (37mn)
– “L’impossible rédemption” par Julie Amiot (18mn)
– Films annonce

Les films ***1/2

Saluons la belle initiative de Tamasa Éditions de nous proposer la (re)découverte de trois films du réalisateur cubain Tomãs Gutiérrez Alea

Ce sont trois œuvres très différentes du metteur en scène, passionné de cinéma et de politique qui nous sont proposés ici. LA MORT D’UN BUREAUCRATE (1966), FRAISE ET CHOCOLAT (1993) et LA ULTIMA CENA (196) sont disponibles en coffret ou à l’unité sur 3 Combo Digipack Blu-ray & DVD, chaque film étant agrémenté d’un livret de 16 pages à son propos.
Le très attachant FRAISE ET CHOCOLAT a valu à ses coréalisateurs Tomãs Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabio une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger en 1993. Il s’agit sans aucun doute, du film le plus connu, en France, de Tomãs Gutiérrez Alea avec GUANTANAMERA, ultime long métrage coréalisé, deux ans plus tard, lui aussi, avec Juan Carlos Tabio.
On vous conseillera également de découvrir, deux œuvres plus méconnu par chez nous du cinéaste cubain, l’étonnant et parfois déroutant LA ULTIMA CENA mais aussi et surtout LA MORT D’UN BUREAUCRATE. Réalisé en 1966, cette étonnante comédie critique avec une belle vigueur et un regard féroce et satirique, la machine bureaucratique du régime castriste de l’époque.

Bonus ****

En plus des livrets spécifiques proposés avec chaque titre, Tamasa poursuit son beau travail d’édition avec un module commun aux trois films intitulé « Un cinéaste exigeant dans la révolution », passionnant décryptage du parcours et du travail de Tomãs Gutiérrez Alea par Julie Amiot-Guillouet. Cette professeure des Universités et spécialiste du cinéma hispanique nous gratifie ensuite sur chaque galette de son regard expert sur le cinéaste cubain et chacun des trois films proposés. Erudit et passionnant !

Fifi, douce mélancolie…
Fifi, douce mélancolie…

FIFI est le récit de la rencontre entre deux solitaires terriblement attachants incarnés par les remarquables Céleste Brunnquell & Quentin Dolmaire. Ne loupez surtout pas ce très joli 1er film, délicat et lumineux passé trop vite par les salles, en juin dernier…

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La crise, toujours et encore…
La crise, toujours et encore…

30 ans après sa sortie en salles, la comédie sociétale de Coline Serreau, portée par son réjouissant casting est toujours d’une actualité cruelle. Le film est agrémenté par deux passionnants entretiens avec la réalisatrice et son acteur principal Vincent Lindon.

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Marcello mio… Amore mio

Marcello mio… Amore mio

MARCELLO MIO

Un film de Christophe Honoré
Scénario de Christophe Honoré
avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Nicole Garcia, Benjamin Biolay, Melvil Poupaud, Hugh Skinner
Comédie – 2023 – France – 2h01

Sortie en salles le 22 mai 2024

L’histoire
MARCELLO MIO est présenté en compétition au Festival de Cannes 2024
C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara. Elle est actrice, elle est la fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, chahutée dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père. Elle s’habille désormais comme lui, parle comme lui et elle le fait avec une telle force qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello ».

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Qu’il est bon et agréable de se laisser surprendre au cinéma !
À la lecture du synopsis, on est en droit de craindre le pire et notamment de voir un film qui cultiverait l’entre soi. Mais penser cela, c’est bien mal connaître Christophe Honoré et sa brillante faculté à rendre quasi universelles des histoires souvent très personnelles, très intimes, comme avec PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE, LES CHANSONS D’AMOUR ou bien encore LE LYCÉEN.
D’autant qu’il le fait avec beaucoup de talent et d’aisance, en termes de mise en scène. On en veut pour preuve certains plans virtuoses du film lorsque, par exemple, par deux fois Marcello/Chiara s’échappe du cadre de la réalité pour en rejoindre une autre… Bel hommage au royaume de l’illusion qu’est le 7eme art.  

Avec MARCELLO MIO, son 15eme long métrage pour le cinéma, le scénariste réalisateur dépeint une certaine réalité du monde du cinéma et notamment ces périodes ou les acteurs/actrices ne sont pas au « travail », ces « temps morts » qui représentent une grande partie de leur vie.

A partir de son étonnant postulat de départ, Christophe Honoré reconstruit l’histoire familiale de Marcello & Chiara d’un point de vue romanesque. De fait, le réalisateur rend flou la frontière entre réel et imaginaire. Il nous entraine, pour notre plus grand plaisir, dans un récit d’une fantaisie rare et poétique. Le cinéaste joue malicieusement de l’image publique de ses principaux interprètes, avec leur complicité bienveillante.

2 / MARCELLO MIO, hommage original à l’immense Marcello Mastroianni, est aussi et surtout une magnifique déclaration d’amour au 7eme art, à ses acteurs et actrices, et en particulier à Chiara Mastroianni, l’interprète fétiche du metteur en scène.
Avec cette 6ème collaboration au cinéma (sans compter le magnifique spectacle LE CIEL DE NANTES en 2021), on a le sentiment de (re)découvrir la comédienne.
Chiara/Marcello est de tous les plans, ou presque, et nous régale d’un jeu léger et plein de fantaisie. Jamais la comédienne n’avait semblé aussi libre et inspirée.
Il serait néanmoins injuste de passer sous silence la prestation de l’ensemble de ses partenaires. De Catherine Deneuve à Fabrice Luchini, en passant par Nicole Garcia, Benjamin Biolay et Melvil Poupaud, toutes et tous semblent avoir pris un plaisir fou à prendre des chemins de traverse proposés par le cinéaste et à tordre le cou à la réalité et à leur image.

3 / Impossible enfin de passer sous silence l’excellente bande son du film. On sait à quel point la musique est importante dans le cinéma de Christophe Honoré.

Le réalisateur retrouve ici, et pour la 7eme fois, son compositeur fétiche, Alex Beaupain à qui l’on doit l’une des plus belles et émouvantes séquences du film lorsque Catherine Deneuve interprète avec grâce  « Di, Marcello, perché ridi » (« Dis, Marcello, pourquoi tu ris »), chanson évidemment composée sur mesure par Alex Beaupain.

Le film est par ailleurs rythmé par quelques chansons qui illustrent à merveille sa très singulière histoire, comme « Le grand sommeil » d’Etienne Daho par Benjamin Biolay, « Una storia importante » d’Eros Ramazzoti par Chiara Mastroianni ou bien encore « Words » de F.R.David. Le générique de fin se déroule, lui, tranquillement après 2 heures enchanteresses sur « Underlands » un très beau titre du chanteur et musicien américain Andrew Bird.