Vampire humaniste… – Bon sang ne saurait mentir !

Vampire humaniste… – Bon sang ne saurait mentir !

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT

Un film d’Ariane Louis-Seize
Scénario d’Ariane Louis-Seize, Christine Doyon
Avec Sara Montpetit, Félix-Antoine Bénard, Steve Laplante, Sophie Cadieux, Noémie O’Farrell, Marie Brassard…
Comédie-Epouvante-Horreur – 1h32 – Québec
Sortie en salles le 20 mars 2024

L’histoire
Sasha est une jeune vampire avec un grave problème : elle est trop humaniste pour mordre ! Lorsque ses parents, exaspérés, décident de lui couper les vivres, sa survie est menacée. Heureusement pour elle, Sasha fait la rencontre de Paul, un adolescent solitaire aux comportements suicidaires qui consent à lui offrir sa vie. Ce qui devait être un échange de bons procédés se transforme alors en épopée nocturne durant laquelle les deux nouveaux amis chercheront à réaliser les dernières volontés de Paul avant le lever du soleil.

3 bonnes raisons de voir ce film

1 / Après avoir réalisé de nombreux courts métrages, la réalisatrice québécoise Ariane Louis-Seize passe au long avec ce film étonnant à plus d’un titre. Celui à rallonge tout d’abord qui sert d’accroche idéale et intrigante pour s’intéresser de plus près à un long métrage que nous n’attendions pas spécialement.

« C’est pas vrai que c’est moi qui vais chasser pour tout le monde, pendant 200 ans » Georgette, la mère de Sasha

Promesse d’une comédie noire, le résultat final s’avère franchement convaincant et plus riche que soupçonné.
On rit franchement de quelques punch line bien senties et devant le spectacle de cette famille de vampires qui se déchire sur la marche à suivre pour convaincre Sasha de passer à l’acte, tout en se débattant avec des problèmes très quotidiens, presque comme « monsieur et madame Tout-le-monde ».

Mais on est aussi surpris et touché par la sincérité et le désarroi de la jeune fille, face aux injonctions familiales. Le ton de ce film d’apprentissage oscille pour notre plus grand plaisir entre la comédie teenage horrifique et le drame psychologique à travers le parcours d’adolescents désabusés en pleine quête identitaire. Il s’en dégage une très plaisante et surprenante touche de mélancolie.

« Moi, j’aime pas la vie. Ça me ferait plaisir de la donner pour une bonne cause. » Paul

2 / Outre un scénario plutôt malin et original, il convient de saluer la cohérence de la direction artistique du film qui joue à merveille des décors, des couleurs et de la lumière (beau travail du chef op Shawn Pavlin) pour imprimer au film une ambiance séduisante et très singulière.

A noter que VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT a reçu en septembre dernier le Prix de la mise en scène dans la section Venice Days (l’équivalent de la Quinzaine des cinéastes cannoise) de la Mostra de Venise 2023.

3 / Mais évidemment, toutes ces qualités avaient besoin d’interprètes au diapason pour que le pari du film soit pleinement tenu. Là encore, la réalisatrice a fait preuve de talent pour composer sa réjouissante famille de vampires (qui n’est pas sans évoquer la célèbre Famille Addams) avec notamment la jeune Sara Montpetit dont on avait déjà repéré le talent naissant dans FALCON LAKE, de Charlotte Le Bon.
L’actrice excelle dans ce personnage de jeune fille âgée de… 68 ans !

Il serait injuste de ne pas citer également Félix-Antoine Bénard, le jeune acteur qui incarne avec talent Paul, le fameux suicidaire consentant qui, lui, à l’âge de ses artères…

Une année difficile pour un film déconfiné à (re)découvrir

Une année difficile pour un film déconfiné à (re)découvrir

UNE ANNÉE DIFFICILE

Drame – 2h00 (Blu ray) 1h56 (DVD) – 2023 – France
Réalisation :  Éric Toledano, Olivier Nakache
Scénario : Éric Toledano, Olivier Nakache
Avec Jonathan Cohen, Pio Marmaï, Noémie Merlant, Mathieu Amalric, Grégoire Leprince-Ringuet…

Sorti en salles le 18 octobre  2023

Disponible en Blu ray, DVD, et VOD – 28 février 2024 – Gaumont Vidéo

Image : 16/9 – Son : Français DTS HD 5.1 & 2.0
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Albert et Bruno sont surendettés et en bout de course, c’est dans le chemin associatif qu’ils empruntent ensemble qu’ils croisent des jeunes militants écolos. Plus attirés par la bière et les chips gratuites que par leurs arguments, ils vont peu à peu intégrer le mouvement sans conviction…

Le film ****

« C’est le vide du covid qui nous a donné envie de parler de ce que ça a laissé comme traces chez nous… » Éric Toledano

Quatre ans après HORS NORMES (et deux saisons d’EN THÉRAPIE pour Arte), Éric Toledano & Olivier Nakache étaient de retour en salles l’automne dernier avec UNE ANNÉE DIFFICILE.

Curieusement et injustement, même si cela n’enlève rien à ces qualités, ce 8eme long-métrage n’a pas obtenu le même succès que leurs œuvres précédentes en réunissant à peine 900.000 spectateurs.

Et pourtant, les deux scénaristes réalisateurs continuent de creuser, avec talent, le sillon d’un cinéma social et dans l’air du temps, auquel ils insufflent beaucoup d’humour et un vrai supplément d’âme.

Même s’ils n’hésitent jamais à donner quelques coups de griffes et à pointer les dérives consuméristes de notre époque, les deux cinéastes ont su préserver le principal, à savoir une attention à l’autre et une bienveillance naturelle pour l’ensemble de leurs personnages…

Avec la complicité d’un casting « hors-norme », Éric Toledano et Olivier Nakache nous questionnent sur nos travers, nos petites mesquineries quotidiennes, bref sur des comportements que chacun, chacune va devoir faire évoluer pour survivre dans ce monde souvent cruel pour beaucoup.

« Quand il y a de l’amour et de la bienveillance derrière la cam, on arrive à se lâcher… » Jonathan Cohen

Si les deux cinéastes ont fait appel, avec bonheur, à Pio Marmaï qu’ils avaient « pratiqué » sur EN THÉRAPIE, c’est la première fois qu’ils travaillaient avec Jonathan Cohen, Noémie Merlant ou Mathieu Amalric. Bien leur en a pris, tant ces comédien.ne.s se sont glissé.e.s avec gourmandise dans la peau de personnages riches et très différents les uns des autres. Et surtout, on sent à quel point ces interprètes se sont régalé.e.s des situations et des dialogues ciselés des réalisateurs d’INTOUCHABLE et du SENS DE LA FÊTE.

 « Jonathan n’a pas eu besoin de nous pour prouver qu’il n’avait pas de limites… » Éric Toledano

Avec UNE ANNÉE DIFFICILE, les deux réalisateurs flirtent avec le meilleur de la comédie noire italienne des années 70 – 80. On songe, entre autres, à certains films de Dino Risi, Mario Monicelli ou Ettore Scola même si leurs personnages ne sont, au fond, pas aussi « affreux, sales et méchants » qu’on pourrait le penser…

Bonus ****
La valse de l’époque – Le making-of d’Une année difficile –   31mn18

Un seul bonus est proposé en complément de cette ANNÉE DIFFICILE mais il convient d’en saluer la qualité tant il précise, si besoin était, les intentions du duo de réalisateurs.
Avec ce making-of, dans lequel s’expriment les principaux protagonistes du film, Paul Frère nous offre une vision assez complète et passionnante de ce projet centré sur deux loosers magnifiques.

On notera que le tournage de ce making-of débute par quelques images furtives tournées avec la complicité d’Olivier Nakache, le 12 mars 2020, soit 5 jours avant le premier confinement, au moment où l’écriture du film débute…
Une situation temporelle qui explique parfaitement son impact sur l’écriture du film et l’idée de certaines séquences directement inspirées par cette période si particulière. Un moment de vie qui nous interroge encore aujourd’hui sur nos comportements et notre place dans la société et qui est au cœur des préoccupations des protagonistes de cette ANNÉE DIFFICILE.
On apprend ainsi que pour ses initiateurs ce film a été vécu comme une forme de pulsion « Il fallait qu’il y ait du fouillis construit… Ce film est une nouvelle étape, il y avait un besoin de se repositionner »

Au fil des interventions des deux réalisateurs, de Pio Marmaï, Jonathan Cohen, Noémie Merlant et Mathieu Amalric, on ressent parfaitement à quel point chacun.e a pris plaisir à se plonger dans ce récit terriblement contemporain.

Mais la bonne idée du making-of est sans aucun doute d’y donner aussi la parole aux militants qui ont été partis prenantes du film sur plusieurs étapes. Que ce soit au moment de son écriture (à travers les échanges nourris avec Éric Toledano et Olivier Nakache) mais aussi sur son tournage où un certain nombre d’entre eux a été convié à (re)vivre pour la caméra certaines actions activistes auxquelles ils avaient pu participer.  
Nul doute que l’implication de ces militants, sur toutes ces étapes, a participé grandement au sentiment de véracité que dégage ce film que l’on placera volontiers dans La lignée de l’« Artivisme » défendue par bon nombre d’entre eux.

Reste qu’au-delà des réflexions justes et utiles qu’il pose, UNE ANNÉE DIFFICILE peut aussi se déguster, plus simplement, comme un excellent divertissement, celui proposé par son duo de cinéastes qui ont une idée assez précise de leur mission « Ce n’est pas notre fonction de venir délivrer un message, notre fonction, c’est de poser les bonnes questions et de bien les formuler ! » Mission réussie !

Le + Cin’Écrans
C’est en juin dernier, à l’occasion du Festival du Film de Demain à Vierzon, où UNE ANNÉE DIFFICILE était présenté en ouverture, 5 mois avant sa sortie officielle, que j’ai retrouvé pour mon plus grand plaisir et une courte interview Éric Toledano, accompagné ce soir-là de l’excellent Jonathan Cohen

INTERVIEW ÉRIC TOLEDANO & JONATHAN COHEN

Les Rascals, Outsiders made in France…
Les Rascals, Outsiders made in France…

Filmé avec réalisme et sans concessions, le 1er long de Jimmy Laporal-Trésor retrace la montée des violences et du racisme entre bandes rivales dans le Paris du milieu des années 80.
Rencontre avec le réalisateur très impliqué d’un film puissant et rageur, désormais disponible chez vous.

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Le ravissement pour Iris Kaltenbäck et Hafsia Herzi  

Le ravissement pour Iris Kaltenbäck et Hafsia Herzi  

LE RAVISSEMENT

Drame – 1h37 (Blu ray) 1h33 (DVD) – 2023 – France
Réalisation :  Iris Kaltenbäck
Scénario : Iris Kaltenbäck
Avec Hafsia Herzi, Alexis Manenti, Nina Meurisse, Younes Boucif, Radmila Karabatic, Dusko Badnjar, Ana Blagojevic, Grégoire Didelot…

Sorti en salles le 11 octobre 2023
Disponible en Blu ray, DVD et VOD – 20 février 2024 – Diaphana Vidéo

Image : 16/9 – Son : Français DTS HD 5.1 et 2.0
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Comment la vie de Lydia, sage-femme très investie dans son travail, a-t-elle déraillé ? Est-ce sa rupture amoureuse, la grossesse de sa meilleure amie Salomé, ou la rencontre de Milos, un possible nouvel amour ? Lydia s’enferme dans une spirale de mensonges et leur vie à tous bascule….

Le film ****
LE RAVISSEMENT
, premier long métrage d’Iris Kaltenbäck, sans aucun conteste l’un des plus réussis de l’an passé, a bien mérité les nombreux prix récoltés ces derniers mois depuis sa présentation à Cannes : Prix SACD de la Semaine de la critique, Prix Louis Delluc du meilleur premier film, Lumière de la presse étrangère du meilleur premier film et Prix du syndicat français de la critique du meilleur premier film, une nouvelle fois. Autant dire que nous sommes nombreux et nombreuses à attendre le second long métrage de la réalisatrice.

En attendant, nous vous invitons chaleureusement à (re)découvrir, si ce n’est déjà fait, LE RAVISSEMENT, véritable thriller de l’intime, qui creuse avec pertinence les questions de la solitude urbaine, de la maternité et celle des conséquences d’un mensonge quand on ne peut plus (ou qu’on ne sait pas comment) faire machine arrière…

Inspiré d’un tragique fait divers, le film est transcendé par le mystère et l’intensité du jeu d’Hafsia Herzi. L’actrice trouve ici, sans aucun doute, son plus beau rôle à ce jour. Elle compose avec une remarquable économie de moyens (un regard, un silence en disent parfois très long) un personnage fascinant et ambigu, de jeune femme sur la brèche que son mal-être pousse à usurper le bébé de sa meilleure amie (incarnée par l’excellente Nina Meurisse).

Après son passage très remarqué dans les salles obscures l’automne dernier, c’est à la maison que vous pouvez vous laisser happer par ce drame poignant et mélancolique, magnifiquement interprété.

Bonus ****
LE VOL DES CIGOGNES – court-métrage d‘Iris Kaltenbäck avec Claire Ganaye et Raphaël Acloque (2015, 29 mn)

Discussion d’Iris Kaltenbäck avec Ava Cahen, déléguée générale de la Semaine de la Critique (2024, 18 mn)

En bonus, Diaphana (éditeur du film) a la judicieuse idée de nous offrir LE VOL DES CIGOGNES, un court métrage réalisé en 2015 par Iris Kaltenbäck. L’histoire d’un vol de bébé dans une maternité par une femme qui présente l’enfant à son mari militaire comme étant le sien.
La similitude thématique avec LE RAVISSEMENT ne vous aura pas échappé, et pour cause, puisque c’est après avoir découvert ce court-métrage que les producteurs Alice Bloch (Marianne Productions) et Thierry de Clermont-Tonnerre (Mact Productions) ont demandé à la cinéaste d’écrire un long métrage sur ce même sujet et qui deviendra LE RAVISSEMENT.

Avec le second bonus, nous sommes conviés à un entretien entre Iris Kaltenbäck et Ava Cahen, journaliste et déléguée générale de la Semaine de la critique, qui a choisi avec son comité de sélection de présenter LE RAVISSEMENT en mai dernier à Cannes.

Au cours de cet échange passionnant, la réalisatrice-scénariste revient, entre autres, sur la genèse du projet et le parti-pris d’utiliser une voix off, celle de Milo (Alexis Manenti), qui tente de percer le mystère de Lydia, pour reconstituer son histoire. La réalisatrice revient aussi évidemment sur son formidable casting et sur l’importance de la bande originale du film composée par Alexandre de la Baume.

Les Rascals, Outsiders made in France…
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Filmé avec réalisme et sans concessions, le 1er long de Jimmy Laporal-Trésor retrace la montée des violences et du racisme entre bandes rivales dans le Paris du milieu des années 80.
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La nouvelle femme, une première fiction très documentée

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LA NOUVELLE FEMME

Un film de Léa Todorov
Scénario Léa Todorov
Avec Jasmine Trinca, Leïla Bekhti, Rafaëlle Sonneville-Caby…
Drame – historique – 1h39 – France
Sortie en salles le 13 mars 2024

L’histoire 
En 1900, Lili d’Alengy, célèbre courtisane parisienne, a un secret honteux – sa fille Tina, née avec un handicap. Peu disposée à s’occuper d’une enfant qui menace sa carrière, elle décide de quitter Paris pour Rome. Elle y fait la connaissance de Maria Montessori, une femme médecin qui développe une méthode d’apprentissage révolutionnaire pour les enfants qu’on appelle alors « déficients ». Mais Maria cache elle aussi un secret : un enfant né hors mariage. Ensemble, les deux femmes vont s’entraider pour gagner leur place dans ce monde d’hommes et écrire l’Histoire.

L’avis Cin’Écrans ***
Scénariste, réalisatrice et productrice, Léa Todorov signe avec LA NOUVELLE FEMME, son premier long métrage de fiction après avoir réalisé deux documentaires SAUVER L’HUMANITÉ AUX HEURES DE BUREAU en 2012 et UTOPIE RUSSE en 2015.

En 2016, elle co-écrit le documentaire RÉVOLUTION ÉCOLE : L’ÉDUCATION NOUVELLE ENTRE LES DEUX GUERRES, réalisé par Joanna Grudzinska. C’est ce projet sur les pédagogies alternatives qui est à l’origine de LA NOUVELLE FEMME qui marque donc ses débuts remarqués dans la fiction.

Plutôt classique mais très soigné dans sa forme, ce film de Léa Todorov qui n’est pas un simple biopic sur Maria Montessori interroge la question du féminisme et de l’inclusion à travers le portrait de deux femmes que tout oppose mais qui vont finir par se comprendre et s’entraider.

« On a longtemps cherché ce que le personnage de Lili pourrait apporter au personnage de Maria » Léa Todorov

Ces deux femmes sont remarquablement incarnées par Jasmine Trinca dans le rôle de Maria Montessori et par Leïla Bekhti dans celui de Lili d’Alengy.
On est touché par le jeu de comédienne italienne dont le personnage souffre de ne pas pouvoir élever son fils, né hors mariage, comme elle l’aimerait, alors qu’elle consacre toute sa vie aux enfants des autres.
De son côté Leïla Bekhti interprète avec une infinie subtilité et souvent à travers une simple inflexion du regard, un personnage de femme déstabilisée par sa situation et son propre regard sur son enfant …

« Rendre plus visible le handicap et la différence, c’est quelque chose qui me tenait énormément à cœur… » Léa Todorov

Avec une infinie délicatesse, mais sans angélisme, Léa Todorov met en scène les difficultés rencontrées par des enfants handicapés à être acceptés par la société des adultes. Des adultes invités par Maria Montessori, pour le bien de tous, à changer leur comportement et leur regard sur ces enfants.  

Il faut, à ce titre, saluer le pari risqué mais parfaitement relevé par la cinéaste de tourner avec des enfants handicapés, français et italiens, obligeant les comédien.ne.s qui les entourent à plus d’écoute et sans aucun doute de sincérité dans leur jeu.

« C’est le côté accidenté d’un film que j’ai trouvé absolument merveilleux. J’adore le fait qu’on prépare énormément et qu’il se passe autre chose… » Léa Todorov

La fougue, la beauté, les réactions parfois inattendues de ces enfants donnent au film toute sa véracité et un beau supplément d’âme.

Le + Cin’Écrans
C’est en octobre dernier lors du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz que nous avons eu le privilège de parler avec Léa Todorov de son passage à la fiction avec ce film dont le sujet lui tient particulièrement à cœur.
Quelques semaines après cette rencontre au Pays basque, c’est au Festival du film de Sarlat que la réalisatrice présentait LA NOUVELLE FEMME. Un Festival ou Léa Todorov s’est vue attribuer la Salamandre d’or (prix du public) et Jasmine Trinca, le prix d’interprétation féminine, ex æquo avec Florence Loiret Caille pour LA TÊTE FROIDE de Stéphane Marchetti.

INTERVIEW LÉA TODOROV

Les rois de la piste sur un air de comédie italienne…

Les rois de la piste sur un air de comédie italienne…

LES ROIS DE LA PISTE

Un film de Thierry Klifa
Scénario Benoît Graffin & Thierry Klifa
Avec Fanny Ardant, Mathieu Kassovitz, Nicolas Duvauchelle, Ben Attal, Laetitia Dosch, Michel Vuillermoz…
Comédie – 1h56 – France
Sortie en salles le 13 mars 2024

L’histoire 
Rachel, sorte de Ma Dalton, a élevé ses fils Sam et Jérémie, et son petit-fils, Nathan, dans le culte de l’arnaque. De plans foireux en petits larcins, cette sympathique famille de bras cassés court toujours après le gros coup. Chance ou fatalité, lors d’un cambriolage, ils volent sans en connaitre sa valeur, une toile de Tamara de Lempicka. Céleste, une détective rusée et charmeuse, et Gauthier, son fidèle acolyte, se lancent à leur poursuite…

L’avis Cin’Écrans ****
6 ans après TOUT NOUS SÉPARE, un film noir à suspens, Thierry Klifa change radicalement de registre et nous offre avec LES ROIS DE LA PISTE, une très savoureuse comédie dont l’inspiration est à chercher, entre autres, du côté de la comédie italienne des années 60-70 (de Dino Risi à Mario Monicelli en passant par Ettore Scola) et du FAMILY BUSINESS de Sidney Lumet.

Par la grâce d’un excellent scénario coécrit avec Benoît Graffin (fidèle complice de Pierre Salvadori, expert en comédie élégante) et avec la très joyeuse complicité de sa bande de comédien.ne.s, le cinéaste déroule un récit réjouissant aux très nombreux rebondissements.

« Les acteurs m’ont emmené beaucoup plus loin que là où je pensais aller… » Thierry Klifa

Impériale dans son rôle de chef de famille, façon Ma Dalton, Fanny Ardant nous régale de sa gouaille et de répliques qui claquent. C’est indéniable, la comédie lui convient à merveille.

Le reste du casting n’est pas en reste. Tous les interprètes semblent s’être beaucoup amusé à donner vie à des personnages à mille lieux de ceux qu’on leur propose habituellement. Sans en dire plus pour ne pas gâcher votre plaisir, saluons ainsi la formidable et très surprenante composition de Nicolas Duvauchelle que plus rien ne semble arrêter. Comme le dit très bien Thierry Klifa avec lequel il a travaillé au théâtre (DES JOURNÉES ENTIÈRES DANS LES ARBRES aux côtés déjà de Fanny Ardant) et tourné 2 autres films, l’acteur est à un moment clé de sa carrière « c’est un acteur prodigieux ! »

Mathieu Kassovitz que l’on n’attendait pas vraiment (et on avait tort !) devant la caméra de Thierry Klifa révèle un véritable talent comique, à mi-chemin ici, entre Droopy et un Robert de Niro neurasthénique.

« Que Thierry Klifa vienne me voir, je trouve ça marrant parce que ce n’est pas forcément le cinéma français que je défends… » Mathieu Kassovitz

Il convient également de citer le brillant Michel Vuillermoz ou bien encore Ben Attal qui après un détour par des études de cuisine assume enfin pleinement son désir de cinéma.
Mais la plus jolie surprise vient, sans aucun doute, de l’excellente Laetitia Dosch à qui le personnage de Céleste offre la possibilité d’exprimer un mélange subtil de jeu, à la fois très drôle et formidablement glamour.

N’oublions pas enfin, la formidable partition composée par Alex Beaupain.
Si Thierry Klifa et le compositeur des CHANSONS D’AMOUR ont collaboré par le passé sur 3 pièces de théâtre, c’est la première fois que le metteur en scène lui propose d’écrire la BO de l’un de ses films.
Bien lui en a pris, tant le résultat s’avère inspiré, varié et en plein accord avec le ton ludique de cette comédie classieuse.

Vous l’aurez compris, on vous invite chaleureusement à suivre à la trace la joyeuse famille de gangster, LES ROIS DE LA PISTE …
Ce nouveau film de Thierry Klifa est une jolie réussite, une pétillante comédie d’aventures, comme on n’en réalise plus tant que ça. Autant le dire, ce remède à la morosité fait un bien fou, d’autant plus par les temps qui courent.

Le + Cin’Écrans
Après avoir découvert LES ROIS DE LA PISTE au Festival du film francophone d’Angoulême où nous avons questionné rapidement Mathieu Kassovitz (à l’issue d’une interview pour le film VISIONS), c’est à l’issue de sa présentation en ouverture du Festival International de Saint-Jean-de-Luz que nous avons effectué un joyeux tour de piste avec Thierry Klifa et Alex Beaupain.

« Je suis un très mauvais lecteur de scénario… j’ai une capacité d’imagination assez limitée » Alex Beaupain

L’occasion d’évoquer, entre autres, avec eux, le plaisir de cette nouvelle collaboration, leurs inspirations communes et leur bonheur à faire chanter Fanny Ardant et Nicolas Duvauchelle

INTERVIEW THIERRY KLIFA, MATHIEU KASSOVITZ & ALEX BEAUPAIN