MARCELLO MIO

Un film de Christophe Honoré
Scénario de Christophe Honoré
avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Nicole Garcia, Benjamin Biolay, Melvil Poupaud, Hugh Skinner
Comédie – 2023 – France – 2h01

Sortie en salles le 22 mai 2024

L’histoire
MARCELLO MIO est présenté en compétition au Festival de Cannes 2024
C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara. Elle est actrice, elle est la fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, chahutée dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père. Elle s’habille désormais comme lui, parle comme lui et elle le fait avec une telle force qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello ».

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Qu’il est bon et agréable de se laisser surprendre au cinéma !
À la lecture du synopsis, on est en droit de craindre le pire et notamment de voir un film qui cultiverait l’entre soi. Mais penser cela, c’est bien mal connaître Christophe Honoré et sa brillante faculté à rendre quasi universelles des histoires souvent très personnelles, très intimes, comme avec PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE, LES CHANSONS D’AMOUR ou bien encore LE LYCÉEN.
D’autant qu’il le fait avec beaucoup de talent et d’aisance, en termes de mise en scène. On en veut pour preuve certains plans virtuoses du film lorsque, par exemple, par deux fois Marcello/Chiara s’échappe du cadre de la réalité pour en rejoindre une autre… Bel hommage au royaume de l’illusion qu’est le 7eme art.  

Avec MARCELLO MIO, son 15eme long métrage pour le cinéma, le scénariste réalisateur dépeint une certaine réalité du monde du cinéma et notamment ces périodes ou les acteurs/actrices ne sont pas au « travail », ces « temps morts » qui représentent une grande partie de leur vie.

A partir de son étonnant postulat de départ, Christophe Honoré reconstruit l’histoire familiale de Marcello & Chiara d’un point de vue romanesque. De fait, le réalisateur rend flou la frontière entre réel et imaginaire. Il nous entraine, pour notre plus grand plaisir, dans un récit d’une fantaisie rare et poétique. Le cinéaste joue malicieusement de l’image publique de ses principaux interprètes, avec leur complicité bienveillante.

2 / MARCELLO MIO, hommage original à l’immense Marcello Mastroianni, est aussi et surtout une magnifique déclaration d’amour au 7eme art, à ses acteurs et actrices, et en particulier à Chiara Mastroianni, l’interprète fétiche du metteur en scène.
Avec cette 6ème collaboration au cinéma (sans compter le magnifique spectacle LE CIEL DE NANTES en 2021), on a le sentiment de (re)découvrir la comédienne.
Chiara/Marcello est de tous les plans, ou presque, et nous régale d’un jeu léger et plein de fantaisie. Jamais la comédienne n’avait semblé aussi libre et inspirée.
Il serait néanmoins injuste de passer sous silence la prestation de l’ensemble de ses partenaires. De Catherine Deneuve à Fabrice Luchini, en passant par Nicole Garcia, Benjamin Biolay et Melvil Poupaud, toutes et tous semblent avoir pris un plaisir fou à prendre des chemins de traverse proposés par le cinéaste et à tordre le cou à la réalité et à leur image.

3 / Impossible enfin de passer sous silence l’excellente bande son du film. On sait à quel point la musique est importante dans le cinéma de Christophe Honoré.

Le réalisateur retrouve ici, et pour la 7eme fois, son compositeur fétiche, Alex Beaupain à qui l’on doit l’une des plus belles et émouvantes séquences du film lorsque Catherine Deneuve interprète avec grâce  « Di, Marcello, perché ridi » (« Dis, Marcello, pourquoi tu ris »), chanson évidemment composée sur mesure par Alex Beaupain.

Le film est par ailleurs rythmé par quelques chansons qui illustrent à merveille sa très singulière histoire, comme « Le grand sommeil » d’Etienne Daho par Benjamin Biolay, « Una storia importante » d’Eros Ramazzoti par Chiara Mastroianni ou bien encore « Words » de F.R.David. Le générique de fin se déroule, lui, tranquillement après 2 heures enchanteresses sur « Underlands » un très beau titre du chanteur et musicien américain Andrew Bird.  

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