Fumer fait tousser…de rire !

Fumer fait tousser…de rire !

FUMER FAIT TOUSSER

Comédie – 2022 – 1H17 (blu ray) 1h14 (DVD)- France
Réalisation : Quentin Dupieux
Scénario : Quentin Dupieux
Distribution : Gilles Lellouche, Vincent Lacoste, Anaïs Demoustier, Jean-Pascal Zadi, Oulaya Amamra…

Sorti en salles le 20 novembre 2022

Disponible en blu ray, DVD & VOD le 5 avril 2023 – Gaumont Vidéo
Français 5.1 & 2.0 – Audiodescription 2.0 – Sous-titres français pour sourds et malentendants – Anglais

Le pitch
Après un combat acharné contre une tortue démoniaque, cinq justiciers qu’on appelle les “TABAC FORCE”, reçoivent l’ordre de partir en retraite pour renforcer la cohésion de leur groupe qui est en train de se dégrader.

Le film ***
Toujours très productif, Quentin Dupieux nous régalait l’an passé de deux nouveaux long-métrages. Après l’excellent INCROYABLE MAIS VRAI, voici donc le joyeusement foutraque FUMER FAIT TOUSSER, une histoire de super-héros qui ont fort à faire avec, entre autres, leur « Chef Didier », un rat libidineux (alias Alain Chabat), mais aussi un robot suicidaire et une belle envie de se faire peur !

Nos cinq héros sont campés par Gilles Lellouche, Vincent Lacoste, Anaïs Demoustier, Jean-Pascal Zadi, Oulaya Amamra qui s’éclatent sans retenue dans l’univers déjanté de Quentin Dupieux.

A leurs côtés, dans des séquences annexes de récits dans le récit, on retrouve avec bonheur Adèle Exarchopoulos (géniale dans MANDIBULES du même Dupieux) Doria Tillier, Jérôme Niel, Raphaël Quenard ou Blanche Gardin (formidable en reine du hachoir !). Et n’oublions pas l’inénarrable Benoit Poelvoorde qui incarne Lézardin, démoniaque Empereur du mal !

Bref, une fois de plus, on nage avec bonheur dans le grand n’importe quoi !  A condition de vous abandonner au délire, vous y prendrez beaucoup de plaisir !

Bonus ***
Échanges avec le public : Quentin Dupieux fait son cinéma ! (32’31”)
Bande-annonce (1’38”)

Comme toujours les bandes annonces valent le détour chez Quentin Dupieux et celle de FUMER FAIT TOUSSER ne déroge pas à la règle.
Quant au « vrai » bonus, il s’agit de la captation d’une rencontre qui a eu lieu entre le réalisateur et des spectateurs à l’issue d’une avant-première du film pour le site participatif Sens critique !

Et contrairement à ce que nous « vend » le titre du bonus, Quentin Dupieux ne fait pas vraiment son cinéma face à l’assemblée assez jeune et très enthousiaste à l’issue de la projection. Et ce n’est pas grave… bien au contraire.

Le réalisateur ne se pose jamais en donneur de leçon et fait preuve d’une humilité désarmante. Parfois déstabilisé, souvent amusé par certaines réactions, il répond avec une belle franchise à toutes les questions.

Il nous apprend ainsi qu’il a voulu, non pas faire un film à sketches, mais qu’il avait plutôt envie de changer de format en proposant cette tentative de film à « détours »…

Parmi ses influences le cinéaste cite, sans grande surprise, CREEPSHOW ou MEET THE FEEBLES (en VF s’il vous plait !) et avoue bien volontiers qu’il a de meilleures idées, qui partent souvent de l’inconscient, quand il ne réfléchit pas !

Et quand un spectateur l’interroge sur son rythme intensif de production (quasiment un film par an), Quentin Dupieux confesse son plaisir de faire du cinéma de cette façon et donc une petite boulimie de films (qu’il monte seul), même s’il affirme « je ne fais pas non plus trois INCEPTION par an ! »

Premiers pas réussis pour Victoria Bedos et Brune Moulin

Premiers pas réussis pour Victoria Bedos et Brune Moulin

« À jamais, on aura fait notre 1er film ensemble !» Victoria Bedos

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER

Marie-Luce Bison, 14 ans, est élevée par son père dans une joyeuse pension de famille pour seniors dont il est le directeur. C’est bientôt la soirée déguisée de son nouveau collège : son père ne veut pas qu’elle y aille … et de toute façon, elle n’est pas invitée. Mais poussée par Albert, son meilleur ami de 80 ans, Marie-Luce, s’y incruste, habillée en homme. Ce soir-là, tout le monde la prend pour un garçon… un garçon que l’on regarde et qui plait. Elle décide alors de s’inventer un double masculin prénommé Léo pour vivre enfin sa vie d’ado. Bien entendu, à la maison, la relation avec son père se complique.

« On peut embarquer une équipe par l’énergie joyeuse…j’avais tellement envie de faire ce film… » Victoria Bedos

Peut-on mentir par amour ? C’est l’une des nombreuses questions posées avec malice et légèreté par Victoria Bedos dans LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER, son premier film.
Après avoir cosigné les scénarios de LA FAMILLE BÉLIER et VICKY, Victoria Bedos se jette avec bonheur dans le grand bain de la réalisation avec cette histoire intergénérationnelle en forme de marivaudage moderne.

Récit d’apprentissage amoureux qui emprunte les atours d’une comédie de travestissement à la manière de VICTOR VICTORIA, LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER est porté par la jeune Brune Moulin (14 ans au moment du tournage), véritable révélation du film.
La comédienne débute sa carrière au cinéma sous les meilleurs auspices puisque cette toute première prestation a été saluée d’un prix d’interprétation féminine lors de la dernière édition du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez.

« Quand la caméra s’allume, tu n’as plus Pierre Richard devant toi, mais seulement un collègue hyper doué… » Brune Moulin

On retrouve à ses côtés, avec beaucoup de plaisir, les excellents Philippe Katerine (parfait en papa « old school » un peu largué) et Pierre Richard qui défendent avec beaucoup de conviction deux personnages aux antipodes de ceux qu’on leur propose généralement.

Malgré une affiche un peu vieillotte, on se laisse volontiers séduire et emporter par la bienveillance et l’énergie insufflées par Victoria Bedos à son film ainsi que par la fougue et le talent de Brune Moulin, sa jeune interprète principale à qui on peut d’ores et déjà prédire un bel avenir.

C’est à Rochefort, au lendemain de l’une des toutes dernières avant-premières du film à Royan que nous avons croisé Victoria Bedos et Brune Moulin pour deviser joyeusement autour de LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER.
Merci à Alain Jeanne (Chut…on écoute la télé) d’avoir permis cette rencontre.

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER
Un film de Victoria Bedos
Scénario de Victoria Bedos et Louis Pénicaut
Avec Brune Moulin, Philippe Katerine, Pierre Richard, Guy Marchand, Firmine Richard…
Comédie – 1H32 – France
Sortie en salles le 19 avril 2023

INTERVIEW VICTORIA BEDOS & BRUNE MOULIN

 Joyland, vibrante et délicate ode au désir !

 Joyland, vibrante et délicate ode au désir !

JOYLAND

Drame – Romance – 2022 – 2h06 (Blu ray) 2h01 (DVD) – Pakistan
Réalisation : Saim Sadiq
Scénario : Saim Sadiq
Distribution : Ali Junejo, Alina Khan, Sania Saeed, Salmaan Peerzada…

Sorti en salles le 28 décembre 2022

Disponible en combo Blu ray / DVD & VOD le 4 avril 2023 – Condor Distribution
Image 4/3 format respecté 1.33
Son pakistanais 5.1 DTS-HD – Sous-titres français

Le pitch
A Lahore, Haider et son épouse, cohabitent avec la famille de son frère au grand complet. Dans cette maison où chacun vit sous le regard des autres, Haider est prié de trouver un emploi et de devenir père. Le jour où il déniche un petit boulot dans un cabaret, il tombe sous le charme de Biba, danseuse sensuelle et magnétique.

Le film ****
JOYLAND, premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq aborde à sa manière la transidentité dans la société pakistanaise. Un sujet ô combien délicat dans cette société fondée sur un système patriarcal avec des traditions qui brident toute velléité à sortir d’un schéma terriblement conservateur.

JOYLAND, remarquable ode à la liberté, dresse le portrait subtil et bouleversant d’un homme tiraillé entre les injonctions de la société et son envie irrépressible de prendre son envol et de vivre sa vie.

Avec ce premier film, Saim Sadiq filme avec sensualité et une infinie délicatesse, l’éveil de pulsions nouvelles et même tout simplement du désir chez Haider, un homme qui en manquait cruellement jusque-là.

Cette découverte d’un monde qu’Haider ignorait et la naissance d’une histoire d’amour offre à son personnage mais aussi au spectateur quelques judicieuses respirations à travers de belles séquences musicales et de danse.

Le réalisateur ose même, par instants, emprunter les atours de la comédie romantique, voire une forme de burlesque sentimental (avec la scène de balade de la silhouette géante de Biba en scooter). Il prouve ainsi sa grande foi dans l’intelligence du spectateur et dans un sujet qui aurait pu être pesant.

Si le film fait le constat sans appel d’une société corsetée par ses traditions et son conservatisme patriarcal, il n’est jamais à charge contre ses principaux protagonistes. Des personnages à qui le réalisateur donne une belle profondeur et une véritable humanité, malgré leurs défauts et leur degré d’implication dans le parcours et le destin de Haider. On en veut pour preuve la séquence finale douloureuse et bouleversante qui remet face à face Haider et son épouse.

Saluons également l’audace d’un jeune cinéaste qui montre et dénonce, ce n’est pas si courant, les dommages causés par le patriarcat, non seulement sur les femmes mais aussi sur certains hommes.
JOYLAND, présenté au Festival de Cannes 2022 y a reçu le Prix du jury Un certain regard et la Queer palm, deux récompenses plus que méritées pour signifier la réussite et la belle singularité de ce premier long métrage.

Bonus ***
Entretien exclusif avec Saim Sadiq (en partenariat avec l’AFCAE)
Court métrage : « Darling » de Saim Sadiq (2019, 16’)

Condor Distribution ne se contente pas d’offrir un bel écrin à JOYLAND présenté sous forme d’un combo Blu ray / DVD. Il nous propose également un intéressant entretien d’une dizaine de minutes avec Saim Sadiq qui s’exprime sur son rapport très personnel au propos du film, sur la notion de masculinité et sur le poids du patriarcat au Pakistan. Un pays dont on apprend par son jeune réalisateur qu’il offre paradoxalement, une vraie visibilité aux transgenres depuis des millénaires.

Également proposé en bonus, DARLING est un court métrage (inédit en France) réalisé en 2019 par Saim Sadiq qui porte déjà tout ce qui fait la force et la singularité de son premier long, à savoir un regard fort et bienveillant sur une danseuse transgenre déjà incarnée par Alina Khan, l’interprète de Biba dans JOYLAND.  Un film qui peut se voir comme une sorte de prequel et un complément précieux et très judicieux au long-métrage.

Le prix du passage… celui de la liberté !

Le prix du passage… celui de la liberté !

« Si seulement on pouvait faire évoluer les mentalités, ce serait cool ! » Alice Isaaz

LE PRIX DU PASSAGE

Natacha, 25 ans, jeune mère célibataire galère pour élever son fils Enzo, 8 ans. Walid, lui, migrant d’origine Irakienne, attend de réunir assez d’argent pour payer son passage vers l’Angleterre. Aux abois, ils improvisent ensemble une filière artisanale de passages clandestins.

« La puissance de l’incarnation balaie toute la force de l’imagination chez moi… » Thierry Binisti

Avec LE PRIX DU PASSAGE, son troisième long métrage pour le cinéma, Thierry Binisti signe un thriller social extrêmement efficace autour du quotidien âpre, tendu des migrants et de celui d’une jeune femme qui se lance, sans état d’âmes dans un dangereux trafic de passage pour trouver sa liberté, son indépendance.

Le film pose ainsi de nombreuses et passionnantes questions autour des limites morales et que l’on est prêt à franchir, ou pas, pour arriver à ses fins.
Une manière aussi de constater combien le point de vue de chacun.e sur un sujet aussi épidermique peut évoluer quand on fait l’effort d’essayer de comprendre et de mieux connaître « l’autre ». C’est peut-être une évidence mais il est toujours bon de le rappeler, même à travers une fiction.

Thierry Binisti qui privilégie avec ce film, l’action au naturalisme que l’on accole généralement à ce type de sujet, plonge néanmoins le spectateur dans un réel état de tension grâce à la puissance réaliste et quasi documentaire de son propos et de sa mise en scène.
Il est, de surcroit, formidablement épaulé par son remarquable duo de comédiens principaux : Alice Isaaz qui compose un personnage de jeune femme prête à tout pour offrir un quotidien plus lumineux à son fils. Quant à Adam Bessa, il confirme ici tout le bien que l’on pense de son jeu subtil et intense, notamment depuis LES BIENHEUREUX et surtout HARKA.

Saluons d’ailleurs, à propos de ces deux beaux personnages principaux, le parti pris judicieux de Thierry Binisti et ses scénaristes Sophie Gueydon et Pierre Chosson de ne pas avoir emprunté la piste trop facile d’une romance entre eux, laissant ainsi le spectateur leur imaginer, ou pas, un futur commun à Natacha et Walid.

Nous vous invitons donc à découvrir ce PRIX DU PASSAGE dont la pulsion de vie des personnages fait du bien dans un quotidien bien trop souvent gangréné par la suspicion et la peur de l’inconnu.e.

LE PRIX DU PASSAGE
Un film de Thierry Binisti
Scénario de Sophie Gueydon et Pierre Chosson
Avec Alice Isaaz, Adam Bessa, Ilan Debrabant
Drame – Thriller – 1H40 – France
Sortie en salles le 12 avril 2023

Et retrouvez ci dessous l’interview de Thierry Binisti et Alice Isaaz, réalisée à l’occasion d’avant-premières du film en Charente maritime. Merci à Alain Jeanne (Chut… on écoute la télé) pour l’organisation de cet événement.

INTERVIEW THIERRY BINISTI & ALICE ISAAZ

Une histoire d’amour dans l’air du temps

Une histoire d’amour dans l’air du temps

« Je me considère encore comme un réalisateur débutant… » Alexis Michalik

UNE HISTOIRE D’AMOUR

Katia et Justine tombent amoureuses. Malgré la peur de l’engagement et le regard des autres, elles décident de faire un enfant, laissant le hasard décider de qui le portera. Mais alors que Katia tombe enceinte, Justine la quitte soudainement.

« Je n’avais aucunement l’intention de le faire au cinéma, pour moi c’était un objet théâtral ! » Alexis Michalik

Comme EDMOND, le second film d’Alexis Michalik en tant que réalisateur est librement adapté d’une de ses pièces. UNE HISTOIRE D’AMOUR, Molière de la mise en scène 2020 pour un spectacle du théâtre privé, est née d’une chanson « It takes time to be a man » par The rapture en 2011. Une pièce et un film qui traitent du deuil, de la rupture et de la question des suites à donner quand une histoire d’amour se termine…

Avec UNE HISTOIRE D’AMOUR, Alexis Michalik revisite avec bonheur et pas mal de d’humour les codes de la comédie romantique et du drame, en faisant passer avec beaucoup d’aisance le spectateur du rire au larmes.

Avec ce second film, l’acteur réalisateur s’est lancé un défi de taille, le partager avec l’équipe de comédiennes avec qui il a créé la pièce. Bien lui en a pris, tant Juliette Delacroix et Marica Soyer éclaboussent l’écran de leur talent (sans oublier Pauline Bression et Léontine d’Oncieu, elles aussi présentes sur les deux versions)

« J’ai découvert qu’on pouvait réécrire un film au montage… ça a été une expérience très enrichissante » Alexis Michalik

C’est donc bien volontiers que l’on se laisse happer par ces histoires d’amour plurielles, celle entre les deux filles, mais aussi celle entre le frère (incarné avec gourmandise par Alexis Michalik) et la sœur, sur un temps long de près de 15 ans.

Pour un deuxième long (très différent dans sa forme du premier), Alexis Michalik fait déjà preuve d’une belle et étonnante aisance derrière la caméra. On ne voit pas le temps passer devant ce film à la mise en scène énergique et virevoltante, qui concentre son riche récit sur une toute petite heure et demie.

On retrouvera Alexis Michalik dès le 29 novembre prochain dans FLO de Géraldine Danon. Dans ce biopic consacré à la navigatrice Florence Arthaud, l’acteur incarnera un autre fameux marin, Olivier de Kersauson.  

En attendant, n’hésitez pas à partager cette HISTOIRE D’AMOUR à laquelle le grand écran donne toute son ampleur. Et pour en savoir plus sur la genèse du projet, ses contraintes et ses conditions de tournage, je vous invite à retrouver son bon génie, le brillant Alexis Michalik, rencontré en août dernier, quelques heures seulement après la première projection publique de son film au Festival du film francophone d’Angoulême.

UNE HISTOIRE D’AMOUR
Un film d’Alexis Michalik
Scénario d’Alexis Michalik
Avec Juliette Delacroix, Marica Soyer, Alexis Michalik, Pauline Bression, Léontine d’Oncieu…
Comédie dramatique – 1H30 – France
Sortie en salles le 12 avril 2023

INTERVIEW ALEXIS MICHALIK