Journal intime du Liban- Des-espoir(s)

Journal intime du Liban- Des-espoir(s)

JOURNAL INTIME DU LIBAN (Diaries from Lebanon)

Un film de Myriam El Hajj
Scénario de Myriam El Hajj
Documentaire – 2025 – Liban – 1h50

Sortie en salles le 15 octobre

L’histoire
Maudits sur trois générations ! Dans un pays pris en otage, trois habitants de Beyrouth tentent de survivre : Georges, vétéran hanté par le passé, Joumana, militante candidate à la députation, et Perla Joe, artiste engagée. Un récit intime et brûlant d’un pays en perpétuelle quête de liberté.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Myriam El Hajj nous livre avec ce JOURNAL INTIME DU LIBAN, un éclairage singulier sur les bouleversements que subit son pays, au cœur d’un Moyen-Orient dont l’histoire n’en finit pas de s’écrire, se réécrire …
Ce recueil de témoignages sur une situation en perpétuel mouvement nous éclaire intimement sur le drame vécu par des hommes et des femmes soumis à des enjeux humains, économiques et politiques qui bien souvent les dépassent.

JOURNAL INTIME DU LIBAN est un documentaire intime et politique qui raconte l’indignation de sa réalisatrice et d’une grande partie de la population libanaise. Une société en pleine mutation dont la nouvelle génération, incarnée dans le film par Joumana et Perla Joe, vient questionner et défier l’ancienne, celle de Georges dont le témoignage glace parfois le sang.

Ce film qui couvre les années 2018 à 2021 s’est naturellement et très largement nourri des événements et catastrophes de cette période, entre la révolution de 2019, la pandémie de Covid et l’explosion tragique du port de Beyrouth.
JOURNAL INTIME DU LIBAN est une œuvre parfois austère, mais vivante et utile dont sa réalisatrice dit « Il m’a aidé à survivre dans phase très dure de notre vie libanaise ».  
Fort d’un montage au long-cours sur plus de 3 ans, ce documentaire constitue un témoignage précieux sur cette société libanaise en pleine mutation, tiraillée entre espoir et désespoir.
À ce titre, on retiendra sans aucun doute l’image finale du film où Perla-Joe s’affranchit des injonctions à se taire en interprétant avec rage une chanson très symbolique des combats en cours et à venir…  
« Maudit, celui qui a maudit ma terre ! »

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Retour gagnant au conservatoire pour Valérie Donzelli

Retour gagnant au conservatoire pour Valérie Donzelli

RUE DU CONSERVATOIRE

Un film de Valérie Donzelli
Avec Clémence Coullon, Alexandre Auvergne, Hélène Gigou, Léna Tournier, Basile Sommermeyer…
Documentaire – 1h20 – France

Sorti en salles le 18 septembre 2024

Disponible en VOD et DVD depuis le 21 janvier – Diaphana

Audio : Français Dolby Digital 5.1 & 2.0
Sous titres français

L’histoire
” En 1996 j’ai passé le concours du conservatoire. Je l’ai raté. Il y a un an on m’a demandé d’y faire une masterclass sur le jeu d’acteur au cinéma. J’y suis allée. J’ai rencontré une jeunesse vivante, joyeuse et passionnée. Parmi mes élèves il y avait Clémence. L’année d’après, elle m’a demandé de filmer leur dernier spectacle. J’ai ressenti son urgence et la peur qu’elle avait de quitter ce lieu mythique. Alors j’ai accepté. En filmant cette jeunesse, j’ai revisité la mienne. ” Valérie Donzelli

Le film ****1/2

Né de la rencontre entre l’actrice, réalisatrice Valérie Donzelli et Clémence Coullon, une jeune comédienne qui s’essaie avec énergie et talent à la mise en scène à travers une version revisitée d’Hamlet, RUE DU CONSERVATOIRE est un formidable documentaire.

Un film généreux et passionnant sur le jeu et qui raconte avec malice le travail de création.

Après avoir réalisé, entre autres, 6 longs-métrages de fiction pour le cinéma et une série (l’inspirée NONA ET SES FILLES), Valérie Donzelli s’essaie pour la première fois au documentaire, mais un doc façon « Donzelli !

RUE DU CONSERVATOIRE est comme un film miroir dans lequel elle plonge avec générosité et sans retenue, n’hésitant pas à se mettre en scène dans cette ode joyeuse et galvanisante à la jeunesse et au collectif.

Le spectateur, lui, est en totale empathie avec l’actrice-réalisatrice, quand elle prodigue ses encouragements sincères et puissants à Clémence et certain.e. s élèves. 

RUE DU CONSERVATOIRE est un film joyeux qui (re)donne foi en l’avenir et dans la jeunesse, à travers la fougue, l’énergie et la magnifique croyance dans le jeu (malgré certains moments de doute) de ces apprentis comédiens et comédiennes.

Valérie Donzelli proclame haut et fort qu’ils feront le théâtre et le cinéma de demain. On la croit volontiers et c’est tout le bien qu’on leur souhaite !

En attendant, (re) découvrez au plus vite RUE DU CONSERVATOIRE pour y découvrir une jeunesse qui se bat, pour vivre de sa passion. C’est beau et ça fait un bien fou ! 

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Pas de bonus

Le + Cin’Écrans

Le Festival du film francophone d’Angoulême a consacré son focus 2024 à Valérie Donzelli à travers la diffusion de tous ses longs métrages et de sa série NONA ET SES FILLES. C’est à cette (belle) occasion que nous avons pu découvrir avec bonheur et quelques jours avant sa sortie en salles cet excellent RUE DU CONSERVARTOIRE, désormais disponible en VOD et DVD.

« C’est un film qui s’est fait de façon spontanée et artisanale » Valérie Donzelli

Impossible évidemment de laisser filer la géniale Valérie Donzelli, sans lui dire combien ce nouveau film nous avait touché. C’est donc avec grand plaisir que nous avons retrouvé une actrice réalisatrice dont la curiosité et l’envie ne faiblissent pas au fil des ans, sans parler de son enthousiasme si communicatif…

INTERVIEW VALÉRIE DONZELLI

Château rouge – L’énergie de l’espoir !

Château rouge – L’énergie de l’espoir !

CHÂTEAU ROUGE

Un film d’Hélène Milano
Scénario : Hélène Milano
Documentaire – 2024 – France – 1h47

Sortie en salles le 22 janvier 2025

L’histoire
Quartier de la Goutte d’Or à Paris, métro Château Rouge, collège Georges Clemenceau. Chargés de leur insouciance et de leurs blessures, les adolescents doivent grandir. Ils construisent leurs personnalités, se perdent, se cherchent. Les adultes tentent de les guider malgré la violence du système.
CHÂTEAU ROUGE faisait partie de la sélection Acid-Cannes 2024

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Belle surprise que ce CHÂTEAU ROUGE, nouveau documentaire sur l’éducation et la relation adolescents/adultes, qui ne s’embarrasse pas de commentaire superflu en voix-off.
Forte de ce parti-pris audacieux, avec une belle énergie et sans aucun misérabilisme, Hélène Milano, sa réalisatrice nous invite à une plongée en immersion au sein du collège Georges Clémenceau situé au cœur du quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Ils s’appellent Lêna, Manel, Bilel, Fabiola, Fatou, Abdoulaye, Youcef, Sarah, Mamadou, Marwa…et ils sont parfois bousculés mais toujours encouragés par une remarquable équipe pédagogique (professeurs, CPE, psychologues…) toutes et tous très impliqués et déterminés à ce que leurs élèves (re)prennent confiance en eux, (re)trouvent l’estime d’eux-mêmes pour se surpasser au quotidien.

Si dans un premier temps, on se perd un peu dans le dispositif choral proposé par Hélène Milano avec un très grand nombre d’intervenants, tant du côté des élèves que du corps enseignant, on s’attache finalement assez vite à un certain nombre des personnalités que la réalisatrice a choisi de suivre.
Certaines séquences s’avèrent même assez bouleversantes, comme les images de fin du film (sur fond musical d’Ibrahim Maalouf) ou lors de cet échange entre la principale du collège, le jeune Bilel et sa mère très aimante et encourageante mais qui ne cache pas ses difficultés à élever ce fils turbulent.  

Avec CHÂTEAU ROUGE, Hélène Milano signe un film passionnant et profondément humaniste qui redonne foi dans l’éducation quand elle est prodiguée de manière bienveillante et positive, dans l’écoute et l’échange avec les enfants.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

État limite… État d’urgence !

État limite… État d’urgence !

ÉTAT LIMITE

Un film de Nicolas Peduzzi
Documentaire – 2023 – France – 1h43

Sortie en salles le 1er mai 2024

L’histoire
Hôpital Beaujon, Clichy. Au mépris des impératifs de rendement   et du manque de moyens qui rongent l’hôpital public, Jamal Abdel Kader, seul psychiatre de l’établissement, s’efforce de rendre à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais comment bien soigner dans une institution malade ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ ÉTAT LIMITE est le 3em long-métrage documentaire réalisé par Nicolas Peduzzi après SOUTHERN BELLE (2018) & GHOST SONG (2021).

Le cinéaste nous offre ici un film puissant et passionnant que certain.e.s ont pu découvrir l’an passé à Cannes (sélection de l’Acid) ou même sur Arte puisqu’ÉTAT LIMITE a bénéficié d’une diffusion sur la chaîne franco-allemande en amont de cette très méritée sortie sur grand écran.
L’ÉTAT LIMITE du titre est celui évidemment de la plupart des patients montrés dans le film, celui de l’hôpital en général mais aussi et peut-être surtout celui de ce jeune psychiatre que la caméra de Nicolas Peduzzi suit pas à pas, dans sa quête généreuse d’offrir du bien-être à ses patients.

2 / Aussi passionnant que bien des fictions, ÉTAT LIMITE dresse le portrait sans fard d’un psychiatre vaillant, engagé et très attentionné, dont la tâche semble néanmoins parfois insurmontable.

« On passe notre temps à douter mais on le cache… »

Le jeune médecin dont le rêve est que « la psychiatrie disparaisse » semble rongé par une forme de mélancolie quand il confie ses doutes à certain.e.s de ses collègues du centre hospitalier.  
À l’instar de ce « super héros du quotidien » le film pose de nombreuses questions sur un système à l’agonie et un vaisseau hospitalier qui prend l’eau de toute part.

« Est-ce qu’on ne se rend pas un peu complice de ce système en acceptant toutes ces missions ? Impossible de les remplir correctement »

3 / Lorsqu’ÉTAT LIMITE s’achève, on n’a qu’une envie celle de rappeler à Jamal Abdel Kader, véritable médecine de l’âme, ce conseil qu’il prodigue à Romain, un aide-soignant dévoué mais désabusé « Pour prendre soin des gens, faut prendre un peu soin de nous ! » On ne saurait mieux dire…

La mère de tous les mensonges – La parole retrouvée…

La mère de tous les mensonges – La parole retrouvée…

LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES (Kadib Abyad)

Un film d’Asmae El Moudir
Scénario d’Asmae El Moudir
Documentaire – 1h37 – Maroc
Sortie en salles le 28 février 2024

L’histoire
Casablanca. La jeune cinéaste Asmae El Moudir cherche à démêler les mensonges qui se transmettent dans sa famille. Grâce à une maquette du quartier de son enfance et à des figurines de chacun de ses proches, elle rejoue sa propre histoire. C’est alors que les blessures de tout un peuple émergent et que l’Histoire oubliée du Maroc se révèle.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES a reçu un très mérité Prix de la mise en scène Un certain regard et l’Œil d’or du meilleur documentaire lors du Festival de Cannes en 2023.

À l’instar des films de Mona Achache LITTLE GIRL BLUE, et de Kaouther Ben Hania, LES FILLES D’OLFA (César 2024 du meilleur documentaire), eux aussi très remarqué à Cannes, l’œuvre d’Asmae El Moudir fait preuve d’une remarquable singularité scénaristique et de mise en scène.

Même si on adorerait ne plus avoir à le signaler, il est à noter que ces trois documentaires ambitieux, très personnels et réussis sont d’ailleurs signés par des femmes…

2 / Pour raviver la mémoire d’un passé douloureux, la réalisatrice a fait le choix hybride d’un récit entre fiction et documentaire.
Pour cela, elle a mis en place un judicieux et très original dispositif de tournage en créant une impressionnante maquette du quartier de son enfance à Casablanca.

La puissance évocatrice de cette reconstitution provoque des réactions diverses au cœur de la famille. De notre côté, on découvre avec beaucoup d’intérêt, ce pan de vie très personnel, intimement lié à un épisode tragique de l’histoire du Maroc.

3 / Avec LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES, en forme d’enquête intime, Asmae El Moudir interroge la mémoire familiale, reconstitue un passé douloureux en essayant de donner toute sa place à une parole étouffée, notamment par son hallucinante grand-mère, une femme matriarche et despotique qui ne veut rien lâcher !
Le moins que l’on puisse dire, est que l’accouchement de cette parole puissante et utile se fait, par moments, dans la douleur…