Chien de la casse – 1er film détonant à (re)voir absolument !

Chien de la casse – 1er film détonant à (re)voir absolument !

CHIEN DE LA CASSE

Comédie dramatique – 2023 – 1H33 – France
Réalisation : Jean-Baptiste Durand
Scénario :
Jean-Baptiste Durand, Emma Benestan, Nicolas Fleureau
Distribution : Anthony Bajon, Raphaël Quenard, Galatéa Bellugi, Dominique Reymond, Bernard Blancan, Nathan Le Graciet…
Sorti en salles le 19 avril 2023

Disponible en Blu-ray (depuis le 19 mars) et DVD – Blaq Out
Français 16/9 – 5.1 & 2.0 – Audiodescription – Sous-titres pour sourds et malentendants.

Le pitch
Dog et Mirales sont amis d’enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l’habitude de taquiner Dog plus que de raison. Leur amitié va être mise à mal par l’arrivée au village d’une jeune fille, Elsa, avec qui Dog va vivre une histoire d’amour. Rongé par la jalousie, Mirales va devoir se défaire de son passé pour pouvoir grandir, et trouver sa place.

Le film ****
Véritable surprise du printemps dernier dans les salles, ce premier long métrage de Jean-Baptiste Durand, s’il a rencontré une très belle reconnaissance critique aurait mérité de croiser la route d’un plus grand nombre de spectateurs.
Reste que CHIEN DE LA CASSE poursuit aujourd’hui sa carrière en DVD et permettra, espérons-le, à son réalisateur de retrouver très vite le chemin des plateaux, tant ce premier essai nous a séduit et touché.
L’ébouriffante performance de Raphaël Quenard ne laisse planer aucun doute sur l’énorme carrière qui se profile à l’horizon. Avec Mirales, le comédien fantasque compose un personnage imprévisible, ambigu à souhait et à l’attitude frondeuse. Un jeune homme qui affiche un goût marqué pour la littérature au point de citer régulièrement Montaigne sans que jamais, bien au contraire, cela nuise à la crédibilité de cette trouble histoire d’amitié.

Il serait très injuste de ne se focaliser que sur cette remarquable composition de Raphaël Quenard. Saluons donc aussi le jeu tout en finesse de Galatéa Bellugi qui parvient à faire exister son personnage au milieu du duo formé par Dog & Mirales. Dog, lui, est incarné avec beaucoup de subtilité par le toujours excellent Anthony Bajon qui à travers d’infinis détails et regards, nous fait parfaitement ressentir le malaise de Dog, personnage qui tente d’exister face à la tornade Mirales et son amitié étouffante, toxique.

Le propos du film et la justesse du casting (il faudrait aussi citer Dominique Reymond et Bernard Blancan, entre autres) sont transcendés par la mise en scène discrète mais exemplaire de Jean-Baptiste Durand. Le réalisateur entièrement dévoué à son histoire et ses personnages nous livre un troublant récit d’apprentissage et un film profondément sensible et marquant.
On attend donc avec une véritable impatience, son second long-métrage…

Bonus ****1/2
Présents sur le DVD et le BLU RAY

Entretien avec Jean-Baptiste Durand (24mn)
2courts métrages :
IL VENAIT DE ROUMANIE de Jean-Baptiste Durand (2014, 22’)
L’ACTEUR de Raphaël Quenard (2023, 25’)
En + sur le BLU RAY
Making of inédit (17 minutes)
VRAI GARS, court-métrage de Jean-Baptiste Durand (2021 – 18mn)

Si on aurait aimé avoir le témoignage des principaux acteurs de CHIEN DE LA CASSE, tant ils participent à la grande réussite du film, impossible de faire la fine bouche devant la pertinence des trois bonus proposés sur les deux supports.
À commencer par un passionnant entretien avec Jean-Baptiste Durand qui s’exprime, entre autres, sur son passage aux Beaux-arts et son intérêt pour le dessin, la peinture, la photographie. On y apprend notamment que c’est un stage dans ce milieu qui lui révèle une possible connexion avec le cinéma.
La suite de son parcours atypique, le réalisateur le vit comme un long apprentissage au cours duquel il construit sa cinéphilie et qui le conduit à écrire un premier scénario déjà intitulé CHIEN DE LA CASSE mais qui n’aboutira jamais.

Peu importe puisqu’ensuite le réalisateur va signer une douzaine de courts métrages dont le premier IL VENAIT DE ROUMANIE, proposé ici en bonus. Des courts dont il dit lui-même qu’il s’en sert comme de véritables laboratoires où il peut tester, expérimenter.
Bien lui en a pris quand on découvre la réussite de son premier long, nourri de toutes ces expériences et de son amour de personnages complexes, plongé au cœur d’une vie rurale qu’il affectionne particulièrement.

Deux courts-métrages sont donc également proposés en bonus, IL VENAIT DE ROUMANIE, réalisé en 2014 et qui transpire déjà des prémices thématiques et géographiques de CHIEN DE LA CASSE.
L’ACTEUR (OU LA SURPRENANTE VERTU DE l’INCOMPRÉHENSION) court-métrage de 25mn coréalisé par Raphaël Quenard & Hugo David est un objet filmique très étonnant mais surtout formidablement réjouissant dont il vaut mieux ne pas vous dire grand-chose pour que vous y preniez le plus de plaisir possible…

Le formidable succès du film auprès de l’Académie des César avec 7 nominations et deux César à la clé, celui du meilleur premier film et celui de la révélation masculine pour le génial Raphaël Quenard a incité son éditeur Blaq Out a édité ce printemps CHIEN DE LA CASSE en blu ray. 

La galette est  agrémentée des 3 bonus déjà présents sur la version DVD ainsi que deux suppléments inédits  et bienvenus, un making of du film inédit et VRAI GARS, un court-métrage réalisé par Jean-Baptiste Durand en 2021.

Le + Cin’Écrans
Croisé en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême où il présentait son remarquable premier court métrage LA GRANDE OURSE, nous avons demandé à l’excellent Anthony Bajon, d’évoquer CHIEN DE LA CASSE. L’occasion de nous parler de son amitié avec son partenaire, Raphaël Quenard qui depuis quelques mois, illumine de son talent un grand nombre de productions, de ce CHIEN DE LA CASSE à YANNICK en passant par CASH (Netflix) SENTINELLE (actuellement sur Prime Vidéo) JEANNE DU BARRY ou bien encore JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES.

INTERVIEW ANTHONY BAJON

Les Rascals, Outsiders made in France…
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Filmé avec réalisme et sans concessions, le 1er long de Jimmy Laporal-Trésor retrace la montée des violences et du racisme entre bandes rivales dans le Paris du milieu des années 80.
Rencontre avec le réalisateur très impliqué d’un film puissant et rageur, désormais disponible chez vous.

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Madame Hofmann – Au cœur de l’intime

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MADAME HOFMANN

Un film de Sébastien Lifshitz
Scénario de Sébastien Lifshitz
Avec Sylvie Hofmann
Documentaire– 1h44 – France
Sortie en salles le 10 avril 2024

L’histoire 
“Bienvenue dans ma vie”, cette phrase, Sylvie Hofmann la répète à longueur de journée ou presque. Sylvie est cadre infirmière depuis 40 ans à l’hôpital nord de Marseille. Sa vie, c’est courir. Entre les patients, sa mère, son mari et sa fille, elle consacre ses journées aux autres depuis toujours. Et si elle décidait de penser un peu à elle ? De partir à la retraite ? En a-t-elle le droit, mais surtout en a-t-elle vraiment envie ?

L’avis Cin’Écrans *****
ADOLESCENTES, PETITE FILLE, LES VIES DE THÉRÈSE ou bien encore LES INVISIBLES (César 2013 du meilleur film documentaire)…
Au fil des ans, de fiction (plus rares) en documentaires, Sébastien Lifshitz s’est affirmé comme un portraitiste hors-pair, un cinéaste qui sonde l’intime comme personne tout en parvenant à donner à ses sujets un retentissement plus universel.

« Elle n’arrête jamais Sylvie ! Elle est dans le don d’elle-même en permanence … » Sébastien Lifshitz

MADAME HOFMANN dresse le portrait bouleversant et passionnant d’une femme exemplaire de dévouement aux autres mais en lutte permanente au cœur d’une institution hospitalière en crise. On est fasciné par l’empathie de Sylvie, par son énergie et une détermination sans faille, malgré les doutes qui l’assaillent parfois, sans compter ses propres problèmes de santé.

A travers le quotidien de Sylvie Hofmann, Sébastien Lifshitz dévoile le chaos hospitalier tout en rendant hommage au dévouement du personnel de santé soumis à des conditions de travail de plus en plus compliquées, pour ne pas dire aberrantes. On en veut pour preuve la discussion quasi surréaliste entre la cadre infirmière et son chef de service lorsqu’elle vient lui annoncer son départ prochain à la retraite, avec les conséquences inévitables sur le quotidien du service…

« Le désir de fiction est en train de revenir mais le documentaire reste quelque chose auquel je suis extrêmement attaché » Sébastien Lifshitz

La grande force de ce nouveau documentaire de Sébastien Lifshitz tient dans l’équilibre qu’il donne à son récit, entre la vie professionnelle de Sylvie Hofmann et sa vie intime.
Sans jamais tomber dans un quelconque pathos ou voyeurisme, le cinéaste capte de magnifiques et poignants instants de vie quand Sylvie retrouve les siens, que ce soit sa fille, son compagnon ou Micheline, sa mère au tempérament bien affirmé. Leurs échanges, toujours très francs et souvent joyeux, constituent, sans aucun doute, quelques un des plus beaux moments du film.

« Il n’était pas question de voler des images… » Sébastien Lifshitz

On a beau bien connaître le travail de Sébastien Lifshitz, on est toujours impressionné et fasciné par le rapport de confiance précieux que le cinéaste instaure avec ces anonymes qu’il met dans la lumière et par le regard qu’il porte sur eux.

Nous ne sommes pas près d’oublier ce remarquable documentaire et sa principale protagoniste, Sylvie.
Nous souhaitons à Madame Hofmann, véritable héroïne du quotidien, une magnifique et très méritée retraite même si, au grand dam de son compagnon, elle ne semble pas tout à fait prête à lâcher prise pour simplement profiter de la vie.

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion du Festival du film de société de Royan, en décembre dernier que j’ai eu le privilège de rencontrer Sébastien Lifshitz pour parler de MADAME HOFMANN et de son travail de documentariste.

INTERVIEW SÉBASTIEN LIFSHITZ

Sorties BLU RAY / DVD en bref – Mars 2024

Sorties BLU RAY / DVD en bref – Mars 2024

Ils sont aussi de sortie…

SECOND TOUR (2023) – Comédie de et avec Albert Dupontel, Cécile de France, Nicolas Marié…
Disponible en BR, DVD et VOD – Pathé

L’histoire
Journaliste politique en disgrâce placée à la rubrique football, Mlle Pove est sollicitée pour suivre l’entre-deux tours de la campagne présidentielle. Le favori est Pierre-Henry Mercier, héritier d’une puissante famille française et novice en politique. Troublée par ce candidat qu’elle a connu moins lisse, Mlle Pove se lance dans une enquête aussi étonnante que jubilatoire.

Le film ****1/2
Trois ans après avoir raflé 7 César avec ADIEU LES CONS, l’iconoclaste Albert Dupontel est de retour pour un SECOND TOUR emballant.

Avec son huitième long-métrage, le cinéaste nous régale d’un pamphlet politique et philosophique salutaire, à travers la dénonciation des dérives de ce monde politicien et d’un système médiatique qui tend à l’uniformisation. Une satire cinglante doublée d’une fable écologique rocambolesque mais bienvenue.

De film en film, Albert Dupontel confirme son goût pour un cinéma surréaliste et poétique. Si le fond est très souvent vraisemblable, la forme de ses œuvres est de plus en plus stylisée, à travers des partis pris esthétiques forts qui peuvent, pour le coup, détourner certain.ne.s du propos initial.
Force est de reconnaitre, néanmoins, le soin apporté à la direction artistique d’un film comme SECOND TOUR, à travers un travail précis et impressionnant sur le cadre, la lumière, les effets sonores et visuels.

Enfin n’oublions pas de parler du casting à commencer, évidemment, par Albert Dupontel omniprésent mais qui ne tire jamais la couverture à lui, bien au contraire. Ce ne sont pas Cécile de France et Nicolas Marié, tandem irrésistible de drôlerie, qui prétendront le contraire, tant chacune de leurs séquences face à leur partenaire réalisateur sont payantes.

Les bonus – pas visionnés
Commentaire audio d’Albert Dupontel
Dans les coulisses du tournage :
Premier jour de tournage (3mn24)
Cécile et Albert au travail (2mn)
Cécile et Nicolas (3mn10)
Bêtisier (3mn07)
Entretiens avec l’équipe du film : Albert Dupontel, Cécile de France et Nicolas Marié (31mn)

LE THÉORÈME DE MARGUERITE (2023) – Comédie Dramatique d’Anna Novion avec Ella Rumpf, Julien Frison, Jean-Pierre Darroussin, Clotilde Courau…
Disponible en BR, DVD et VOD – Diaphana Vidéo

L’histoire
L’avenir de Marguerite, brillante élève en Mathématiques à l’ENS, semble tout tracé. Seule fille de sa promo, elle termine une thèse qu’elle doit exposer devant un parterre de chercheurs. Le jour J, une erreur bouscule toutes ses certitudes et l’édifice s’effondre. Marguerite décide de tout quitter pour tout recommencer.

Le film ****
Réalisatrice discrète au cinéma (3 films en 15 ans), Anna Novion signe avec son troisième long métrage, une œuvre surprenante qui confirme pleinement la singularité de son regard. En effet sur le papier, nous n’étions pas forcément convaincus de la pertinence de se laisser conter romance sur fond de mathématiques !
Et pourtant, contre toute attente, ce portrait d’une jeune femme passionnée et jusqu’au-boutiste a tout de la formule gagnante, tant Anna Novion a su trouver le chemin cinématographique adéquat pour rendre visuel et parlant le langage mathématique !

Ce film passionnant est aussi l’occasion de véritablement découvrir Ella Rumpf (révélée dans GRAVE (2017) de Julia Ducourneau), étonnante interprète de Marguerite qui a bien mérité son César de meilleur jeune espoir féminin, en février dernier.

Les bonus ****
Entretien avec la réalisatrice Anna Novion (24mn)
Entretien avec Ariane Mézard, mathématicienne, et Anna Novion (15mn)
Scènes coupées présentées par Anne Souriau, cheffe monteuse (5mn)
Essai d’Ella Rumpf pour le rôle de Marguerite (5mn)

L’ENLÈVEMENT (2023) – Drame de Marco Bellocchio avec Enea Sala, Leonardo Maltese, Paolo Pierobon…
Disponible en BR, DVD et VOD – Ad Vitam

L’histoire
En 1858, à Bologne, les soldats du Pape font irruption chez une famille juive. Sur ordre du cardinal, ils sont venus prendre Edgardo, le fils de sept ans. L’enfant aurait été baptisé en secret par sa nourrice étant bébé et la loi pontificale est indiscutable : il doit recevoir une éducation catholique.

Le film ****1/2
Un an après sa présentation à Cannes, on se demande encore pourquoi le jury de Ruben Östlund n’a pas fait une place dans son palmarès à ce remarquable film du cinéaste italien, sans aucun doute l’un de ses meilleurs.
Avec cette épopée tragique et palpitante, véritable peinture au vitriol de l’église et ses abus, Marco Bellocchio nous livre une fresque baroque transcendée par l’ampleur, l’ambition de sa mise en scène.
Un grand film de cinéma qui mérite pleinement d’être (re)découvert chez soi dans les meilleures conditions possibles.

Les bonus ****
Entretien Arte avec Marco Bellocchio lors du Festival de Cannes 2023
Marx peut attendre (2021) – documentaire de Marco Bellocchio   

FENÊTRE SUR PACIFIQUE (1990) – Thriller de De John Schlesinger avec Melanie Griffith, Matthew Modine, Michael Keaton…
Disponible en Combo BLU RAY+DVD – ESC Éditions

L’histoire
Patty et Drake viennent d’acheter la maison de leurs rêves à San Francisco. Pour les aider financièrement, ils décident de louer la chambre du rez-de-chaussée et choisisent un dénommé Carter Hayes qui semble être le locataire idéal. Mais dès son emménagement, les choses tournent mal…

Le film **1/2
Ce film du réalisateur de MACADAM COWBOY ou MARATHON MAN n’est clairement pas son meilleur, mais force est de reconnaitre une véritable efficacité à ce récit de harcèlement urbain.

Ce thriller de John Schlesinger se situe dans la droite lignée des nombreux films de la fin des années 80 / début 90 qui mettaient en scène des personnages ordinaires aux prises avec de véritables psychopathes, à l’instar de JF PARTAGERAIT APPARTEMENT (1992) de Barbet Schroeder ou LIAISON FATALE (1987) d’Adrian Lyne.

FENÊTRE SUR PACIFIQUE est aussi l’occasion de retrouver un beau et très complémentaire trio d’acteurs Mélanie Griffith, Matthew Modine et le toujours très inquiétant Michael Keaton

Les bonus **1/2
Entretien avec Samuel Blumenfeld, critique de cinéma (2023, 21’54”)

THE OLD OAK (2023) – Drame de Ken Loach avec Dave Turner, Ebla Mari, Claire Rodgerson…
Disponible en BR, DVD et VOD – Le Pacte

L’histoire
TJ Ballantyne est le propriétaire du “Old Oak”, un pub situé dans une petite bourgade du nord de l’Angleterre. Il y sert quotidiennement les mêmes habitués désœuvrés pour qui l’endroit est devenu le dernier lieu où se retrouver. L’arrivée de réfugiés syriens va créer des tensions dans le village. TJ va cependant se lier d’amitié avec Yara, une jeune migrante passionnée par la photographie. Ensemble, ils vont tenter de redonner vie à la communauté locale en développant une cantine pour les plus démunis, quelles que soient leurs origines.

Le film ***1/2
Avec THE OLD OAK, son dernier film présenté l’an dernier à Cannes, coécrit avec le fidèle Paul Laverty, Ken Loach flirte parfois avec un trop plein de bons sentiments mais il faut bien avouer qu’en cette période troublée, ce « vieux chêne », en forme de fable humaniste, fonctionne comme un efficace antidote à la déprime ambiante. THE OLD OAK embrasse l’espoir d’un monde meilleur et empreint de compassion. On a très envie d’y croire !

Les bonus ***
Entretien avec Ken Loach et Paul Laverty
Entretien avec Dave Turner et Ebla Mari
Scènes coupées

NOUS, ÉTUDIANTS ! (2023) – Documentaire de Rafiki Fariala
Disponible en DVD et VOD – Jour2Fête

L’histoire
République centrafricaine. Nestor, Aaron et Benjamin sont des étudiants en économie à l’Université de Bangui. Rafiki, le réalisateur, les a rencontrés en première année, ils ont étudié ensemble, ils ont lutté ensemble et chaque jour inventé des moyens de survivre.

Le film ***
Un campus vétuste, des salles de cours bondées, des professeurs qui marchandent de bonnes notes contre les faveurs des étudiantes… Vous l’aurez compris, le tableau dépeint par Rafiki Fariala, du quotidien et de l’avenir des étudiants de l’université de Bangui n’est guère reluisant. Avec la complicité de ses amis de galère, le jeune réalisateur décrit au plus juste et au plus près les problèmes et les questionnements d’une jeunesse en mal de repères, qu’ils soient politiques, sentimentaux, sexuels, religieux ou sociétaux.

Malgré une construction parfois hésitante, NOUS, ÉTUDIANTS !, présenté à la Berlinale 2022 (section Panorama), intrigue, captive et nous interroge sur un rapport au monde très différent de nos modes de vie occidentaux.

Avec NOUS, ÉTUDIANTS ! Rafiki Fariala donne la parole à des étudiant.e.s qui peinent à faire entendre leur voix auprès d’une classe politique installée, vieillissante et bien souvent corrompue. Face à ce constat amer de relative impuissance, le réalisateur nous offre une belle et réconfortante ode à l’amitié, même si la question de la trahison amicale y est posée, notamment par l’attachant Nestor.

Les bonus ***
Entretien avec le réalisateur (14mn)
Débat d’après séance au cinéma Le Méliès à Montreuil (67mn)

MONSIEUR LE MAIRE (2023) – Comédie de Karine Blanc et Michel Tavares avec Clovis Cornillac, Eye Haïdara, Laurence Côte…
Disponible en DVD et VOD – M6 Vidéo

L’histoire
Maire d’un petit village de montagne au pied du Mont-Blanc, Paul Barral se bat pour maintenir les commerces et préserver l’école d’une fermeture annoncée. Alors qu’il cherche désespérément comment attirer de nouvelles familles, l’arrivée de mères célibataires en situation difficile dont Joe-Lynn, chanteuse au franc-parler et ses deux enfants, va vite faire des étincelles dans ce village paisible.

Le film **1/2
Librement inspiré d’une histoire vraie, MONSIEUR LE MAIRE est une comédie engagée autour de la notion du « Vivre ensemble ».

S’il ne révolutionne pas le genre, ce sympathique feel good movie vaut essentiellement pour justesse de ses comédien.ne.s, Clovis Cornillac & Eye Haïdara en tête, qui parviennent à tirer le meilleur de personnages un peu stéréotypés

Pas de bonus

EAUX PROFONDES (1981) – Drame – Policier de Michel Deville avec Jean-Louis Trintignant, Isabelle Huppert, Christian Benedetti…
Disponible en DVD – Gaumont

L’histoire
Vic et Melinda forment un couple heureux. Pourtant, leur amour se transforme peu à peu en passion dangereuse. Melinda aime s’afficher avec ses amants qu’elle amène chez elle, devant son mari. Vic accepte ce jeu de séduction mais s’arrange ensuite pour faire disparaître les prétendants définitivement. Melinda a finalement la preuve que son mari tue, mais par amour pour elle.

Le film ***1/2
En 1981, le discret mais très prolifique Michel Deville nous proposait EAUX PROFONDES, son 18em long-métrage, librement adapté du roman de Patricia Highsmith « Deep water ». Un polar troublant et atmosphérique porté par le formidable duo Jean-Louis Trintignant / Isabelle Huppert.
43 ans après sa sortie, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on replonge dans les eaux troubles et profondes de ce thriller psychologique, ambigu à souhait.

Pas de bonus

LA PASSION DE DODIN BOUFFANT (2023) – Drame – Historique de Tran Anh Hung avec Juliette Binoche, Benoît Magimel, Emmanuel Salinger…
Disponible en BR, DVD et VOD – Gaumont

L’histoire
Eugénie, cuisinière hors pair, est depuis 20 ans au service du célèbre gastronome Dodin. Au fil du temps, de la pratique de la gastronomie et de l’admiration réciproque est née une relation amoureuse. De cette union naissent des plats tous plus savoureux et délicats les uns que les autres qui vont jusqu’à émerveiller les plus grands de ce monde.

Le film ***1/2
L’an passé, Tran Anh Hung réalisateur, entre autres, de L’ODEUR DE LA PAPAYE VERTE (Caméra d’Or à Cannes en 1993) et CYCLO (Lion d’Or à Venise en 1995) faisait son retour au cinéma, après sept ans d’absence (une ÉTERNITÉ, ça ne s’invente pas !) avec LA PASSION DE DODIN BOUFFANT, qui lui a valu le Prix de la mise en scène à Cannes.

Il faut bien évidemment célébrer le talent du metteur en scène et de son équipe pour la précision du cadre ou bien encore la douceur et la beauté de la lumière qui rendent grâce à merveille à l’art culinaire.
Mais il convient aussi de saluer le travail de ses principaux interprètes Juliette Binoche et Benoit Magimel qui ont mis tout leur talent au service de ce film sensuel et gourmand. Un met délicat à déguster sans hésiter …

Pas de bonus

 

VINCENT DOIT MOURIR (2023) – Comédie – Drame – Fantastique – Thriller de Stephan Castang avec Karim Leklou, Vimala Pons, François Chattot…
Disponible en BR, DVD et VOD – Capricci

L’histoire
Du jour au lendemain, Vincent est agressé à plusieurs reprises et sans raison par des gens qui tentent de le tuer. Son existence d’homme sans histoires en est bouleversée et, quand le phénomène s’amplifie, il n’a d’autre choix que de fuir et de changer son mode de vie.

Le film ****1/2
Nourri par la passion de Stéphan Castang pour des cinéastes comme George Romero, John Carpenter et Luis Bunuel, VINCENT DOIT MOURIR ne ressemble à aucun autre film dans la production française. Le réalisateur nous propose en effet une œuvre très originale, à la croisée des genres, entre survival paranoïaque, fantastique, burlesque, comédie romantique (eh oui !) et une pointe très salutaire d’ironie. Bref un cocktail original et explosif, mais dangereux s’il n’est pas correctement dosé. En l’occurrence, Stéphan Castang a parfaitement réussi son coup et trouvé l’équilibre idéal pour nous offrir un palpitant divertissement sur fond de délitement de notre société.

Pour l’accompagner dans cette aventure singulière, le réalisateur s’est entouré d’une belle troupe d’interprètes avec un casting composé d’acteurs et d’actrices dont on a tendance à dire, par facilité que ce sont des gueules. Ce choix de montrer des personnages aux physiques plutôt « ordinaires » (selon le cinéaste), donne toute sa véracité au film.
Et puis surtout, Stéphan Castang  a fait appel pour les deux personnages principaux, à deux de nos plus enthousiasmants comédiens, Karim Leklou et Vimala Pons.

Les bonus – Pas visionnés
Courts métrages inédits de Stéphan Castang :
FINALE (2020)
PANTHÉON DISCOUNT (2016)
Entretien avec Stéphan Castang
Rencontre avec les acteurs Vimala Pons et Karim Leklou
La musique du film vue par son compositeur John Kaced

Le + Cin’Ecrans
6 mois après avoir été présenté avec succès et pour la première fois à La Semaine de la critique à Cannes, c’est au Festival du film de Sarlat, à une semaine de sa sortie en salles que nous avons eu grand plaisir à échanger avec Stéphan Castang et Karim Leklou autour de leur excellent VINCENT DOIT MOURIR.

Les Rascals, Outsiders made in France…
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Filmé avec réalisme et sans concessions, le 1er long de Jimmy Laporal-Trésor retrace la montée des violences et du racisme entre bandes rivales dans le Paris du milieu des années 80.
Rencontre avec le réalisateur très impliqué d’un film puissant et rageur, désormais disponible chez vous.

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Yurt, un envoutant récit d’apprentissage !

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YURT (Le pensionnat)

Un film de Nehir Tuna
Scénario de Nehir Tuna
Avec Doğa Karakaş, Can Bartu Aslan, Ozan Çelik
Drame – 1h56 – Turquie

Sortie en salles le 3 avril 2024

L’histoire
Turquie, 1996. Ahmet, 14 ans, est dévasté lorsque sa famille l’envoie dans un pensionnat religieux (Yurt). Pour son père récemment converti, c’est un chemin vers la rédemption et la pureté. Pour lui, c’est un cauchemar. Le jour, il fréquente une école privée laïque et nationaliste ; le soir, il retrouve son dortoir surpeuplé, les longues heures d’études coraniques et les brimades. Mais grâce à son amitié avec un autre pensionnaire, Ahmet défie les règles strictes de ce système, qui ne vise qu’à embrigader la jeunesse.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec son premier long-métrage, Nehir Tuna nous livre un impressionnant portrait d’adolescent en révolte et un envoutant récit d’apprentissage, en grande partie autobiographique.

A travers le quotidien tourmenté d’Ahmet tiraillé entre sa famille, son envie de liberté et l’endoctrinement religieux à l’œuvre dans son pensionnat, le réalisateur turc réussit sans manichéisme à dépeindre le malaise adolescent, notamment lorsque la frontière entre amour et amitié n’est pas clairement définie.  

Précisons que Nehir Tuna ancre son histoire dans le contexte d’une époque, pas si lointaine que ça (une trentaine d’années) lorsque l’opposition entre l’éducation laïque et religieuse était beaucoup plus marquée qu’aujourd’hui où le pouvoir religieux a gagné (et une forme d’endoctrinement aussi…).

2 / YURT est un premier long métrage qui impressionne par la puissance de son récit mais aussi et peut-être surtout par la maitrise formelle de sa mise en scène.

La composition des plans est éblouissante et avec la complicité de son excellent directeur de la photographie, le français Florent Herry, Nehir Tuna ose même un changement de cap radical aux 2/3 du film.
À la faveur d’une fugue d’Ahmet avec un autre pensionnaire de l’institution religieuse, le film passe avec subtilité d’un somptueux noir et blanc à la couleur. Une séquence, bouleversante, de délivrance et de révélation pour ses deux jeunes protagonistes dont l’audace de la mise en image n’est pas sans rappeler une séquence très marquante du film de Xavier Dolan, MOMMY.

Autant dire qu’il nous tarde de découvrir la suite de la carrière très prometteuse de Nehir Tuna. Ce premier film a d’ailleurs valu à son réalisateur un très mérité Prix de la mise en scène décerné par le jury d’Agnès Jaoui lors de la dernière édition du Festival International de Saint-Jean-de-Luz. YURT s’est également vu remettre lors du même festival le Prix SFCC de la critique.

3 / YURT ne se contente pas d’être un véritable choc esthétique, il est aussi l’occasion de découvrir Doğa Karakaş, un jeune comédien remarquable qui porte le film sur ses épaules, en lui apportant à la fois la fougue et la détermination de sa jeunesse mais aussi une forme de fragilité très touchante.

Linda veut du poulet ! Nous aussi…

Linda veut du poulet ! Nous aussi…

LINDA VEUT DU POULET

Animation – 1h16– 2023 – France
Réalisation :  
Chiara Malta et Sébastien Laudenbach
Scénario :
Chiara Malta et Sébastien Laudenbach
Avec les voix de Mélinée Leclerc, Clotilde Hesme, Laetitia Dosch, Estéban…

Sorti en salles le 18 octobre 2023

Disponible en DVD– 5 mars 2024 – Blaq Out

Image : 16/9 – Son : Français 5.1 et 2.0
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Non, ce n’est pas Linda qui a pris la bague de sa mère Paulette ! Cette punition est parfaitement injuste ! … Et maintenant Paulette ferait tout pour se faire pardonner, même un poulet aux poivrons, elle qui ne sait pas cuisiner. Mais comment trouver un poulet un jour de grève générale ? … De poulailler en camion de pastèques, de flicaille zélée en routier allergique, de mémé en inondation, Paulette et sa fille partiront en quête du poulet, entraînant toute la « bande à Linda » et finalement tout le quartier. Mais Linda ne sait pas que ce poulet, jadis si bien cuisiné par son père, est la clef de son souvenir perdu… Au fait, quelqu’un sait tuer un poulet ? …

Le film ****
Très jolie surprise que LINDA VEUT DU POULET qui a obtenu le toujours très convoité Cristal du long métrage au Festival du film d’animation d’Annecy et le non moins prestigieux César du meilleur film d’animation 2023.
Deux récompenses plus que méritées pour ce film réalisé par Chiara Malta dont c’est le premier long-métrage d’animation, et Sébastien Laudenbach à qui l’on doit le très beau LA JEUNE FILLE SANS MAINS.

Véritables artisans de l’animation, Chiara Malta et Sébastien Laudenbach nous offrent, avec cet hymne à la liberté et au désordre, une comédie agitée comme ils aiment à qualifier LINDA VEUT DU POULET.

LINDA VEUT DU POULET est un film drôle et tendre en forme de variation autour du deuil qui parle à tous, grands ou petits.
Saluons à ce titre le respect des deux cinéastes envers les enfants, à qui ils s’adressent sans aucune mièvrerie. Sébastien Laudenbach affirmant à ce titre, dans l’interview qui accompagne le film, qu’il trouve noble de parler aux enfants, ce qu’ils font, avec Chiara Malta, dans une grande liberté et avec beaucoup d’intelligence.

LINDA VEUT DU POULET
est porté par un graphisme très original et par la personnalité affirmée de ses principaux personnages.
Des personnages hauts en couleurs et magnifiquement incarnés par Mélinée Leclerc, Clotilde Hesme, Laetitia Dosch ou bien encore le très reconnaissable (et incomparable) Estéban.     

Bonus **1/2
Making of :
Les chansons – 1mn30
Les décors – 2mn03
La prise de son – 2mn06
Le style graphique – 1mn51

Interview des cinéastes Chiara Malta & Sébastien Laudenbach (4mn43)

Un souvenir ou deux (Musique : Clément Ducol – Paroles : Chiara Malta et Sébastien Laudenbach) Clip de la chanson interprétée par Juliette Armanet (2mn23) réalisé par Lola Halifa-Legrand & Vladimir Mavounia-Kouka

Une (trop) courte interview de Chiara Malta et Sébastien Laudenbach est proposée en bonus avec notamment un intéressant passage consacré au tournage audio du film en compagnie des acteurs-voix du film.
Un tournage principalement destiné à fournir des indications précieuses aux animateurs du film qui pouvaient ainsi s’appuyer sur l’animatic (les dessins) et ces voix pour créer toute l’animation.

Si quatre séquences dites « making of » nous sont proposées, on reste un peu sur notre faim. On aurait notamment apprécié que la parole donnée à certains collaborateurs du film soit plus importante, plus développée…
Des interviews plus conséquentes ont forcément été réalisées afin d’en choisir ces quelques trop courts extraits bonus. C’est dommage de nous en avoir privé…

C’est le beau clip de la chanson du film interprétée par Juliette Armanet qui vient clore l’offre de bonus du DVD.   

Les Rascals, Outsiders made in France…
Les Rascals, Outsiders made in France…

Filmé avec réalisme et sans concessions, le 1er long de Jimmy Laporal-Trésor retrace la montée des violences et du racisme entre bandes rivales dans le Paris du milieu des années 80.
Rencontre avec le réalisateur très impliqué d’un film puissant et rageur, désormais disponible chez vous.

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