Noémie Lefort, seule contre tous… ou presque, pour l’amour de Julia Roberts

Noémie Lefort, seule contre tous… ou presque, pour l’amour de Julia Roberts

« Julia Roberts, elle me fait du bien ! » Noémie Lefort

Depuis son plus jeune âge, Alex ne rêve que d’une chose : réaliser des films. Mais à Rouen, son quotidien est bien loin du glamour hollywoodien. Surprotégée par sa mère Mathilde, elle espère intégrer une prestigieuse école de cinéma à New York. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et ses rêves sont brutalement brisés. Refusant d’accepter son sort, Alex décide de partir pour la grosse pomme avec l’aide de son excentrique tante Juliette pour un projet fou : donner son scénario à Julia Roberts. Vite rejointes par Mathilde, cette aventure new-yorkaise va marquer pour les trois femmes le début d’une nouvelle étape de leur vie et les rapprocher plus que jamais.

« James Cameron a mis 13 ans à faire Avatar 2, moi, j’ai mis 20 ans à faire Mon héroïne… » Noémie Lefort

Il y a 20 ans à Rouen Noémie Lefort, jeune étudiante en cinéma, réalise CALLING JULIA ROBERTS, un court-métrage qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui veut donner son scénario à la star américaine…
C’est sur un coup de tête et contre l’avis de son entourage et en particulier de sa maman que Noémie Lefort part à New York dans l’espoir de remettre son court et un scénario à la charismatique interprète d’Erin Brockovich.
C’est cet étonnant périple entre la capitale normande et la grosse pomme que raconte MON HEROÏNE. Une histoire « feel good », prétexte à faire aussi le récit d’une relation mère-fille parfois compliquée mais pleine d’amour…   

« Whaou, t’es à Time Square ! » Noémie Lefort

C’est lors de la dernière édition du Festival international du film de Saint-Jean de Luz que nous avons rencontré  Noémie Lefort.
Une réalisatrice enthousiaste dont le tempérament volcanique explique parfaitement comment et pourquoi son incroyable parcours a été possible …

INTERVIEW NOÉMIE LEFORT

La (très) grande évasion… En rire, de peur d’être obligé d’en pleurer !  

La (très) grande évasion… En rire, de peur d’être obligé d’en pleurer !  

« On ne s’interdit rien ! On fait un film de cinéma, on n’a pas de pression économique » Yannick Kergoat

10 ans tout juste après avoir pointé du doigt et de sa caméra les dérives et les perversions d’une presse qui n’a plus d’indépendante que le nom dans LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE (coréalisé avec Gilles Balbastre), Yannick Kergoat récidive dans un cinéma militant et dénonciateur.

Cette fois, c’est aux vicieux mécanismes de la (très) grande évasion fiscale que le réalisateur s’intéresse.
Avec la complicité du producteur Bertrand Faivre et du journaliste d’investigation Denis Robert (coauteur notamment du livre Révélation$ sur l’affaire Clearstream), Yannick Kergoat nous livre une incroyable démonstration des démarches suivies par certains « grands » de ce monde  pour réussir leur évasion fiscale.
Le réalisateur y dénonce évidemment tous ces mécanismes et toutes ces magouilles imaginées par les « puissants », à travers de nombreux témoignages et images d’archives.  Yannick Kergoat procède avec rigueur mais aussi beaucoup de recul et un humour nécessaire afin que le spectateur ne baisse pas les bras et se révolte encore devant tant de cynisme assumé.

« Démontrer, en les remontrant, à quel point les acteurs de ce drame de l’évasion fiscale sont de mauvais génies » Yannick Kergoat, à propos des archives.

Le capitalisme est-il devenu incontrôlable ? De révélations en scandales successifs, l’évasion fiscale est devenue un marronnier médiatique et l’objet d’un concours de déclarations vertueuses pour les politiques. Alors que les multinationales et les plus riches ont de moins en moins de scrupules et de plus en plus de moyens à leur disposition pour échapper à l’impôt, pour nous, simple citoyen, les politiques d’austérité s’intensifient et les inégalités explosent. On voudrait nous faire croire que les mécanismes de l’évasion fiscale sont incompréhensibles et qu’elle est impossible à endiguer… Il ne nous reste alors que nos bulletins de vote, notre déclinant pouvoir d’achat et nos yeux pour pleurer. À moins que l’on puisse en rire malgré tout.

« On y croit encore, on croit que ça peut changer un peu les choses… » Yannick Kergoat

C’est au Festival du film de SarlatLA (TRÈS) GRANDE ÉVASION était projeté en avant-première que Yannick Kergoat est revenu pour Cin’Ecrans sur ce film pensé et écrit pour le cinéma.
Le résultat est édifiant… et actuellement en salles !

INTERVIEW YANNICK KERGOAT

Les pires pour le meilleur

Les pires pour le meilleur

« Raconter la beauté, le talent, l'intelligence de ces enfants... » Lise Akoka

La rencontre entre Lise Akoka et Romane Guéret remonte à 2014 lors de la préparation du casting du film de Rudi Rosenberg LE NOUVEAU pour lequel elles auditionnent plus de 4000  jeunes comédiens non professionnels. Les deux jeunes femmes s’entendent tellement bien qu’elles s’associent en 2015, pour réaliser ensemble CHASSE ROYALE, un court métrage primé dans plusieurs festivals et nommé pour le César du meilleur court-métrage en 2017.

C’est de cette première expérience en commun derrière caméra que va naître leur envie de récidiver avec LES PIRES, près de 7 ans plus tard. Bien leur en a pris, tant ce premier long questionne et bouleverse.

Un tournage va avoir lieu cité Picasso, à Boulogne-Sur-Mer, dans le nord de la France. Lors du casting, quatre ados, Lily, Ryan, Maylis et Jessy sont choisis pour jouer dans le film. Dans le quartier, tout le monde s’étonne : pourquoi n’avoir pris que « les pires » ?

Après avoir remporté le Grand prix Un certain regard à Cannes puis le Valois de diamant du meilleur film à Angoulême, c’est au cours du Festival international du film de Saint-Jean de LuzLES PIRES était présenté hors-compétition que j’ai eu le plaisir d’échanger avec Lise Akoka, l’une des deux coréalisatrices de ce remarquable premier long-métrage.
L’occasion de la questionner, entre autres, sur sa nouvelle responsabilité de cinéaste, après avoir été, elle-même, directrice de casting, en charge de trouver ces enfants non professionnels auxquels le cinéma fait si souvent appel…

INTERVIEW LISE AKOKA

VALOIS DE DIAMANT – RÉACTIONS…

Sous les figues, sous le soleil exactement…

Sous les figues, sous le soleil exactement…

SOUS LES FIGUES

Un film de Erige Sehiri
Scénario de Erige Sehiri, Ghalya Lacroix
Avec Ameni Fdhili, Fide Fdhili, Feten Fdhili, Samar Sifi…

Comédie sentimentale – Drame  – 1H32 – Tunisie
Sortie en salles le 7 décembre 2022

Au nord-ouest de la Tunisie, des jeunes femmes travaillent à la récolte des figues. Sous le regard des ouvrières plus âgées et des hommes, elles flirtent, se taquinent, se disputent. Au fil de la journée, le verger devient un théâtre d’émotions, où se jouent les rêves et les espoirs de chacun.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour l’intelligence et la douceur dont fait preuve la réalisatrice pour mener à bien ce récit de l’intime. Sa caméra capte l’indicible en étant au plus près des visages, des corps et du cœur de ses protagonistes. On partage ainsi avec beaucoup d’intérêt et de connivence les espoirs, les envies et les frustrations de ses personnages principaux.
Au cœur de ce film qui évite tout pathos, de jeunes ouvrières au tempérament bien trempé et pleines d’espoir dans l’avenir, qui tentent de s’affranchir de règles ancestrales. Malgré leur solidarité affichée, elles continuent néanmoins de subir le poids du patriarcat et un vrai mépris de classe.
Si Erige Sehiri se concentre principalement sur le quotidien âpre de ces jeunes ouvrières agricoles, elle s’intéresse aussi, avec beaucoup d’acuité, à celui des générations plus anciennes et à celui contrasté des hommes.

2/ Pour la magnifique photographie du film signée Frida Marzouk. La directrice photo sublime les visages et les champs de figuiers baignés par une très belle lumière naturelle, dont on imagine aisément qu’elle n’a pas été facile à capter, d’autant que la caméra n’offre que très peu de profondeur de champ.
Malgré cela, SOUS LES FIGUES n’étouffe jamais ses spectateurs, bien au contraire…
Et n’oublions surtout pas la magnifique partition composée par le prolifique et toujours très inspiré Amine Bouhafa ( GAGARINE, LE SOMMET DES DIEUX…) 

3/ Si SOUS LES FIGUES séduit autant, c’est aussi grâce au ton adopté par sa réalisatrice. En effet, sous ses airs de documentaire plongé au cœur du monde agricole, le film distille aussi un parfum de marivaudage qui le fait naviguer de manière quasi miraculeuse entre drame social et comédie sentimentale.
Impossible enfin de ne pas saluer la direction d’acteurs d’Erige Sehiri qui est parvenue à capter la grâce de ses jeunes et remarquables interprètes, non professionnel.le.s pour la plupart.

Harka, thriller de l’âme transcendé par l’interprétation d’Adam Bessa

Harka, thriller de l’âme transcendé par l’interprétation d’Adam Bessa

« Je n’ai pas envie d’ennuyer les gens ! Faut essayer de leur donner un truc qu’on ne trouvera peut-être pas sur Netflix ou ailleurs... » Adam Bessa

Coup de cœur de la semaine pour HARKA, 1er long métrage de fiction à la mise en scène audacieuse.
Cinéaste américain d’origine égyptienne, Lotfy Nathan nous invite à partager le quotidien d’Ali, un jeune tunisien qui survit de petits trafics en rêvant d’Europe et d’évasion. Sa colère et sa révolte grandissent au fil des jours quand il prend la décision de s’occuper de ses deux jeunes sœurs, au décès de leur père.

HARKA est une œuvre politique et sociale incandescente qui porte un regard singulier et profondément humain sur un pays divisé où la jeunesse cherche toujours sa place et son avenir.

« j’avais envie de me surprendre moi-même » Adam Bessa

Et puis le film est porté par la présence magnétique d’Adam Bessa, jeune comédien découvert en 2017 dans LES BIENHEUREUX, qui est ici de tous les plans. Son jeu subtil impressionne tant il trouve son équilibre entre intériorité et explosion de rage. Sa prestation lui a d’ailleurs valu de recevoir, à juste titre, deux Prix d’interprétation masculine, le premier lors du Festival de Cannes 2022 où le film était présenté dans la sélection Un Certain Regard et le second au Festival de Saint-Jean de Luz, en octobre dernier.

« S’il y a des embryons de ce cinéma, il faut aller le chercher… ne pas tout le temps attendre que les rôles nous viennent » Adam Bessa

C’est à l’occasion de ce second festival que nous avons pu échanger avec ce remarquable acteur à propos de son travail très particulier sur HARKA et de sa passion du cinéma.

INTERVIEW ADAM BESSA