Vanilla – Portrait de femme(s)

Vanilla – Portrait de femme(s)

VANILLA (Vainilla)

Un film de Mayra Hermosillo
Scénario de Mayra Hermosillo
Avec Natalia Plasencia, Daniela Porras, María Castellá, Paloma Petra, Aurora Dávila…
Drame – Mexique – 2025 – 1h39
Sortie en salles le 20 mai 2026

L’histoire
Fin des années 1980 au Mexique, vivent dans une petite maison surpeuplée sept femmes luttant ensemble contre la saisie hypothécaire de leur lieu de vie. La plus jeune de la famille, Roberta, 8 ans, croit pouvoir améliorer le sort de ce foyer non traditionnel

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Premier long-métrage réalisé par la comédienne mexicaine Mayra Hermosillo, VANILLA est largement inspiré de sa propre enfance vécue dans un environnement essentiellement féminin avec des hommes aux abonnés absents.
Le film est ainsi vu à travers les yeux de Roberta (épatante composition de la jeune Aurora Dávila), la benjamine de la famille qui, par la force des choses, va grandir trop vite au milieu des femmes de sa famille, sa mère, ses tantes, sa grand-mère…
Des personnages féminins puissants qui font face avec dignité à la crise financière, pour la plupart d’entre elles et à l’absence de figure paternelle pour la jeune Roberta, à l’exception du beau personnage de l’épicier chez qui elle se réfugie parfois.

Porté par une vivifiante énergie vitale, et sans jamais sombrer dans le misérabilisme ou le voyeurisme, VANILLA est un joli récit d’apprentissage doublé d’une touchante chronique familiale. Un film qui transpire de tendresse pour ces femmes qui font preuve d’une grande résilience et qui font bloc pour survivre à un quotidien souvent cruel.

Si l’on peut reprocher, par moments, une trop grande théâtralité a la mise en scène de son récit, VANILLA possède néanmoins suffisamment d’atouts pour nous séduire. À découvrir…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

L’INFO EN +

VANILLA a remporté le Prix du public et du Syndicat de la critique au Festival Cinélatino de Toulouse 2025.

L’entente… Fraternité sous tension

L’entente… Fraternité sous tension

L’ENTENTE, LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE (The Settlement)

Un film de Mohamed Rashad
Scénario de Mohamed Rashad
Avec Hajar Omar, Emad Ghoniem, Mohamed Abdel Hady…
Drame – 2025 – Égypte – 1h34
Sortie en salles le 6 mai 2026

L’histoire
Deux frères, Hossam, 23 ans, fauteur de troubles, et Maro, 12 ans, vivent dans une communauté marginalisée d’Alexandrie. Après la mort de leur père dans un accident de travail, ils sont embauchés par la même usine en guise de « compensation » pour leur perte, au lieu d’intenter une action en justice. Alors qu’ils s’adaptent à leur nouvel emploi, ils commencent à se demander si la mort de leur père était vraiment accidentelle.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Après avoir réalisé deux courts et un documentaire, LITTLE EAGLES, le cinéaste égyptien Mohamed Rashad nous livre un premier long-métrage de fiction intrigant, entre thriller et drame social.

Adapté d’un fait divers tragique survenu en Égypte, L’ENTENTE, LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE est une œuvre très éloignée des représentations touristiques habituelles de la ville portuaire égyptienne.
À travers le récit du destin tragique de ces deux frères, en quête de vérité sur le décès de leur père, le cinéaste explore avec acuité et sans manichéisme la question du déterminisme social au cœur d’une société fracturée.

Même si le monde du travail au sein de l’usine est décrit de manière réaliste et parfois brutale, la tension narrative imposée par la mise en scène de Mohamed Rashad évite au film de verser dans le misérabilisme que l’on pouvait craindre, vu son propos.

Dans un souci permanent de véracité, le réalisateur filme ses personnages à la juste distance. Il faut d’ailleurs souligner l’excellence de l’interprétation et en particulier celle du jeune Ziad Islam qui incarne avec beaucoup de justesse et de détermination le benjamin de la fratrie.

Mohamed Rashad qui semble avoir refusé toute esthétisation de la misère a fait des choix artistiques forts, notamment autour de la photographie et d’un impressionnant travail sur le son qu’il convient de saluer.

Certes, L’ENTENTE, LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE n’est pas une œuvre aimable ou exempte de défauts (quelques intrigues secondaires inabouties)… Mais sans jamais chercher à plaire, ce premier long-métrage puissant et nécessaire impose avec force le ton austère de son cruel récit et la naissance d’un cinéaste à suivre.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

L’INFO EN +

Présenté en 1ère mondiale à la 75ème Berlinale, L’ENTENTE – LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE a ensuite été sélectionné dans de nombreux festivals. Il y a obtenu, entre autres, le Prix du Public au Festival Afrikaldia et le Prix Spécial du Jury au Festival international du film de Fajr.

Embarquement immédiat – (des)illusions !

Embarquement immédiat – (des)illusions !

EMBARQUEMENT IMMÉDIAT (Departures)

Un film de Lloyd Eyre-Morgan & Neil Ely
Scénario de Lloyd Eyre-Morgan
Avec David Tag Liam Boyle Lloyd Eyre-Morgan…
Comédie dramatique – 2025 – Royaume-Uni – 1h22
Sortie en salles le 29 avril 2026

L’histoire
Interdit – 12 ans avec avertissement

Benji rencontre Jake à la caisse d’un aéroport et est immédiatement intrigué. Jake est musclé, insaisissable, dominant et, comme Benji le soupçonne avec joie, « un peu gay ». S’ensuivent des escapades passionnées à Amsterdam, beaucoup de sexe et l’émergence progressive d’un rapport de force voué à l’échec. Pris dans un tourbillon émotionnel, Benji se retrouve à remettre en question ce qu’il attend de l’amour, de lui-même… et de la vie.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

Sortie (trop) discrète dans les salles françaises pour ce premier film de Lloyd Eyre-Morgan (coréalisateur et acteur principal) & Neil Ely qui annonce la couleur en tout début de générique avec cette note de ses producteurs « Ce film est inspiré par tous les connards qui nous ont baisé… Vous savez qui vous êtes ! » À bon entendeur…

Avec EMBARQUEMENT IMMÉDIAT, nous ne sommes pas vraiment dans une comédie romantique, même si son personnage principal Benji est un véritable cœur d’artichaut.

Le film explore la complexité des liens affectifs qui peuvent naître à l’ère des rencontres fortuites.
Il nous raconte, à rebours, sans faux semblants mais avec une bonne dose d’humour noir, la relation dysfonctionnelle et toxique qui s’est tissée entre deux hommes que tout oppose ou presque.

Si on songe par moments dans sa forme inventive et son énergie vitale, à d’autres films anglais comme TRAINSPOTTING ou KNEECAP, son propos est évidemment tout autre !
EMBARQUEMENT IMMÉDIAT dresse le portrait intime et attachant d’un jeune homme sous emprise physique et psychologique, confronté à ses désirs, ses illusions et ses… désillusions.

En découvrant ce film original et totalement indépendant, on comprend parfaitement les raisons qui ont décidé les deux réalisateurs à fonder avec le producteur et directeur de la photographie du film, Paul Mortlock, un collectif de cinéma intitulé « Punk Spirit Films », basé à Manchester et revendiquant leur appartenance à la classe ouvrière.

Autant dire que l’on attend avec curiosité CHATLINES, leur second long métrage, déjà terminé.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Caravane – L’échappée belle

Caravane – L’échappée belle

CARAVANE (Karavan)

Un film de Zuzana Kirchnerová
Scénario de Tomáš Bojar & Kristina Majova
Avec Aňa Geislerovà, David Vostrčil, Juliana Olhová
Drame – 2025 – République Tchèque – 1h43
Sortie en salles le 22 avril 2026

L’histoire
Ester élève seule David, son fils, atteint d’une déficience intellectuelle. Cet été, elle rêve d’un peu d’insouciance chez des amis en Italie. Mais après une crise de David, la tension monte, et ils se retrouvent exilés dans une vieille caravane au fond du jardin. C’en est trop pour Ester. Sur un coup de tête, ils prennent la route. Quand Zuza, jeune routarde sans préjugés, embarque à leurs côtés, un trio bancal mais sincère se forme, entre joie fragile et liberté inattendue.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

Remarqué lors de sa présentation, l’an passé au Festival de Cannes, en sélection officielle « Un Certain Regard », ce premier long métrage de la réalisatrice tchèque Zuzana Kirchnerová arrive enfin sur nos écrans.

CARAVANE, explore le fragile équilibre que tente de trouver une jeune femme entre l’amour maternel, le besoin de liberté individuelle et la réalité parfois brutale et contraignante liée au handicap de son fils.

La réalisatrice s’est très librement inspirée de sa propre vie et de celle de son fils pour ce 1er long. Elle a fait le choix du road trip, le temps d’un été, pour nous raconter un instant de vie singulier. Il se dégage ainsi de CARAVANE, une impression de lumière et d’échappée belle presque enchantée pour ses personnages.
En brisant judicieusement certains tabous liés au handicap, Zuzana Kirchnerová évite de sombrer dans une forme de pathos que l’on pouvait craindre.

CARAVANE est une œuvre parfois fragile (quelques problèmes de rythme et une fin un peu rude) mais profondément humaine et sensible. Un film porté par la justesse de ses interprètes et la sensibilité du regard posé par la cinéaste sur cette mère et son fils.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Une fille en or mais sans audace

Une fille en or mais sans audace

UNE FILLE EN OR

Un film de Jean-Luc Gaget
Scénario de Jean-Luc Gaget & Raphaëlle Moussafir
Avec Pauline Clément, Arthur Dupont, Émilie Caen, Loïc Legendre, Quentin Dolmaire, Thomas Scimeca, Bruno Podalydès, François Chattot…
Comédie – Romance – 2026 – France – 1h26
Sortie en salles le 15 avril 2026

L’histoire
Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée. Bercée par les illusions d’une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n’impressionne. Elle se dit alors qu’il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ? »

L’AVIS CIN’ÉCRANS **1/2

Pour son retour à la réalisation, 25 ans après J’AI TUÉ CLÉMENCE ACÉRA son premier long métrage, le scénariste Jean-Luc Gaget (L’EFFET AQUATIQUE et LULUE FEMME NUE pour Solveig Anspach, entre autres) nous propose une attachante comédie romantique, à laquelle on peut néanmoins reprocher son manque de punch.

Si le ton général d’UNE FILLE EN OR évoque par moment le cinéma de Bruno Podalydès (qui apparait ici dans un sympathique second rôle), il ne possède malheureusement pas la singularité et la fantaisie des films réalisés par ce dernier comme LA PETITE VADROUILLE ou COMME UN AVION.   

Ce portrait d’une jeune femme qui tente de (re)trouver l’estime d’elle-même possède néanmoins un certain charme. Il le doit sans aucun doute à son beau casting et en particulier à son interprète principale la malicieuse et talentueuse Pauline Clément, sociétaire de la Comédie Française que l’on voit de plus en plus, et pour notre plus grand plaisir, au cinéma.

Malgré d’indéniables qualités, il manque à cette FILLE EN OR, un petit supplément d’âme et un petit grain de fantaisie scénaristique pour nous embarquer totalement. Dommage…   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans