Roschdy Zem se met à nu avec la complicité de Maïwenn pour Les miens

Roschdy Zem se met à nu avec la complicité de Maïwenn pour Les miens

« En toute humilité, j’ai trouvé que notre scénario était mignonnet… » Maïwenn

Avec cette sixième réalisation, Roschdy Zem ne s’est jamais autant dévoilé et nous offre sans aucun doute son plus beau film.
Avec l’aide précieuse de Maïwenn à l’écriture, l’acteur, scénariste et réalisateur nous plonge au cœur de l’intime avec cette histoire très personnelle inspirée de l’accident de l’un de ses frères et de ses conséquences sur les relations familiales.

« Maïwenn a ramené le film vers quelque chose de léger… » Roschdy Zem

Moussa a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. À l’opposé de son frère Ryad, présentateur télé à la grande notoriété qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage. Seul Moussa le défend, qui éprouve pour son frère une grande admiration. Un jour Moussa chute et se cogne violemment la tête. Il souffre d’un traumatisme crânien. Méconnaissable, il parle désormais sans filtre et balance à ses proches leurs quatre vérités. Il finit ainsi par se brouiller avec tout le monde, sauf avec Ryad…

LES MIENS est porté par une magnifique troupe de comédien.nes, qui, pour la plupart, sont des proches du réalisateur : Sami Bouajila, Maïwenn, Meriem Serbah, Rachid Bouchareb ou bien encore Nina Zem, sa propre fille qui fait ici des débuts très remarqués.

Ne ratez surtout pas l’occasion d’aller partager avec vos proches, cette comédie dramatique qui rappelle par moments le meilleur de la comédie italienne des années 70. Cruel et savoureux à la fois !

C’est à Sarlat dans le cadre de la 31ème édition du Festival du film que j’ai eu le grand plaisir d’échanger avec Roschdy Zem et Maïwenn, tous deux très en forme, sur leur belle collaboration à la fois au scénario et devant la caméra.

INTERVIEW ROSCHDY ZEM & MAÏWENN

Une comédie romantique comme on les aime avec Alex Lutz & Golshifteh Farahani

Une comédie romantique comme on les aime avec Alex Lutz & Golshifteh Farahani

« Si je fais ce métier, c’est pour être libre’’ Alex Lutz

Après avoir disparu du jour au lendemain, César réapparaît dans la vie de Salomé et découvre qu’il est le père d’une petite fille de 3 ans. Cette fois, il va tout faire pour être à la hauteur de leur histoire. Tel est le point de départ d’UNE COMÉDIE ROMANTIQUE.

Avec ce premier long-métrage Thibault Segouin affiche clairement la couleur et assume pleinement le ton très « feel good » de son film.
Non seulement, il n’y a pas tromperie sur la marchandise mais surtout la (bonne) surprise est au rendez-vous de cette œuvre légère, en forme de déclaration d’amour à Montmartre. Un film très coloré, aux accents « pop » qui laisse toute leur place aux doux rêveurs, aux utopistes, mais aussi à celles et ceux qui « subissent » parfois leur inconséquence !  Le personnage de César est à ce titre, réjouissant et touchant de mauvaise foi…
Ajoutons que l’on tombe immédiatement, et avec délice, sous le charme du couple très « chien et chat » que forment Golshifteh Farahani et Alex Lutz. Les deux comédiens apportent au film leur belle énergie et leur subtilité de jeu.

Il faut aussi absolument citer leurs principaux partenaires, Olivier Chantreau, Lucie Debay, Slimane Dazy & Alexandra Roth, sans oublier François Villevieille (violoniste, compositeur et ex membre de l’excellent groupe Pop « Éléphant »)  qui a entièrement imaginé et composé la  bande originale du film.
Une BO qui participe pleinement à la belle réussite d’UNE COMÉDIE ROMANTIQUE qui, avec ses ruptures de tons bienvenues, distille un agréable parfum de fantaisie, de douceur et de poésie. Autant dire que ça fait un bien fou par les temps qui courent…

En juillet dernier, c’est du côté de La Baule et de son Festival cinéma et musique de film que je croisais pour la première fois, le très enthousiaste Thibault Segouin pour évoquer ce premier long et ses envies.
S’il a un projet de série en tête, c’est à l’écriture d’un drame familial qu’il aimerait tourner l’été prochain que le jeune cinéaste s’est tout d’abord attelé.
Parallèlement à ce projet personnel, Thibault écrit également le second film d’un de ses amis, Hugo P. Thomas. Un jeune réalisateur, dont JUNIORS, un teen movie avec Vanessa Paradis (tourné en même temps qu’UNE COMÉDIE ROMANTIQUE) sortira le 5 avril prochain.
Quant à Alex Lutz, c’est au cours du Festival international du film de Saint-Jean de Luz que je l’ai rencontré pour parler d’UNE COMÉDIE ROMANTIQUE et de sa belle complicité au long cours avec Thibault Segouin. Quelques heures après cet entretien, l’acteur-réalisateur repartait pour finaliser le montage d’UNE NUIT, son 3ème film qu’il a écrit pour Karin Viard et lui.
On a hâte de découvrir ce nouveau film du papa de GUY …

INTERVIEW THIBAULT SEGOUIN & ALEX LUTZ

Harka, thriller de l’âme transcendé par l’interprétation d’Adam Bessa

Harka, thriller de l’âme transcendé par l’interprétation d’Adam Bessa

« Je n’ai pas envie d’ennuyer les gens ! Faut essayer de leur donner un truc qu’on ne trouvera peut-être pas sur Netflix ou ailleurs... » Adam Bessa

Coup de cœur de la semaine pour HARKA, 1er long métrage de fiction à la mise en scène audacieuse.
Cinéaste américain d’origine égyptienne, Lotfy Nathan nous invite à partager le quotidien d’Ali, un jeune tunisien qui survit de petits trafics en rêvant d’Europe et d’évasion. Sa colère et sa révolte grandissent au fil des jours quand il prend la décision de s’occuper de ses deux jeunes sœurs, au décès de leur père.

HARKA est une œuvre politique et sociale incandescente qui porte un regard singulier et profondément humain sur un pays divisé où la jeunesse cherche toujours sa place et son avenir.

« j’avais envie de me surprendre moi-même » Adam Bessa

Et puis le film est porté par la présence magnétique d’Adam Bessa, jeune comédien découvert en 2017 dans LES BIENHEUREUX, qui est ici de tous les plans. Son jeu subtil impressionne tant il trouve son équilibre entre intériorité et explosion de rage. Sa prestation lui a d’ailleurs valu de recevoir, à juste titre, deux Prix d’interprétation masculine, le premier lors du Festival de Cannes 2022 où le film était présenté dans la sélection Un Certain Regard et le second au Festival de Saint-Jean de Luz, en octobre dernier.

« S’il y a des embryons de ce cinéma, il faut aller le chercher… ne pas tout le temps attendre que les rôles nous viennent » Adam Bessa

C’est à l’occasion de ce second festival que nous avons pu échanger avec ce remarquable acteur à propos de son travail très particulier sur HARKA et de sa passion du cinéma.

INTERVIEW ADAM BESSA

Close, puissant et délicat ! Un cinéma en état de grâce !

Close, puissant et délicat ! Un cinéma en état de grâce !

CLOSE

Réalisation : Lukas Dhont
Scénario : Lukas Dhont, Angelo Tijssens
Avec Eden Dambrine, Gustav De Waele, Emilie Dequenne, Léa Drucker, Kevin Janssens…

Drame – 1H45 – Belgique / France
Sortie en salles le 1er novembre 2022

Léo et Rémi, 13 ans, sont amis depuis toujours. Jusqu’à ce qu’un événement impensable les sépare. Léo se rapproche alors de Sophie, la mère de Rémi, pour essayer de comprendre…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Quatre ans après le très mérité succès critique et public de GIRL (Caméra d’or, Queer palm…), son premier long métrage, CLOSE marque le retour très attendu du jeune cinéaste belge Lukas Dhont. Un retour très remarqué puisque le film a été présenté et récompensé du Grand prix du jury à Cannes en mai dernier.
Mais au-delà des récompenses, ce qui compte évidemment ce sont les émotions que procurent ce film qui explore les affres de de la jeunesse et les conséquences tragiques d’une amitié fusionnelle brisée en plein élan. Le film montre avec justesse ce lien très particulier qui peut unir deux êtres à une époque de la vie où un regard, un mot, une réflexion déplacée ou malvenue peuvent changer le cour de la vie de ses protagonistes. Et dans le cas de ce récit, ce sont des conséquences tragiques dont témoigne Lukas Dhont avec beaucoup de tact, d’élan et d’amour pour ses personnages.
Pour le réalisateur, il était important de « parler de ce poids éprouvé quand on se sent responsable mais qu’on ne peut pas en parler ».  En cela, CLOSE est aussi un beau et grand film sur la culpabilité de celui qui reste.

2/ Monument d’intensité et de délicatesse, CLOSE doit beaucoup à la sincérité de ses interprètes dont ceux des deux mères du film, Léa Drucker et Emilie Dequenne. La comédienne belge qui nous avait bluffé en 2021 dans LES CHOSES QU’ON DIT, LES CHOSES QU’ON FAIT (qui lui avait valu un très mérité César du second rôle féminin en 2021) nous bouleverse à nouveau, au détour de quelques séquences particulièrement bien écrites et incarnées. Et puis surtout CLOSE est la révélation d’un talent brut, celui du jeune Eden Dambrine (et ça n’enlève rien à la justesse de son partenaire Gustav de Waele) que la caméra de Lukas Dhont ne lâche pas et qui impressionne tant il est juste dans tous les registres proposés par le récit.

3/ Si la force de CLOSE tient principalement dans son propos, il serait injuste de passer sous silence la grâce de la mise en scène de Lukas Dhont. Sans jamais nier la dimension mélodramatique de son histoire, le réalisateur tient toujours sa caméra à juste distance. Son regard, s’il est toujours très proche de ses personnages, n’est jamais voyeur. Les émotions ainsi procurées au spectateur n’en sont que plus intenses. On attend donc son prochain film avec encore plus d’impatience et gageons que CLOSE atteigne le cœur d’un public curieux et très nombreux.  

Interview – Reprise en main, en solo pour Gilles Perret

Interview – Reprise en main, en solo pour Gilles Perret

« Si pour une fois, la fiction inspirait le réel, ce serait plutôt marrant ! » Gilles Perret

Après avoir signé de passionnants documentaires et coréalisé les deux derniers avec son complice François Ruffin (J’VEUX DU SOLEIL & DEBOUT LES FEMMES) Gilles Perret s’essaie pour la première fois à la fiction avec REPRISE EN MAIN.

Comme son père avant lui, Cédric travaille dans une entreprise de mécanique de précision en Haute-Savoie. L’usine doit être de nouveau cédée à un fonds d’investissement. Epuisés d’avoir à dépendre de spéculateurs cyniques, Cédric et ses amis d’enfance tentent l’impossible : racheter l’usine en se faisant passer pour des financiers !

Ce premier essai dans la fiction est une vraie réussite pour Gilles Perret tant ses acteurs et actrices (professionnels et amateurs) se sont investis et mis au service du propos.

« C’est pas un état, c’est la start-up nation ! Ils sont au service de ces grosses boites mais ils ne sont pas au service des citoyens… » Gilles Perret

Comme on ne se refait pas, le propos de Gilles Perret est évidemment politique mais le réalisateur ne plombe pas son film très personnel par un discours lénifiant ou incompréhensible sur les méfaits de la finance et de la mondialisation. Il nous invite néanmoins, et avec le sourire, à la réflexion à travers le parcours de personnages qui, par la force des choses, retournent les outils de la finance contre elle.

Résultat, une comédie sociale très documentée, enlevée et optimiste, dont le ton se situe entre le cinéma de Ken Loach et celui de Pierre Jolivet. C’est dire si l’on vous conseille d’aller découvrir REPRISE EN MAIN en salle au plus vite.
Le film a obtenu récemment le Prix du public lors du Festival de Montreuil 2022.
Et c’est à l’occasion de la présentation hors-compétition de REPRISE EN MAIN au Festival International du film de Saint-Jean de Luz que j’ai eu le plaisir de parler du film avec son enthousiaste réalisateur.
Le cinéaste qui écrit actuellement une seconde fiction, tourne parallèlement chez lui, en Haute-Savoie un nouveau documentaire avec des voisins qu’il avait déjà filmés il y a plus de 20 ans dans TROIS FRÈRES POUR UNE VIE.

INTERVIEW GILLES PERRET