Interview – L’innocent Louis Garrel braque les salles avec panache !

Interview – L’innocent Louis Garrel braque les salles avec panache !

« Le film est assez hybride et je le voulais comme ça … » Louis Garrel

Avec L’INNOCENT, Louis Garrel nous régale devant et derrière la caméra d’une réjouissante comédie à la croisée d’autre chemins…
Avec la joyeuse complicité d’une belle troupe de comédien.ne.s, l’acteur réalisateur navigue, en effet et avec un plaisir communicatif entre le film d’espionnage, le polar burlesque, le film de braquage et la comédie sentimentale.

« Il fallait qu’on puisse jouer avec le film … » Louis Garrel

Bref, chacun y trouvera plus que son compte, tant le mix improbable sur le papier s’avère enthousiasmant !

Quand Abel apprend que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme en prison, il panique. Épaulé par Clémence, sa meilleure amie, il va tout faire pour essayer de la protéger. Mais la rencontre avec Michel, son nouveau beau-père, pourrait bien offrir à Abel de nouvelles perspectives…

« L’insatisfait, peut-être que ce sera le titre du prochain film… » Louis Garrel

C’est au dernier jour du Festival du film francophone d’Angoulême dont L’INNOCENT faisait la clôture en août dernier, que j’ai eu l’immense plaisir d’échanger avec Louis Garrel autour de ce film qui après avoir été encensé par la critique, devrait rencontrer un véritable et très mérité succès populaire…  

INTERVIEW LOUIS GARREL

L’ombre d’un mensonge, puissant & délicat à l’image de Bouli Lanners

L’ombre d’un mensonge, puissant & délicat à l’image de Bouli Lanners

L'OMBRE D'UN MENSONGE

Drame – Romance – 2021 – 1h39- France
Réalisation : Bouli Lanners
Scénario : Bouli Lanners
Distribution : Michelle Fairley, Bouli Lanners, Andrew Still, Julian Glover, Clovis Cornillac…
Sorti en salles le 23 mars 2022

Disponible en VOD, BR & DVD chez Ad vitam

Image : Haute définition 1080P – 16/9 – Image 2.39
Audio : Anglais – Français (DTS-HD Master Audio 5.1 / DTS-HD Master Audio 2.0)
Sous-titres : Français et français pour sourds et malentendants – Audiodescription

Le pitch
Phil s’est exilé dans une petite communauté presbytérienne sur l’Île de Lewis, au nord de l’Ecosse. Une nuit, il est victime d’une attaque qui lui fait perdre la mémoire. De retour sur l’île, il retrouve Millie, une femme de la communauté qui s’occupe de lui. Alors qu’il cherche à retrouver ses souvenirs, elle prétend qu’ils s’aimaient en secret avant son accident…

L’avis Cin’Ecrans
Ce cinquième long-métrage de l’excellent Bouli Lanners vous a échappé lors de sa trop rapide sortie en salles ? Ne le laissez pas passer cette fois ci !
Avec L’OMBRE D’UN MENSONGE, l’acteur-réalisateur ne joue jamais le jeu de la séduction facile. Son cinquième long-métrage ne cherche jamais à s’imposer mais finit par vous gagner au fil du temps passé en compagnie de ses deux personnages principaux.

Le film est un parfait reflet de son territoire géographique, celui d’une île écossaise isolée, séduisante mais rugueuse, avec des habitants au caractère corseté voire revêche qu’il faut apprivoiser.

A ce territoire parfois hostile s’oppose la grande douceur du personnage incarné par Bouli Lanners. Derrière sa bonhommie naturelle, on devine aisément une énorme sensibilité. Et c’est un vrai bonheur de voir le comédien belge baisser à ce point la garde pour s’abandonner à un personnage qui nous bouleverse.  
Il faut dire qu’il est particulièrement bien accompagné par Michelle Fairley (GAME OF THRONES) qui donne corps avec beaucoup de subtilité à ce personnage de femme prisonnière de son mensonge, jusqu’au jour où…

Et puis, on sent à travers la richesse de composition de l’image et la très belle photographie du film (signée Frank Van Den Eeden) tout l’amour que Bouli Lanners porte à l’Ecosse.
S’ajoutent à cela quelques sublimes idées de mise en scène comme ces plans d’une infinie délicatesse sur les mains et les doigts de Phil et Millie qui se cherchent et se lient… ou à travers la séquence d’échanges de regards pudiques à travers un jeu de miroir…
Bref, l’air de rien, L’OMBRE D’UN MENSONGE fait partie de ces œuvres qui hantent durablement notre mémoire.   

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

Bonus DVD
Entretien avec Bouli Lanners (14mn)
Un entretien avec le très attachant Bouli Lanners constitue le seul mais passionnant bonus proposé en complément de son dernier film.
L’acteur – scénariste et réalisateur fait une nouvelle fois fait preuve d’une grande humilité pour nous raconter l’aventure de son cinquième long-métrage qui ne fut pas de tout repos, que ce soit devant ou derrière la caméra.
Bouli Lanners nous apprend ainsi qu’il a tourné avec très peu de moyens, d’énormes contraintes de temps de tournage et sans scripte. Mais si avec sa toute petite équipe (dont Elise Ancion, sa femme chef costumière et Franck Van Den Eeden, son directeur de la photographie), ils ont dû travailler « comme des cowboys » pour contrer les méthodes et procédures anglo-saxonnes, le très affable Bouli Lanners estime que ces contraintes ont été au final très bénéfiques. Quant au bel accueil réservé au film pour sa sortie en salles, il précise dans cette interview « Je ne suis jamais content de ce que je fais, mais je suis content que le film touche au bon endroit ». Celui du cœur, en ce qui nous concerne !

Interview autour d’un Poulet frites avec Jean Libon & Yves Hinant

Interview autour d’un Poulet frites avec Jean Libon & Yves Hinant

« Faire de la fiction, ça m’embête parce que je trouve que la réalité est plus forte que la fiction » Jean Libon

Strip tease n’est pas mort ! Pour son retour un polar noir. Un vrai meurtre et la pièce à conviction ? Une frite !

Après NI JUGE, NI SOUMISE, César du meilleur documentaire en 2019, premier long métrage adapté de leur émission Strip tease, Jean Libon (cocréateur du programme) et Yves Hinant (réalisateur de nombreux épisodes de l’émission) récidivent avec un deuxième film totalement atypique.

En effet, POULET FRITES est né d’un Strip tease spécial, diffusé en 3 épisodes il y a 20 ans, dont les réalisateurs ont retrouvé miraculeusement les rushes.
A la demande de producteurs motivés, les deux complices se sont attelés à la tâche pour nous mijoter ce très savoureux POULET FRITES, à déguster aujourd’hui au cinéma.

Même si le « rôle » principal de ce polar du réel en noir et blanc est dévolu au commissaire Jean-Michel Le Moine, on a plaisir à retrouver à ses côtés la juge Anne Gruwez, une quinzaine d’années avant NI JUGE, NI SOUMISE, le film qui nous a fait connaitre sa douce singularité, en 2018.

Toujours francs du collier et très facétieux, Jean Libon & Yves Linant ont accepté de répondre, il y a près d’un an, à nos questions dans le cadre de l’enquête Cin’Ecrans menée du côté du Festival du film de Sarlat.

INTERVIEW JEAN LIBON & YVES HINANT

Interview – Le sixième enfant – Grand huit émotionnel !

Interview – Le sixième enfant – Grand huit émotionnel !

« Je n’aurai pas pu faire un autre premier long … » Léopold Legrand

Coup d’essai et coup de maître pour Léopold Legrand qui réalise avec LE SIXIÈME ENFANT, un premier long métrage puissant et jamais manichéen qui creuse un thème pourtant casse-gueule à souhait, celui du désir d’enfant et celui du renoncement.

Franck, ferrailleur, et Meriem ont cinq enfants, un sixième en route, et de sérieux problèmes d’argent. Julien et Anna, tous deux avocats, n’arrivent pas à avoir d’enfant…. L’histoire d’un impensable arrangement…

Librement adapté du roman d’Alain Jaspard « Pleurer des rivières » par son réalisateur et sa coscénariste Catherine Paillé, LE SIXIÈME ENFANT est porté par son remarquable casting : Sara Giraudeau, Judith Chemla, Benjamin Lavernhe & Damien Bonnard.

Le Jury du dernier Festival du film francophone d’Angoulême, présidé en août dernier par André Dussollier, a d’ailleurs fort justement récompensé Sara Giraudeau et Judith Chemla du Valois ex-aequo de la meilleure actrice. Il a aussi remis deux autres prix au film, le Valois du meilleur scénario (pour Léopold Legrand et Catherine Paillé) et celui de la meilleure musique pour la bande originale du film composée par Louis Sclavis.
LE SIXIÈME ENFANT s’est également vu attribuer le toujours très convoité prix du public.
Gageons que ces nombreuses récompenses lui permettront de rencontrer le succès qu’il mérite.

En attendant, je vous invite non seulement à vous précipiter en salles, dès le 28 septembre, pour y découvrir LE SIXIÈME ENFANT mais aussi à partager ma rencontre avec le réalisateur et son magnifique quatuor de comédien.ne. s.
Des interviews réalisées dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême où le film a, vous le savez maintenant, a obtenu une belle reconnaissance auprès du public, des professionnels et du jury…

 

INTERVIEW LÉOPOLD LEGRAND, SARA GIRAUDEAU, JUDITH CHEMLA, BENJAMIN LAVERNHE & DAMIEN BONNARD

VALOIS DE L’ACTRICE  – RÉACTION SARA GIRAUDEAU, JUDITH CHEMLA

4 PRIX A ANGOULÊME – RÉACTION LÉOPOLD LEGRAND

Haute tension pour Henri Verneuil !

Haute tension pour Henri Verneuil !

- I COMME ICARE - MILLE MILLIARDS DE DOLLARS -

I COMME ICARE

Un film réalisé par Henri Verneuil
Scénario : Henri Verneuil & Didier Decoin

Drame – Thriller – 2H08 – France
Distribution : Yves Montand, Michel Etcheverry, Roger Planchon, Jacques Denis, Pierre Vernier, Jacques Sereys, Roland Blanche, Marcel Maréchal…
Sorti en salles le 19 décembre 1979

Disponible en Blu-ray et DVD chez Gaumont Vidéo
Images : HD  1920X1080p – Encodage MPEG4/AVC. Format du film respecté  1.66
Audio : Français DTS- HD Master audio 2.0 mono
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants – Anglais

Le film
Le procureur Volney poursuit seul l’enquête sur l’assassinat du président. Au terme de ses recherches, il trouve des informations stupéfiantes. Mais comme Icare, il s’est trop approché du soleil.

Bonus (en haute définition 1920x1080p sur le Blu-ray)
Monsieur Caméra (15 mn) – Interview de Didier Decoin, coscénariste du film

A cause d’un assassinat (35 mn)  – Interview de Jean-Baptiste Thoret , historien du cinéma et réalisateur

La banalité du mal (23 mn) – L’expérience de Milgram expliquée par Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale

MILLE MILLIARDS DE DOLLARS

Un film réalisé par Henri Verneuil
Scénario : Henri Verneuil

Drame judiciaire – Thriller  –  2H11 – France
Distribution : Patrick Dewaere, Michel Auclair, Caroline Cellier, Charles Denner, Anny Duperey, Jeanne Moreau, Mel Ferrer
Sorti en salles le 10 février 1982

Disponible en Blu-ray et DVD chez Gaumont Vidéo
Images : HD  1920X1080p – Encodage MPEG4/AVC. Format du film respecté  1.66
Audio : Français DTS- HD Master audio 2.0 mono
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants – Anglais

Le film
Paul Kerjean dénonce dans les colonnes de La Tribune, le journal pour lequel il travaille, un homme politique corrompu. Ne supportant pas ces accusations, le politicien, innocent, se suicide. Kerjean, pris de remords, approfondit ses recherches et découvre que les services secrets américains sont impliqués dans l’affaire…

Bonus (en haute définition 1920x1080p sur le Blu-ray)
David contre Goliath (31 mn) – Interview inédite de Patrick Malakian,  réalisateur et fils d’’Henri Verneuil
Les règles du jeu (16 mn) – MILLE MILLIARDS DE DOLLARS  vu par Christian Chavagneux, docteur en économie
L’homme de verre (24 mn) – Interview de Enguerrand Guépy, auteur du livre Un fauve aux éditions du rocher

L’avis Cin’Ecrans
La carrière d’Henri Verneuil est riche de plus d’une trentaine de longs métrages dont certains ont obtenu un immense succès en salles, puis à la télévision. C’est le cas notamment de LA VACHE ET LE PRISONNIER (près de 9 millions de spectateurs en 1959), LE CLAN DES SICILIENS (4,821 millions d’entrées en 1969) ou LE CASSE (4,410 millions de spectateurs en 1971)
En 1979 et 1982, il sort I COMME ICARE puis MILLE MILLIARDS DE DOLLARS, deux films qui n’obtiendront pas le même succès même si le premier approche des 2 millions d’entrées et que le second tutoie les 1,2 millions de spectateurs.
Mais plus que les chiffres, ce qu’il faut retenir de ces deux longs métrages, c’est l’excellence de leurs scénarios (celui de MILLE MILLIARDS DE DOLLARS vaudra d’ailleurs au réalisateur une nomination aux César) et leurs interprètes principaux, à savoir Yves Montand pour I COMME ICARE et Patrick Dewaere pour MILLE MILLIARDS DE DOLLARS. Et puis, mine de rien, plus de 40 ans après leurs sorties, ces deux films racontent toujours le monde d’aujourd’hui, celui de la mondialisation dans la politique et l’économie…

Et force est de reconnaitre qu’en 2022, même si le rythme des thrillers actuels s’est considérablement accéléré, ces deux films sont encore d’une belle efficacité. On prend même beaucoup de plaisir à (re)plonger aux côtés de leurs principaux protagonistes dans deux passionnantes enquêtes qui laissent à penser que ce petit monde de la politique et des enjeux sociétaux n’a pas tant évolué que ça.

Merci donc à Gaumont de nous offrir l’occasion de redécouvrir ces deux excellents films dans de belles versions blu-ray (ou DVD) agrémentées toutes deux de passionnants bonus.
Citons en particulier pour I COMME ICARE, « A cause d’un assassinat » discours érudit et très éclairant de Jean-Baptiste Thoret qui restitue particulièrement bien le contexte politique et économique dans lequel est né le film.
Dans « La banalité du mal », Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale nous éclaire magistralement sur la terrible expérience de Milgram. Une expérience autour de la soumission à l’autorité qui donne lieu à l’une des séquences les plus emblématiques du film.

Quand aux suppléments autour de MILLE MILLIARDS DE DOLLARS, je vous conseille tout particulièrement « David contre Goliath », une interview passionnante et sans langue de bois de Patrick Malakian. Le fils d’Henri Verneuil, réalisateur lui-même nous livre notamment quelques anecdotes étonnantes sur Patrick Dewaere dont l’attitude a évolué au fil du tournage et de sa relation avec Henri Verneuil.
Le second bonus à ne pas louper est « L’homme de verre » une autre interview, celle d’Enguérrand Guépy, entièrement consacrée à l’interprète principal du film. Passionné depuis toujours par le parcours et la personnalité de Patrick Dewaere, l’écrivain français a d’ailleurs publié un étonnant roman « Un fauve » dans lequel  il donne écho aux démons de l’acteur en imaginant son dernier jour le 16 juillet 1982, quelques mois après la sortie de MILLE MILLIARDS DE DOLLARS