En salle – Trois fois rien – Ticket gagnant !

En salle – Trois fois rien – Ticket gagnant !

- TROIS FOIS RIEN -

TROIS FOIS RIEN de Nadège Loiseau avec Philippe Rebbot, Antoine Bertrand, Côme Levin, Emilie Caen, Nadège Beausson-Diagne…
Comédie 2021 – 1H34 – France
Sortie en salles le 16 mars 2022

Brindille, Casquette et La Flèche vivent comme ils peuvent, au jour le jour, dans le bois de Vincennes. Mais leur situation précaire devrait changer du tout au tout le jour où ils gagnent au Loto. Encore faut-il pouvoir encaisser l’argent, car sans domicile, pas de carte d’identité à jour et sans compte bancaire, pas de paiement !

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour son trio d’acteurs principaux, déjà présents dans LE PETIT LOCATAIRE, le premier long de Nadège Loiseau. Ils incarnent avec un plaisir communicatif, une belle bande de pieds nickelés de la rue aux prises avec les affres de l’administration et les incohérences et incompréhensions de notre monde. Une nouvelle fois, Philippe Rebbot prête son humanité, sa dégaine et sa nonchalance naturelle à un personnage dépourvu de tout cynisme. Antoine Bertrand incarne le plus raisonnable, en apparence, de ces trois personnages. L’acteur-animateur québécois confirme ici tout le bien que l’on pensait de lui après DEMAIN TOUT COMMENCE d’Hugo Gélin. Quant à Côme Levin (Révélation de RADIOSTARS en 2012), il entraîne avec une belle énergie le spectateur dans la folie douce de La Flèche.

2/ Rarement comédie sociale française aura été aussi réussie, si l’on excepte les films de Louis-Julien Petit (DISCOUNT, LES INVISIBLES) ou ceux du duo Tolédano / Nakache (HORS NORME, INTOUCHABLES…).
Grâce à ses comédiens mais aussi à un scénario malin et des dialogues percutants, Nadège Loiseau réussit à nous émouvoir, mais aussi à nous faire rire très franchement au récit des mésaventures de ses trois « atta-chiants » anti héros du quotidien, sans jamais les regarder de haut. Le pari était risqué, il est remporté haut la main.

3/
Si TROIS FOIS RIEN doit beaucoup à son réjouissant casting masculin, il serait injuste de passer sous silence la partition très juste des femmes du film : Nadège Beausson-Diagne incarne Vénus, une prostituée au grand cœur, à la fois forte et vulnérable à laquelle est très attaché Casquette, alias Philippe Rebbot.
De son côté Emilie Caen interprète avec grâce, une jeune femme en charge d’aider les heureux gagnants du loto à garder les pieds sur terre. Sa tâche, vous vous en doutez ne sera pas simple, même si son regard comme celui des spectateurs va beaucoup évoluer sur ces trois hommes qui n’en attendaient sans doute pas tant !

Interview – Entre les vagues – Anaïs Volpé & Souheila Yacoub

Interview – Entre les vagues – Anaïs Volpé & Souheila Yacoub

« J’ai l’impression que cette concurrence entre actrices, c’est un peu un mythe… » Souheila Yacoub

Rêver, foncer, tomber, repartir, rêver encore, et recommencer. Elles ont l’énergie de leur jeunesse, sa joie, son audace, son insouciance. Deux meilleures amies, l’envie de découvrir le monde. Margot et Alma sont inarrêtables, inséparables.

Présenté pour la première fois en juillet 2021 à La quinzaine des réalisateurs à Cannes, ENTRE LES VAGUES est un film qui décrit au quotidien l’amitié insubmersible de deux jeunes comédiennes, malgré les petits boulots usants et les désillusions d’un milieu parfois cruel…

Anaïs Volpé, sa réalisatrice, ne s’en cache pas, elle s’est nourrie pour ENTRE LES VAGUES de sa propre histoire lors de son arrivée à Paris à l’âge de dix-sept jusqu’à ses vingt-sept ans. Et pour raconter cette décennie qui lui tient tant à cœur, elle a fait le choix judicieux de s’entourer de Déborah Lukumuena et Souheila Yacoub pour incarner ses deux héroïnes.  

C’est à l’occasion de la présentation d’ENTRE LES VAGUES au Festival du film francophone d’Angoulême en août dernier que j’ai rencontré la réalisatrice et l’une de ses deux formidables actrices principales, Souheila Yacoub.  

INTERVIEW
Anaïs Volpé – Souheila Yacoub

En salle – Funambules – Sur le fil…

En salle – Funambules – Sur le fil…

- FUNAMBULES - JUKE-BOX -

FUNAMBULES de Ilan Klipper avec Aube Martin, Marcus, Yoann, Jean-François, Camille Chamoux…
Documentaire 2020 – 1H15 – France
Sortie en salles le 16 mars 2022

Quelle est l’épaisseur du mur qui nous sépare de la folie ? Personne ne sait de quoi il est fait. Personne ne sait jusqu’à quel point il résiste. Aube, Yoan, Marcus, eux, ont franchi le seuil. Ils vivent de l’autre côté du miroir.

FUNAMBULES a fait partie de la Sélection ACID Cannes 2020.
Il sort en salles accompagné du court métrage JUKE-BOX (23 min) d’Ilan Klipper avec Christophe, Sabrina Seyvecou et Marylin Canto.

 

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec FUNAMBULES, Ilan Klipper réalisateur de la fiction LE CIEL ETOILE AU DESSUS DE MA TETE, en 2017 et d’un remarquable documentaire SAINT-ANNE, HOPITAL PSYCHIATRIQUE en 2010, poursuit son exploration de la psychiatrie, mais cette fois ci du côté de l’intime avec une oeuvre constamment surprenante portée par la mise en paroles et en images du monde intérieur de personnalités hors du commun.

FUNAMBULES est un film totalement atypique qui évolue en permanence sur un fil, entre documentaire et fiction expérimentale (on s’interroge notamment sur le lien réel qui existe entre l’actrice Camille Chamoux et Marcus).
En fin de projection, on a le sentiment d’avoir passé un long moment dans la tête de ses protagonistes, à travers leurs pensées parfois étranges et souvent déroutantes. Il faut saluer l’incroyable talent d’écoute dont a, sans aucun doute, dû faire preuve le réalisateur et sa manière originale de restituer cette parole de Aube, Yoann, Marcus ou Jean-François.

2/ Si la forme hybride et parfois radicale de FUNAMBULES peut s’avérer déroutante, le film et ses « personnages » fantasques suscitent de la part du spectateur une véritable curiosité et une réelle empathie. Il nous interroge également en permanence sur la question de la normalité, celle de la folie et comment soi-même on se positionne… En ces temps troublés, la question mérite d’être posée, même si le degré de folie peut être très, très différent d’un individu à un autre !

3/
FUNAMBULES, long-métrage assez court d’une heure quinze est accompagné de JUKE-BOX également signé Ilan Klipper, en 2014. Ce court métrage de fiction s’intéresse à un musicien qui a connu le succès avant de sombrer dans l’oubli et qui vit désormais reclus avec ses fantômes.
JUKE BOX est une magnifique occasion de retrouver Christophe dans un rôle de composition, conçu autour du chanteur. Le film laisse entrevoir le pur esprit créatif (qui confère parfois à une certaine forme de folie) du musicien à travers l’élaboration d’un morceau inédit.
Et comme dans FUNAMBULES, la frontière entre fiction et documentaire est ténue et s’avère très cohérente avec le parcours du réalisateur.

En salle – Goliath – Passionnant et implacable

En salle – Goliath – Passionnant et implacable

- GOLIATH -

GOLIATH de Frédéric Tellier avec Pierre Niney, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Laurent Stocker, Yannick Renier, Chloé Stéfani, Marie Gillain, Jacques Perrin…
Drame – Thriller 2021 – 2H02 – France
Sortie en salles le 9 mars 2022

France, professeure de sport le jour, ouvrière la nuit, milite activement contre l’usage des pesticides. Patrick, obscur et solitaire avocat parisien, est spécialiste en droit environnemental. Mathias, lobbyiste brillant et homme pressé, défend les intérêts d’un géant de l’agrochimie. Suite à l’acte radical d’une anonyme, ces trois destins, qui n’auraient jamais dû se croiser, vont se bousculer, s’entrechoquer et s’embraser.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec GOLIATH, son troisième long-métrage, Frédéric Tellier persiste et signe un passionnant et implacable thriller, porté par un scénario brillant et formidablement documenté qu’il a cosigné avec Simon Moutaïrou.
A travers ce film choral magistralement mis en scène, le réalisateur de L’AFFAIRE SK1 propose aux spectateurs, deux heures durant, une plongée en apnée dans le quotidien de trois personnages principaux, aux intérêts plus que divergents.  

2/ Trois ans après SAUVER OU PERIR, Frédéric Tellier a eu l’excellente idée de demander à Pierre Niney d’incarner ce personnage de lobbyiste sans scrupules, en charge de défendre les intérêts d’un géant de l’agrochimie. Le contraste entre la sympathie immédiate que dégage généralement le comédien et le cynisme glaçant, assumé de son personnage dans GOLIATH est saisissant. Du drame absolu à la comédie, il semble pouvoir se fondre dans tous les univers et tout jouer. La suite de sa carrière s’annonce palpitante.

3/
Si l’acteur est désormais un habitué du cinéma de Frédéric Tellier, pour Emmanuel Bercot et Gilles Lellouche, ce GOLIATH de haute tenue est une première. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont au diapason de l’excellence du film et de la prestation de Pierre Niney.
En quelques films (de PUPILLE à BAC NORD en passant par ADIEU MONSIEUR HAFFMANN, en attendant sa composition dans le personnage d’Obélix), la carrière d’acteur de Gilles Lellouche a pris une ampleur inédite et  une passionnante tournure… Son personnage d’avocat fatigué mais pugnace restera comme un sommet de son déjà riche parcours.
Quant à Emmanuelle Bercot, l’intensité et la subtilité de son jeu arrive à faire oublier quelle excellente réalisatrice (LA TETE HAUTE, DE SON VIVANT…), elle est aussi !

Interview – Petite nature – Samuel Theis, Melissa Olexa & Antoine Reinartz

Interview – Petite nature – Samuel Theis, Melissa Olexa & Antoine Reinartz

« J’ai compris assez tôt que ça allait être compliqué, qu’il faudrait se battre et que ça allait être la question de ma vie… » Samuel Theis

Coup de cœur absolu cette semaine pour PETITE NATURE de Samuel Theis qui sort en salles 6 ans après l’excellent PARTY GIRL, son premier long-métrage coréalisé avec Marie Amachoukeli et Claire Burger.

PETITE NATURE est l’histoire de Johnny dix ans, qui ne s’intéresse qu’aux histoires des adultes. Dans sa cité HLM en Lorraine, il observe avec curiosité la vie sentimentale agitée de sa jeune mère.
A l’école, Johnny s’éprend de Monsieur Adamski qui croit dans le jeune garçon et lui fait découvrir l’art et la culture. L’instituteur ne répond évidemment pas à la passion de l’enfant et impose des distances…

Avec ce récit en partie autobiographique, Samuel Theis nous livre un bouleversant et subtil récit d’apprentissage autour de la naissance du désir. Par la sincérité de son propos et la grâce d’une mise en scène à hauteur d’enfant, le film évite toute complaisance et marque durablement les esprits.

Présenté pour la première fois, en juillet dernier, dans le cadre de La semaine de la critique à Cannes, PETITE NATURE obtenait quelques semaines plus tard, le Valois du jury étudiant lors du Festival du film francophone d’Angoulême.

C’est dans le cadre de ce festival initié par Marie-France Brière et Dominique Besnehard que j’ai eu l’immense plaisir d’échanger avec le réalisateur et deux de ses acteurs, le toujours excellent Antoine Reinartz et Mélissa Olexa. La comédienne non professionnelle fait des débuts très remarqués aux côtés de son jeune fils de cinéma Aliocha Reinert, véritable révélation du film dont on devrait reparler très, très vite.

INTERVIEW
Samuel Theis, Mélissa Olexa, Antoine Reinartz