Comme un lundi… La boucle est bouclée ou presque !

Comme un lundi… La boucle est bouclée ou presque !

COMME UN LUNDI (Mondays)

Un film de Ryo Takebayashi
Scénario de Saeri Natsuo
, Ryo Takebayashi
avec Makita Sports, Wan Marui, Ken Murata, Takuto Endo, Sotara Moriyama…
Comédie – 2023 – Japon – 1h23

Sortie en salles le 8 mai 2024

L’histoire
Votre boss vous harcèle ? Vos collègues vous épuisent ? Vous ne voulez plus retourner au bureau ? Vous n’imaginez pas ce que traversent Yoshikawa et ses collègues ! Car, en plus des galères, ils sont piégés dans une boucle temporelle… qui recommence chaque lundi ! Entre deux rendez-vous client, réussiront-ils à trouver la sortie ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Revenir chaque lundi matin au bureau est un véritable cauchemar ?
Ce premier long-métrage japonais est pour vous, même si les autres y prendront, sans doute, aussi beaucoup de plaisir…

Avec son pitch original mais quelque peu répétitif, sur le papier, le risque était grand que COMME UN LUNDI tourne vite en rond.
Rassurez-vous, il n’en est rien. Grâce à un scénario malin, cosigné avec Saeri Natsuo, Ryo Takebayashi parvient sans problème à renouveler ses enjeux de départ, tout en assumant parfaitement la référence évidente de départ à la série THE OFFICE ou à l’excellente comédie d’Harold Ramis, UN JOUR SANS FIN (1993).

2 / A la fois très drôle mais aussi touchant dans sa description du quotidien bouleversé de ses employé.e.s de bureau, le premier film de Ryo Takebayashi gagne pleinement son pari grâce à un ton parfois outrancier mais surtout au rythme saccadé et percutant de son montage.

3 / Enfin, COMME UN LUNDI dépasse le simple cadre de la fantaisie en forme de boucle temporelle pour se lancer dans une réjouissante satire du monde du travail.
On y ressent parfaitement l’aliénation qui peut naître au cœur de l’espace relativement clos d’un bureau, avec notamment ces réunions de travail qui n’en finissent pas, afin de satisfaire un client qui, quasiment par principe, ne le sera jamais! Ça vous rappelle peut-être quelque chose…

Et de 3 ! Le Festival du film de demain 2024 se dévoile…

Et de 3 ! Le Festival du film de demain 2024 se dévoile…

Après Corinne Masiero et Mathilde Seigner, c’est donc le comédien, metteur en scène et chanteur Lambert Wilson qui présidera le jury du Festival du film de demain pour sa troisième édition, du 30 mai au 2 juin 2024. C’est LE COMTE DE MONTE-CRISTO de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière (Réalisateurs scénaristes – LE PRÉNOM et LE MEILLEUR RESTE À VENIR) qui fera l’ouverture, hors compétition, le jeudi 30 à 19 heures au Ciné Lumière de Vierzon.

Pour départager les 9 films de la compétition et désigner, entre autres, le film qui succèdera à TONI EN FAMILLE (lauréat de 3 prix l’an passé dont celui du meilleur film), Lambert Wilson sera accompagné de Lyes Salem (Acteur, Scénariste, Réalisateur), Ivan Calberac (Scénariste, Réalisateur), Gwendoline Hamon (Actrice), Manon Bresch (Actrice) et Éloise Lang (Scénariste, Réalisatrice).

LES FILMS EN COMPÉTITION

DISSIDENTE de Pier-Philippe Chevigny avec Ariane Castellanos, Marc-André Grondin, Nelson Coronado (Québec – Sortie en salles le 5 juin – photo ci-dessous)

PARADISE IS BURNING de Mika Gustafson avec Bianca Delbravo, Dilvin Asaad, Marta Oldenburg (Suède, Danemark, Finlande, Italie – Sortie en salles le 4 septembre) Première française

MATRIA d’Alvaro Gago avec María Vázquez, Santi Prego, Tatan (Espagne – Sortie en salles le 3 juillet)

LA BELLA ESTATE de Laura Luchetti avec Yile Yara Vianello, Deva Cassel, Nicolas Maupas (Italie – Sortie en salles prochainement)

LE PANACHE de Jennifer Devoldère avec Joachim Arseguel, Aure Atika, José Garcia (Première mondiale – France – Sortie en salles le 13 novembre)

NOUVEAU MONDE de Vincent Cappello avec Rohid Rahimi, Sandor Funtek, Mujib Rahimi (France – Sortie en salles le 19 juin)

ETERNAL de Ulaa Salim avec Magnus Krepper, Simon Sears, Halldora Geirhardsdottir (Danemark, Islande, Norvège – Sortie en salles prochainement)

GLORIA de Margherita Vicario avec Galatea Bellugi, Carlotta Gamba, Veronica Lucchesi (Italie – Sortie en salles le 12 juin)

EN ATTENDANT LA NUIT de Céline Rouzet avec Mathias Legoût Hammond, Céleste Brunnquell, Élodie Bouchez (France – Sortie en salles le 5 juin)

LES AVANT-PREMIÈRES

LE COMTE DE MONTE-CRISTO d’Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte avec Pierre Niney, Anaïs Demoustier, Bastien Bouillon (Film d’ouverture France – Sortie en salles le 28 juin)

SIGNALEMENTS d’Éric Métayer avec Cécile Bois, Victoria Eber, Odile Vuillemin (Première mondiale – France – Diffusion prochaine sur France 2)

L’ÉPREUVE d’Akim Isker avec Frankie Wallach, Bernard Campan, Clémentine Célarié, Zacharie Chasseriaud (Première mondiale – France – Diffusion prochaine sur France 2)

LA FAMILLE HENNEDRICKS de et avec Laurence Arné, Dany Boon, Ferdinand Redouloux (Film de clôture France – Sortie en salles le 26 juin)

 

LES SÉANCES SPÉCIALES

PRESQUE LÉGAL de Max Mauroux avec Marley Duboscq, Joseph Pierre, Léo Castel (France – Sortie en salles le 17 juillet)

ZAK ET WOWO, LA LÉGENDE DE LENDARYS, film d’animation de Philipe Duchêne et Jean-Baptiste Cuvelier, avec les voix de Clara Luciani, Manu Payet, Jérôme Niel, Kyan Khojandi… (France – Sortie en salles le 10 juillet)

     LES DOCUMENTAIRES 2024

Nouveauté cette année, le FFD propose aux spectateurs de découvrir 5 documentaires portant évidemment les valeurs d’engagement du festival.

DE L’OR DANS LES YEUX de Stéphanie Pillonca et Fabien Bouillaud, en présence d’Alexia Laroche Joubert, productrice du film

NOUS LES FEMMES de Christian François, en présence de Corinne Masiero

VIVANTES de Claire Lajeunie, en sa présence

LES BÉBÉS PLACÉS de Karine Dusfour, en présence de Mélissa Theuriau, productrice du film

TEHACHAPI de JR – Sortie en salles le 12 juin

LES PROJECTIONS ÉTUDIANTES

En amont de l’ouverture officielle le festival propose deux projections le jeudi 30 mai en journée.

À 9 heures, c’est le très joli film TONI EN FAMILLE que les étudiant.e.s pourront (re)découvrir, au Ciné Lumière, en présence de son réalisateur Nathan Ambrosioni.
Une séance qu’on imagine forcément très émouvante pour le cinéaste un an après l’accueil enthousiaste réservé à son second film ici même (vidéo ci-dessous)
À 14 heures, place à la série NUDES réalisée par Andréa Bescond à qui le festival aura décerné, deux heures plus tôt sur le village gastronomique, le Prix de la personnalité de l’année.

LES RENCONTRES DU FFD

Comme c’est désormais devenu une tradition, de grands noms du cinéma viendront à la rencontre du public du festival pour évoquer leurs parcours et leurs carrières.
Cette année le FFD accueillera :

Le scénariste, réalisateur et producteur Claude Lelouch – Vendredi 31 mai à 11h00.

Le scénariste, réalisateur et producteur Frédéric Tellier – Samedi 1er juin à 11H00

L’actrice, réalisatrice, chanteuse et auteure Clémentine Célarié – Samedi 1er juin à 15h00

Le président du jury du FFD 2024, le comédien, metteur en scène et chanteur Lambert Wilson – Dimanche 2 juin à 14h30

A noter enfin que le FFD CHALLENGE fait peau neuve cette année. En effet, les jeunes cinéastes ont eu cette année deux mois (contre 48h les deux premières années) pour préparer, tourner et monter un film de moins de 5 minutes sur le thème du consentement.
Les courts métrages sélectionnés seront soumis au cours du festival au vote du public avec à la clé pour le lauréat une bourse de 3000 euros.

Pour en savoir plus sur cette seconde édition du Festival du film de demain (programmation, horaires, réservation de pass…), rendez-vous sur le site officiel du festival.

Retrouvez aussi quelques une des interviews Cin’Écrans réalisées l’an passé à l’occasion de la seconde édition du festival sur notre chaine YouTube

Le règne animal… ça fait mal !
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Bientôt 10 ans que l’on attendait le nouveau film de Thomas Cailley après Les combattants, premier long-métrage brillant dont le souvenir reste très marquant. Avec Le règne animal, le réalisateur passe à la vitesse supérieure et signe un grand film d’auteur fantastique et populaire. Ne le laissez pas échapper.

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Jeunesse, mon amour – Les copains d’abord !

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JEUNESSE, MON AMOUR

Un film de Léo Fontaine
Scénario de Léo Fontaine
Avec Manon Bresch, Matthieu Lucci, Dimitri Decaux, Yves-Batek Mendy, Clémence Boisnard, Inas Chanti, Victor Bonnel, Johan Heldenbergh…
Drame – 2023 – France – 1h10

Sortie en salles le 8 mai 2024

L’histoire
Après plusieurs années, un groupe de jeunes adultes se retrouve. L’époque du lycée est révolue, mais les amis tentent d’en raviver l’esprit et les liens. Lors de cet après-midi hors du temps, où les souvenirs et non-dits refont surface, chacun prend conscience de ce qui a changé.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ JEUNESSE, MON AMOUR, possède l’énergie vitale suggérée par son beau titre et la fougue de ces jeunes gens que la caméra regarde avec une infinie tendresse, mais aussi une pointe de cruauté.

Le 1er long métrage de Léo Fontaine se révèle être une jolie surprise, une comédie dramatique empreinte de mélancolie, celle qui vous saisit lorsqu’une forme de distance s’instaure avec un passé pourtant proche.

Sans jamais être plombant, JEUNESSE, MON AMOUR retranscrit parfaitement ce sentiment qui s’empare de chacun.e d’entre nous lorsque l’on se rend compte qu’un passé commun n’est pas forcément ressenti de la même manière par le groupe. Sans oublier que certaines amitiés d’enfance se délitent lors du passage à l’âge adulte.

2 / Le ton du film et sa forme, entre scènes très écrites et d’autres improvisées, donnent un charme tout particulier à cette chronique du temps qui passe.

JEUNESSE, MON AMOUR se joue également du temps en passant habilement de la comédie de potes à quelque chose de plus profond, plus sombre.
On y ressent à quel point Léo Fontaine (28 ans) accorde de l’importance à cette période de basculement de la vie et surtout à celles et ceux qui partagent ce moment de transition, pour le meilleur ou pour le pire.

3 / Saluons pour terminer l’ensemble du casting qui donne tout son piquant et son énergie vitale à ce premier film, avec une mention spéciale pour l’intensité de jeu de Manon Bresch et le sens du rythme de la géniale Inas Chanti (découverte dans l’excellent HARAMISTE d’Antoine Desrosières).

Nous vous invitons à aller passer un moment (aucun risque de vous ennuyer durant la petite heure dix du film…) avec cette bande de potes que la vie réunit sans doute pour la dernière fois et auxquels on s’attache très vite. Ce serait dommage de passer à côté de leurs retrouvailles éphémères …

État limite… État d’urgence !

État limite… État d’urgence !

ÉTAT LIMITE

Un film de Nicolas Peduzzi
Documentaire – 2023 – France – 1h43

Sortie en salles le 1er mai 2024

L’histoire
Hôpital Beaujon, Clichy. Au mépris des impératifs de rendement   et du manque de moyens qui rongent l’hôpital public, Jamal Abdel Kader, seul psychiatre de l’établissement, s’efforce de rendre à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais comment bien soigner dans une institution malade ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ ÉTAT LIMITE est le 3em long-métrage documentaire réalisé par Nicolas Peduzzi après SOUTHERN BELLE (2018) & GHOST SONG (2021).

Le cinéaste nous offre ici un film puissant et passionnant que certain.e.s ont pu découvrir l’an passé à Cannes (sélection de l’Acid) ou même sur Arte puisqu’ÉTAT LIMITE a bénéficié d’une diffusion sur la chaîne franco-allemande en amont de cette très méritée sortie sur grand écran.
L’ÉTAT LIMITE du titre est celui évidemment de la plupart des patients montrés dans le film, celui de l’hôpital en général mais aussi et peut-être surtout celui de ce jeune psychiatre que la caméra de Nicolas Peduzzi suit pas à pas, dans sa quête généreuse d’offrir du bien-être à ses patients.

2 / Aussi passionnant que bien des fictions, ÉTAT LIMITE dresse le portrait sans fard d’un psychiatre vaillant, engagé et très attentionné, dont la tâche semble néanmoins parfois insurmontable.

« On passe notre temps à douter mais on le cache… »

Le jeune médecin dont le rêve est que « la psychiatrie disparaisse » semble rongé par une forme de mélancolie quand il confie ses doutes à certain.e.s de ses collègues du centre hospitalier.  
À l’instar de ce « super héros du quotidien » le film pose de nombreuses questions sur un système à l’agonie et un vaisseau hospitalier qui prend l’eau de toute part.

« Est-ce qu’on ne se rend pas un peu complice de ce système en acceptant toutes ces missions ? Impossible de les remplir correctement »

3 / Lorsqu’ÉTAT LIMITE s’achève, on n’a qu’une envie celle de rappeler à Jamal Abdel Kader, véritable médecine de l’âme, ce conseil qu’il prodigue à Romain, un aide-soignant dévoué mais désabusé « Pour prendre soin des gens, faut prendre un peu soin de nous ! » On ne saurait mieux dire…

L’échappée – délicate lumière de vie

L’échappée – délicate lumière de vie

L’ÉCHAPPÉE (Drift)

Un film d’Anthony Chen
Scénario de Susanne Farrell & Alexander Maksik d’après le roman d’Alexander Maksik « A marker to measure drift »
Avec Cynthia Erivo, Alia Shawkat, Ibrahima Ba…
Documentaire – 2023 – France – 1h43

Sortie en salles le 24 avril 2024

L’histoire
Sur les plages paradisiaques d’une île grecque, personne ne remarque Jacqueline. Personne sauf Callie, une guide touristique américaine. Leur amitié naissante pourrait guérir Jacqueline d’un traumatisme enfoui et lui permettre d’affronter les fantômes de son passé.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Lauréat de la Caméra d’Or en 2013 pour son premier long-métrage ILO ILO, le cinéaste singapourien Anthony Chen est de retour avec ce film librement adapté d’un roman de l’écrivain américain Alexander Maksik La mesure de la dérive.
Le réalisateur d’UN HIVER A YANJI nous propose avec L’ÉCHAPPÉE,  un film plein de délicatesse en forme de portrait, celui de Jacqueline, une femme digne mais enfermée dans sa douleur dont la reconstruction passe par la relation amicale qu’elle noue avec autre femme, guide touristique, solitaire elle aussi.

2 / Véritable écrin de sensibilité et d’émotion, L’ÉCHAPPÉE touche au cœur grâce à la grande pudeur de ses personnages et de leurs sentiments mais aussi par l’apparente simplicité de sa mise en scène.

Anthony Chen s’est entièrement mis au service de cette histoire et de ses personnages, notamment à travers ses choix de décors (en particulier ceux des ruines) qui reflètent en grande partie l’état psychologique de Jacqueline.  

Plutôt que de traiter frontalement de la question de la migration et des crises qu’elle provoque, le réalisateur fait le choix de décrire, sans faux-semblants, la brutalité d’un traumatisme de guerre et les ravages qu’il provoque chez cette femme.

3 / Difficile d’oublier le regard de Jacqueline qui évolue selon les situations auxquelles elle est confrontée. On ne peut qu’être touché, voire bouleversé par la résilience de cette femme, véritable survivante d’une tragédie, mais toujours hantée par la culpabilité.

Saluons le choix du cinéaste d’avoir offert ce rôle imposant mais tout en nuances de Jacqueline à Cynthia Erivo, magnifique actrice qui est pour beaucoup dans l’émotion procurée par le film et son personnage. La sobriété de son jeu s’accorde à merveille avec celui de sa principale partenaire Alia Shawkat.  Ce beau duo de femmes qui promènent leurs douleurs tout en cherchant un sens à leurs vies fait le prix de cette œuvre subtile et profondément touchante.