Daaaaaali ! Entre rêves et « Réalité »

Daaaaaali ! Entre rêves et « Réalité »

DAAAAAALI !

Un film de Quentin Dupieux
Scénario de Quentin Dupieux
Avec Anaïs Demoustier, Jonathan Cohen, Edouard Baer, Gilles Lellouche, Pio Marmaï, Didier Flamand, Romain Duris, Agnès Hurstel, Marc Fraize, Johan Dionnet, Jérôme Niel…
Comédie – 1h18 (Blu ray) 1h14 (DVD) – France
Sorti en salles le 7 février 2024

Disponible en DVD & VOD – 18 juin 2024 – Diaphana
Version française DD 5.1 & 2.0
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire 
Une journaliste française rencontre Salvador Dali à plusieurs reprises pour un projet de documentaire.

Le film ***1/2
Inutile d’être un.e aficionado de l’œuvre de Salvador Dali pour prendre du plaisir avec DAAAAAALI ! Si à travers son film, un sens du détail et une direction artistique forte, Quentin Dupieux rend un hommage réel mais non appuyé à l’univers surréaliste de Salvador Dali, c’est plus à sa personnalité publique, hors-normes, qu’à son œuvre que le film est dédié. 

Comme à son habitude, et par peur d’ennuyer le spectateur, le cinéaste délivre un film rythmé et court (1h17) même s’il ose étirer certains gags et quelques scènes, comme ses géniales séquences de fin et d’ouverture. Avec cette séquence du couloir d’hôtel, Quentin Dupieux pose très clairement le ton et les intentions de son film. Inutile d’aller plus loin si vous n’adhérez pas à cette proposition, à ce délire, semble nous dire le cinéaste…

Certes, la totalité du film n’est pas de cet acabit mais la proposition est suffisamment singulière et traversée d’idées baroques, originales pour y prendre un plaisir souvent jubilatoire. Si vous avez été sensibles à l’humour de comédies surréalistes comme RÉALITÉ ou INCROYABLE MAIS VRAI, vous devriez y trouver votre compte.

Si les six interprètes de l’artiste espagnol ne bénéficient pas tous de la même attention ou ampleur scénaristique (on peine ainsi à se souvenir de la présence de Gilles Lellouche), les partitions d’Édouard Baer & Jonathan Cohen suffisent à notre bonheur. Les deux acteurs s’en donnent à cœur joie et composent à eux seuls de multiples facettes du fantasque artiste catalan.

Dirigée pour la quatrième fois par Quentin Dupieux (après AU POSTE !, INCROYABLE MAIS VRAI et FUMER FAIT TOUSSER), Anaïs Demoustier, quant à elle, se fond une nouvelle fois et avec une gourmandise non dissimulée dans l’univers si singulier du cinéaste.

Elle incarne dans DAAAAAALI ! une journaliste malmenée par les humeurs et la folie douce de Dali.  Leurs multiples confrontations sont autant de raisons de nous ravir, tant la comédie réussit à cette remarquable actrice, décidemment à l’aise dans tous les registres.  

Bonus ****
Entretien avec Quentin Dupieux, Jonathan Cohen, Edouard Baer (17mn35)
Daaaaaalí à la plage : extrait du documentaire Filmer fait penser réalisé par Charles Bosson (6mn18)
Rencontre avec Salvador Dalí : réalisé par Pierre Jourdan (archive INA 1971 – 10mn40)

Outre un teaser original et une bande annonce, Diaphana nous régale de 3 autres bonus bienvenus.

Le premier est la captation d’une « Cinexpérience » de SensCritique, Un événement au cours duquel des contributeurs du site sont invités à échanger avec l’équipe d’un film suite à sa projection. En l’occurrence, ce sont Quentin Dupieux, Édouard Baer et Jonathan Cohen qui se prêtent avec humour et bonne grâce aux questions des spectateurs.

Le second supplément est un extrait de l’excellent documentaire FILMER FAIT PENSER de Charles Bosson, consacré au tournage de 3 scènes de DAAAAAALI ! (Celles de la plage), en janvier 2023. Un documentaire passionnant à découvrir en intégralité sur myCanal, si vous êtes abonnés.

Troisième bonus et non des moindres !  La rencontre annoncée avec Salvador Dali est en fait une archive précieuse de l’INA. Une émission, dont le titre à lui seul est déjà tout un programme, JE SUIS FOU DE DALI (corrida en 3 actes) qui est en fait une interview surréaliste, drôle et touchante en 3 parties, Dali faisant mine de quitter le plateau à 2 reprises avant de revenir s’asseoir.

Et quand il fait son retour, c’est bien évidemment pour ne pas répondre aux questions de la géniale et imperturbable Denise Glaser. Cette fameuse animatrice et productrice des années 60-70, sans aucun doute une des meilleures intervieweuse de l’époque, joue ici pleinement le jeu avec le fantasque Dali. Un grand moment de télé qu’on est ravi de re(découvrir) ici, comme un parfait complément à la comédie de Quentin Dupieux.

La crise, toujours et encore…
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30 ans après sa sortie en salles, la comédie sociétale de Coline Serreau, portée par son réjouissant casting est toujours d’une actualité cruelle. Le film est agrémenté par deux passionnants entretiens avec la réalisatrice et son acteur principal Vincent Lindon.

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C’est toute la complexité et l’ambiguïté d’une relation fraternelle que nous invite à explorer Simon Rieth, avec ce premier long métrage en forme de conte estival fantastique. Une première œuvre étonnante et détonante dans le paysage cinématographique français. A (re)découvrir désormais en DVD …

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Nouveau monde – De la vie et de l’espoir, sans pathos !

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NOUVEAU MONDE

Un film de Vincent Cappello
Scénario de Vincent Cappello
Avec Rohid Rahimi, Sandor Funtek, Mujib Rahimi, Zoé Marchal, Iris Bry…
Drame – 1h15 – France

Sortie en salles le 19 juin 2024

L’histoire 
Rohid, un jeune réfugié Afghan à Paris, doit trouver du travail pour envoyer de l’argent à sa mère, menacée de mort par les talibans. Alors qu’il étudie avec persévérance la langue française et tente de s’intégrer, son petit frère reste anesthésié par leur périple. Rohid croise la route de Sandor, charismatique et débrouillard, avec qui il multiplie les petits boulots. Pas à pas, il reprend espoir de se faire une place dans ce nouveau monde.

L’avis Cin’Écrans ****
Ne loupez surtout pas, s’il passe près de chez vous, la sortie en salles de NOUVEAU MONDE, premier long métrage de fiction signé Vincent Cappello. Un film très largement inspiré du parcours des deux frères Rohid & Mujib Rahimi dont la présence forte à l’écran donne encore plus de véracité à ce récit d’apprentissage et de solidarité.

« Ça m’a fait pleurer… J’étais émerveillé par la justesse du propos. C’est bien traité, ça fait du bien en fait ! » Sandor Funtek

S’il faut saluer avant tout le beau travail de comédiens des deux frangins qui se sont réapproprié pour ce film de fiction très documenté, leur vie et leur propre parcours, il convient également de saluer la présence, non moins importante d’Iris Bry et Zoé Marchal, ainsi que celle de l’excellent Sandor Funtek, fidèle complice du réalisateur, qui donne vie à un complexe et passionnant personnage.

« Tous les jeunes réfugiés qui jouent dans mon film ont aujourd’hui trouvé un travail… Ça réussit, ça marche ! » Vincent Cappello

Il faut le dire haut et fort, contrairement à un certain nombre d’autres films, souvent fort respectables (là n’est pas la question) qui traitent de la question de la migration et de l’intégration, Vincent Cappello a fait un choix presque audacieux à notre époque, celui de tirer ses personnages vers le haut, de montrer à quel point la rencontre, l’échange avec l’autre est important !

Alors soyons clair, si le film n’est jamais plombant, bien au contraire, il n’élude évidemment pas les difficultés rencontrées, notamment par Rohid et son frère.
Mais ce qui en ressort puissamment, c’est le désir profond de Vincent Cappello de nous offrir un film volontairement optimiste à travers cette formidable histoire de solidarité et d’intégration réussie. Un acte humaniste et véritablement « politique » de la part du cinéaste qui nous dit aussi, en filigrane, combien les mots et la poésie sont importants. Autant dire que ce message subtilement distillé fait un bien fou !  Surtout par les temps qui courent…  

N’hésitez donc surtout pas à encourager cet élan d’espoir et de positivisme, vous en ressortirez avec une confiance ragaillardie dans l’être humain (enfin une partie !) …  

Le + Cin’Écrans
C’est lors de la présentation de NOUVEAU MONDE au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz que nous avons eu le privilège de rencontrer une partie de sa belle équipe à l’enthousiasme communicatif : le scénariste réalisateur Vincent Cappello et ses trois comédiens principaux, Rohid & Mujib Rahimi et Sandor Funtek.

Un bon conseil, restez bien jusqu’au bout de cette longue interview. Vincent Cappello et Rohid Rahimi nous annoncent une excellente nouvelle, plus de 9 mois après la réalisation de l’entretien à Saint-Jean-de-Luz.

INTERVIEW VINCENT CAPPELLO, ROHID & MUJIB RAHIMI, SANDOR FUNTEK

Les lueurs d’Aden – “L’Événement” au Yémen

Les lueurs d’Aden – “L’Événement” au Yémen

LES LUEURS D'ADEN

Un film de Amr Gamal
Scénario de Amr Gamal & Mazen Refaat
Avec Khaled Hamdan, Abeer Mohammed, Samah Alamrani…
Drame – 1h31 – Yémen – Soudan – Arabie saoudite
Sorti en salles le 31 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 18 juin 2024 – Blaq out
Version originale arabe sous-titrée en français – Dolby digital 2.0 & 5.1

L’histoire 
Isra’a vit avec son mari Ahmed et ses trois enfants dans le vieux port de la ville d’Aden, au sud du Yémen. Leur vie quotidienne est rythmée par les effets de la guerre civile : contrôles militaires dans les rues, pannes de courant fréquentes, et rationnement de l’eau. Ahmed, qui travaillait pour la télévision, a dû quitter son poste à la suite de nombreux salaires impayés, pour devenir chauffeur. Ils ont à peine de quoi offrir à leurs enfants une vie normale et une bonne éducation.

Quand Isra’a apprend qu’elle est à nouveau enceinte, le couple doit faire face à une nouvelle crise. Ils savent tous les deux qu’ils ne peuvent pas se permettre un quatrième enfant, d’autant qu’ils doivent déménager dans un logement moins cher et qu’il faut payer les frais d’inscription d’école. Ensemble, ils décident d’avorter. Une amie médecin va peut-être les aider….

Le film ***1/2
Avec LES LUEURS D’ADEN, son second long métrage, inspiré de faits réels, le cinéaste yéménite Amr Gamal s’attaque de front au sujet tabou de l’avortement et nous livre une remarquable chronique sociale et politique.

Sur un rythme très posé, qui aurait pu confiner à l’ennui, le réalisateur parvient à capter toute notre attention et à nous captiver avec ce récit poignant autour de la question de l’interruption volontaire de grossesse quand elle se confronte aux instances et aux principes religieux. Saluons aussi sa volonté de traiter ce sujet de l’avortement, souvent évoqué du seul point de vue féminin, à travers celui d’une famille entière.

Pour filmer la ville d’Aden, le cinéaste a judicieusement adopté une approche quasi documentaire. On sent parfaitement sa volonté de témoigner pour les générations futures du quotidien d’un pays et de l’intense fragilité d’une ville en plein chaos.

Le spectateur ressent ainsi viscéralement combien la vie quotidienne est encore très compliquée au Yémen, un pays qui sort tout juste de huit années d’une terrible guerre civile. Un quotidien marqué par une inflation folle, le rationnement de l’eau, des abus de pouvoir, des services médicaux et hospitaliers soumis à l’arbitraire…

Amr Gamal porte un regard jamais manichéen et toujours à juste distance sur ses personnages principaux, à commencer évidement par ce couple qui affronte un véritable parcours du combattant pour aboutir à ses fins.

Un autre personnage s’avère complexe et passionnant à suivre, c’est celui de Muna, leur amie médecin tiraillée entre sa conviction intime et son désir d’aider le couple dont elle désapprouve la démarche.

LES LUEURS D’ADEN
a été, l’hiver dernier, le premier film de fiction yéménite à être distribué en France. Ne le laissez pas passer, d’autant qu’il vous est désormais proposé à domicile…

Bonus ***1/2
Amr Gamal in conversation with Ali Bin Amer – Entretien avec le cinéaste Amr Gamal (26mn47)

Un bel échange entre Amr Gamal et Ali Bin Amer, habitant d’Aden et collègue du personnage qui a inspiré le protagoniste du film, est proposé en bonus de ce second long métrage du cinéaste.

Filmé dans sa maison familiale, qui a servi de décor au film, le réalisateur revient évidemment sur le thème principal de son film, à savoir l’avortement pour raisons économiques.

Il évoque également la crise majeure traversée par son pays après 8 années de guerre, sans oublier de revenir sur le tournage du film, sur l’importance cruciale de filmer la ville et sur la place des femmes dans la société yéménite.

Enfin, on y apprend que LES LUEURS D’ADEN n’a pas encore été montré à Aden, ville dont les cinémas ont été détruits après la guerre de 1994.
En effet, Amr Gamal a fait le choix d’attendre la restauration, sous l’égide de l’UNESCO, de l’ancien cinéma Arwa, pour y proposer la première du film dans le pays.
L’idée étant d’apporter un impact significatif à la scène culturelle locale et contribuer également à redonner vie à un véritable cinéma à Aden. C’est tout le bien que l’on souhaite au cinéaste et aux habitants d’Aden.

La crise, toujours et encore…
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L’enfant du paradis, un premier long très prometteur

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L'ENFANT DU PARADIS

Un film de Salim Kechiouche
Scénario de Salim Kechiouche & Amel Bedani
Avec Salim Kechiouche, Nora Arnezeder, Hassane Alili, Naidra Ayadi, Kevin Mischel, Pascale Arbillot, Zinedine Soualem…
Drame – 1h12 – France
Sorti en salles le 6 décembre 2023

Disponible en DVD & VOD – 4 juin 2024 – La vingt cinquième heure
Version française – Dolby 2.0 & 5.1 – Sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire 
Après une traversée du désert dans sa carrière de comédien, Yazid voit enfin se profiler le bout du tunnel. Sobre depuis six mois, il veut montrer à sa nouvelle fiancée et à Hassan, son fils de 16 ans, qu’il est maintenant un autre homme. Mais en quelques jours, les vieux démons resurgissent…

Le film ***1/2
Avec ce premier long-métrage (accompagné en bonus de son 1er court NOS GÊNES, réalisé en 2020), Salim Kechiouche nous livre un premier film âpre et fiévreux. Une belle promesse de cinéma, en forme de tragédie, dont on espère qu’elle lui donnera l’opportunité d’affirmer à nouveau prochainement sa nouvelle identité d’acteur-réalisateur.

A travers L’ENFANT DU PARADIS, un beau titre évidemment ironique, Salim Kechiouche fait le récit sans concessions d’une descente aux enfers, celle d’un homme qui a tenté de faire le deuil de son enfance, notamment à travers le jeu et une carrière de comédien, sans jamais vraiment parvenir à trouver son équilibre de vie.

Dans un temps court (le film dure tout juste 1H12) et avec une approche quasi documentaire, le réalisateur réussit à traiter de nombreuses questions, celle de la famille, du couple, de la  légitimité professionnelle ou bien encore de la quête identitaire…

Si Yazid est incarné avec beaucoup de conviction et de talent par Salim Kechiouche lui-même (dont on sent bien que ce personnage a été nourri en partie par sa propre expérience), il convient de saluer le reste du casting qui l’a accompagné avec générosité dans cette aventure du premier long à commencer par la trop rare Nora Arnezeder et les toujours impeccables Pascale Arbillot et Zinedine Soualem

S’il n’évite pas quelques maladresses, notamment scénaristiques, Salim Kechiouche touche néanmoins au cœur avec cette première œuvre organique, à la fois douce et percutante. L’ENFANT DU PARADIS est un film qui témoigne, à travers sa mise en scène inspirée, du véritable amour de son auteur pour le cinéma. Espérons qu’il le lui rendra bien à l’avenir…   

Bonus ***1/2
Court-métrage : NOS GÈNES de Salim Kechiouche (17mn)

Comédien et éducateur, Karim n’est abordé que pour des rôles caricaturaux. En études, la question des discriminations est abordée par les enfants. Le soir, à une projection de LAWRENCE D’ARABIE, Karim est troublé par l’entrée d’un homme arabe et affublé de gros sacs…

Avant de s’atteler à son premier long métrage, Salim Kechiouche s’est donc essayé avec talent au court métrage avec NOS GÊNES, judicieusement proposé par La vingt cinquième heure (distributeur et éditeur du film) en supplément à L’ENFANT DU PARADIS sur son DVD.

Un premier essai transformé et réussi, porté par un scénario original et ses principaux interprètes Sara Forestier, Bellamine Abdelmalek et Benjamin Siksou

La crise, toujours et encore…
La crise, toujours et encore…

30 ans après sa sortie en salles, la comédie sociétale de Coline Serreau, portée par son réjouissant casting est toujours d’une actualité cruelle. Le film est agrémenté par deux passionnants entretiens avec la réalisatrice et son acteur principal Vincent Lindon.

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La ferme des Bertrand, 50 ans d’une riche vie de labeur !  

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LA FERME DES BERTRAND

Un film de Gilles Perret
Scénario de Gilles Perret & Marion Richoux
Documentaire – 1H29 – France
Sorti en salles le 31 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 4 juin 2024 – Jour2Fête

Image : 16/9 – Son : français 2.0 et 5.1
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres anglais

L’histoire 
50 ans dans la vie d’une ferme… Haute Savoie, 1972 : la ferme des Bertrand, exploitation laitière d’une centaine de bêtes tenue par trois frères célibataires, est filmée pour la première fois. En voisin, le réalisateur Gilles Perret leur consacre en 1997 son premier film, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main. A travers la parole et les gestes des personnes qui se sont succédé, le film dévoile des parcours de vie bouleversants où travail et transmission occupent une place centrale : une histoire à la fois intime, sociale et économique de notre monde paysan.

Le film ****
Avec LA FERME DES BERTRAND, Gilles Perret signe sans aucun doute son film le plus réussi et son plus personnel. Et pour cause, il est voisin des Bertrand et de leur ferme depuis sa plus tendre enfance.

« Je revendique zéro distance critique et la subjectivité ! » Gilles Perret

Il n’aura échappé à personne que lors de sa sortie en salles, l’histoire de LA FERME DES BERTRAND a été percutée de plein fouet par l’actualité. Cette dure réalité du monde agricole, Gilles Perret ne la nie évidemment pas, bien au contraire, mais avec ce documentaire, le cinéaste souhaitait témoigner d’une autre réalité, certes atypique et un peu exceptionnelle, celle de la famille Bertrand et de l’évolution de sa ferme au fil du temps.

« On a un attachement personnel à l’agriculture en France qui n’est pas mince et moi je l’avais sous-estimé ! » Gilles Perret

À travers les images de Marcel Trillat (1972) et celles de TROIS FRÈRES POUR UNE VIE (réalisé en 1997 par Gilles Perret) qui rythment ce nouveau documentaire, on perçoit parfaitement la manière dont les Bertrand ont réussi à préserver leur vie familiale et à mettre en place un outil de travail pérenne. Avec, il est vrai, un atout précieux, celui d’être situé dans l’appellation d’origine protégée Reblochon.

« Ni nostalgique, ni folklorique… » Marion Richoux

Par l’humilité de ses protagonistes et la force de leurs témoignages au fil du temps, LA FERME DES BERTRAND touche directement au cœur.

Difficile ainsi de rester insensible face à André quand il déclare notamment (en 1997) « c’est quand même une certaine réussite sur le plan économique, mais à part ça, c’est un échec sur le plan humain puisqu’on a su faire que ça ! ».

Il convient de saluer l’intelligence du montage de LA FERME DES BERTRAND qui remet en perspective certains de ces propos en montrant bien à quel point le travail d’André et de ses frères a permis à la ferme de perdurer et à leur famille de mieux vivre aujourd’hui, même si cette vie n’a rien d’un long fleuve tranquille… Ce que ne cesse malheureusement de nous rappeler, à juste titre, l’actualité.

Bonus ***
C’est un entretien croisé entre Gilles Perret et sa coscénariste Marion Richoux que nous propose Jour2Fête en bonus pour accompagner LA FERME DES BERTRAND. Un échange parfaitement complémentaire du film pour mieux en comprendre la genèse.

Le + Cin’Écrans
C’est au lendemain d’une belle avant-première de LA FERME DES BERTRAND au Festival du film de société de Royan que j’ai eu le privilège de rencontrer Gilles Perret et sa coscénariste Marion Richoux pour parler de ce documentaire à la fois très intime et universel dans ce qu’il raconte de notre monde et de la famille.

INTERVIEW GILLES PERRET & MARION RICHOUX

La crise, toujours et encore…
La crise, toujours et encore…

30 ans après sa sortie en salles, la comédie sociétale de Coline Serreau, portée par son réjouissant casting est toujours d’une actualité cruelle. Le film est agrémenté par deux passionnants entretiens avec la réalisatrice et son acteur principal Vincent Lindon.

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C’est toute la complexité et l’ambiguïté d’une relation fraternelle que nous invite à explorer Simon Rieth, avec ce premier long métrage en forme de conte estival fantastique. Une première œuvre étonnante et détonante dans le paysage cinématographique français. A (re)découvrir désormais en DVD …

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