Le successeur de Xavier Legrand. Audacieux et saisissant !

Le successeur de Xavier Legrand. Audacieux et saisissant !

LE SUCCESSEUR

Un film de Xavier Legrand
Scénario de Xavier Legrand

Avec Marc-André Grondin, Yves Jacques, Anne-Elisabeth Bossé…

Drame – 1h52 – France
Sorti en salles le 21 février 2024

Disponible en DVD & VOD – 16 juillet 2024 – Blaq Out

Image 16/9
Français 2.0 & 5.1
Audiodescription
Sous-titres pour sourds & malentendants

L’histoire 
Heureux et accompli, Ellias devient le nouveau directeur artistique d’une célèbre maison de Haute Couture française. Quand il apprend que son père, qu’il ne voit plus depuis de nombreuses années, vient de mourir d’une crise cardiaque, Ellias se rend au Québec pour régler la succession. Le jeune créateur va découvrir qu’il a hérité de bien pire que du coeur fragile de son père.

Le film ****
Il aura fallu patienter six ans avant de découvrir ce second long-métrage de l’acteur, scénariste et réalisateur Xavier Legrand. On imagine aisément la difficulté à transformer l’essai d’un film aussi puissant que JUSQU’À LA GARDE (5 César 2019 dont celui du meilleur film).
Xavier Legrand a pris son temps pour peaufiner ce nouveau film qui creuse le sillon du patriarcat.
Le réalisateur nous livre avec LE SUCCESSEUR, une passionnante réflexion sur le poids de l’héritage familial, en forme de drame psychologique intense.

Le film est d’autant plus réussi et efficace qu’il emprunte avec intelligence et pour mieux les détourner, les codes du thriller et du film de genre.

Dès son étonnant plan séquence d’ouverture, celui du défilé de mode dans un décor de spirale, le spectateur est happé par la puissance des images. Cette spirale vertigineuse est annonciatrice du chaos intérieur dans lequel Elias, son personnage principal, va être très rapidement entraîné.
C’est l’acteur canadien Marc-André Grondin qui incarne, avec le talent qu’on lui connait, ce personnage complexe, en pleine déroute morale. Le spectateur assiste lui, quasiment en apnée, à cette longue et éprouvante descente aux enfers.     

Curieusement passé inaperçu, ou presque, en salles l’hiver dernier, cet étonnant thriller anxiogène, aux allures de tragédie grecque, mérite pleinement cette seconde chance de le (re)découvrir en DVD ou VOD.

Bonus ***1/2
Making of

C’est un beau et long making-of de 48 minutes qui est proposé en complément du film sur le DVD.
Un témoignage passionnant à voir absolument dans la foulée de la projection du film pour en savoir plus sur les intentions de Xavier Legrand ainsi que sur les enjeux de tournage, de mise en scène et de travail pour ses principaux interprètes.

Robot dreams… Do you remember ?

Robot dreams… Do you remember ?

ROBOT DREAMS (Mon ami robot)

Un film de Pablo Berger
Scénario de Pablo Berger d’après le roman graphique écrit par Sara Varon en 2007, Robot dreams

Animation – 1h42 – Espagne/France
Sorti en salles le 27 décembre 2023

Disponible en BLU RAY, DVD & VOD – 24 juillet 2024 – Wild side vidéo

Image 16/9
Version originale DTS-HD Master audio 5.1
Audiodescription
Sous-titres pour sourds & malentendants

L’histoire 
DOG, vit à Manhattan et la solitude lui pèse. Un jour, il décide de construire un robot et ils deviennent alors les meilleurs amis du monde ! Par une nuit d’été, DOG avec grande tristesse, est obligé d’abandonner ROBOT sur la plage. Se reverront-ils un jour ?

Le film ****1/2
MON AMI ROBOT
fait partie de ces films que l’on n’attend pas forcément mais que l’on est ravi de découvrir, avec une seule envie en tête : partager son enthousiasme avec le plus grand nombre.

Précisons que c’est le nom de Pablo Berger, réalisateur de 3 autres films très originaux (TORREMOLINOS 73, BLANCANIEVES et ABRACADABRA) qui a aiguisé notre curiosité.
Bien nous en a pris, tant ce premier film d’animation du cinéaste espagnol s’avère atypique et inspiré. ROBOT DREAMS sorti en salles sous le titre français MON AMI ROBOT méritait bien plus que le succès d’estime qu’il y a rencontré. La séance de rattrapage s’impose donc à la maison.

Un bon conseil, passez outre l’aspect premier « simpliste » de l’animation. Il suffit de quelques minutes pour lui trouver beaucoup de richesse, de qualités et pour totalement se laisser embarquer par cette très touchante, mais jamais niaise, histoire d’amitié entre un chien et un robot.

L’absence totale de dialogues n’est absolument pas un problème, bien au contraire ! Elle participe même au charme fou procuré par le film et décuple la force des sentiments ressentis par le très attachant Dog et les spectateurs de ses mésaventures new-yorkaises.
Ce parti-pris gonflé n’étant évidemment pas sans rappeler BLANCANIEVES (2012), l’excellent second long métrage de Pablo Berger, lui aussi totalement muet.

Une des autres grandes réussites du film, et elles sont nombreuses, réside dans le fait que chacun(e) quel que soit son âge y trouvera son compte, d’autant que le réalisateur a truffé son film de clins d’œil réjouissants et de références, jamais pesantes ou intimidantes pour le spectateur.

Citons en premier lieu cette affiche du film YOYO de Pierre Etaix qui figure en bonne place dans l’appartement de Dog ou le rappel précis d’un plan mythique (celui du décor qui tombe) du film de Buster Keaton, LE CADET D’EAU DOUCE (Steamboat Bill Junior – 1928).

N’oublions pas non plus l’évocation, des 3 Petits cochons, du MAGICIEN D’OZ ou bien encore des jumelles diaboliques de SHINING.

Les plus attentifs pourront même, au détour d’une séquence, remarquer la présence furtive de la pochette de « Remain in light ». Un film d’animation qui cite (même discrètement) cet album majeur des Talking Heads ne peut être mauvais ! Il peut même être bon, voire excellent, d’autant justement que la bande son du film décline très habilement le fameux « September » d’Earth Wind & Fire, pour notre plus grand plaisir.

Bref ! Vous l’aurez compris, l’air de rien, ROBOT DREAMS fait partie de ces films à ne pas louper et dont le souvenir va vous accompagner un bon moment.
Nul doute que dans quelques années, vous fredonnerez encore « Do you remember ? » …

Bonus ****
– Les thèmes du film (Interview de Pablo Berger)  (5mn16)
– Retrouver le New York des années 80 (3mn55)
– Un film sans paroles (3mn27)
– La bande-son (5mn09)
– L’animation (7mn12)
– Qu’écoutait New York dans les 80’s ? (2mn11)
– Le son de New York des années 80 (6mn35)
– Dessiner New York (6mn48)
– De la prise de vue réelle à l’animation (5mn39)
– Film-annonce
– Deux cartes postales

En complément de cet excellent ROBOT DREAMS, son éditeur français Wild Side nous régale d’environ 45 minutes  de riches et passionnants entretiens, thématisés et richement illustrés, avec de nombreux membres de l’équipe du film : du scénariste réalisateur Pablo Berger à Sara Varon, auteur du roman graphique qui a inspiré le film en passant, entre autres, par Yuko Harami, responsable du repérage et montage musical, Ivan Labanda, directeur des voix, Benoît Feroumont, directeur de l’animation, Fabiola Ordoyo, sound designer ou bien encore Sandra Tapia, productrice exécutive…

L’Homme d’argile… Un film sculpté sur mesure pour Raphaël Thiéry

L’Homme d’argile… Un film sculpté sur mesure pour Raphaël Thiéry

L'HOMME D'ARGILE

Un film d’Anaïs Tellenne
Scénario d’Anaïs Tellenne

Avec Emmanuelle Devos, Raphaël Thiéry, Mireille Pitot, Marie-Christine Orry

Drame – Romance 1h31 – France
Sorti en salles le 24 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 16 juillet 2024 – Blaq Out
Image 16/9 – 1.90 – Noir et blanc
Français 2.0 & 5.1 DD digital
Sous-titres pour sourds & malentendants

 

L’histoire 
Raphaël n’a qu’un œil. Il est le gardien d’un manoir dans lequel plus personne ne vit. À presque 60 ans, il habite avec sa mère un petit pavillon situé à l’entrée du grand domaine bourgeois. Entre la chasse aux taupes, la cornemuse et les tours dans la Kangoo de la postière, les jours se suivent et se ressemblent. Par une nuit d’orage, Garance, l’héritière, revient dans la demeure familiale. Plus rien ne sera plus jamais pareil.

Le film ***
C’est en toute logique et convergence artistique que la réalisatrice Anaïs Tellenne et l’acteur Raphaël Thiéry se sont retrouvés, après 3 courts métrages en commun, pour donner naissance à L’HOMME D’ARGILE.

« Le film interroge cette question : Qu’est-ce que la beauté ? Profondément… » Anaïs Tellenne

Avec à ce premier long métrage, Anaïs Tellenne nous livre une œuvre atypique, un conte singulier et poétique dont elle assume pleinement l’artifice (à la manière de LA BELLE ET LA BÊTE de Jean Cocteau) tout en laissant une belle place pour l’émotion qui nait de la relation artistique entre ses deux personnages principaux.

A l’instar de Garance (excellente Emmanuelle Devos), Anaïs Tellenne pose un regard fasciné, plein de tendresse et contagieux sur Raphaël. Nul doute que cet HOMME D’ARGILE n’existerait pas sans la présence du magnétique Raphaël Thiéry. Espérons maintenant que sa composition puissante et fragile à la fois, incite d’autres cinéastes à lui écrire d’autres rôles à sa démesure.

Grâce à son atmosphère insolite et à la générosité de Raphaël Thiery qui s’abandonne totalement devant la caméra sensuelle d’Anaïs Tellenne, cet HOMME D’ARGILE mérite pleinement votre curiosité et une seconde chance, après une sortie trop discrète en salles.

Bonus ***
LE MAL BLEU, court métrage d’Anaïs Tellenne et Zoran Boukherma avec Sylvie Le Clanche & Raphaël Thierry (15 min)

Enregistrement de la musique originale d’Amaury Chabauty par l’Orchestre Symphonique de Budapest (15 min)

Deux scènes inédites (Hôpital – Mai) commentées par la réalisatrice (6 min)

Le + Cin’Écrans
C’est en octobre dernier, dans le cadre chaleureux du Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz, que nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer Anaïs Tellenne, Raphaël Thiéry et Emmanuelle Devos.

L’occasion de parler avec la réalisatrice et ses deux principaux comédiens de la genèse de ce premier long-métrage, de leur travail sur la sculpture, la question de la beauté et celle pour un comédien de se retrouver dans la position d’une muse…

INTERVIEW ANAÏS TELLENNE, RAPHAËL THIÉRY & EMMANUELLE DEVOS

Daaaaaali ! Entre rêves et « Réalité »

Daaaaaali ! Entre rêves et « Réalité »

DAAAAAALI !

Un film de Quentin Dupieux
Scénario de Quentin Dupieux
Avec Anaïs Demoustier, Jonathan Cohen, Edouard Baer, Gilles Lellouche, Pio Marmaï, Didier Flamand, Romain Duris, Agnès Hurstel, Marc Fraize, Johan Dionnet, Jérôme Niel…
Comédie – 1h18 (Blu ray) 1h14 (DVD) – France
Sorti en salles le 7 février 2024

Disponible en DVD & VOD – 18 juin 2024 – Diaphana
Version française DD 5.1 & 2.0
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire 
Une journaliste française rencontre Salvador Dali à plusieurs reprises pour un projet de documentaire.

Le film ***1/2
Inutile d’être un.e aficionado de l’œuvre de Salvador Dali pour prendre du plaisir avec DAAAAAALI ! Si à travers son film, un sens du détail et une direction artistique forte, Quentin Dupieux rend un hommage réel mais non appuyé à l’univers surréaliste de Salvador Dali, c’est plus à sa personnalité publique, hors-normes, qu’à son œuvre que le film est dédié. 

Comme à son habitude, et par peur d’ennuyer le spectateur, le cinéaste délivre un film rythmé et court (1h17) même s’il ose étirer certains gags et quelques scènes, comme ses géniales séquences de fin et d’ouverture. Avec cette séquence du couloir d’hôtel, Quentin Dupieux pose très clairement le ton et les intentions de son film. Inutile d’aller plus loin si vous n’adhérez pas à cette proposition, à ce délire, semble nous dire le cinéaste…

Certes, la totalité du film n’est pas de cet acabit mais la proposition est suffisamment singulière et traversée d’idées baroques, originales pour y prendre un plaisir souvent jubilatoire. Si vous avez été sensibles à l’humour de comédies surréalistes comme RÉALITÉ ou INCROYABLE MAIS VRAI, vous devriez y trouver votre compte.

Si les six interprètes de l’artiste espagnol ne bénéficient pas tous de la même attention ou ampleur scénaristique (on peine ainsi à se souvenir de la présence de Gilles Lellouche), les partitions d’Édouard Baer & Jonathan Cohen suffisent à notre bonheur. Les deux acteurs s’en donnent à cœur joie et composent à eux seuls de multiples facettes du fantasque artiste catalan.

Dirigée pour la quatrième fois par Quentin Dupieux (après AU POSTE !, INCROYABLE MAIS VRAI et FUMER FAIT TOUSSER), Anaïs Demoustier, quant à elle, se fond une nouvelle fois et avec une gourmandise non dissimulée dans l’univers si singulier du cinéaste.

Elle incarne dans DAAAAAALI ! une journaliste malmenée par les humeurs et la folie douce de Dali.  Leurs multiples confrontations sont autant de raisons de nous ravir, tant la comédie réussit à cette remarquable actrice, décidemment à l’aise dans tous les registres.  

Bonus ****
Entretien avec Quentin Dupieux, Jonathan Cohen, Edouard Baer (17mn35)
Daaaaaalí à la plage : extrait du documentaire Filmer fait penser réalisé par Charles Bosson (6mn18)
Rencontre avec Salvador Dalí : réalisé par Pierre Jourdan (archive INA 1971 – 10mn40)

Outre un teaser original et une bande annonce, Diaphana nous régale de 3 autres bonus bienvenus.

Le premier est la captation d’une « Cinexpérience » de SensCritique, Un événement au cours duquel des contributeurs du site sont invités à échanger avec l’équipe d’un film suite à sa projection. En l’occurrence, ce sont Quentin Dupieux, Édouard Baer et Jonathan Cohen qui se prêtent avec humour et bonne grâce aux questions des spectateurs.

Le second supplément est un extrait de l’excellent documentaire FILMER FAIT PENSER de Charles Bosson, consacré au tournage de 3 scènes de DAAAAAALI ! (Celles de la plage), en janvier 2023. Un documentaire passionnant à découvrir en intégralité sur myCanal, si vous êtes abonnés.

Troisième bonus et non des moindres !  La rencontre annoncée avec Salvador Dali est en fait une archive précieuse de l’INA. Une émission, dont le titre à lui seul est déjà tout un programme, JE SUIS FOU DE DALI (corrida en 3 actes) qui est en fait une interview surréaliste, drôle et touchante en 3 parties, Dali faisant mine de quitter le plateau à 2 reprises avant de revenir s’asseoir.

Et quand il fait son retour, c’est bien évidemment pour ne pas répondre aux questions de la géniale et imperturbable Denise Glaser. Cette fameuse animatrice et productrice des années 60-70, sans aucun doute une des meilleures intervieweuse de l’époque, joue ici pleinement le jeu avec le fantasque Dali. Un grand moment de télé qu’on est ravi de re(découvrir) ici, comme un parfait complément à la comédie de Quentin Dupieux.

Les lueurs d’Aden – “L’Événement” au Yémen

Les lueurs d’Aden – “L’Événement” au Yémen

LES LUEURS D'ADEN

Un film de Amr Gamal
Scénario de Amr Gamal & Mazen Refaat
Avec Khaled Hamdan, Abeer Mohammed, Samah Alamrani…
Drame – 1h31 – Yémen – Soudan – Arabie saoudite
Sorti en salles le 31 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 18 juin 2024 – Blaq out
Version originale arabe sous-titrée en français – Dolby digital 2.0 & 5.1

L’histoire 
Isra’a vit avec son mari Ahmed et ses trois enfants dans le vieux port de la ville d’Aden, au sud du Yémen. Leur vie quotidienne est rythmée par les effets de la guerre civile : contrôles militaires dans les rues, pannes de courant fréquentes, et rationnement de l’eau. Ahmed, qui travaillait pour la télévision, a dû quitter son poste à la suite de nombreux salaires impayés, pour devenir chauffeur. Ils ont à peine de quoi offrir à leurs enfants une vie normale et une bonne éducation.

Quand Isra’a apprend qu’elle est à nouveau enceinte, le couple doit faire face à une nouvelle crise. Ils savent tous les deux qu’ils ne peuvent pas se permettre un quatrième enfant, d’autant qu’ils doivent déménager dans un logement moins cher et qu’il faut payer les frais d’inscription d’école. Ensemble, ils décident d’avorter. Une amie médecin va peut-être les aider….

Le film ***1/2
Avec LES LUEURS D’ADEN, son second long métrage, inspiré de faits réels, le cinéaste yéménite Amr Gamal s’attaque de front au sujet tabou de l’avortement et nous livre une remarquable chronique sociale et politique.

Sur un rythme très posé, qui aurait pu confiner à l’ennui, le réalisateur parvient à capter toute notre attention et à nous captiver avec ce récit poignant autour de la question de l’interruption volontaire de grossesse quand elle se confronte aux instances et aux principes religieux. Saluons aussi sa volonté de traiter ce sujet de l’avortement, souvent évoqué du seul point de vue féminin, à travers celui d’une famille entière.

Pour filmer la ville d’Aden, le cinéaste a judicieusement adopté une approche quasi documentaire. On sent parfaitement sa volonté de témoigner pour les générations futures du quotidien d’un pays et de l’intense fragilité d’une ville en plein chaos.

Le spectateur ressent ainsi viscéralement combien la vie quotidienne est encore très compliquée au Yémen, un pays qui sort tout juste de huit années d’une terrible guerre civile. Un quotidien marqué par une inflation folle, le rationnement de l’eau, des abus de pouvoir, des services médicaux et hospitaliers soumis à l’arbitraire…

Amr Gamal porte un regard jamais manichéen et toujours à juste distance sur ses personnages principaux, à commencer évidement par ce couple qui affronte un véritable parcours du combattant pour aboutir à ses fins.

Un autre personnage s’avère complexe et passionnant à suivre, c’est celui de Muna, leur amie médecin tiraillée entre sa conviction intime et son désir d’aider le couple dont elle désapprouve la démarche.

LES LUEURS D’ADEN
a été, l’hiver dernier, le premier film de fiction yéménite à être distribué en France. Ne le laissez pas passer, d’autant qu’il vous est désormais proposé à domicile…

Bonus ***1/2
Amr Gamal in conversation with Ali Bin Amer – Entretien avec le cinéaste Amr Gamal (26mn47)

Un bel échange entre Amr Gamal et Ali Bin Amer, habitant d’Aden et collègue du personnage qui a inspiré le protagoniste du film, est proposé en bonus de ce second long métrage du cinéaste.

Filmé dans sa maison familiale, qui a servi de décor au film, le réalisateur revient évidemment sur le thème principal de son film, à savoir l’avortement pour raisons économiques.

Il évoque également la crise majeure traversée par son pays après 8 années de guerre, sans oublier de revenir sur le tournage du film, sur l’importance cruciale de filmer la ville et sur la place des femmes dans la société yéménite.

Enfin, on y apprend que LES LUEURS D’ADEN n’a pas encore été montré à Aden, ville dont les cinémas ont été détruits après la guerre de 1994.
En effet, Amr Gamal a fait le choix d’attendre la restauration, sous l’égide de l’UNESCO, de l’ancien cinéma Arwa, pour y proposer la première du film dans le pays.
L’idée étant d’apporter un impact significatif à la scène culturelle locale et contribuer également à redonner vie à un véritable cinéma à Aden. C’est tout le bien que l’on souhaite au cinéaste et aux habitants d’Aden.