L’enfant du paradis, un premier long très prometteur

L’enfant du paradis, un premier long très prometteur

L'ENFANT DU PARADIS

Un film de Salim Kechiouche
Scénario de Salim Kechiouche & Amel Bedani
Avec Salim Kechiouche, Nora Arnezeder, Hassane Alili, Naidra Ayadi, Kevin Mischel, Pascale Arbillot, Zinedine Soualem…
Drame – 1h12 – France
Sorti en salles le 6 décembre 2023

Disponible en DVD & VOD – 4 juin 2024 – La vingt cinquième heure
Version française – Dolby 2.0 & 5.1 – Sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire 
Après une traversée du désert dans sa carrière de comédien, Yazid voit enfin se profiler le bout du tunnel. Sobre depuis six mois, il veut montrer à sa nouvelle fiancée et à Hassan, son fils de 16 ans, qu’il est maintenant un autre homme. Mais en quelques jours, les vieux démons resurgissent…

Le film ***1/2
Avec ce premier long-métrage (accompagné en bonus de son 1er court NOS GÊNES, réalisé en 2020), Salim Kechiouche nous livre un premier film âpre et fiévreux. Une belle promesse de cinéma, en forme de tragédie, dont on espère qu’elle lui donnera l’opportunité d’affirmer à nouveau prochainement sa nouvelle identité d’acteur-réalisateur.

A travers L’ENFANT DU PARADIS, un beau titre évidemment ironique, Salim Kechiouche fait le récit sans concessions d’une descente aux enfers, celle d’un homme qui a tenté de faire le deuil de son enfance, notamment à travers le jeu et une carrière de comédien, sans jamais vraiment parvenir à trouver son équilibre de vie.

Dans un temps court (le film dure tout juste 1H12) et avec une approche quasi documentaire, le réalisateur réussit à traiter de nombreuses questions, celle de la famille, du couple, de la  légitimité professionnelle ou bien encore de la quête identitaire…

Si Yazid est incarné avec beaucoup de conviction et de talent par Salim Kechiouche lui-même (dont on sent bien que ce personnage a été nourri en partie par sa propre expérience), il convient de saluer le reste du casting qui l’a accompagné avec générosité dans cette aventure du premier long à commencer par la trop rare Nora Arnezeder et les toujours impeccables Pascale Arbillot et Zinedine Soualem

S’il n’évite pas quelques maladresses, notamment scénaristiques, Salim Kechiouche touche néanmoins au cœur avec cette première œuvre organique, à la fois douce et percutante. L’ENFANT DU PARADIS est un film qui témoigne, à travers sa mise en scène inspirée, du véritable amour de son auteur pour le cinéma. Espérons qu’il le lui rendra bien à l’avenir…   

Bonus ***1/2
Court-métrage : NOS GÈNES de Salim Kechiouche (17mn)

Comédien et éducateur, Karim n’est abordé que pour des rôles caricaturaux. En études, la question des discriminations est abordée par les enfants. Le soir, à une projection de LAWRENCE D’ARABIE, Karim est troublé par l’entrée d’un homme arabe et affublé de gros sacs…

Avant de s’atteler à son premier long métrage, Salim Kechiouche s’est donc essayé avec talent au court métrage avec NOS GÊNES, judicieusement proposé par La vingt cinquième heure (distributeur et éditeur du film) en supplément à L’ENFANT DU PARADIS sur son DVD.

Un premier essai transformé et réussi, porté par un scénario original et ses principaux interprètes Sara Forestier, Bellamine Abdelmalek et Benjamin Siksou

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…

C’est un très riche programme que nous propose le festival du Film Francophone d’Angoulême cette années encore. Diane Kruger présidera le jury de cette 18e édition du festival qui célébrera pour son ouverture le 25 août prochain, La femme la plus riche du monde…

lire plus
La ferme des Bertrand, 50 ans d’une riche vie de labeur !  

La ferme des Bertrand, 50 ans d’une riche vie de labeur !  

LA FERME DES BERTRAND

Un film de Gilles Perret
Scénario de Gilles Perret & Marion Richoux
Documentaire – 1H29 – France
Sorti en salles le 31 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 4 juin 2024 – Jour2Fête

Image : 16/9 – Son : français 2.0 et 5.1
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres anglais

L’histoire 
50 ans dans la vie d’une ferme… Haute Savoie, 1972 : la ferme des Bertrand, exploitation laitière d’une centaine de bêtes tenue par trois frères célibataires, est filmée pour la première fois. En voisin, le réalisateur Gilles Perret leur consacre en 1997 son premier film, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main. A travers la parole et les gestes des personnes qui se sont succédé, le film dévoile des parcours de vie bouleversants où travail et transmission occupent une place centrale : une histoire à la fois intime, sociale et économique de notre monde paysan.

Le film ****
Avec LA FERME DES BERTRAND, Gilles Perret signe sans aucun doute son film le plus réussi et son plus personnel. Et pour cause, il est voisin des Bertrand et de leur ferme depuis sa plus tendre enfance.

« Je revendique zéro distance critique et la subjectivité ! » Gilles Perret

Il n’aura échappé à personne que lors de sa sortie en salles, l’histoire de LA FERME DES BERTRAND a été percutée de plein fouet par l’actualité. Cette dure réalité du monde agricole, Gilles Perret ne la nie évidemment pas, bien au contraire, mais avec ce documentaire, le cinéaste souhaitait témoigner d’une autre réalité, certes atypique et un peu exceptionnelle, celle de la famille Bertrand et de l’évolution de sa ferme au fil du temps.

« On a un attachement personnel à l’agriculture en France qui n’est pas mince et moi je l’avais sous-estimé ! » Gilles Perret

À travers les images de Marcel Trillat (1972) et celles de TROIS FRÈRES POUR UNE VIE (réalisé en 1997 par Gilles Perret) qui rythment ce nouveau documentaire, on perçoit parfaitement la manière dont les Bertrand ont réussi à préserver leur vie familiale et à mettre en place un outil de travail pérenne. Avec, il est vrai, un atout précieux, celui d’être situé dans l’appellation d’origine protégée Reblochon.

« Ni nostalgique, ni folklorique… » Marion Richoux

Par l’humilité de ses protagonistes et la force de leurs témoignages au fil du temps, LA FERME DES BERTRAND touche directement au cœur.

Difficile ainsi de rester insensible face à André quand il déclare notamment (en 1997) « c’est quand même une certaine réussite sur le plan économique, mais à part ça, c’est un échec sur le plan humain puisqu’on a su faire que ça ! ».

Il convient de saluer l’intelligence du montage de LA FERME DES BERTRAND qui remet en perspective certains de ces propos en montrant bien à quel point le travail d’André et de ses frères a permis à la ferme de perdurer et à leur famille de mieux vivre aujourd’hui, même si cette vie n’a rien d’un long fleuve tranquille… Ce que ne cesse malheureusement de nous rappeler, à juste titre, l’actualité.

Bonus ***
C’est un entretien croisé entre Gilles Perret et sa coscénariste Marion Richoux que nous propose Jour2Fête en bonus pour accompagner LA FERME DES BERTRAND. Un échange parfaitement complémentaire du film pour mieux en comprendre la genèse.

Le + Cin’Écrans
C’est au lendemain d’une belle avant-première de LA FERME DES BERTRAND au Festival du film de société de Royan que j’ai eu le privilège de rencontrer Gilles Perret et sa coscénariste Marion Richoux pour parler de ce documentaire à la fois très intime et universel dans ce qu’il raconte de notre monde et de la famille.

INTERVIEW GILLES PERRET & MARION RICHOUX

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…

C’est un très riche programme que nous propose le festival du Film Francophone d’Angoulême cette années encore. Diane Kruger présidera le jury de cette 18e édition du festival qui célébrera pour son ouverture le 25 août prochain, La femme la plus riche du monde…

lire plus
Un silence… Assourdissant !

Un silence… Assourdissant !

UN SILENCE

Drame – 1h36 – 2023 – France
Réalisation : Joachim Lafosse
Scénario : Joachim Lafosse et Thomas Van Zuylen
Avec Daniel Auteuil, Emmanuelle Devos, Matthieu Galoux

Sorti en salles le 10 janvier 2024

Disponible en DVD & VOD – 21 mai 2024 – Blaq Out

Image : 16/9 – Son : français Dolby Digital 2.0 et 5.1
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Silencieuse depuis 25 ans, Astrid la femme d’un célèbre avocat voit son équilibre familial s’effondrer lorsque ses enfants se mettent en quête de justice.

Le film ****
Librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en Belgique il y a quelques années, UN SILENCE, 10e long-métrage de l’excellent Joachim Lafosse (ÉLÈVE LIBRE, LES INTRANQUILLES…) est sans aucun doute l’un de ses plus puissants.

A travers le parcours et les atermoiements du personnage d’Astrid, remarquablement incarné par Emmanuelle Devos, le cinéaste belge dissèque avec la juste distance, le poids du déni, les mécanismes de la honte et du silence et celui qui va finalement mener cette femme confrontée à l’inconcevable, à enfin affronter la terrible réalité.
Daniel Auteuil livre ici l’une de ses plus grandes compositions. On imagine sans peine la complexité à endosser le costume d’un tel personnage (le rôle a été refusé par de nombreux comédiens). Il nous rappelle quel immense acteur il est quand on lui offre un rôle riche, et c’est clairement le cas dans UN SILENCE avec ce personnage terrifiant et manipulateur.  

Joachim Lafosse ne pose aucun jugement moral sur cette famille dysfonctionnelle mais il pratique une autopsie subtile et troublante d’une déviance dévastatrice et de ses dommages collatéraux.
Le réalisateur évite avec une grande intelligence tous les pièges et surtout toute facilité voyeuriste pour nous livrer un film poignant et marquant, à la mise en scène épurée.

UN SILENCE nous interroge, toutes et tous, sur le poids du déni et de nos silences, parfois complices. Si sa vision s’avère parfois éprouvante pour le spectateur, il n’en reste pas moins que durant une heure et demie, notre regard et notre esprit sont happés par ce thriller psychologique glaçant à souhait, qui ne laisse pas une seconde de répit au cerveau pour vagabonder.

Bonus ****
Entretien avec Joachim Lafosse (29mn14)
Commentaires de séquences : La voiture (3mn) – La maison (1mn30)

Écouter Joachim Lafosse parler de son travail, avec l’humilité qui le caractérise est toujours un plaisir.
Et pour la sortie DVD d’UN SILENCE, son éditeur Blaq Out nous offre une demi-heure d’un entretien passionnant avec le réalisateur Belge. Joachim Lafosse revient, entre autres et longuement, sur la genèse de ce projet et de son rapport très intime avec un autre de ses films ÉLÈVE LIBRE, sorti en 2008.
Nous vous conseillons également le second bonus qui consiste en un commentaire pertinent du réalisateur autour de deux séquences importantes du film, et sur le sens que le cinéaste leur donne.

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…

C’est un très riche programme que nous propose le festival du Film Francophone d’Angoulême cette années encore. Diane Kruger présidera le jury de cette 18e édition du festival qui célébrera pour son ouverture le 25 août prochain, La femme la plus riche du monde…

lire plus
Une affaire d’honneur, de cape et d’épée pour Vincent Perez

Une affaire d’honneur, de cape et d’épée pour Vincent Perez

UNE AFFAIRE D'HONNEUR

Drame – Historique – 1h41 (Blu ray) 1h37 (DVD) – 2023 – France
Réalisation :  Vincent Perez
Scénario : Vincent Perez & Karine Silla
Avec Roschdy Zem, Doria Tillier, Damien Bonnard, Guillaume Gallienne, Vincent Perez,

Sorti en salles le 27 décembre 2023

Disponible en Blu ray & DVD– 2 mai 2024 – Gaumont

Image : 16/9 – Son : français DTS HD 2.0 et 5.1
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants – sous titres anglais

L’histoire
Paris 1887. À cette époque, seul le duel fait foi pour défendre son honneur. Clément Lacaze, charismatique maître d’armes se retrouve happé dans une spirale de violence destructrice. Il rencontre Marie-Rose Astié, féministe en avance sur son époque, et décide de lui enseigner l’art complexe du duel. Ils vont faire face aux provocations et s’allier pour défendre leur honneur respectif.

Le film ***1/2
Ce quatrième long-métrage coécrit et réalisé par Vincent Perez apparait comme une sorte d’évidence dans son parcours, l’acteur – réalisateur ayant fait ses armes dans les combats à l’épée, au sabre ou au fleuret dans des films comme LA REINE MARGOT (1993), LE BOSSU (1997), FANFAN LA TULIPE (2003), DEMAIN DÈS L’AUBE (2008) ou J’ACCUSE (2019).

Avec UNE AFFAIRE D’HONNEUR dont il cosigne le scénario avec Karine Silla, Vincent Perez nous offre un film d’époque extrêmement bien reconstitué et très soigné dans sa forme avec notamment un remarquable travail de sa directrice de la photographie Lucie Baudinaud.

Grâce à la précision de ses chorégraphies des combats, UNE AFFAIRE D’HONNEUR renoue pour notre plus grand plaisir avec la tradition du film de cape et d’épée.
Vincent Perez y pointe néanmoins l’absurdité du concept de duel d’honneur tout en resituant judicieusement son propos dans le contexte social de l’époque. Ainsi le personnage de Marie-Rose Astié, incarné avec conviction par Doria Tillier, impose déjà une détermination féministe à l’aube du XVIIIIe siècle.

Saluons également le reste du casting avec à sa tête Roschdy Zem, décidément à l’aise dans tous les registres, qui donne toute sa force à ce drame historique dont les duels nombreux et variés nous tiennent parfaitement en haleine.

Bonus ***1/2
Entretien avec Vincent Perez, réalisateur (34mn18)
Entretien avec Michel Carliez, chorégraphe de combats et coordinateurs de cascades (24mn42)
Bande annonce

2 copieux entretiens complètent parfaitement le visionnage d’UNE AFFAIRE D’HONNEUR.
Au cours du premier, l’acteur – réalisateur – scénariste Vincent Perez revient notamment sur la genèse de son film et sur son travail devant et derrière la caméra, à travers de nombreuses anecdotes de tournage.
Le second module est consacré à un passionnant échange avec Michel Carliez, fidèle complice de Vincent Perez depuis leur première rencontre sur le tournage du CYRANO DE BERGERAC, de Jean-Paul Rappeneau.  
Le chorégraphe des combats et coordinateurs des cascades de ce film dont le titre initial était MAÎTRE D’ARMES, revient en particulier sur les enjeux de la préparation et l’important travail réalisé avec les comédiens autour des séquences de combats et de duels.

Le + Cin’Écrans
C’est en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême que Vincent Perez et sa coscénariste Karine Silla nous ont révélés les dessous d’UNE AFFAIRE D’HONNEUR et de son tournage épique.

INTERVIEW VINCENT PEREZ & KARINE SILLA

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…

C’est un très riche programme que nous propose le festival du Film Francophone d’Angoulême cette années encore. Diane Kruger présidera le jury de cette 18e édition du festival qui célébrera pour son ouverture le 25 août prochain, La femme la plus riche du monde…

lire plus
L’innocence retrouvée et bouleversante de Hirokazu Kore-Eda  

L’innocence retrouvée et bouleversante de Hirokazu Kore-Eda  

L' INNOCENCE (Monster)

Drame – Thriller – 2h06 (Blu ray) 2h02 (DVD) – 2023 – Japon
Réalisation :  Hirokazu Kore-Eda
Scénario : Yûji Sakamoto
Avec Sakura Andô, Eita Nagayama, Soya Kurokawa…

Sorti en salles le 27 décembre 2023
Disponible en Blu ray & DVD– 1er mai 2024 – Le Pacte

Image : 16/9 – Son : Japonais – français Dolby Audio DD 5.1
Audiodescription pour les aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Le comportement du jeune Minato est de plus en plus préoccupant. Sa mère, qui l’élève seule depuis la mort de son époux, décide de confronter l’équipe éducative de l’école de son fils. Tout semble désigner le professeur de Minato comme responsable des problèmes rencontrés par le jeune garçon. Mais au fur et à mesure que l’histoire se déroule à travers les yeux de la mère, du professeur et de l’enfant, la vérité se révèle bien plus complexe et nuancée que ce que chacun avait anticipé au départ…

Le film *****
Après un détour par la Corée pour LES BONNES ÉTOILES, son précédent long-métrage, Hirokazu Kore-Eda était de retour au Japon pour nous offrir, en 2023, ce film remarquablement écrit, sensible et surprenant.

C’est la première fois, depuis son premier long métrage MABOROSI en 1995 que Hirokazu Kore-Eda réalise un film dont il n’a pas écrit le scénario. Alors que L’INNOCENCE pouvait prétendre à bien d’autres récompenses, c’est le prix du scénario (un script magnifique et labyrinthique, signé Yûji Sakamoto) que le jury présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund (2 palmes d’or pour THE SQUARE et SANS FILTRE) lui a attribué à Cannes l’an passé.

L’INNOCENCE a également valu au cinéaste japonais la Queer Palm 2023. Une récompense plus que méritée mais qui peut paraitre étonnante au premier abord, tant le cœur du film, sa véritable raison d’être (qui lui a valu ce prix) est abordé subtilement mais tardivement dans le film.
Il faut dire que le réalisateur prend son temps et a choisi de nous raconter l’histoire du jeune Minato à travers trois points de vue successifs et trois regards, celui de sa mère, de son enseignant et de l’enfant lui-même. Trois regards qui se croisent, se complètent et se contredisent pour notre plus grand plaisir de spectateur.

L’INNOCENCE est un film profondément délicat et bouleversant qui nous cueille littéralement. Une œuvre intense, transcendée par une mise en scène subtile et sans esbroufe, que l’on ne peut que conseiller aux inconditionnels de RASHÔMON (1952) d’Akira Kurosawa, pour sa forme atypique ou de STAND BY ME (1986) de Rob Reiner, pour son magnifique regard porté sur l’enfance.

A noter enfin et même si ce n’est pas le principal argument pour découvrir L’INNOCENCE, que sa musique est signée Ryūichi Sakamoto.
On doit à ce génial compositeur disparu en mars dernier quelques somptueuses bandes originales comme celles, entre autres, de FURYO, LE DERNIER EMPEREUR (qui lui vaut l’Oscar de la meilleure musique originale en 1988) ou THE REVENANT.
L’INNOCENCE qui est le dernier film dont il ait composé la bande originale lui est évidemment dédié.

Bonus ****
Entretien avec Hirokazu Kore-Eda (8mn)
Making-of (1h06)
Les coulisses du tournage (7mn)

C’est un copieux menu de bonus qui nous est proposé en accompagnement du film avec un riche making-of de plus d’une heure, introduit par des images de la présentation cannoise du film et un entretien d’une petite dizaine de minutes avec Hirokazu Kore-Eda.
Le cinéaste y revient notamment sur le thème de l’homosexualité, son travail avec les enfants et sur sa collaboration tardive avec le génial Ryūichi Sakamoto qui lui a composé deux thèmes pour le film. Le reste de la BO étant composée de musiques figurant sur un album existant du musicien.

Enfin, plus anecdotique, le module « Coulisses de tournage » propose en alternance quelques scènes coupées et une série de « claps » par l’équipe du film.

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…

C’est un très riche programme que nous propose le festival du Film Francophone d’Angoulême cette années encore. Diane Kruger présidera le jury de cette 18e édition du festival qui célébrera pour son ouverture le 25 août prochain, La femme la plus riche du monde…

lire plus