Interview – Le test – Emmanuel Poulain-Arnaud, Chloé Barkoff-Gaillard & Matteo Perez

Interview – Le test – Emmanuel Poulain-Arnaud, Chloé Barkoff-Gaillard & Matteo Perez

« Avec Noé Debré, on a beaucoup pensé à La Crise de Coline Sereau… » Emmanuel Poulain-Arnaud

Emmanuel Poulain-Arnaud signe avec Le test, une comédie familiale trépidante, particulièrement bien écrite. L’ensemble de son excellent casting est porté par l’énergie et la fougue d’Alexandra Lamy, géniale en mère débordée qui redécouvre, en même temps que les petits secrets de ses enfants, le sens de sa vie…

C’est en novembre dernier, lors du Festival du film de Sarlat, au cours duquel LE TEST a reçu le Prix des lycéens, que j’ai eu le plaisir de rencontrer le réalisateur et deux des jeunes comédiens du film Chloé Barkoff-Gaillard et Matteo Perez.

Music & Cinéma à Aubagne et en ligne
Music & Cinéma à Aubagne et en ligne

La 22eme édition du Festival Music & Cinema débute ce lundi 31 mai. Jusqu’au 5 juin, plus de 80 séances sont à découvrir en salles, avant la poursuite du festival par une version digitale qui se tiendra du 7 au 12 juin… Demandez le programme !

lire plus
En salle – C’est toi que j’attendais – Porteur d’espoir(s)

En salle – C’est toi que j’attendais – Porteur d’espoir(s)

- C'est toi que j'attendais -

C’EST TOI QUE J’ATTENDAIS de Stéphanie Pillonca
Documentaire 2021 – 1H27
Sortie en salles le 22 décembre 2021

C’est toi que j’attendais nous plonge dans l’intimité de couples qui souhaitent adopter un enfant et attendent impatiemment l’appel qui fera basculer leurs vies. Mais c’est aussi l’histoire d’Alexandra qui recherche par tous les moyens son fils né sous X, ou Sylvian qui se bat chaque jour pour retrouver sa mère biologique. Des parcours de vie riches en émotion qui nous interrogent sur la quête d’identité et sur l’amour…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Stéphanie Pillonca a rencontré 400 personnes avant de se lancer dans le tournage de son nouveau documentaire pour, au final, se focaliser sur quatre parcours, quatre trajectoires personnelles.
Avec ce récit habilement entremêlé de deux couples adoptants, une femme qui a accouché sous X et un homme né sous X, le spectateur a le temps de mieux comprendre toutes les problématiques et  des enjeux, très différents les uns des autres. Résultat, quatre portraits bouleversants d’hommes et de femmes en quête d’amour à donner ou redonner…

2/ Grâce à sa remarquable bienveillance et à son sens de l’écoute, déjà au cœur de ses précédents documentaires (JE MARCHERAI JUSQU’A LA MER ou LAISSEZ-MOI AIMER, entre autres), la réalisatrice nous plonge, avec une pudeur extrême au cœur de l’intime, sans l’artifice de commentaires en voix off. Elle préfère laisser la parole à ses témoins-acteurs de leur vie, s’exprimer sur leurs désirs, leurs doutes, voir leurs peurs de ne pas aboutir dans leur quête…
C’est beau, très touchant et porteur d’espoir(s), malgré les embûches.

3/
Les quatre récits, captés par un tournage au long cours de 9 mois, touchent le spectateur en plein cœur. On se souviendra longtemps du regard de certains des protagonistes du film comme celui de Lucile et Franck, quand ils découvrent enfin le visage de leur petite fille… (On songe beaucoup sur cette séquence au magnifique PUPILLE de Jeanne Herry). Et je défie quiconque de « résister » à une séquence aussi bouleversante que celle de l’échange troublant entre Sylvian et sa mère adoptive… Ce qui se joue à ce moment-là, entre eux, dépasse tous les mots.

De film en film, Stéphanie Pillonca affirme, à la fois, un vrai sens du cinéma, du récit mais aussi et une curiosité et une confiance absolue dans l’être humain. Ce n’est malheureusement pas si commun que cela. FLEUR DE TONNERRE, son premier et unique film de fiction a été réalisé en 2016. Il serait temps que la réalisatrice puisse enfin mettre à nouveau toutes ses qualités au service d’une nouvelle fiction pour le cinéma 😊

En salle – La panthère des neiges – (En)quête) introspective

En salle – La panthère des neiges – (En)quête) introspective

- La panthère des neiges -

LA PANTHERE DES NEIGES de Marie Amiguet et Vincent Munier avec Vincent Munier et Sylvain Tesson
Documentaire 2021 – 1H32
Sortie en salles le 15 décembre 2021

Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde.

LA PANTHERE DES NEIGES faisait partie de la nouvelles section « Cinéma pour le climat » dans le cadre de la sélection officielle du Festival international du film de Cannes 2021.  

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec la complicité amusée du photographe Vincent Munier, Sylvain Tesson nous fait partager sa découverte des sublimes paysages sauvages du haut Tibet, à la recherche de la fameuse panthère des neiges.
Cette quête de l’animal par le photographe serein et l’écrivain impatient est aussi l’occasion d’une belle introspection pour ses protagonistes et le spectateur, tant Marie Amiguet et Vincent Munier, coréalisateurs du film, savent donner du temps au temps, sans jamais nous ennuyer. On redécouvre le plaisir de la découverte d’un monde qui semble figé dans le temps. Au fil de ce somptueux documentaire, on se rend bien compte que ce n’est pas véritablement le cas et que la vie y est très présente et puissante…

2/ Si le propos global et le traitement du film est très différent, on peut rapprocher LA PANTHERE DES NEIGES du documentaire de Cyril Dion ANIMAL, sur au moins un point ! Pour continuer à bénéficier de la beauté et des bienfaits de notre planète, apprenons à mieux la regarder et à la partager. L’Homme n’y est qu’un animal, parmi tant d’autres… Ne l’oublions pas !

3/
Pour la magnifique musique de Warren Elis & Nick Cave. Après avoir déjà signé près d’une quinzaine de bandes originales de film, les deux musiciens australiens nous livrent une BO somptueuse qui sait à la fois se fondre dans les paysages magnifiques du film mais aussi s’octroyer quelques moments de bravoure comme le sublime We are not alone…

En salle – Les choses humaines – Points de vue…

En salle – Les choses humaines – Points de vue…

- Les choses humaines -

LES CHOSES HUMAINES de Yvan Attal avec Ben Attal, Suzanne Jouannet, Charlotte Gainsbourg, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, Pierre Arditi, Mathieu Kassovitz, Audrey Dana…
Drame 2020 – 2H18
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Un jeune homme est accusé d’avoir violé une jeune femme. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1 / Pour la construction du film, en 3 chapitres, qui expose, tour à tour, le point de vue de ses deux principaux personnages.
Yvan Attal invite alors le spectateur ainsi que les proches de l’accusé et de sa victime présumée, à questionner leurs propres certitudes et leurs contradictions pour une passionnante plongée au cœur de la justice, à la manière d’un véritable thriller !

2 / Après une première collaboration sur MON CHIEN STUPIDE, Yvan Attal a proposé fort judicieusement le rôle principal de son 7ème long-métrage à son fils. Ben Attal incarne avec beaucoup de subtilité, Alexandre, un personnage complexe de jeune homme arrogant qui s’interroge trop tard et, sans doute, pour la première fois de sa vie sur la notion de consentement et d’écoute de ses partenaires.
Sa prestation est d’autant plus remarquable que le réalisateur lui a donné pour mère de cinéma, Charlotte Gainsbourg qui est également sa mère dans la vie. Une situation qui contribue à donner encore plus d’intensité à leur interprétation. Leurs échanges et leurs regards portent le poids de cette relation intime.

3 / Si Ben Attal confirme avec ce film qu’il peut abandonner le métier de cuisinier, auquel il se destinait potentiellement, pour embrasser pleinement celui d’acteur, il serait injuste de passer sous silence le reste du casting.
Saluons en premier lieu, la performance de la jeune Suzanne Jouannet dont la sidération de son personnage de Mila est parfaitement rendue. Quant aux seconds rôles, ils sont tous absolument parfaits, de Charlotte Gainsbourg dont l’assurance et les convictions vacillent, à Pierre Arditi, abject de certitudes machistes, en passant par Mathieu Kassovitz ou Judith Chemla.
Et il faut, une fois de plus, dire combien Benjamin Lavernhe est un immense acteur. Après sa géniale prestation, il y a quelques mois dans LE DISCOURS de Laurent Tirard, sa plaidoirie en tant qu’avocat d’Alexandre dans LES CHOSES HUMAINES, restera comme un des sommets de ce drame judiciaire, à voir sans tarder.

En salle – Le diable n’existe pas – Et pourtant…

En salle – Le diable n’existe pas – Et pourtant…

- Le diable n'existe pas -

LE DIABLE N’EXISTE PAS de Mohammad Rasoulof avec Ehsan Mirhosseini, Shaghayegh Shourian, Kaveh Ahangar
Drame 2020 – 2H32
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté.

Présenté en compétition au Festival de Berlin 2020, LE DIABLE N’EXISTE PAS y a remporté la plus prestigieuse récompense du festival, le fameux Ours d’Or.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Parce que le nouveau film de Mohammad Rasoulof est l’œuvre d’un cinéaste totalement censuré et résistant chez lui en Iran (Il a tourné ce film de manière totalement clandestine) à l’image de ses principaux protagonistes. Mais surtout, il faut voir LE DIABLE N’EXISTE PAS car c’est tout simplement un grand film, totalement implacable et fascinant !

2 / On pouvait craindre le pire du format de ce long métrage, tourné sous forme de 4 courts (un moyen aussi de détourner l’attention des autorités iraniennes). Non seulement, le procédé donne encore plus de force au propos du cinéaste sur la question de la liberté d’agir et celle de penser, mais il apporte au film une variété de situations et de formes qui en font toute la richesse.

3/
Pour saluer l’humanisme absolu qui se dégage des quatre segments de ce film qui se découvre à la fois avec surprise, passion et aussi de la terreur, face à des situations proprement insupportables.
Espérons simplement qu’un jour Mohammad Rasoulof puisse laisser exprimer son immense talent plus facilement et avec une vraie liberté de ton et de mouvement !