Une affaire d’honneur pour Vincent Perez & Karine Silla – Épique époque !

Une affaire d’honneur pour Vincent Perez & Karine Silla – Épique époque !

Une affaire d’honneur pour Vincent Perez & Karine Silla

UNE AFFAIRE D’HONNEUR

Un film de Vincent Perez
Scénario de Vincent Perez & Karine Silla
Avec Roschdy Zem, Doria Tillier, Damien Bonnard, Guillaume Gallienne, Vincent Perez,
Drame – Historique – 1H40 – France
Sorti en salles le 27 décembre 2023

L’histoire
Paris 1887. À cette époque, seul le duel fait foi pour défendre son honneur. Clément Lacaze, charismatique maître d’armes se retrouve happé dans une spirale de violence destructrice. Il rencontre Marie-Rose Astié, féministe en avance sur son époque, et décide de lui enseigner l’art complexe du duel. Ils vont faire face aux provocations et s’allier pour défendre leur honneur respectif.

L’avis Cin’Écrans ***
Ce quatrième long-métrage coécrit et réalisé par Vincent Perez apparait comme une sorte d’évidence dans son parcours, l’acteur – réalisateur ayant fait ses armes dans les combats à l’épée, au sabre ou au fleuret dans des films comme LA REINE MARGOT (1993), LE BOSSU (1997), FANFAN LA TULIPE (2003), DEMAIN DÈS L’AUBE (2008) ou J’ACCUSE (2019).

Avec UNE AFFAIRE D’HONNEUR dont il cosigne le scénario avec Karine Silla, Vincent Perez nous offre un film d’époque extrêmement bien reconstitué et très soigné dans sa forme avec notamment un remarquable travail de sa directrice de la photographie Lucie Baudinaud.

Grâce à la précision de ses chorégraphies des combats, UNE AFFAIRE D’HONNEUR renoue pour notre plus grand plaisir avec la tradition du film de cape et d’épée.
Vincent Perez y pointe néanmoins l’absurdité du concept de duel d’honneur tout en resituant judicieusement son propos dans le contexte social de l’époque. Ainsi le personnage de Marie-Rose Astié, incarné avec conviction par Doria Tillier, impose déjà une détermination féministe à l’aube du XVIIIIe siècle.
Saluons également le reste du casting avec à sa tête Roschdy Zem, décidément à l’aise dans tous les registres, qui donne toute sa force à ce drame historique dont les duels nombreux et variés nous tiennent parfaitement en haleine.

Le + Cin’Écrans
C’est en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême que Vincent Perez et sa coscénariste Karine Silla nous ont révélés les dessous d’UNE AFFAIRE D’HONNEUR et de son tournage épique.

INTERVIEW VINCENT PEREZ & KARINE SILLA

L’innocence, troublants secrets d’enfances par Hirokazu Kore-Eda

L’innocence, troublants secrets d’enfances par Hirokazu Kore-Eda

L'INNOCENCE (Monster)

Un film de Hirokazu Kore-Eda
Scénario Yûji Sakamoto
Avec Sakura Andô, Eita Nagayama, Soya Kurokawa
Drame – Thriller – 2H06 – Japon
Sortie en salles le 27 décembre 2023

L’histoire
Le comportement du jeune Minato est de plus en plus préoccupant. Sa mère, qui l’élève seule depuis la mort de son époux, décide de confronter l’équipe éducative de l’école de son fils. Tout semble désigner le professeur de Minato comme responsable des problèmes rencontrés par le jeune garçon. Mais au fur et à mesure que l’histoire se déroule à travers les yeux de la mère, du professeur et de l’enfant, la vérité se révèle bien plus complexe et nuancée que ce que chacun avait anticipé au départ…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Après un détour par la Corée pour LES BONNES ÉTOILES, son précédent long-métrage, Hirokazu Kore-Eda est de retour au Japon pour nous offrir ce film remarquablement écrit, sensible et surprenant.
C’est la première fois, depuis son premier long métrage MABOROSI en 1995 que Hirokazu Kore-Eda réalise un film dont il n’a pas écrit le scénario. Alors que le film pouvait prétendre à bien d’autres récompenses, c’est le prix du scénario (un script magnifique et labyrinthique, signé Yûji Sakamoto) que le jury présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund (2 palmes d’or pour THE SQUARE et SANS FILTRE) lui a attribué à Cannes en mai dernier.

L’INNOCENCE
a également valu au cinéaste japonais la Queer Palm 2023. Une récompense plus que méritée mais qui peut paraitre étonnante au premier abord, tant le cœur du film, sa véritable raison d’être (qui lui a valu ce prix) est abordé subtilement mais tardivement dans le film.

Il faut dire que le réalisateur prend son temps et a choisi de nous raconter l’histoire du jeune Minato à travers trois points de vue successifs et trois regards, celui de sa mère, de son enseignant et de l’enfant lui-même. Trois regards qui se croisent, se complètent et se contredisent pour notre plus grand plaisir de spectateur.

2 / L’INNOCENCE est un film profondément délicat, subtil et bouleversant qui nous cueille littéralement. Une œuvre intense, transcendée par une mise en scène intelligente mais sans esbroufe, que l’on ne peut que conseiller aux inconditionnels de RASHÔMON (1952) d’Akira Kurosawa, pour sa forme atypique ou de STAND BY ME (1986) de Rob Reiner, pour son magnifique regard porté sur l’enfance.

3 / Certes, ce n’est pas la raison principale d’aller voir L’INNOCENCE mais on vous conseille néanmoins quand même de vous précipiter en salles. Non seulement, vous y découvrirez le dernier grand film de 2023 et l’un des plus beaux d’Hirokazu Kore-Eda, mais vous y entendrez aussi la magnifique partition écrite par Ryûichi Sakamato pour accompagner les mésaventures du jeune Minato.  

Rappelons que l’on doit à ce génial compositeur disparu en mars dernier quelques somptueuses bandes originales comme celles, entre autres, de FURYO, LE DERNIER EMPEREUR (qui lui vaut l’Oscar de la meilleure musique originale en 1988) ou THE REVENANT. L’INNOCENCE qui est le dernier film dont il ait composé la bande originale lui est évidemment dédié.

 

La fille de son père… en état de grâce

La fille de son père… en état de grâce

« On est ensemble ou on ne l’est pas… » Erwan Le Duc

LA FILLE DE SON PÈRE

Un film d’Erwan Le Duc
Scénario d’Erwan Le Duc
Avec Nahuel Perez Biscayart, Céleste Brunnquell, Maud Wyler, Mohammed Louridi, Alexandre Steiger, Camille Rutherford…
Comédie dramatique – 1h31 – France
Sorti en salles le 20 décembre 2023

L’histoire 
Etienne a vingt ans à peine lorsqu’il tombe amoureux de Valérie, et guère plus lorsque naît leur fille Rosa. Le jour où Valérie les abandonne, Etienne choisit de ne pas en faire un drame. Etienne et Rosa se construisent une vie heureuse. Seize ans plus tard, alors que Rosa doit partir étudier et qu’il faut se séparer pour chacun vivre sa vie, le passé ressurgit.

L’avis Cin’Écrans ****
PERDRIX, le premier long métrage d’Erwan Le Duc en 2019, nous avait séduit par la douce fantaisie distillée par son scénario et ses comédiens.
Cet automne, c’est Arte qui nous a donné des nouvelles du réalisateur à travers sa toute première et enthousiasmante série SOUS CONTRÔLE.
Et pour redonner un peu de couleurs à cette fin d’année qui en a bien besoin, Erwan Le Duc nous régale d’un second long métrage réjouissant.   
LA FILLE DE SON PÈRE est, en effet, une étonnante comédie burlesque et poétique, dont la liberté de ton fait un bien fou.

Erwan Le Duc n’a pas son pareil pour oser les pas de côté avec un récit débridé et la complicité de son épatant casting. À sa tête, évidemment, la fille et son père incarnés par les excellents Céleste Brunnquell (LES ÉBLOUIS, FIFI, EN THÉRAPIE) et Nahuel Perez Biscayart (120 BATTEMENTS PAR MINUTE, AU REVOIR LÀ-HAUT). Tous deux sont absolument remarquables et parfaitement à l’aise dans l’univers du scénariste – réalisateur. Leur rythme de jeu s’accordant formidablement avec le tempo scénaristique imposé par Erwan Le Duc, passant avec une folle aisance du rire à l’émotion la plus subtile. Le film racontant aussi, et peut être surtout, l’histoire d’un amour inconditionnel…

Si les deux comédiens principaux s’imposent avec grâce et évidence, il serait vraiment injuste de ne pas citer, entre autres, Noémie Lvovsky, Mohammed Louridi ou la trop rare Maud Wyler dont on sent l’infini plaisir qu’ils et elles ont eu à dire les mots et jouer la belle partition de leur metteur en scène.
En sortant du film, une seule envie, celle de vous parler de la jubilation provoquée par certaines idées de mise en scène et quelques séquences mémorables mais nous n’en ferons rien, histoire de vous préserver le plaisir de la surprise.   

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion de la présentation de LA FILLE DE SON PÈRE au Festival du film de Sarlat, début novembre, que nous avons eu le plaisir d’échanger rapidement avec Erwan Le Duc et son actrice fétiche, Maud Wyler, interprète d’Hélène dans le film…

INTERVIEW ERWAN LE DUC & MAUD WYLER

Ma France à moi, liberté, égalité, fraternité ! On y croit encore…

Ma France à moi, liberté, égalité, fraternité ! On y croit encore…

« J’avais besoin de créer des conflits… » Benoit Cohen

MA FRANCE À MOI

Un film de Benoit Cohen
Scénario de Benoit Cohen &
Éléonore Pourriat
Avec Fanny Ardant, Nawid Elham, Pierre Deladonchamps, Suzy Bemba, Elisabeth Margoni, Lionel Abelanski
Comédie dramatique – 1H31 – France
Sorti en salles le 20 décembre 2023

L’histoire 
France, la soixantaine, vit seule dans son appartement bourgeois de l’est parisien. Lorsqu’elle entend parler à la radio d’une association qui met en contact des personnes réfugiées sans logement et celles ayant la possibilité de les accueillir, elle décroche son téléphone pour se porter volontaire. Quelques jours plus tard, Reza, jeune afghan d’à peine vingt ans, débarque dans sa vie. Ces deux êtres, qui n’ont rien en commun, vont devoir apprendre à vivre ensemble…

L’avis Cin’Écrans ***
À l’heure où la France se crispe autour de la future loi immigration, le nouveau film de Benoit Cohen arrive à point nommé pour nous donner à voir, entendre et comprendre (si besoin était) que la solidarité, l’entraide et l’ouverture aux autres sont plus que jamais indispensables.
Et ce que nous montre très bien MA FRANCE À MOI, c’est à quel point l’écoute et la rencontre fonctionnent dans les deux sens. Si au premier abord, on peut penser que Reza reçoit beaucoup de France, cette dernière voit très vite son horizon s’élargir au contact de ce jeune réfugié qui va lui apporter beaucoup plus qu’elle ne l’imaginait.

Avec cette adaptation de son propre livre Mohammad, ma mère et moi, qui raconte l’accueil d’un jeune Afghan par sa mère Marie-France, Benoit Cohen nous livre un film généreux et humaniste qui donne un peu d’espoir dans le genre humain, bien malmené ces derniers temps.

« C’est qui Fanny Ardant ? … » Nawid Elham

MA FRANCE À MOI est porté par la fougue et la fantaisie de Fanny Ardant et par la révélation du talent naissant de Nawid Elham. Un jeune afghan, lui aussi, dont le parcours de vie n’est finalement pas si éloigné de celui de Mohammad Ewaz avec qui l’apprenti comédien a pu échanger tout au long de la fabrication du film.

Le + Cin’Écrans
C’est au Festival du film francophone d’Angoulême où le film était présenté au public, en août dernier, pour la toute première fois, que nous avons eu le plaisir de rencontrer Benoit Cohen. L’occasion pour le réalisateur de nous raconter la genèse de ce projet si personnel. Trois mois plus tard c’est dans le cadre d’un autre festival, celui du film de Sarlat que nous avons eu le privilège d’échanger avec Nawid Elham, le jeune interprète de Mohammad et avec celui qui a inspiré le livre et le film de Benoit Cohen, Mohammad Ewaz. Une rencontre très touchante entre deux réfugiés afghans qui ont su trouver leur place en France, grâce à la bienveillance de quelques personnes dont le réalisateur et sa mère Marie-France. Cette histoire méritait bien d’être racontée en partie sur grand écran…  

INTERVIEW BENOIT COHEN, NAWID ELHAM, MOHAMMAD EWAZ

Soudain seuls … Un couple en survie

Soudain seuls … Un couple en survie

« On a une chance folle de faire du cinéma… » Thomas Bidegain

SOUDAIN SEULS

Un film de Thomas Bidegain
Scénario de Thomas Bidegain & Valentine Monteil d’après le roman d’Isabelle Autissier
Avec Gilles Lellouche & Mélanie Thierry
Drame – Aventure – Romance – 1H50 – France
Sorti en salles le 6 décembre 2023

L’histoire  
En couple depuis 5 ans, Ben et Laura ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d’atteindre l’Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques. En pleine exploration, une tempête s’abat sur eux et leur bateau disparaît. Éloignés du monde, soudain seuls face au danger et à l’hiver qui approche, ils vont devoir lutter pour leur survie et celle de leur couple.

L’avis Cin’Écrans
Huit ans après LES COWBOYS, c’est à une grande aventure physique et intime que nous convie Thomas Bidegain (scénariste, entre autres, de Jacques AudiardUN PROPHÈTE, DE ROUILLE ET D’OS…) avec sa seconde réalisation.

Adapté du roman d’Isabelle Autissier, SOUDAIN SEULS devait se tourner, à l’origine, en anglais avec Jake Gyllenhaal et Vanessa Kirby pour interprètes. Seulement voilà, comme nous l’explique le réalisateur au cours de notre interview, l’idylle avec ses comédiens a tourné court à quelques semaines du début du tournage…
Mais grâce à la ténacité de son fidèle producteur, Alain Attal, Thomas Bidegain revoit sa copie en compagnie de sa coscénariste Valentine Monteil avant de convaincre Gilles Lellouche et Mélanie Thierry de le suivre sur ce projet original et un peu fou.
Il entraine alors ses deux interprètes sur une île nichée au cœur de l’Islande pour y donner corps à ce « survival » à la française. Pari plus que réussi avec deux acteurs très investis, une équipe réduite et un bout de rocher hostile sur lequel va se jouer une aventure humaine intense et hors du commun.

SOUDAIN SEULS embarque le spectateurs sur la trace de ses deux seuls protagonistes en lutte pour leur survie et celle de leur couple. Résultat, un film très efficace en forme de grand huit émotionnel, à mi-chemin entre le thriller et le drame psychologique.
Avec la complicité de ses deux formidables interprètes, le réalisateur relève donc haut la main l’impressionnant défi de ce second long métrage dont le tournage, c’est peu de le dire, n’a pas été de tout repos…

 

Le + Cin’Écrans
C’est en ordre dispersé que nous avons eu le plaisir d’échanger avec Thomas Bidegain et Mélanie Thierry autour de SOUDAIN SEULS. C’est à l’occasion du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, en octobre dernier que nous avons rencontré le scénariste réalisateur avant de retrouver sa remarquable interprète Mélanie Thierry, un mois plus tard au Festival du film de Sarlat.  
Et l’occasion d’évoquer évidement à chaque fois le souvenir d’une aventure pas comme les autres…   

INTERVIEW THOMAS BIDEGAIN & MÉLANIE THIERRY