Madame Hofmann, Top documentaire Cin’Écrans 2024

Madame Hofmann, Top documentaire Cin’Écrans 2024

Et les favoris Cin'Écrans de l'année 2024 sont...

TOP 1 – MADAME HOFMANN de Sébastien Lifschitz
Chronique DVD Cin’Écrans & Interview Sébastien Lifshitz

TOP 2 – RUE DU CONSERVATOIRE de Valérie Donzelli
Chronique ciné Cin’Écrans & Interview Valérie Donzelli

TOP 3 – L’HOMME AUX MILLE VISAGES de Sonia Kronlund
Bande annonce du film

TOP 4 – LA FERME DES BERTRAND de Gilles Perret
Chronique DVD Cin’Écrans & Interview Gilles Perret & Marion Richoux

TOP 5 – ÉTAT LIMITE de Nicolas Peduzzi
Chronique DVD Cin’Écrans

TOP 6 – ERNEST COLE, PHOTOGRAPHE de Raoul Peck
La bande annonce du film 

TOP 7 – IL ÉTAIT UNE FOIS MICHEL LEGRAND de David Hertzog Dessites
Interview David Hertzog Dessites & Macha Meril

TOP 8 – AU BOULOT ! de Gilles Perret & François Ruffin 
Chronique ciné Cin’Écrans

TOP 9 – UNE FAMILLE de Christine Angot
La bande annonce

TOP 10 – LES VIEUX de Claus Drexel
Chronique DVD Cin’Écrans

They shot the piano player – C’est beau ça !

They shot the piano player – C’est beau ça !

THEY SHOT THE PIANO PLAYER

Un film de Fernando Trueba & Javier Mariscal
Scénario de Fernando Trueba
Avec les voix de Jeff Goldblum, Roberta Wallach, Tony Ramos…
Animation – Musical  – 2023 –Espagne, France, Portugal, Pérou, Pays-bas – 1h43
Sorti en salles le 31 janvier 2024

Disponible le 17 septembre 2024 en  DVD et VOD – Blaq Out

Audio : Version originale anglaise – Dolby digital 2.0 & 5.1
Sous titres français

L’histoire
Un journaliste de musique new-yorkais mène l’enquête sur la disparition, à la veille du coup d’État en Argentine, de Francisco Tenório Jr, pianiste brésilien virtuose. Tout en célébrant le jazz et la Bossa Nova, le film capture une période éphémère de liberté créatrice, à un tournant de l’histoire de l’Amérique Latine dans les années 60 et 70, juste avant que le continent ne tombe sous le joug des régimes totalitaires.

Le film ****

Pensé à l’origine comme un documentaire autour de Francisco Tenório Jr, brillant musicien méconnu du grand public Fernando Trueba et Javier Mariscal les deux réalisateurs de THEY SHOT THE PIANO PLAYER ont finalement opté pour l’animation, comme ils l’avaient fait une première fois en 2011 avec CHICO ET RITA.
Un choix qui leur a permis, entre autres, de redonner vie au musicien, de le voir jouer et de recréer les années noires de l’Argentine.
À l’arrivée, les deux cinéastes nous régalent d’un passionnant et très documenté film d’animation, sans aucun doute l’un des plus originaux de l’an dernier, à mi-chemin entre thriller politique et ode au Jazz.

Plongée immersive dans l’effervescence politique, artistique et musicale de l’Amérique latine des années 70, THEY SHOT THE PIANO PLAYER donne aussi l’envie irrépressible de se lancer dans une (re)découverte de la Bossa Nova…Ce n’est pas la moindre de ses immenses qualités.

Bonus ***1/2

Making of (34mn01)

Le vrai du faux : documentaire & fiction (17mn52)

Dans les coulisses de l’animation (13mn59)

Suppléments extraits de la Master class donnée au Forum des images de Paris en novembre 2023 avec le réalisateur Fernando Trueba, le dessinateur et réalisateur Javier Mariscal et le producteur Serge Lalou

Tenorio… en photos (3mn09)

Un ours dans le jura… Alors, on n’attend pas Franck ?

Un ours dans le jura… Alors, on n’attend pas Franck ?

UN OURS DANS LE JURA

Un film de Franck Dubosc
Scénario Franck Dubosc & Sarah Kaminsky
avec Franck Dubosc, Laure Calamy, Benoît Poelvoorde, Joséphine de Meaux, Kim Higelin, Mehdi Meskar, Timéo Mahaut, Emmanuelle Devos
Comédie, thriller – 2024 – France – 1h53

Sortie en salles le 1er janvier 2025

L’histoire
Michel et Cathy forment un couple usé par le temps et les difficultés financières. Un jour, Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants. Dans le coffre, ils trouvent 2 millions en billets usagés…

L’AVIS CIN’ÉCRANS

Très agréable surprise que cet OURS DANS LE JURA, même si, comme chacun sait « Il n’y a pas d’ours dans le Jura ! ».

Si TOUT LE MONDE DEBOUT et dans une moindre mesure RUMBA LA VIE, suggéraient qu’il y avait un véritable tempérament de réalisateur derrière l’acteur Dubosc, peu d’indices laissaient penser que la star de CAMPING nous régalerait un jour d’une aussi singulière et réjouissante proposition de cinéma.

Avec son 3ème film, Franck Dubosc change de braquet et nous offre pour la nouvelle année une épatante comédie noire qui ose avec un certain bonheur quelques belles embardées scénaristiques.
Il convient d’ailleurs de souligner le soin tout particulier apporté au scénario et aux dialogues par le cinéaste et sa coscénariste Sarah Kaminsky.

Les décors réfrigérants du Jura, eux, servent parfaitement le propos constamment surprenant d’UN OURS DANS LE JURA (dont le réalisateur a bien fait de garder son intrigant titre de travail).

Si le film convoque évidemment le joyeux souvenir du FARGO (1996) des frères Coen ou celui du POUPOUPIDOU (2011) de Gérald Hustache-Mathieu, il parvient à imposer son propre ton, son propre univers grâce à une belle direction artistique et à son impeccable casting.  

Le réalisateur-scénariste Franck Dubosc ose avec bonheur quelques belles embardées scénaristiques tandis que le comédien, lui, adopte un jeu plutôt sobre et bienvenu qui met particulièrement en valeur celui de ses principaux partenaires.

Laure Calamy incarne avec l’énergie qu’on lui connait, une femme au bord de la crise de nerfs, plus vraie que nature tandis que l’excellent Benoît Poelvoorde compose avec subtilité, Roland, un gendarme désabusé et il faut bien le dire un peu largué.

Il serait injuste de ne pas également citer, dans le rôle de sa collègue Florence, la trop rare mais toujours formidable Joséphine de Meaux, le jeune Timéo Mahaut (alias Doudou) que l’on est ravi de retrouver sur grand écran, deux ans après sa révélation dans LES PIRES de Lise Akoka et Romane Gueret ou bien encore Emmanuelle Devos et Anne Le Ny dont les deux apparitions font mouche !   

Ajoutez à cela, le beau travail effectué sur la photo du film (signée Ludovic Colbeau-Justin et Dominique Fausset) et sur sa bande originale par Sylvain Goldberg, compositeur fidèle et complice de Franck Dubosc et vous obtenez un film que l’on vous conseille très chaleureusement pour débuter au mieux 2025.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Les vieux, la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille !

Les vieux, la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille !

LES VIEUX

Un film de Claus Drexel
Documentaire – 2024 – 1h36 – France
Sorti en salles le 24 avril 2024

Disponible en DVD & VOD – 3 décembre 2024 – Blaq Out

Français2.0 & 5.1
Sous-titres français pour sourds et malentendants

L’histoire 
Ils sont de toutes origines et ont vécu près d’un siècle. Ils ont traversé les bouleversements de l’histoire. Ils sont drôles, émouvants, rebelles. Ils nous surprennent et nous émerveillent. Pourtant, on entend rarement leur voix. Ce film est une invitation au voyage, à travers la France, à leur rencontre : les Vieux.

L’avis Cin’Écrans ***1/2

Avec son quatrième et remarquable documentaire, Claus Drexel continue de donner la parole à des populations trop souvent invisibilisées comme il l’a fait avec des sans-abris dans AU BORD DU MONDE en 2014, des laissés pour compte du rêve américain dans AMERICA (2018) ou des prostituées du bois de Boulogne dans AU CŒUR DU BOIS EN 2021.


LES VIEUX prolonge magnifiquement une œuvre utile et profondément humaniste autour de la parole.

Une parole que le réalisateur ne brusque jamais et laquelle il offre une écoute attentive, la sienne dans un premier temps, puis la nôtre, désormais.

Soulignons à quel point il est bon de laisser du temps au temps et de ce point de vue, le film de Claus Drexel respire magnifiquement même si, malheureusement, certains de ses protagonistes ont, eux, le souffle plus court.

Ces « vieux » que le réalisateur met ici à l’honneur sont tous nés avant le début de la seconde guerre mondiale. Ils et elles témoignent donc de ce qu’était le monde avant 1939 et de ce qu’il est devenu.

Un homme martèle « il faut vivre il faut vivre, il faut vivre », tandis qu’une femme, magnifique centenaire, s’interroge avec une pointe d’humour sur la façon de mourir de manière utile pour les chercheurs « Ils me prendront ce qu’ils voudront, sans aucun regret. C’est une bonne chose, ce serait presque un devoir ! »

Sans oublier cette ancienne universitaire qui déclare avec fougue « j’ai gardé la même intensité face à la vie, Je vais mourir en hurlant ! » …

Impossible de revenir sur l’ensemble des témoignages mais à travers la très grand variété des personnalités retenues (le réalisateur n’a gardé, au final, qu’un tiers des témoignages recueillis) LES VIEUX provoque forcément un effet miroir chez le spectateur. Le sentiment provoqué par certains propos peut être déroutant mais il à l’immense mérite de nous forcer à nous interroger judicieusement sur nos certitudes, notre rapport à la vie, à la vieillesse et à la mort. 

Saluons enfin le dispositif proposé par le cinéaste qui alterne les témoignage en plan large et fixe avec des séquences (fixes, elles aussi) de paysages liés à l’environnement rural ou urbain. Des instants qui figent le temps et créent de véritables moments de respiration poétiques pour le spectateur.

Quant à la musique originale du film, signée Valentin Hadjadi (troisième collaboration entre le compositeur et Claus Drexel), elle contribue, elle aussi pleinement et discrètement à la belle réussite de ce projet atypique.

Si elles n’ont rien d’un fleuve tranquille, les vies de ces « Vieux » méritaient bien un film. Leurs paroles se révèlent parfois drôles, souvent touchantes, voire bouleversantes.

Vous l’aurez compris LES VIEUX de Claus Drexel fait partie de ces films que l’on vous incite à (re)découvrir sans tarder en DVD

Bonus 

Entretien inédit avec le réalisateur Claus Drexel

Le beau rôle pour William Lebghil & Vimala Pons

Le beau rôle pour William Lebghil & Vimala Pons

LE BEAU RÔLE

Un film de Victor Rodenbach
Scénario Victor Rodenbach & Camille Lugan
avec William Lebghil, Vimala Pons, Jérémie Laheurte, Pauline Bayle, Julie Hega, Sarah Le Picard, Salif Cissé, Thimotée Robart, Bruno Podalydès…
Comédie – 2024 – France – 1h24

Sortie en salles le 18 décembre 2024

L’histoire
Depuis des années, Henri et Nora partagent tout : ils s’aiment et elle met en scène les pièces dans lesquelles il joue. Quand Henri décroche pour la première fois un rôle au cinéma, la création de leur nouveau spectacle prend l’eau et leur couple explose. Est-il possible de s’aimer sans s’appartenir complètement ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Après avoir fait ses armes sur l’écriture de séries comme PLATANE ou LES GRANDS, collaboré au scénario du film PERDRIX d’Erwan Le Duc et créé la série STALK, Victor Rodenbach signe avec LE BEAU RÔLE, son premier long métrage. Une comédie sentimentale extrêmement attachante.

Le film brosse le portrait subtil d’un couple dont le quotidien professionnel, dans le milieu artistique, va mettre à mal l’amour et la complicité.

Victor Rodenbach
réussit l’exploit de ne jamais être excluant pour ses spectateurs. Et pourtant, il y avait un véritable risque à situer le cœur de son intrigue dans un milieu trop souvent considéré comme futile.
Mais l’intelligence avec laquelle il dépeint l’infidélité créative d’Henri et ses conséquences dans le couple qu’il forme avec Nora dépasse le simple cadre du monde du théâtre et celui du cinéma. Deux mondes qui, d’ailleurs, peinent parfois à trouver l’harmonie, tant leurs enjeux diffèrent.

2/ Si le film nous emporte, c’est aussi sans aucun doute, grâce à l’excellence de son casting, que ce soient les premiers ou les seconds rôles.

Après les récents UN MÉTIER SÉRIEUX de Thomas Lilti, LA VIE DE MA MÈRE de Julien Carpentier ou la série HIPPOCRATE (saison 3, de Thomas Lilti) en attendant pour Noël le très joli, JOLI JOLI de Diastème, William Lebghil trouve avec le personnage d’Henri, le moyen d’ouvrir encore sa palette de jeu.
L’acteur prouve à quel point, quand on lui en donne les moyens, combien il est un acteur subtil avec qui il faut désormais et définitivement compter.   

La volubile Vimala Pons n’est pas en reste et compose avec la puissance d’émotion et de fantaisie qu’on lui connait, un personnage complexe de femme blessée mais combative.

Saluons également le reste de la distribution du film qui fait la part belle à des seconds rôles qui parviennent à exister fortement en seulement quelques scènes. On peut ainsi citer le trop rare Jérémie Laheurte, Pauline Bayle (metteuse en scène de théâtre et compagne dans la vie de Victor Rodenbach), Salif Cissé (déjà excellent aux côtés de William Lebghil dans LA VIE DE MA MÈRE) ou bien encore Bruno Podalydès irrésistible ici, dans le rôle d’un réalisateur qui doute.

3/ Avec LE BEAU RÔLE, Victor Rodenbach explore avec humour et acuité, la difficulté de concilier au quotidien et en règle générale l’amour et le travail.
Et pour cela, le réalisateur porte son regard sur deux personnages très attachants, à travers la complexité de leur relation affective et créative dans le milieu du spectacle.

Porté par des acteurs en grande forme et des dialogues incisifs, LE BEAU RÔLE mérite assurément le détour par les salles obscures.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans