Young hearts – lumineuse innocence…

Young hearts – lumineuse innocence…

YOUNG HEARTS

Un film d’Anthony Schatteman
Scénario : Anthony Schatteman
Avec Lou Goossens, Marius De Saeger, Geert Van Rampelberg
Comédie dramatique – 2024 – Belgique – Pays-Bas – 1h38

Sortie en salles le 19 février 2025

L’histoire
Elias, 14 ans, vit dans un petit village de Flandre. Lorsque Alexander, son nouveau voisin du même âge venant de Bruxelles, emménage en face de chez lui, Elias réalise qu’il est en train de tomber amoureux pour la première fois. Il devra alors faire face au chaos intérieur provoqué par ses sentiments naissants afin de vivre pleinement son histoire avec Alexander et de la révéler à tous.

YOUNG HEARTS a reçu le Prix des collégiens Cannes Ecrans Juniors 2024, mais aussi la Mention Spéciale du Jury Jeunesse à Berlin International Film Festival 2024, section Generation Kplus.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Avec YOUNG HEARTS, son premier long-métrage inspiré de sa propre expérience, le metteur en scène britannique Anthony Schatteman nous offre une œuvre pudique, solaire et joyeuse.
Le réalisateur a fait le choix judicieux de présenter le récit d’une idylle naissante entre deux jeunes garçons, comme tout à fait normale, même si les sentiments amicaux ou amoureux (le sexe n’est pas encore un enjeu majeur) sont exacerbés et souvent vécus comme « Extra-ordinaires » au sortir de la petite enfance.

Le réalisateur dépeint avec une grande justesse et beaucoup de délicatesse les questionnements et les affres de la préadolescence.
Il le fait sans jamais verser dans le drame ou le sensationnalisme, grâce à une belle direction artistique et par le jeu subtil et impliqué de ses deux principaux et jeunes interprètes Lou Goossens, Marius De Saeger.

Le regard doux et bienveillant que le cinéaste porte sur ses deux jeunes héros du quotidien n’est pas sans rappeler celui que posait Hirokazu Kore-Eda sur les deux garçons de son très beau dernier long métrage L’INNOCENCE.

Je ne peux donc que vous conseiller d’aller partager un moment avec les attachants personnages de ce lumineux YOUNG HEARTS qui s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants et adolescents.  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Château rouge – L’énergie de l’espoir !

Château rouge – L’énergie de l’espoir !

CHÂTEAU ROUGE

Un film d’Hélène Milano
Scénario : Hélène Milano
Documentaire – 2024 – France – 1h47

Sortie en salles le 22 janvier 2025

L’histoire
Quartier de la Goutte d’Or à Paris, métro Château Rouge, collège Georges Clemenceau. Chargés de leur insouciance et de leurs blessures, les adolescents doivent grandir. Ils construisent leurs personnalités, se perdent, se cherchent. Les adultes tentent de les guider malgré la violence du système.
CHÂTEAU ROUGE faisait partie de la sélection Acid-Cannes 2024

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Belle surprise que ce CHÂTEAU ROUGE, nouveau documentaire sur l’éducation et la relation adolescents/adultes, qui ne s’embarrasse pas de commentaire superflu en voix-off.
Forte de ce parti-pris audacieux, avec une belle énergie et sans aucun misérabilisme, Hélène Milano, sa réalisatrice nous invite à une plongée en immersion au sein du collège Georges Clémenceau situé au cœur du quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Ils s’appellent Lêna, Manel, Bilel, Fabiola, Fatou, Abdoulaye, Youcef, Sarah, Mamadou, Marwa…et ils sont parfois bousculés mais toujours encouragés par une remarquable équipe pédagogique (professeurs, CPE, psychologues…) toutes et tous très impliqués et déterminés à ce que leurs élèves (re)prennent confiance en eux, (re)trouvent l’estime d’eux-mêmes pour se surpasser au quotidien.

Si dans un premier temps, on se perd un peu dans le dispositif choral proposé par Hélène Milano avec un très grand nombre d’intervenants, tant du côté des élèves que du corps enseignant, on s’attache finalement assez vite à un certain nombre des personnalités que la réalisatrice a choisi de suivre.
Certaines séquences s’avèrent même assez bouleversantes, comme les images de fin du film (sur fond musical d’Ibrahim Maalouf) ou lors de cet échange entre la principale du collège, le jeune Bilel et sa mère très aimante et encourageante mais qui ne cache pas ses difficultés à élever ce fils turbulent.  

Avec CHÂTEAU ROUGE, Hélène Milano signe un film passionnant et profondément humaniste qui redonne foi dans l’éducation quand elle est prodiguée de manière bienveillante et positive, dans l’écoute et l’échange avec les enfants.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Un dîner à l’anglaise… presque parfait !

Un dîner à l’anglaise… presque parfait !

DÎNER À L’ANGLAISE (The trouble with Jessica)

Un film de Matt Winn
Scénario de Matt Winn, James Handel
Avec Rufus Sewell, Shirley Henderson, Olivia Williams, Alan Tudyk, Indara Varma, Sylvester Groth…
Comédie noire – 2024 – Grande Bretagne – 1h30
Sorti en salles le 17 juillet 2024

Disponible depuis  le 3 décembre 2024 en DVD et VOD – Blaq Out

Audio : Version originale anglaise – 2.0 & 5.1
Sous titres français

L’histoire
Sarah et Tom sont en proie à de graves difficultés financières : leur seule solution est de vendre leur maison londonienne. Lorsque leurs amis débarquent pour un dernier dîner, Jessica, une vieille amie, s’invite et se joint à eux. Après une dispute à première vue sans importance, Jessica se pend dans le jardin. Tom s’apprête à appeler la police lorsque Sarah réalise que si l’acheteur l’apprend, la vente tombera à l’eau, ruinant ainsi leur couple. La seule façon de s’en sortir est de ramener le corps de Jessica dans son propre appartement. Après tout, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Le film ****

Par son aspect théâtral très assumé, les premières minutes du film de Matt Winn, laissent craindre le pire mais finalement nous emporte aisément grâce à son propos mordant en forme de satire de la middle class britannique.

Le suicide de Jessica fait éclater le vernis de la belle entente qui semblait lier ces amis de toujours. Dès lors, chacun et chacune essaie de sauver la mise et ses propres intérêts.
Le jeu de massacre peut alors débuter pour le plaisir de ses spectateurs qui s’amusent des mille et un retournements de situation et se délectent d’un humour noir so british !

Alors certes, ce DÎNER À L’ANGLAISE n’est pas le plus original qu’il nous est été donné de déguster, certaines séquences sont parfois appuyées, mais il serait dommage de faire la fine bouche !

Tous les ingrédients, à commencer par un casting aux petits oignons (Shirley Henderson, Rufus Sewell, Olivia Williams, Indira Varma et Alan Tudyk), sans oublier un chapitrage ludique et judicieux sont là pour nourrir notre envie de divertissement.
Pari en grande partie réussi et donc pas de « problème » avec cette critique !

Pas de bonus 

Par amour pour Cécile de France

Par amour pour Cécile de France

PAR AMOUR

Un film d’Élise Otzenberger
Scénario Élise Otzenberger, Maud Ameline, Mauricio Carrasco et la collaboration de Louise Groult
Avec Cécile de France, Arthur Igual, Darius Zarrabian, Navid Zarrabian, Antoine Chappey…
Drame – Fantastique – 2024 – France – 1h30

Sortie en salles le 15 janvier 2025

L’histoire
Sarah et Antoine sont au bord de la rupture, fragilisés par un quotidien surchargé, entre le travail et leurs deux enfants. Un jour, Simon, l’aîné, confie à sa mère entendre des voix. Si Antoine peine à prendre la mesure du problème, Sarah décide de soutenir son fils. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller par amour ?

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

Avec LUNE DE MIEL, son premier long métrage réalisé en 2018, Élise Otzenberger abordait la question de la shoah et des racines avec tact et une fantaisie inattendue, ce qui n’était pas la moindre de ses qualités.

Six ans après, la scénariste-réalisatrice est de retour avec PAR AMOUR, une nouvelle proposition audacieuse et pleine de promesses, même si malheureusement, celles-ci ne sont pas complètement tenues.

Son portrait de Sarah, une mère aimante qui fait le choix de croire son fils, envers et contre (presque) tous, touche au cœur, grâce, notamment au jeu toujours subtil de Cécile de France.

Là où le film pêche un peu, sans doute par manque de moyens, c’est quand il s’aventure dans sa mise en scène, du côté du fantastique avec un certain nombre de références (de Steven Spielberg & Bong Joon Ho, entre autres) parfois écrasantes, que l’on saisit, ou non, en fonction de sa propre cinéphilie.
Rien de rédhibitoire évidement mais on aurait aimé être totalement emporté par ce récit autour du doute et de la confiance. Ce qui n’est pas tout à fait le cas.

On attend, néanmoins la suite des aventures d’Élise Otzenberger dont on se doit de saluer la curiosité et le goût des propositions cinématographiques singulières.  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Le roman de Jim, bouleversant mélo des frères Larrieu

Le roman de Jim, bouleversant mélo des frères Larrieu

LE ROMAN DE JIM

Un film d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Scénario d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu
avec Karim Leklou, Laetitia Dosch, Sara Giraudeau, Bertrand Belin, Noé Abita, Andranic Manet, Eol Personne, Suzanne de Baecque
Comédie dramatique – 2024 – France – 1h38

Sorti en salles le 14 août 2024
 

Disponible en DVD, BLU-RAY et VOD – le 7 janvier– Pyramide Vidéo

Image 16/9
Français Dolby Digital 5.1 et 2.0
Audiodescription pour sourds et malvoyants
Sous-titres anglais et sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire
Aymeric retrouve Florence, une ancienne collègue de travail, au hasard d’une soirée à Saint-Claude dans le Haut-Jura. Elle est enceinte de six mois et célibataire. Quand Jim nait, Aymeric est là. Ils passent de belles années ensemble, jusqu’au jour où Christophe, le père naturel de Jim, débarque… Ça pourrait être le début d’un mélo, c’est aussi le début d’une odyssée de la paternité.

L’avis Cin’Écrans ****1/2

Avec cette adaptation du roman éponyme de Pierric Bailly, Arnaud et Jean-Marie Larrieu s’aventurent sur un nouveau terrain de jeu cinématographique et osent le mélodrame. Un mélo dense et bouleversant sur la paternité qui nous emporte totalement grâce à la sincérité de son propos et à l’absence totale de cynisme de ses réalisateurs.

LE ROMAN DE JIM est un film humble qui se révèle au spectateur par petites touches sans jamais céder à la facilité ou au tire-larmes. C’est aussi pour cela que ses personnages remarquablement écrits et incarnés nous touchent aussi profondément.

Les interprètes du film, justement ! Parlons-en et félicitons les frères Larrieu d’avoir réuni un casting aussi enthousiasmant.
Laetitia Dosch, Sara Giraudeau, Bertrand Belin, Andranic Manet et Noé Abita, dans des registres souvent très opposés, sont absolument parfaits mais c’est sans aucun doute la composition du toujours excellent Karim Leklou dont on se souviendra le plus longtemps.

Avec Aymeric, personnage dont la bonté et la grandeur d’âme traversent l’écran pour nous foudroyer, l’acteur trouve un nouveau sommet dans une carrière d’une richesse déjà exceptionnelle (de SUZANNE à GOUTTE D’OR en passant par VINCENT DOIT MOURIR ou POUR LA FRANCE). Il n’est pas étonnant que des cinéastes, de plus en plus nombreux, s’attachent désormais à mettre son talent, sa pudeur, sa tendresse et sa bouleversante humanité en valeur. 

Saluons enfin l’intelligence et la sobriété de la mise en scène qui use avec beaucoup d’intelligence de l’ellipse temporelle pour nous offrir un récit fluide, sur 1h40, à partir d’un roman qui se déroule sur 24 ans. Une véritable gageure relevée haut la main par les frères Larrieu qui nous régalent ici, sans aucun doute, de leur film le plus dépouillé mais aussi le plus beau.

LE ROMAN DE JIM est une œuvre bouleversante, ancrée au cœur d’un Jura magnifié par des cinéastes qui ne jugent jamais leurs personnages. Des personnalités complexes et confrontées à de nombreux dilemmes, qui font toutes de leur mieux avec leurs sentiments !
Nous ne sommes pas près de les oublier…

Bonus ****

Entretien avec Arnaud et Jean-Marie Larrieu (27mn)
Entretien avec l’écrivain Pierric Bailly sur les lieux du tournage (15mn)
Entretien avec Karim Leklou (18mn)
Décryptage cinéphile avec François Barge-Prieur (5mn)
Bandes-annonces