En fanfare… Un triomphe fraternel et musical !

En fanfare… Un triomphe fraternel et musical !

EN FANFARE

Un film de Emmanuel Courcol
Scénario de Emmanuel Courcol & Irène Muscari
avec Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin, Sarah Suco, Jacques Bonnaffé, Clémence Massart, Anne Loiret…

Comédie dramatique – 2024 – France – 1h43
Sorti en salles le 27 novembre 2024

Disponible depuis le 1er avril 2025 en BLU RAY, DVD et VOD – Diaphana Edition Vidéo

Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous titres français pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence tout les sépare, sauf l’amour de la musique. Détectant les capacités musicales exceptionnelles de son frère, Thibaut se donne pour mission de réparer l’injustice du destin. Jimmy se prend alors à rêver d’une autre vie…

Le film ****1/2

Avec plus de 2,5 millions de spectateurs en salles, le troisième long-métrage d’Emmanuel Courcol s’est offert, pour reprendre le titre de son précédent film, « un triomphe », plus que mérité !

Il faut dire que le scénario original d’EN FANFARE peaufiné par le cinéaste et sa coscénariste Irène Muscari, sur fond de déterminisme social et de fraternité retrouvée, est imparable.
Il faut absolument saluer la qualité de leur écriture et des dialogues, mais aussi celle du remarquable montage effectué par Guerric Catala qui manie à merveille l’ellipse pour donner un rythme parfait au film.

Autant dire que les deux nominations (parmi les 7 recueillies par EN FANFARE) aux César 2025 pour le scénario original et le montage du film étaient plus que méritées même si elles n’ont pas été transformées en récompenses.

Et puis il y a les interprètes, et quels interprètes !
Les frangins du film sont incarnés avec la fougue qu’on leur connait par deux comédiens au sommet de leur forme, Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin.
Mais il serait injuste de ne pas saluer l’ensemble du casting de Sarah Suco à Jacques Bonnaffé en passant par tous les musiciens et musiciennes de La Fanfare de Walincourt qui apportent au film toute sa véracité.

EN FANFARE qui célèbre la musique et la fraternité, trouve l’équilibre quasi parfait entre drame et comédie. Un film chaleureux et harmonieux qui fait du bien, dans la veine du meilleur du cinéma social britannique, quelque part entre THE FULL MONTY et LES VIRTUOSES. On en redemande…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ****

* VENTS ET BAGUETTES : Documentaire réalisé par Antonin Cloteau
* EN FANFARE au Festival d’Angoulême : Émission « L’Invité » présenté par Patrick Simonin, réalisée par Gildas Nivet et Océane Launay (TV5 Monde)
* « La Tournée nord » : Les coulisses de l’avant-première
* Scène coupée commentée par Emmanuel Courcol

Le + Cin’Écrans

C’est à l’occasion d’une projection d’EN FANFARE au Festival du Film Francophone d’Angoulême que nous avons eu le plaisir de partager un moment privilégié et très joyeux avec une partie de l’équipe du film, le scénariste-réalisateur Emmanuel Courcol, la coscénariste Irène Muscari et les comédiens Sarah Suco, Benjamin Lavernhe & Pierre Lottin.
La preuve en fanfare ci-dessous…

INTERVIEW EMMANUEL COURCOL, IRÈNE MUSCARI, BENJAMIN LAVERNHE, PIERRE LOTTIN & SARAH SUCO

Simón de la montaña, un film et un héros hors-normes…

Simón de la montaña, un film et un héros hors-normes…

SIMÓN DE LA MONTAÑA

Un film de Federico Luis
Scénario de Federico Luis et Agustin Toscano
Avec Lorenzo Ferro, Kiara Supini, Pehuén Pedie
Drame – 2024 – Argentine – 1h38

Sortie en salles le 23 avril 2025

L’histoire
Simón a 21 ans et vit en Argentine. Depuis peu, il fréquente une nouvelle bande d’amis inattendue. Auprès d’eux, pour la première fois, il a le sentiment d’être lui-même. Mais son entourage s’inquiète et ne le reconnaît plus. Et si Simón voulait devenir quelqu’un d’autre ?

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Présenté en compétition au cours de La Semaine de la Critique au Festival de Cannes l’an passé, SIMÓN DE LA MONTAÑA y a reçu le très convoité Grand Prix de cette sélection.

Avec ce premier long-métrage, Federico Luis qui a passé une grande partie de son enfance dans les hôpitaux ne souhaitait pas spécialement parler de handicap ou de différence mais d’«hyperception», en explorant une part plus sombre et manipulatrice que peuvent avoir, comme tout individu, certaines personnes handicapées.    

SIMÓN DE LA MONTAÑA est un film étonnant, voire déstabilisant pour les spectateurs auxquels le cinéaste argentin ne donne volontairement pas toutes les clés de compréhension.
On en veut pour preuve l’étonnante séquence d’ouverture du film où l’on découvre au cœur des paysages arides de la cordillère des Andes, un groupe d’adolescents et de jeunes adultes handicapés qui paraissent abandonnés à leur propre sort.

Passée cette mystérieuse introduction, la caméra du cinéaste ne va plus lâcher d’une semelle ses jeunes protagonistes et coller au plus près des corps et des visages de certains d’entre eux, à commencer par celui de Simón.
En refusant d’expliquer les intentions profondes du jeune homme, qui semble néanmoins vouloir échapper à sa mère et à sa classe sociale, Federico Luis instaure un malaise insidieux qui sert parfaitement son film.

Contre toute attente, la personnalité complexe et le regard buté de Simón, son « héros » finit par hanter nos souvenirs, sans doute en grande partie, grâce à la performance marquante de son interprète Lorenzo Ferro.

Certes, SIMÓN DE LA MONTAÑA n’est pas une œuvre aimable, ni très accueillante mais l’austérité, voire la radicalité de sa forme et de son propos lui confèrent une place à part dans le flot des sorties ciné hebdomadaires. À découvrir donc !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Comment devenir riche… en réalisant un beau film !

Comment devenir riche… en réalisant un beau film !

COMMENT DEVENIR RICHE (GRÂCE À SA GRAND-MÈRE)

Un film de Pat Boonnitipat
Scénario de Pat Boonnitipat, Thodsapol Thiptinkorn
Avec Putthipong Assaratanakul, Usha Seamkhum, Tontawan Tantivejakul …
Drame – 2024 – Thaïlande – 2h05

Sortie en salles le 16 avril 2025

L’histoire
Quand M apprend que sa grand-mère est malade, il voit une opportunité de mettre fin à ses galères. En jouant les petits-fils modèles, il compte bien décrocher l’héritage ! Mais gagner ses faveurs est loin d’être une mince affaire, et pour toucher le pactole, il est prêt à tout. Ce qui commence comme une mission intéressée devient peu à peu l’histoire d’un petit-fils et d’une grand-mère qui apprennent à se connaître…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Certes, COMMENT DEVENIR RICHE (GRACE À SA GRAND-MÈRE) a engrangé les recettes mondiales les plus élevées de tous les temps pour un long-métrage thaïlandais, mais c’est surtout un très joli premier film que je vous invite à découvrir sans tarder.

Une œuvre inattendue, à la fois cruelle et pleine de tendresse sur les relations familiales qui se délitent dans nos sociétés contemporaines (en l’occurrence ici en Thaïlande) avec un désintérêt de plus en plus marqué pour ses ainés.

Pat Boonnitipat a su trouver la distance nécessaire pour dresser le double portrait d’un jeune homme cupide et de sa grand-mère acariâtre.
Un duo que tout oppose dans un premier temps mais dont la relation va changer au fil du temps et de l’évolution de l’état de santé de la grand-mère.
S’il insuffle à son propos ce qu’il faut d’humanité et de sensibilité, le réalisateur croque aussi avec gourmandise et un ton narquois ses personnages principaux et secondaires aux tempéraments affirmés et sans scrupules, en évitant soigneusement de verser dans le mélo larmoyant.    

Même si la direction des acteurs semble parfois hésitante, le film doit néanmoins beaucoup à ses deux interprètes principaux Putthipong Assaratanakul (alias M, le petit fils) et surtout Usha Seamkhum qui incarne avec fougue Amah, une grand-mère déterminée et jamais dupe de ce qui se trame derrière son dos.
Cette actrice de 78 ans qui fait ici ses débuts devant la caméra participe grandement au plaisir procuré par ce « petit » film très attachant que l’on n’avait pas vraiment vu venir. Jolie surprise !   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Leçon de vie… Sur un fil

Leçon de vie… Sur un fil

SUR UN FIL

Un film de Reda Kateb
Scénario de Reda Kateb & Fadette Drouard
avec Aloïse Sauvage, Philippe Rebbot, Jean-Philippe Buzaud, Sara Giraudeau, Samir Guesmi, Massil Imine…
Comédie dramatique – 2024 – France – 1h52

Sorti en salles le 30 octobre 2024

Disponible depuis le 19 mars 2025 en DVD et VOD – Universal/ESCD

Audio : Français Dolby Digital 5.1 & 2.0

L’histoire
Jo, une jeune femme, artiste de cirque de rue, découvre le travail des clowns professionnels de “Nez pour rire”. Vite – peut-être trop vite – entrée dans l’association, elle se retrouve à l’hôpital au contact des enfants, des malades, des soignants et des familles, à qui ces clowns tentent inlassablement d’apporter de la joie et du réconfort.

Le film ***1/2

Après avoir réalisé PITCHOUNE en 2015, Reda Kateb nous offre avec SUR UN FIL, un premier long-métrage qui lui ressemble : sincère, pudique et profondément attachant.

Librement adapté par le réalisateur et Fadette Drouard du livre « Le journal du docteur Girafe » de Caroline Simonds, SUR UN FIL est un film sensible et touchant autour d’hommes et de femmes qui mettent leur talent et une partie de leur vie au service des enfants hospitalisés.

Cette histoire simple et sans fioritures excessives est transcendée par le talent et la générosité de ses interprètes.
Si la chanteuse, actrice et circassienne Aloïse Sauvage impose avec grâce la poésie et la détermination de son personnage Zouzou, il convient de citer également ses principaux partenaires Philippe Rebbot, Jean-Philippe Buzaud (véritable clown au sein de l’association Le Rire Médecin), Sara Giraudeau, Samir Guesmi et le jeune Massil Imine qui incarne Yacine, un enfant malade qui trouve un réconfort magique auprès de Zouzou/Aloïse.

Par sa mise en scène discrète, ses formidables interprètes et une belle bande originale signée French 79 (alias Simon Henner), SUR UN FIL impose en douceur sa puissance émotionnelle, tout en évitant judicieusement de verser dans le pathos.

Un film qui sur le fond et la forme n’est pas sans rappeler le cinéma d’Éric Toledano & Olivier Nakache avec qui Reda Kateb a tourné HORS NORMES en 2019.
SUR UN FIL est un film modeste, doux et réconfortant passé trop vite dans les salles obscures. Une séance de rattrapage à la maison est donc chaleureusement recommandée.   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Pas de bonus

Le mélange des genres – Michel Leclerc, équilibriste !

Le mélange des genres – Michel Leclerc, équilibriste !

LE MÉLANGE DES GENRES

Un film de Michel Leclerc
Scénario de Michel Leclerc & Baya Kasmi
Avec Léa Drucker, Benjamin Lavernhe, Melha Bedia, Vincent Elbaz, Julia Piaton, Judith Chemla, Félix Moati…
Comédie dramatique – 2024 – France – 1h43

Sortie en salles le 16 avril 2025

L’histoire
Simone, une flic aux idées conservatrices, est infiltrée dans un collectif féministe qu’elle suspecte de complicité de meurtre. A leur contact, Simone s’ouvre progressivement à leurs idées. Mais lorsqu’elle est soupçonnée par le groupe d’être une taupe, elle se sert du premier venu pour se couvrir : Paul, un homme doux, inoffensif et respectueux des femmes qui vit dans l’ombre de sa moitié, faisant de lui, malgré elle, un coupable innocent. Simone, catastrophée de ce qu’elle a fait, tente de réparer sa faute… Comment Paul va-t-il réagir ?

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

LE MÉLANGE DES GENRES est le septième long-métrage de fiction pour le cinéma de Michel Leclerc, un film né des nombreux échanges, voire disputes autour de #MeToo, entre le cinéaste et sa femme la scénariste-réalisatrice Baya Kasmi *.

Il convient de saluer l’audace du réalisateur de TÉLÉ GAUCHO, LE NOM DES GENS ou bien encore LA LUTTE DES CLASSES qui a choisi la comédie pour aborder les thèmes du féminisme et du rapport entre les hommes et les femmes à l’heure de la libération plus que bienvenue de la parole autour des violences faites aux femmes.

Un projet qui pouvait paraître casse-gueule à souhait sur le papier, venant, comme il le dit lui-même, d’un réalisateur vieillissant, mâle, hétéro et blanc… Mais voilà Michel Leclerc, aidé en fin de parcours par Baya Kasmi, a réussi à pousser les curseurs de la bien-pensance pour nous proposer une comédie gonflée mais sincère et dénuée de tout cynisme, quitte à être parfois un peu maladroite.
Les deux complices sont parvenus à un bel équilibre de ton et d’écriture dont on imagine aisément qu’ils n’ont pas été simples à trouver.

Il faut préciser également que, comme toujours, Michel Leclerc sait s’entourer. Pour incarner ses personnages principaux, hauts en couleurs, le réalisateur a fait appel à une belle bande de comédiens de Judith Chemla & Félix Moati avec qui il a déjà travaillé, mais aussi à quelques nouveaux venus dans la bande comme Julia Piaton, Melha Bedia et surtout Léa Drucker & Benjamin Lavernhe qui incarnent les personnages par qui tout arrive.

Il convient d’ailleurs de saluer une nouvelle fois l’incroyable talent du comédien, pensionnaire de la Comédie Française qui livre ici une prestation bien plus subtile qu’il n’y parait au premier abord. Rares sont les acteurs capables de travailler aussi finement la gestuelle burlesque, et de jouer à ce point avec leur corps pour s’abandonner à leur personnage.
Il y a chez cet immense acteur quelque chose du Pierre Richard naïf des années 70, celui du GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE. On en redemande…

Signalons enfin, l’excellente et subtile bande originale du film signée Vincent Delerm qui avait déjà collaboré avec Michel Leclerc sur LA VIE TRÈS PRIVÉE DE MONSIEUR SIM.

Un bon conseil donc, ne loupez pas cette savoureuse et étonnante comédie qui n’hésite pas à forcer parfois le trait pour mieux dénoncer le patriarcat et les travers de notre époque.

* MIKADO, l’excellent nouveau long métrage écrit et réalisé par Baya Kasmi, sans la collaboration, cette fois ci, de Michel Leclerc est sorti en salles le 9 avril, soit une semaine avant LE MÉLANGE DES GENRES.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans