Birdy d’Alan Parker, Envole-moi…

Birdy d’Alan Parker, Envole-moi…

BIRDY

Drame – 1984 – 2h00 (Blu ray) 1h55 (DVD) – France
Réalisation : Alan Parker
Scénario : Sandy Kroopf & Jack Behr d’après l’œuvre de William Wharton,
Distribution : Matthew Modine, Nicolas Cage, John Harkins…

Sorti en salles le 22 mai 1985

Disponible en combo blu ray + DVD + livret – Edition collector limitée

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  1.85 – 1080, 24p
Audio :  Anglais & Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titre : Français

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  1.85, 16/9e compatible 4/3
Audio : Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0, Français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français

Le pitch
Malgré leurs différences, Al et Birdy sont devenus inséparables. Dans leur banlieue défavorisée de Philadelphie, Al, sportif, exubérant et populaire, ne pense qu’à séduire les filles, quand Birdy, réservé et étrange aux yeux des autres, voue une admiration sans bornes aux oiseaux… Mais la guerre a mis fin au temps de l’insouciance et les deux amis ont vécu le traumatisme du Viêt Nam. Revenu défiguré, Al est appelé à l’hôpital militaire pour aider Birdy : totalement mutique, il semble persuadé d’être une créature pouvant voler…

L’avis Cin’Ecrans
La redécouverte de BIRDY dans cette nouvelle et très belle édition digitale est un réel plaisir.
Le film d’Alan Parker, Grand prix spécial du jury au Festival de Cannes 1985, dénonce brillamment les horreurs de la guerre du Vietnam et ses ravages sur les hommes qui en sont revenus.

BIRDY est un film sur l’indéfectible amitié qui lie ses deux principaux protagonistes dont l’un s’est enfermé dans sa folie. Une œuvre intense et poétique qui vous transporte deux heures durant dans un espace-temps singulier imposé par la vision du monde d’Al et Birdy.
Outre les compositions intenses et subtiles de Matthew Modine et Nicolas Cage, BIRDY est magnifié par une belle ambition artistique avec en particulier le somptueux travail de Michael Seresin, fidèle directeur de la photographie du cinéaste et par une bande son composée par l’immense Peter Gabriel.

Avec ce sixième long-métrage, sorti en France avec grand succès en mai 1985, le réalisateur de MIDNIGHT EXPRESS, MISSISSIPI BURNING et THE COMMITMENTS signait un nouveau film très marquant dans sa riche et très éclectique carrière.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

Bonus
– L’abstraction de la guerre (24’) : Entretien avec Matthew Modine
– Haut vol (17’) : Entretien avec les scénaristes Jack Behr et Sandy Kroopf
– Prendre la plume (14’) : le réalisateur Keith Gordon évoque William Wharton, auteur du roman
– Birdy et l’ange Gabriel (16’) : Entretien avec le journaliste musical Christophe Geudin
– Peter Gabriel, la musique réinventée (7’) : Entretien avec Peter Gabriel

+  Un livret de 40 pages, écrit spécialement par François Cau et illustré de photos d’archives

C’est un beau cadeau que nous fait Wild Side avec cette nouvelle édition du film d’Alan Parker proposée dans un combo Blu ray + DVD, agrémenté d’un livret de 40 pages (que nous n’avons malheureusement pas pu découvrir).

En revanche, nous avons pu déguster de nombreux et judicieux bonus dont deux consacrés à Peter Gabriel.
Outre une interview (2019) du musicien britannique, l’édition française est dotée d’un module totalement inédit (Birdy et l’ange Gabriel) consacré à la bande originale du film et à la carrière du compositeur à travers un entretien érudit avec Christophe Geudin.

Le journaliste musical nous y confirme que l’ex-leader de Genesis est un musicien perfectionniste à l’extrême. Ayant peur de ne pouvoir rendre sa partition dans les temps, Le créateur de « So » n’a accepté la proposition d’Alan Parker qu’à la condition de pouvoir mêler compositions originales et relectures de titres figurant sur deux de ses albums solos.

Le reste des bonus est constitué de modules figurant sur l’édition anglaise 2019 du film.

Dans « L’abstraction de la guerre » on a grand plaisir à retrouver l’interprète de Birdy, le trop rare Matthew Modine qui se livre avec générosité et témoigne, à travers de nombreux souvenirs, de l’importance primordiale du film et de ce rôle dans sa carrière.

Dans « Haut vol », les deux coscénaristes du film Jack Behr & Sandy Kroopf reviennent sur les enjeux très spécifiques de l’adaptation pour le film du roman de William Wharton.

« Prendre la plume » nous propose de poser un autre regard sur BIRDY, celui de Keith Gordon, un réalisateur qui a lui-même adapté une œuvre de William Wharton pour l’un de ses films SECTION 44, en 1992. L’occasion, notamment, d’en savoir plus sur l’impressionnante séquence en vue subjective (grâce à l’emploi d’un dispositif très spécifique et d’une caméra nouvelle à l’époque, la Skycam) au cours de laquelle Birdy se rêve en oiseau.

Bref, une bonne soirée de 3 heures est à envisager si vous souhaitez déguster d’une traite le copieux menu BIRDY concocté par son éditeur français…

16 ans, l’amour amore…

16 ans, l’amour amore…

« Si on voit le travail, j’ai l’impression qu’on a laissé le prix sur le cadeau ! » Philippe Lioret

Nora et Léo se rencontrent le jour de la rentrée en classe de Seconde. Leurs regards s’enchâssent et tout est dit. Le frère de Nora, manutentionnaire à l’hypermarché local, est accusé de vol et viré sur-le-champ. Le directeur de l’hypermarché c’est Franck, le père de Léo. Les deux familles s’affrontent, les différences s’exacerbent et le chaos s’installe. Les vies de Nora et Léo s’embrasent.

Adaptation contemporaine de la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare, 16 ANS est le 9e long-métrage pour le cinéma de Philippe Lioret.
Comme souvent chez le réalisateur de JE VAIS BIEN NE T’EN FAIS PAS ou LE FILS DE JEAN, c’est au cœur de la cellule familiale et des différences sociales que naissent les conflits et les révoltes qui vont nourrir son histoire.

16 ANS est le tragique récit du quotidien contrarié de deux jeunes gens qui n’aspirent pourtant qu’à une chose : vivre pleinement leur amour naissant.

Cette tragédie shakespearienne revisitée par Philippe Lioret se déroule implacablement, à la manière d’un thriller, sur fond d’amour, d’insouciance de déterminisme social et de patriarcat, sans jamais verser dans les clichés.

C’est à l’occasion de sa présentation en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons évoqué la genèse et la réalisation de ce film intense avec Philippe Lioret et ses deux formidables jeunes interprètes, Sabrina Levoye et Teïlo Azaïs.

INTERVIEW  PHILIPPE LIORET, SABRINA LEVOYE & TEÏLO AZAÏS

The Fabelmans. Au cœur de l’intime avec Steven Spielberg
The Fabelmans. Au cœur de l’intime avec Steven Spielberg

Du traumatisme de la séparation de ses parents durant sa jeunesse, Steven Spielberg parvient à tirer un film lumineux et bouleversant, qui ne sombre jamais dans le pathos. Et surtout, The Fabelmans est la plus belle déclaration d’amour d’un cinéaste à son art. Un très grand film dont on sort émerveillé et abasourdi. A voir et revoir…

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Jane B par Charlotte C – Les dessous chics…

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JANE PAR CHARLOTTE

Documentaire – 2021 – 1H32 (blu ray) 1H28 (DVD) – France
Réalisation : Charlotte Gainsbourg
Scénario : Charlotte Gainsbourg
Distribution : Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg,

Sorti en salles le 12 janvier 2022

Disponible en édition collector Blu ray + DVD+ Livret & VOD – Jour2fête Distribution

Image :
 16/9 – 2.00
Audio :  5.1 & 2.0
Sous-titre : Anglais – Français pour sourds et malentendants

Le pitch
Charlotte Gainsbourg a commencé à filmer sa mère, Jane Birkin, pour la regarder comme elle ne l’avait jamais fait. La pudeur de l’une face à l’autre n’avait jamais permis un tel rapprochement.

Mais par l’entremise de la caméra, la glace se brise pour faire émerger un échange inédit, sur plusieurs années, qui efface peu à peu les deux artistes et les met à nu dans une conversation intime inédite et universelle pour laisser apparaître une mère face à une fille.

Jane par Charlotte…

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
En découvrant cette magnifique déclaration d’amour d’une fille à sa mère, jamais le spectateur ne se trouve dans une position de voyeur, il est simplement invité à partager avec ces deux femmes et les fantômes de leurs vies, de beaux instants d’intimité, de questionnements et de vérité. Si leur vie a parfois été exposée de manière triviale, ici c’est une forme de douceur qui prend place, peu à peu, pour explorer le cœur de leur relation.

Si l’on comprend dès l’ouverture du documentaire que son élaboration n’a pas forcément été très simple, on est régulièrement bouleversé par la teneur des échanges et par de nombreuses séquences comme celle où Charlotte invite Jane à revenir dans la maison de Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris, ou elles ont vécu de nombreuses années.

On est aussi régulièrement étonné par la désarmante sincérité de la muse du grand Serge et par la singularité de certains moments, comme lorsque Jane fait part à sa fille de sa peur constante d’avoir « mal fait » avec ses enfants, de son rapport au corps qui change et vieillit ou quand elle dit à Charlotte, qu’enfant elle l’intimidait.

Le documentaire de Charlotte Gainsbourg est tout autant le portrait de Jane par Charlotte que celui de Charlotte par Jane… Ce film bouleversant et d’une grâce infinie sur l’amour maternel et le temps qui passe nous procure une forme de mélancolie heureuse !

Bonus
Livre de photographie de Charlotte Gainsbourg (2017-2021)
Pas de bonus vidéo pour accompagner le très beau film de Charlotte Gainsbourg mais un livre (72 pages) de photographies prises entre 2017 et 2021.

Joyland… Coup de foudre à Lahore !

Joyland… Coup de foudre à Lahore !

JOYLAND

Un film de Saim Sadiq
Scénario de Saim Sadiq
Avec Ali Junejo, Alina Khan, Sania Saeed, Salmaan Peerzada…

Drame – Romance – 2H06 – Pakistan
Sortie en salles le 28 décembre 2022

L’histoire : A Lahore, Haider et son épouse, cohabitent avec la famille de son frère au grand complet. Dans cette maison où chacun vit sous le regard des autres, Haider est prié de trouver un emploi et de devenir père. Le jour où il déniche un petit boulot dans un cabaret, il tombe sous le charme de Biba, danseuse sensuelle et magnétique.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour sa manière d’aborder un sujet ô combien délicat dans une société pakistanaise fondée sur un système patriarcal et des traditions qui brident toute velléité à sortir d’un schéma terriblement conservateur.
JOYLAND, remarquable ode à la liberté, dresse le portrait subtil et bouleversant d’un homme tiraillé entre les injonctions de la société et son envie irrépressible de prendre son envol et de vivre sa vie.  
Avec ce premier film, Saim Sadiq filme avec sensualité et une infinie délicatesse, l’éveil de pulsions nouvelles et même tout simplement du désir chez un homme qui en manquait cruellement jusque-là.
Cette découverte d’un monde qu’Haider ignorait et la naissance d’une histoire d’amour offre à son personnage mais aussi au spectateur quelques judicieuses respirations à travers, notamment de belles séquences musicales et de danse.
Le réalisateur ose même, par instants, emprunter les atours de la comédie romantique voire d’une forme de burlesque sentimental (avec la scène de balade de la silhouette géante de Biba en scooter). Il prouve ainsi sa grande foi dans l’intelligence du spectateur et dans un sujet qui aurait pu n’être que pesant.

2/ Si le film fait le constat sans appel d’une société corsetée par ses traditions et son conservatisme patriarcal, il n’est jamais à charge contre ses principaux protagonistes. Des personnages à qui le réalisateur donne une belle profondeur et une véritable humanité, malgré leurs défauts et leur degré d’implication dans le parcours et le destin de Haider. On en veut pour preuve la séquence finale douloureuse et bouleversante qui remet face à face Haider et son épouse.
Saluons également l’audace d’un jeune cinéaste qui montre et dénonce, ce n’est pas si courant, les dommages causés par le patriarcat, non seulement sur les femmes mais aussi sur certains hommes.

3/ Dernière bonne raison de découvrir JOYLAND, son Prix du jury Un certain regard et la Queer palm 2022, deux récompenses cannoises plus que méritées pour signifier la réussite et la belle singularité de ce premier long métrage qui s’apprête également à concourir aux Oscars 2023 au titre de meilleur film étranger (il fait partie de la short-list de 15 longs métrages en lice)  

La passagère, désir, désirs…

La passagère, désir, désirs…

« La question de la jouissance est au cœur du film… » Héloïse Pelloquet

Chiara vit sur une île de la côte atlantique, là où son mari Antoine a grandi. Ils forment un couple heureux et amoureux. Elle a appris le métier d’Antoine, la pêche, et travaille à ses côtés depuis vingt ans. L’arrivée de Maxence, un nouvel apprenti, va bousculer leur équilibre et les certitudes de Chiara…

« C’est très amusant d’être entre les mains d’une réalisatrice qui sait ce qu’elle veut » Cécile de France

Réalisatrice de 3 courts très remarqués, Héloïse Pelloquet nous livre avec LA PASSAGÈRE, son premier long-métrage, le portrait vibrant d’une femme qui prend son destin en main avec courage, au risque de déplaire.
Ce récit d’un affranchissement est mené avec une grande maitrise scénaristique par Héloïse Pelloquet qui pratique aussi joliment l’art de l’ellipse, jusqu’à la bouleversante séquence finale dont on se gardera bien de vous révéler la teneur.   

Avec la complicité de ses magnifiques comédiens principaux (Cécile de France magistrale, mais aussi Grégoire Monsaingeon et Félix Lefebvre) et de nombreux acteurs non professionnels, la réalisatrice effectue une plongée en immersion dans le quotidien des marins pêcheurs de l’ile.

Et puis surtout, elle filme avec beaucoup d’intelligence et de sensualité, de manière quasi organique, la relation naissante entre Chiara et Maxence, sans jamais l’opposer d’une quelconque manière à celle qu’elle vit avec Antoine, son mari.

LA PASSAGÈRE expose ainsi avec une belle et bienvenue aisance, un point de vue très affirmé sur le désir féminin.  

« Enfin, on nous dit dans un film que c’est possible d’aimer deux personnes à la fois » Cécile de France

C’est à l’occasion de la présentation en avant-première au Festival du film de Sarlat que j’ai eu le grand plaisir d’échanger avec la réalisatrice et ses trois acteurs principaux.  

INTERVIEW HÉLOÏSE PELLOQUET, GRÉGOIRE MONSAINGEON, CÉCILE DE FRANCE, FÉLIX LEFEBVRE

The Fabelmans. Au cœur de l’intime avec Steven Spielberg
The Fabelmans. Au cœur de l’intime avec Steven Spielberg

Du traumatisme de la séparation de ses parents durant sa jeunesse, Steven Spielberg parvient à tirer un film lumineux et bouleversant, qui ne sombre jamais dans le pathos. Et surtout, The Fabelmans est la plus belle déclaration d’amour d’un cinéaste à son art. Un très grand film dont on sort émerveillé et abasourdi. A voir et revoir…

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