Le roman de Jim… Le plus beau film des frères Larrieu !

Le roman de Jim… Le plus beau film des frères Larrieu !

LE ROMAN DE JIM

Un film d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Scénario d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu
avec Karim Leklou, Laetitia Dosch, Sara Giraudeau, Bertrand Belin, Noé Abita, Andranic Manet, Eol Personne, Suzanne de Baecque
Comédie dramatique – 2024 – France – 1h41

Sortie en salles le 14 août 2024

L’histoire

Aymeric retrouve Florence, une ancienne collègue de travail, au hasard d’une soirée à Saint-Claude dans le Haut-Jura. Elle est enceinte de six mois et célibataire. Quand Jim nait, Aymeric est là. Ils passent de belles années ensemble, jusqu’au jour où Christophe, le père naturel de Jim, débarque… Ça pourrait être le début d’un mélo, c’est aussi le début d’une odyssée de la paternité.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec cette adaptation du roman éponyme de Pierric Bailly, Arnaud et Jean-Marie Larrieu s’aventurent sur un nouveau terrain de jeu cinématographique et osent le mélodrame. Un mélo dense et bouleversant sur la paternité qui nous emporte totalement grâce à la sincérité de son propos et à l’absence totale de cynisme de ses réalisateurs.
LE ROMAN DE JIM est un film humble qui se révèle au spectateur par petites touches sans jamais céder à la facilité ou au tire-larmes. C’est aussi pour cela que ses personnages remarquablement écrits et incarnés nous touchent aussi profondément.

2/ Les interprètes du film, justement ! Parlons-en et félicitons les frères Larrieu d’avoir réuni un casting aussi enthousiasmant.
Laetitia Dosch, Sara Giraudeau, Bertrand Belin, Andranic Manet et Noé Abita, dans des registres souvent très opposés, sont absolument parfaits mais c’est sans aucun doute la composition du toujours excellent Karim Leklou dont on se souviendra le plus longtemps.

Avec Aymeric, personnage dont la bonté et la grandeur d’âme traversent l’écran pour nous foudroyer, l’acteur trouve un nouveau sommet dans une carrière d’une richesse déjà exceptionnelle (de SUZANNE à GOUTTE D’OR en passant par VINCENT DOIT MOURIR ou POUR LA FRANCE). Il n’est pas étonnant que des cinéastes, de plus en plus nombreux, s’attachent désormais à mettre son talent, sa pudeur, sa tendresse et sa bouleversante humanité en valeur.  

3/ Saluons enfin l’intelligence et la sobriété de la mise en scène qui use avec beaucoup d’intelligence de l’ellipse temporelle pour nous offrir un récit fluide, sur 1h40, à partir d’un roman qui se déroule sur 24 ans. Une véritable gageure relevée haut la main par les frères Larrieu qui nous régalent ici, sans aucun doute, de leur film le plus dépouillé mais aussi le plus beau.

LE ROMAN DE JIM
est une œuvre bouleversante, ancrée au cœur d’un Jura magnifié par des cinéastes qui ne jugent jamais leurs personnages. Des personnalités complexes et confrontées à de nombreux dilemmes, qui font toutes de leur mieux avec leurs sentiments !
Nous ne sommes pas près de les oublier…

Nouveau monde – De la vie et de l’espoir, sans pathos !

Nouveau monde – De la vie et de l’espoir, sans pathos !

NOUVEAU MONDE

Un film de Vincent Cappello
Scénario de Vincent Cappello
Avec Rohid Rahimi, Sandor Funtek, Mujib Rahimi, Zoé Marchal, Iris Bry…
Drame – 1h15 – France

Sortie en salles le 19 juin 2024

L’histoire 
Rohid, un jeune réfugié Afghan à Paris, doit trouver du travail pour envoyer de l’argent à sa mère, menacée de mort par les talibans. Alors qu’il étudie avec persévérance la langue française et tente de s’intégrer, son petit frère reste anesthésié par leur périple. Rohid croise la route de Sandor, charismatique et débrouillard, avec qui il multiplie les petits boulots. Pas à pas, il reprend espoir de se faire une place dans ce nouveau monde.

L’avis Cin’Écrans ****
Ne loupez surtout pas, s’il passe près de chez vous, la sortie en salles de NOUVEAU MONDE, premier long métrage de fiction signé Vincent Cappello. Un film très largement inspiré du parcours des deux frères Rohid & Mujib Rahimi dont la présence forte à l’écran donne encore plus de véracité à ce récit d’apprentissage et de solidarité.

« Ça m’a fait pleurer… J’étais émerveillé par la justesse du propos. C’est bien traité, ça fait du bien en fait ! » Sandor Funtek

S’il faut saluer avant tout le beau travail de comédiens des deux frangins qui se sont réapproprié pour ce film de fiction très documenté, leur vie et leur propre parcours, il convient également de saluer la présence, non moins importante d’Iris Bry et Zoé Marchal, ainsi que celle de l’excellent Sandor Funtek, fidèle complice du réalisateur, qui donne vie à un complexe et passionnant personnage.

« Tous les jeunes réfugiés qui jouent dans mon film ont aujourd’hui trouvé un travail… Ça réussit, ça marche ! » Vincent Cappello

Il faut le dire haut et fort, contrairement à un certain nombre d’autres films, souvent fort respectables (là n’est pas la question) qui traitent de la question de la migration et de l’intégration, Vincent Cappello a fait un choix presque audacieux à notre époque, celui de tirer ses personnages vers le haut, de montrer à quel point la rencontre, l’échange avec l’autre est important !

Alors soyons clair, si le film n’est jamais plombant, bien au contraire, il n’élude évidemment pas les difficultés rencontrées, notamment par Rohid et son frère.
Mais ce qui en ressort puissamment, c’est le désir profond de Vincent Cappello de nous offrir un film volontairement optimiste à travers cette formidable histoire de solidarité et d’intégration réussie. Un acte humaniste et véritablement « politique » de la part du cinéaste qui nous dit aussi, en filigrane, combien les mots et la poésie sont importants. Autant dire que ce message subtilement distillé fait un bien fou !  Surtout par les temps qui courent…  

N’hésitez donc surtout pas à encourager cet élan d’espoir et de positivisme, vous en ressortirez avec une confiance ragaillardie dans l’être humain (enfin une partie !) …  

Le + Cin’Écrans
C’est lors de la présentation de NOUVEAU MONDE au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz que nous avons eu le privilège de rencontrer une partie de sa belle équipe à l’enthousiasme communicatif : le scénariste réalisateur Vincent Cappello et ses trois comédiens principaux, Rohid & Mujib Rahimi et Sandor Funtek.

Un bon conseil, restez bien jusqu’au bout de cette longue interview. Vincent Cappello et Rohid Rahimi nous annoncent une excellente nouvelle, plus de 9 mois après la réalisation de l’entretien à Saint-Jean-de-Luz.

INTERVIEW VINCENT CAPPELLO, ROHID & MUJIB RAHIMI, SANDOR FUNTEK

Dissidente, un film choc et nécessaire !

Dissidente, un film choc et nécessaire !

DISSIDENTE

Un film de Pier-Philippe Chevigny
Scénario de Pier-Philippe Chevigny
Avec Ariane Castellanos, Marc-André Grondin, Nelson
Drame – 1h29 – Canada – France

Sortie en salles le 5 juin 2024

L’histoire 
À Richelieu, ville industrielle du Québec, Ariane est embauchée dans une usine en tant que traductrice. Elle se rend rapidement compte des conditions de travail déplorables imposées aux ouvriers guatémaltèques. Tiraillée, elle entreprend à ses risques et périls une résistance quotidienne pour lutter contre l’exploitation dont ils sont victimes.

L’avis Cin’Écrans ****
Après avoir réalisé une dizaine de courts-métrages, le cinéaste canadien Pier-Philippe Chevigny s’est lancé dans l’aventure du long-métrage et ce premier essai est une véritable réussite.
DISSIDENTE est un film de fiction très documenté, intense et implacable sur le quotidien terrible de travailleurs étrangers qui subissent de plein fouet la violence sociale et l’exploitation.

« Le point de départ, c’était d’essayer de faire un documentaire… » Pier-Philippe Chevigny

Pour incarner le personnage complexe d’Ariane, la dissidente, que la caméra ne lâche pas d’une semelle, Pier-Philippe Chevigny a fait appel à l’excellente Ariane Castellanos, une comédienne avec qui le cinéaste avait déjà collaboré en 2015 sur son court-métrage VÉTÉRANE.

L’actrice est absolument remarquable dans son incarnation d’une femme aux prises avec une situation des plus inconfortables, à la fois victime et complice du système qui va se rebeller contre cette situation.
La composition d’Ariane Castellanos lui a d’ailleurs valu, récemment, un très mérité Prix d’interprétation au Festival du film de demain, festival dont le jury a également décerné au film son Prix du meilleur scénario.

 « Une scène, un plan… » Pier-Philippe Chevigny

Aux côtés d’Ariane Castellanos, Marc-André Grondin (C.R.A.Z.Y., LE SUCCESSEUR), toujours bluffant de justesse mais que l’on peine presque à reconnaitre tant il est méconnaissable.
Le reste du casting affiche un mélange de comédiens et de non-professionnels. Un choix plus que judicieux qui apporte au film une grande véracité et une vraie puissance dramaturgique.

Il convient enfin de saluer la mise en scène discrète mais assez virtuose de ce 1er film, composé en grande partie de longs plans séquences.
Véritable plongée en immersion dans une entreprise gangrenée par l’exploitation de ses ouvriers, DISSIDENTE s’impose comme un puissant et suffocant drame social, dans la droite lignée de la trilogie du travail de Stéphane Brizé (LA LOI DU MARCHÉ, EN GUERRE, UN AUTRE MONDE). À voir absolument.

Le + Cin’Écrans
C’est lors de la présentation de DISSIDENTE au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, en octobre dernier,que nous avons eu le privilège de rencontrer son réalisateur Pier-Philippe Chevigny.
Quelques jours après cette interview, DISSIDENTE était distingué par trois fois en obtenant le Grand Prix du jury présidé par Agnès Jaoui, le Prix du public et le Prix d’interprétation féminine pour Ariane Castellanos.  

INTERVIEW PIER-PHILIPPE CHEVIGNY

La gardav – Un air de famille 

La gardav – Un air de famille 

LA GARDAV

Un film de Thomas & Dimitri Lemoine
Scénario de Thomas Lemoine & Christiane Lemoine-Vultaggio
avec Thomas Lemoine, Gaël Tavares, Pierre Lottin, Lionnel Astier, Melissa Izquierdo, Alain Bouzigues, Hichem Yacoubi …
Comédie, drame – 2024 – France – 1h27

Sortie en salles le 5 juin 2024

L’histoire
Mathieu jeune acteur ambitieux galère pour boucler sa bande démo. Son pote Ousmane lui propose de tourner dans son clip de rap, mais le tournage ne va pas se passer comme prévu.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Librement inspiré d’une garde à vue réellement vécue par Thomas (Mathieu dans le film) LA GARDAV est le premier long métrage de Thomas et Dimitri Lemoine. Un film dont le scénario a été coécrit par Dimitri et la mère des deux frères, Christiane. Une histoire de famille, pour le meilleur et pour le rire, donc !

2 / Si le propos, celui de cette garde à vue qui échappe à ses principaux protagonistes est plutôt au dramatique sur le fond, le ton adopté et bienvenue est celui d’une comédie burlesque.

En effet, même s’il croque joyeusement quelques travers du monde policier, LA GARDAV n’est en aucun cas, une diatribe « anti-flics ».

Le film illustre, avec une certaine malice, la façon dont des individus (en l’occurrence ici des jeunes de quartiers dont un apprenti comédien « J’ai ma fiche AlloCiné » et les policiers) tentent de cohabiter dans une société de plus en plus fracturée. C’est à partir de situations absurdes liées très souvent à la précarité des ressources policières que LA GARDAV tire sa singularité.

Le film qui ne se revendique pas comme une tribune politique, dénonce néanmoins judicieusement les dérives possibles d’une machine policière et judiciaire.
Ce choix affirmé d’employer un humour souvent burlesque permet au spectateur de mieux appréhender le ridicule de certaines situations.

3 / Malgré quelques défauts de rythme, LA GARDAV est ponctué de dialogues piquants et possède suffisamment de qualités scénaristiques pour nous intéresser au sort de son principal protagoniste, Mathieu.
Un personnage lunaire incarné avec conviction par Thomas Lemoine, coréalisateur du film. À ses côtés, on notera la belle présence de Gaël Tavarès (Ousmane) et surtout quelques comédiens plus chevronnés dont on sent qu’ils ont pris du plaisir à incarner des personnages quelques peu dépassés par leurs fonctions. Citons les duo Lionnel Astier/Alain Bouzigues et Benjamin Baffie/ Pierre Lottin (toujours surprenant) à qui l’on doit quelques une des meilleures séquences du film…    

Chien blanc – Dressé pour tuer…

Chien blanc – Dressé pour tuer…

CHIEN BLANC

Un film d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Scénario de Valérie Beaugrand-Champagne & Anaïs Barbeau-Lavalette
avec Denis Ménochet, Kacey Rohl, K.C. Collins
Drame– 2023 – Québec – 1h36

Sortie en salles le 22 mai 2024

L’histoire
1968 – Etats-Unis. Martin Luther King est assassiné et les haines raciales mettent le pays à feu et à sang. Romain Gary et sa femme l’actrice Jean Seberg, qui vivent à Los Angeles, recueillent un chien égaré, dressé exclusivement pour attaquer les Noirs : un chien blanc. L’écrivain, amoureux des animaux, refuse de le faire euthanasier, au risque de mettre en péril sa relation avec Jean, militante pour les droits civiques et très active au sein des Black Panthers.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Le film d’Anaïs Barbeau-Lavalette est la seconde adaptation pour le cinéma de CHIEN BLANC, roman autobiographique, écrit en 1970 par Romain Gary.
En effet, il y a plus de quarante ans, c’est Samuel Fuller (SHOCK CORRIDOR, AU-DELÀ DE LA GLOIRE) qui s’intéresse à ce roman autobiographique et réalise le controversé DRESSÉ POUR TUER.

Avec cette nouvelle libre adaptation du roman de Romain Gary, Anaïs Barbeau-Lavalette et sa coscénariste Valérie Beaugrand-Champagne se sont intéressées à d’autres thématiques que celle principalement développée par le cinéaste américain, à savoir l’affrontement entre le chien et son rééducateur noir.
Par le biais de l’histoire d’amour passionnelle et tumultueuse entre Romain Gary et Jean Seberg, CHIEN BLANC pose, entre autres et judicieusement, la question de la place des blancs dans la lutte contre le racisme.
Peut-on prendre part à une lutte qui ne nous appartient pas ? Pertinente, passionnante et dérangeante interrogation…

2 / On a connu Denis Ménochet, apparemment, plus à l’aise que dans CHIEN BLANC. Le brillant interprète de JUSQU’À LA GARDE, GRÂCE À DIEU ou AS BESTAS, réussit néanmoins à donner corps et vie à la personnalité complexe de Romain Gary.  Saluons aussi le travail de Kacey Rolh, interprète de Jean Seberg, dont on découvre ici une facette méconnue et très différente de celle d’icône de la nouvelle vague.

3 / Si elle n’est évidemment pas le cœur du film, il faut néanmoins signaler l’attention particulière accordée à sa bande son.
Une playlist composée, notamment, de plusieurs classiques de la chanson US dont la réalisatrice a choisi des versions plus récentes que celles d’origine comme Wild is the wind de Johnny Mathis, magnifiquement reprise par Cat Power.
Un choix audacieux qui apporte au film un retentissement contemporain à son propos, à l’instar du titre Seuls et vaincus diffusé sur le générique de fin. Un titre né d’un magnifique texte/poème de Christiane Taubira, magistralement mis en musique et interprété par le rappeur et écrivain franco-rwandais Gaël Faye et la chanteuse franco-canadienne Melissa Laveaux.