Les cinq diables, Totale eclipse of the heart …

Les cinq diables, Totale eclipse of the heart …

LES CINQ DIABLES

Drame – 2022 – 1h36 (Blu ray) 1h32 (DVD) – France
Réalisation : Léa Mysius
Scénario : Léa Mysius & Paul Guilhaume
Distribution : Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé, Swala Emati, Moustapha Mbengue, Daphné Patakia, Patrick Bouchitey…

Sorti en salles le 31 août 2022

Disponible en VOD, Blu ray & DVD

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  16/9 2.39:1 (source pellicule 35mm)
Audio :  Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Audio Description Français DTS HD 2.0

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  16/9 2.39:1 (source pellicule 35mm)
Audio : Français Dolby Audio-DD 5.1 et 2.0 – Audio Description Français Dolby Audio-DD 2.0

Le pitch
Vicky, petite fille étrange et solitaire, a un don : elle peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix qu’elle collectionne dans des bocaux étiquetés avec soin. Elle a extrait en secret l’odeur de sa mère, Joanne, à qui elle voue un amour fou et exclusif, presque maladif. Un jour Julia, la sœur de son père, fait irruption dans leur vie. Vicky se lance dans l’élaboration de son odeur. Elle est alors transportée dans des souvenirs obscurs et magiques où elle découvrira les secrets de son village, de sa famille et de sa propre existence.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
Après AVA, son 1er long-métrage très remarqué en 2017, Léa Mysius a poursuivi son travail de scénariste pour des cinéastes aussi importants qu’Arnaud Desplechin, Claire Denis, André Téchiné ou Jacques Audiard. En août dernier, elle nous livrait enfin le fruit de son travail derrière la caméra avec LES CINQ DIABLES, un film envoutant à la frontière des genres, entre drame familial, thriller psychanalytique et fable fantastique qui n’a malheureusement pas rencontré le succès mérité.

Une séance de rattrapage est donc fortement conseillée, tant LES CINQ DIABLES séduit par son propos singulier et un traitement au diapason. Malgré des moyens réduits, la réalisatrice parvient à insuffler une salvatrice étrangeté à son film, bien aidée il est vrai par la bande son composée par Florencia Di Concilio et par l’utilisation judicieuse de somptueux décors naturels de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il convient, à ce titre, de saluer l’excellence du travail de Paul Guilhaume, directeur photo de ce film et par ailleurs coscénariste des films, courts et longs, de Léa Mysius dont LES CINQ DIABLES.

Avec le personnage de Joanne, Adèle Exarchopoulos prouve une nouvelle fois que sa révélation dans LA VIE D’ADÈLE ne devait rien au hasard. De RIEN À FOUTRE, à ce film de Léa Mysius, en passant par BAC NORD ou MANDIBULES, la comédienne s’affirme dans des registres toujours très différents et à travers des rôles auxquels elle apporte tout son talent et les différentes facettes de sa forte personnalité. A ses côtés, on a plaisir à retrouver Patrick Bouchitey, la révélation de la série OVNI(s) Daphné Patakia et à découvrir une très jeune actrice, Sally Dramé dont la première prestation impressionne…

Avec LES CINQ DIABLES, Léa Mysius nous propose une véritable expérience sensorielle et un film qui participe pleinement au renouveau du cinéma de genre français, dans la lignée d’œuvres comme GRAVE, LA NUÉE ou PETIT PAYSAN.

Bonus
– Commentaire d’extraits avec Léa Mysius et Adèle Exarchopoulos (13’42”)
– 2 courts métrages de Léa Mysius : L’ÎLE JAUNE (2016, 29’30”) et CADAVRE EXQUIS (2013, 25’12”)

Présenté curieusement comme un commentaire d’extraits du film, le premier bonus est en fait une interview croisée de Léa Mysius et Adèle Exarchopoulos. Pourquoi cet intitulé ? Mystère !
Reste en tous cas, un entretien très intéressant et sans langue de bois qui nous informe sur les intentions de la réalisatrice et le travail de la comédienne.

Excellente idée de nous proposer en complément 2 courts métrages de Léa Mysius (sur les 3 qu’elle a réalisés) même si L’ÎLE JAUNE était déjà présent sur le DVD d’AVA. Deux films ambitieux habités par la même jeune comédienne, Ena Letourneux.
Malgré quelques longueurs et maladresses, ces deux courts confirment la singularité du regard de la cinéaste et son goût de l’étrange.

Liaison presque fatale pour Al Pacino

Liaison presque fatale pour Al Pacino

MÉLODIE POUR UN MEURTRE (Sea of love)

Thriller – 1990 – 1h53 (Blu ray) 1h48 (DVD) – Etats-Unis
Réalisation : Harold Becker
Scénario : Richard Price
Distribution : Al Pacino, Ellen Barkin, John Goodman, William Hickey, Michael Rooker, Richard Jenkins, Paul Calderon, Samuel L.Jackson…

Sorti en salles le 10 janvier 1990

Disponible en Blu ray & DVD (nouvelles éditions)

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  16/9 1.85 :1(source pellicule 35mm)
Audio :  Français et Anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  16/9 1.85 :1 (source pellicule 35mm)
Audio : Français et Anglais Dolby Audio-DD 5.1
Sous-titres : Français

Le pitch
A New York. En l’espace d’une semaine, deux hommes qui organisaient leurs rendez-vous amoureux par l’entremise d’un magazine spécialisé sont assassinés. Frank Keller, un policier intègre mais usé depuis sa rupture avec sa femme, est chargé de l’enquête. Il organise alors des rencontres avec les nombreuses correspondantes des victimes. C’est ainsi qu’il va rencontrer Helen dont il tombe amoureux mais qu’il ne peut s’empêcher de soupçonner d’être la meurtrière.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
S’il n’est pas inoubliable ce thriller “sexuel”, comme le définit son réalisateur Harold Becker, a gagné avec les années et la patine du temps, un charme certain. D’autant que le film n’est pas, loin s’en faut, que le simple polar annoncé. Il fait aussi le constat de la solitude pesante de ses principaux personnages qui tentent de survivre à un quotidien usant, au cœur de la très énergisante ville de New-York.
MÉLODIE POUR UN MEURTRE nous régale aussi de son excellent casting. On retrouve ainsi avec beaucoup de plaisir Al Pacino & la trop rare Ellen Barkin dont l’alchimie du duo imprime formidablement la pellicule, mais aussi John Goodman et Michael Rooker sans oublier dans une très courte apparition Samuel L.Jackson (crédité au générique comme le « black guy »… ça ne s’invente pas !)
Un film à (re)découvrir “A la maison”, donc, dans de toutes nouvelles éditions Blu ray et DVD généreusement fournies en bonus…

Bonus
Supplément exclusif à cette édition française : « Petite musique de chambre » par Fred Teper (2022, 22’37”)
+ Suppléments d’époque :
« The Creation of ‘Sea of Love’ » : making-of (2003, 13’53”, VOST)
Scènes coupées (5’55”, VOST)
Scènes commentées par Harold Becker (13’03”, VOST)
Bande-annonce originale (1’27”, VOST)

Pour rendre justice à ce film qui, en son temps, a redonné un bel élan à la carrière d’Al Pacino, L’Atelier d’images nous propose toute une série de bonus qui figuraient sur l’édition américaine du DVD mais qui étaient curieusement absents de sa première édition française en 2013.

On peut ainsi découvrir « The creation of Sea of love » making-of de 14 minutes qui retrace les origines et les coulisses du film ainsi que quelques scènes coupées, plutôt intéressantes, même si un commentaire du réalisateur n’aurait pas été superflu.
On retrouve justement Harold Becker sur le dernier supplément proposé qui consiste en un commentaire audio de plusieurs scènes du film. L’occasion pour le cinéaste d’évoquer, entre autres, le tournage entre New-York et Toronto, le travail et l’implication d’Al Pacino et Ellen Barkin ou bien encore la bande originale du film signée Trevor Jones.
Saluons l’initiative de proposer ce format de commentaires sur une sélection de séquences, qui s’avère au final bien plus judicieux et palpitant qu’un commentaire audio de la totalité d’un film. Un exercice dont on vient, sauf dans de très rares cas, difficilement à bout.

Cerise sur le gâteau, son éditeur français, L’Atelier d’images nous propose un supplément inédit assez passionnant avec « Petite musique de chambre », un entretien riche en infos, avec Fred Teper, le rédacteur en chef des « Chroniques de Cliffhanger & co ».
Le journaliste, dont on ressent parfaitement sa passion pour le 7è art, évoque le film en soulignant notamment, l’excellence du casting, la richesse du scénario de Richard Price ou bien encore le beau travail sur les lumières du directeur de la photographie Ronnie Taylor.

On pourra simplement regretter la redondance de certaines infos que l’on retrouve dans les autres suppléments et la pauvreté de mise en image de ce bonus : l’interview de Fred Teper est filmée sur un fond noir assez austère et son montage rythmé par une successions de plans plus ou moins serrés et répétitifs. Ce sobre dispositif est néanmoins sauvé par de trop rares extraits de films (heureusement en VOST).

Gilles Lellouche victime d’un Kompromat !

Gilles Lellouche victime d’un Kompromat !

KOMPROMAT

Thriller / Drame – 2022 – 2h07 (Blu ray) 2h02 (DVD) – France
Réalisation : Jérôme Salle
Scénario : Jérôme Salle & Caryl Ferey
Distribution : Gilles Lellouche, Joanna Kulig, Louis-Do de Lencquesaing

Sorti en salles le 7 septembre 2022

Disponible en VOD, Blu ray & DVD

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  16/9
Audio :  Français DTS HD Master Audio 5.1

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  16/9
Audio : Français Dolby Audio-DD 5.1

Le pitch
Russie, 2017. Mathieu Roussel est arrêté et incarcéré sous les yeux de sa fille. Expatrié français, il est victime d’un « kompromat », de faux documents compromettants utilisés par les services secrets russes pour nuire à un ennemi de l’Etat. Menacé d’une peine de prison à vie, il ne lui reste qu’une option : s’évader, et rejoindre la France par ses propres moyens…

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
Inspiré de l’histoire vraie de Yoann Barbereau, KOMPROMAT est le récit anxiogène de la terrible mésaventure vécue par un homme victime d’un complot politique, prêt à tout pour s’en sortir et prouver son innocence.
Véritable thriller d’espionnage KOMPROMAT est un film oppressant, mis en scène sans esbrouffe et un vrai sens de l’atmosphère par Jérôme Salle, réalisateur de LARGO WINCH, ZULU et L’ODYSSÉE.

Gilles Lellouche prouve une nouvelle fois, combien il est à l’aise dans ce registre ou l’action se mêle à l’intime comme c’était le cas notamment dans À BOUT PORTANT ou MEA CULPA de Fred Cavayé.

La performance du comédien et le rythme haletant du récit nous font oublier quelques clichés et raccourcis scénaristiques. Au final, KOMPROMAT s’avère être un très efficace divertissement « à l’ancienne » que l’on vous conseille…

Bonus
– Kompromat : retour sur le tournage (15’)
Jérôme Salle
et Gilles Lellouche reviennent dans ce supplément sur le tournage épique de ce film en plein cœur de l’épidémie de covid avec toutes les contraintes liées à ce contexte, comme celle d’un confinement forcé pour l’équipe, chaque fin de journée de tournage. Une situation qui, au dire des deux hommes, a contribué au sentiment d’isolement et de fatigue du personnage de Mathieu, incarné par Gilles Lellouche.

Et j’aime à la fureur. Et c’est le temps qui court, court…

Et j’aime à la fureur. Et c’est le temps qui court, court…

ET J'AIME À LA FUREUR

Documentaire – 2022 – 1h36 (Blu ray) 1h33 (DVD) – France
Réalisation : André Bonzel
Scénario : André Bonzel
Musique : Benjamin Biolay

Sorti en salles le 20 avril 2022

Disponible en VOD, Blu ray & DVD et dans un combo Blu ray + DVD + CD de la bande originale du film

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  Couleur & Noir et blanc – 16/9 1.33:1 (source pellicule)
Audio :  Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Audio Description Français DTS HD 2.0

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  Couleur & Noir et blanc – 16/9 1.33:1 (source pellicule)
Audio : Français Dolby Audio DD 5.1 et 2.0 – Audio Description Français Dolby Audio-DD 2.0

Le pitch
Depuis son enfance, le co-réalisateur de C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ VOUS collectionne des bobines de films. Grâce à ces instants de vie de cinéastes anonymes et ces traces d’émotions préservées, il reconstitue l’aventure de sa famille. Avec ET J’AIME À LA FUREUR, André Bonzel déclare son amour pour le cinéma. Sur une musique originale de Benjamin Biolay, il raconte une histoire qui pourrait être la nôtre…

L’avis Cin’Ecrans
Objet de cinéma totalement original et inattendu, ET J’AIME À LA FUREUR est la déclaration d’amour d’André Bonzel au 7ème art et à ceux qui filment. Un documentaire d’une intense mélancolie délivré par un homme que les images des autres ont toujours fasciné.
Avec cette œuvre intime et très personnelle, née à partir de la mise en scène d’images collectionnées au fil du temps, le cinéaste conteur nous livre une œuvre universelle sur le temps qui passe. Chacun, chacune pourra y retrouver un pan de sa vie ou de ses émotions.
C’est une réelle prouesse de réussir à reconstruire sa vie à partir d’un matériel aussi riche et de sources multiples. André Bonzel s’y est attelé avec passion pour nous offrir un documentaire follement original et attachant.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

Bonus
– Et j’aime à la fureur, le regard d’André Bonzel (25’47’’)
– La bande originale par André Bonzel (4’30’’)
– Benjamin Biolay en studio (3’33’’)
– Bande annonce

Produire des interviews pour accompagner un documentaire n’est jamais simple, tant le risque de redondance est présent. Avec « Et j’aime à la fureur, le regard d’André Bonzel »,  le défi ce périlleux exercice est relevé avec maestria, grâce à la belle humilité du cinéaste qui nous dévoile, non sans humour, la méthode avec laquelle il a réalisé ce film sur près de 8 ans.
On apprend ainsi que sur une première sélection de 60 heures d’images numérisées, suivie d’un premier montage de 3 heures, le cinéaste est finalement arrivé à produire une œuvre dégraissée, cohérente et passionnante d’un peu plus d’une heure et demi et environ 1740 plans différents…

Les deux autres modules, tout aussi intéressants même s’ils sont moins fouillés, concernent la magnifique bande originale composée pour le film par le très talentueux et très sollicité Benjamin Biolay. On y découvre, notamment, quelques images rares des sessions de travail du musicien, multi instrumentiste, en studio.

A noter que cette bande originale est proposée en bonus exclusif (CD inédit) au cœur du combo Blu ray / DVD édité à 1000 exemplaires numérotés.

Evolution, une œuvre austère, âpre et sans concessions !

Evolution, une œuvre austère, âpre et sans concessions !

EVOLUTION

Drame – 2022 – 1h33 – Hongrie
Réalisation : Kornél Mundruczó
Scénario : Kata Wéber
Distribution : Lili Monori, Annamária Láng, Goya Rego, Padmé Hamdemir, Jule Böwe…

Sorti en salles le 18 mai 2022

Disponible en VOD et DVD chez Blaq Out

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  4/3 1.33 :1
Audio : hongrois et allemand – Dolby Audio-DD 5.1 et 2.0
Sous titres : Français

Le pitch
D’un souvenir fantasmé de la Seconde Guerre Mondiale au Berlin contemporain, Evolution suit trois générations d’une famille marquée par l’Histoire. La douleur d’Eva, l’enfant miraculée des camps, se transmet à sa fille Lena, puis à son petit-fils, Jonas. Jusqu’à ce que celui-ci brise, d’un geste d’amour, la mécanique du traumatisme.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
Présenté au Festival de Cannes en 2021 dans le cadre de la sélection Cannes Première, EVOLUTION est le 8ème long métrage pour le cinéma du réalisateur hongrois Kornél Mundruczó. Un cinéaste singulier aux univers et partis pris très marqués dont les images sont souvent très puissantes et marquantes même si le propos se révèle toujours extrêmement noir.  
On se souvient notamment de deux autres films passés par le Festival de Cannes, WHITE DOG (2014) où des chiens errants se révoltent contre les hommes ou de LA LUNE DE JUPITER (2017), histoire d’un migrant qui possède le pouvoir de léviter. Deux films au symbolisme fantastique que le réalisateur a laissé de côté pour ce projet plus ancré dans le réel.
Avec EVOLUTION, Kornél Mundruczó nous livre un récit scindé en 3 chapitres très distincts autour des crimes de l’Holocauste et de leurs conséquences à travers le parcours des membres d’une même famille sur 3 générations.
Les 3 plans séquences qui constituent le film, font preuve d’une très grande virtuosité de mise en scène. Mais c’est sans aucun doute le segment d’ouverture d’EVOLUTION, d’un réalisme cauchemardesque qui restera le plus marquant avec des images qui ne sont pas sans évoquer celles du film de László Nemes, LE FILS DE SAUL (Grand prix du Festival de Cannes 2015).
EVOLUTION n’est pas un film aimable ni même un agréable moment de cinéma. Mais avec cette œuvre ambitieuse qui dérange et bouscule le spectateur, Kornél Mundruczó qui est passé en 2021 par Netflix avec son premier film américain, PIECES OF A WOMAN, prouve qu’il est un important metteur en scène et que ses films ont toute leur place sur le grand écran.

Pas de bonus