Les trois fantastiques, premier film poignant et captivant !

Les trois fantastiques, premier film poignant et captivant !

LES TROIS FANTASTIQUES

Un film de Michaël Dichter
Scénario de Michaël Dichter & Mathias Gavarry
Avec Diego Murgia, Emmanuelle Bercot, Raphaël Quenard, Jean Devie, Benjamin Tellier, Maxime Bailleul…
Drame – 1h35 – France

Sortie en salles le 15 mai 2024

L’histoire 
Max, Vivian et Tom, 13 ans, sont inséparables. Ce début d’été est plein de bouleversements : la dernière usine de leur petite ville des Ardennes ferme tandis que Seb, le grand frère de Max, sort de prison. Ses combines vont peu à peu entraîner les trois adolescents dans une chute qui paraît inéluctable…

L’avis Cin’Écrans ****
Excellente surprise que ce premier long-métrage de Michaël Dichter dont la filiation est évidente avec le magnifique STAND BY ME (1986) de Rob Reiner, dans sa manière d’appréhender cette période si spécifique de la vie, entre enfance et adolescence.

« En écrivant LES TROIS FANTASTIQUES il y avait ce fantôme là, ce fantasme-là qui trainait derrière moi ! » Michaël Dichter à propos de STAND BY ME

LES TROIS FANTASTIQUES est une œuvre très attachante portée par de remarquables jeunes interprètes dont Diego Murgia qui a reçu pour sa prestation, un mérité Prix d’interprétation masculine au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz.

Impossible de ne pas citer les principaux partenaires adultes de Diego Murgia,  à commencer par la toujours très juste Emmanuelle Bercot, dans le rôle d’une mère neurasthénique aux prises avec ses deux fils, le jeune Max et l’ingérable Seb.
Ce personnage de Seb, grand frère bordeline est incarné avec force par le brillant et désormais incontournable Raphaël Quenard (César de la révélation masculine 2024 pour CHIEN DE LA CASSE).   

« J’ai la même bande de copains depuis toujours ! » Michaël Dichter

Sur fond d’amitié, de trahison et de fratrie toxique, LES TROIS FANTASTIQUES est un film d’initiation et de survie, à la fois tendre et cruel sur la perte de l’innocence.

Ancré au cœur de la très cinégénique région des Ardennes, le film de Michaël Dichter débute à la manière d’une lumineuse chronique adolescente avant de glisser vers la chronique sociale pour finalement se transformer en véritable tragédie.
Fin des illusions… mais naissance d’un cinéaste dont on attend désormais avec impatience la suite de ses aventures…

Le + Cin’Écrans
C’est lors de la présentation de son premier long métrage au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz que nous avons eu l’immense plaisir d’échanger avec Michaël Dichter, jeune réalisateur à l’enthousiasme très contagieux.

« Tout est un régal, maintenant que j’ai mis le pied dans la porte, c’est sûr que je ne pars pas ! » Michaël Dichter

L’occasion pour nous d’évoquer avec le scénariste – réalisateur sa passion du cinéma, l’influence de STAND BY ME, son travail avec Raphaël Quenard, Emmanuelle Bercot et ses remarquables jeunes acteurs…

INTERVIEW MICHAËL DICHTER

Comme un lundi… La boucle est bouclée ou presque !

Comme un lundi… La boucle est bouclée ou presque !

COMME UN LUNDI (Mondays)

Un film de Ryo Takebayashi
Scénario de Saeri Natsuo
, Ryo Takebayashi
avec Makita Sports, Wan Marui, Ken Murata, Takuto Endo, Sotara Moriyama…
Comédie – 2023 – Japon – 1h23

Sortie en salles le 8 mai 2024

L’histoire
Votre boss vous harcèle ? Vos collègues vous épuisent ? Vous ne voulez plus retourner au bureau ? Vous n’imaginez pas ce que traversent Yoshikawa et ses collègues ! Car, en plus des galères, ils sont piégés dans une boucle temporelle… qui recommence chaque lundi ! Entre deux rendez-vous client, réussiront-ils à trouver la sortie ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Revenir chaque lundi matin au bureau est un véritable cauchemar ?
Ce premier long-métrage japonais est pour vous, même si les autres y prendront, sans doute, aussi beaucoup de plaisir…

Avec son pitch original mais quelque peu répétitif, sur le papier, le risque était grand que COMME UN LUNDI tourne vite en rond.
Rassurez-vous, il n’en est rien. Grâce à un scénario malin, cosigné avec Saeri Natsuo, Ryo Takebayashi parvient sans problème à renouveler ses enjeux de départ, tout en assumant parfaitement la référence évidente de départ à la série THE OFFICE ou à l’excellente comédie d’Harold Ramis, UN JOUR SANS FIN (1993).

2 / A la fois très drôle mais aussi touchant dans sa description du quotidien bouleversé de ses employé.e.s de bureau, le premier film de Ryo Takebayashi gagne pleinement son pari grâce à un ton parfois outrancier mais surtout au rythme saccadé et percutant de son montage.

3 / Enfin, COMME UN LUNDI dépasse le simple cadre de la fantaisie en forme de boucle temporelle pour se lancer dans une réjouissante satire du monde du travail.
On y ressent parfaitement l’aliénation qui peut naître au cœur de l’espace relativement clos d’un bureau, avec notamment ces réunions de travail qui n’en finissent pas, afin de satisfaire un client qui, quasiment par principe, ne le sera jamais! Ça vous rappelle peut-être quelque chose…

Jeunesse, mon amour – Les copains d’abord !

Jeunesse, mon amour – Les copains d’abord !

JEUNESSE, MON AMOUR

Un film de Léo Fontaine
Scénario de Léo Fontaine
Avec Manon Bresch, Matthieu Lucci, Dimitri Decaux, Yves-Batek Mendy, Clémence Boisnard, Inas Chanti, Victor Bonnel, Johan Heldenbergh…
Drame – 2023 – France – 1h10

Sortie en salles le 8 mai 2024

L’histoire
Après plusieurs années, un groupe de jeunes adultes se retrouve. L’époque du lycée est révolue, mais les amis tentent d’en raviver l’esprit et les liens. Lors de cet après-midi hors du temps, où les souvenirs et non-dits refont surface, chacun prend conscience de ce qui a changé.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ JEUNESSE, MON AMOUR, possède l’énergie vitale suggérée par son beau titre et la fougue de ces jeunes gens que la caméra regarde avec une infinie tendresse, mais aussi une pointe de cruauté.

Le 1er long métrage de Léo Fontaine se révèle être une jolie surprise, une comédie dramatique empreinte de mélancolie, celle qui vous saisit lorsqu’une forme de distance s’instaure avec un passé pourtant proche.

Sans jamais être plombant, JEUNESSE, MON AMOUR retranscrit parfaitement ce sentiment qui s’empare de chacun.e d’entre nous lorsque l’on se rend compte qu’un passé commun n’est pas forcément ressenti de la même manière par le groupe. Sans oublier que certaines amitiés d’enfance se délitent lors du passage à l’âge adulte.

2 / Le ton du film et sa forme, entre scènes très écrites et d’autres improvisées, donnent un charme tout particulier à cette chronique du temps qui passe.

JEUNESSE, MON AMOUR se joue également du temps en passant habilement de la comédie de potes à quelque chose de plus profond, plus sombre.
On y ressent à quel point Léo Fontaine (28 ans) accorde de l’importance à cette période de basculement de la vie et surtout à celles et ceux qui partagent ce moment de transition, pour le meilleur ou pour le pire.

3 / Saluons pour terminer l’ensemble du casting qui donne tout son piquant et son énergie vitale à ce premier film, avec une mention spéciale pour l’intensité de jeu de Manon Bresch et le sens du rythme de la géniale Inas Chanti (découverte dans l’excellent HARAMISTE d’Antoine Desrosières).

Nous vous invitons à aller passer un moment (aucun risque de vous ennuyer durant la petite heure dix du film…) avec cette bande de potes que la vie réunit sans doute pour la dernière fois et auxquels on s’attache très vite. Ce serait dommage de passer à côté de leurs retrouvailles éphémères …

État limite… État d’urgence !

État limite… État d’urgence !

ÉTAT LIMITE

Un film de Nicolas Peduzzi
Documentaire – 2023 – France – 1h43

Sortie en salles le 1er mai 2024

L’histoire
Hôpital Beaujon, Clichy. Au mépris des impératifs de rendement   et du manque de moyens qui rongent l’hôpital public, Jamal Abdel Kader, seul psychiatre de l’établissement, s’efforce de rendre à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais comment bien soigner dans une institution malade ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ ÉTAT LIMITE est le 3em long-métrage documentaire réalisé par Nicolas Peduzzi après SOUTHERN BELLE (2018) & GHOST SONG (2021).

Le cinéaste nous offre ici un film puissant et passionnant que certain.e.s ont pu découvrir l’an passé à Cannes (sélection de l’Acid) ou même sur Arte puisqu’ÉTAT LIMITE a bénéficié d’une diffusion sur la chaîne franco-allemande en amont de cette très méritée sortie sur grand écran.
L’ÉTAT LIMITE du titre est celui évidemment de la plupart des patients montrés dans le film, celui de l’hôpital en général mais aussi et peut-être surtout celui de ce jeune psychiatre que la caméra de Nicolas Peduzzi suit pas à pas, dans sa quête généreuse d’offrir du bien-être à ses patients.

2 / Aussi passionnant que bien des fictions, ÉTAT LIMITE dresse le portrait sans fard d’un psychiatre vaillant, engagé et très attentionné, dont la tâche semble néanmoins parfois insurmontable.

« On passe notre temps à douter mais on le cache… »

Le jeune médecin dont le rêve est que « la psychiatrie disparaisse » semble rongé par une forme de mélancolie quand il confie ses doutes à certain.e.s de ses collègues du centre hospitalier.  
À l’instar de ce « super héros du quotidien » le film pose de nombreuses questions sur un système à l’agonie et un vaisseau hospitalier qui prend l’eau de toute part.

« Est-ce qu’on ne se rend pas un peu complice de ce système en acceptant toutes ces missions ? Impossible de les remplir correctement »

3 / Lorsqu’ÉTAT LIMITE s’achève, on n’a qu’une envie celle de rappeler à Jamal Abdel Kader, véritable médecine de l’âme, ce conseil qu’il prodigue à Romain, un aide-soignant dévoué mais désabusé « Pour prendre soin des gens, faut prendre un peu soin de nous ! » On ne saurait mieux dire…

L’échappée – délicate lumière de vie

L’échappée – délicate lumière de vie

L’ÉCHAPPÉE (Drift)

Un film d’Anthony Chen
Scénario de Susanne Farrell & Alexander Maksik d’après le roman d’Alexander Maksik « A marker to measure drift »
Avec Cynthia Erivo, Alia Shawkat, Ibrahima Ba…
Documentaire – 2023 – France – 1h43

Sortie en salles le 24 avril 2024

L’histoire
Sur les plages paradisiaques d’une île grecque, personne ne remarque Jacqueline. Personne sauf Callie, une guide touristique américaine. Leur amitié naissante pourrait guérir Jacqueline d’un traumatisme enfoui et lui permettre d’affronter les fantômes de son passé.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Lauréat de la Caméra d’Or en 2013 pour son premier long-métrage ILO ILO, le cinéaste singapourien Anthony Chen est de retour avec ce film librement adapté d’un roman de l’écrivain américain Alexander Maksik La mesure de la dérive.
Le réalisateur d’UN HIVER A YANJI nous propose avec L’ÉCHAPPÉE,  un film plein de délicatesse en forme de portrait, celui de Jacqueline, une femme digne mais enfermée dans sa douleur dont la reconstruction passe par la relation amicale qu’elle noue avec autre femme, guide touristique, solitaire elle aussi.

2 / Véritable écrin de sensibilité et d’émotion, L’ÉCHAPPÉE touche au cœur grâce à la grande pudeur de ses personnages et de leurs sentiments mais aussi par l’apparente simplicité de sa mise en scène.

Anthony Chen s’est entièrement mis au service de cette histoire et de ses personnages, notamment à travers ses choix de décors (en particulier ceux des ruines) qui reflètent en grande partie l’état psychologique de Jacqueline.  

Plutôt que de traiter frontalement de la question de la migration et des crises qu’elle provoque, le réalisateur fait le choix de décrire, sans faux-semblants, la brutalité d’un traumatisme de guerre et les ravages qu’il provoque chez cette femme.

3 / Difficile d’oublier le regard de Jacqueline qui évolue selon les situations auxquelles elle est confrontée. On ne peut qu’être touché, voire bouleversé par la résilience de cette femme, véritable survivante d’une tragédie, mais toujours hantée par la culpabilité.

Saluons le choix du cinéaste d’avoir offert ce rôle imposant mais tout en nuances de Jacqueline à Cynthia Erivo, magnifique actrice qui est pour beaucoup dans l’émotion procurée par le film et son personnage. La sobriété de son jeu s’accorde à merveille avec celui de sa principale partenaire Alia Shawkat.  Ce beau duo de femmes qui promènent leurs douleurs tout en cherchant un sens à leurs vies fait le prix de cette œuvre subtile et profondément touchante.