L’illusion de Yakushima – Sur le chemin de l’apaisement

L’illusion de Yakushima – Sur le chemin de l’apaisement

L’ILLUSION DE YAKUSHIMA (Tashikani atta maboroshi)

Un film de Naomi Kawase
Scénario de Naomi Kawase
Avec Vicky Krieps, Kan’ichirô, Ojiro Nakamura
Drame – Japon – 2025 – 1h52
Sortie en salles le 17 juin 2026

L’histoire
Corry est française et vit au Japon. Elle partage sa vie avec Jin et s’occupe d’enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture Japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe de son jeune patient aboutisse…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Avec L’ILLUSION DE YAKUSHIMA, Naomi Kawase signe sans doute son film le plus touchant.
Une œuvre sensorielle qui aborde avec tact et intelligence le sujet des “Jôhatsu” (littéralement “évaporé”), les disparitions volontaires au Japon, et celui du don d’organe qui est encore un sujet culturellement tabou au pays du soleil levant.
La belle idée du film étant de traiter ces sujets à travers le regard d’une expatriée française qui tente, à son humble mesure, de faire évoluer les mentalités.

La mise en scène empreinte de délicatesse sert magistralement le propos du film, pourtant cruel par instants.
Naomi Kawase magnifie les paysages japonais en créant une atmosphère quasi méditative déjà à l’œuvre dans bon nombre de ses autres longs métrages (STILL THE WATER ou LA FORÊT DE MOGARI, pour ne citer que ces deux titres).

On apprécie aussi pleinement la douceur du regard qu’elle pose sur les enfants hospitalisés et leurs familles en proie à l’attente anxiogène de greffe.

Et puis, il y a Vicky Krieps (CORSAGE, LOVE ME TENDER…), sans doute la plus singulière actrice de sa génération et une des plus brillantes. Elle apporte au personnage de Corry à la fois douceur et détermination, et contribue grandement au plaisir que l’on prend à suivre le quotidien de son personnage.

Balade sensorielle et profondément humaine, L’ILLUSION DE YAKUSHIMA est un film lumineux, malgré la gravité de son propos, qui mérite vraiment d’être découvert sur grand écran.  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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Une année italienne – La fin de l’innocence

Une année italienne – La fin de l’innocence

UNE ANNÉE ITALIENNE (Un anno di scuola)

Un film de Laura Samani
Scénario de Laura Samani et Elisa Dondi
Avec Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi
Comédie dramatique – Italie – France – 2025 – 1h42
Sortie en salles le 10 juin 2026

L’histoire
septembre 2007. Fred, jeune Suédoise de dix-sept ans, emménage à Trieste et commence une année de terminale au lycée technique de la ville. Seule fille de sa classe, elle se retrouve au centre de l’attention, en particulier de celle d’un trio inséparable de garçons. Ensemble, ils expérimentent de nouveaux sentiments, confrontent leurs doutes, et soumettent leur amitié à rude épreuve. Cette année du bac les marquera pour toujours.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

UNE ANNÉE ITALIENNE est le second long-métrage de Laura Samani après PICCOLO CORPO sorti début 2022.
Avec ce film très librement adapté d’Une année d’école un roman de Giano Stuparich paru en 1929, la cinéaste italienne signe une très attachante chronique sur la jeunesse italienne du début des années 2000.

Ce récit d’apprentissage souvent mordant est porté par la fraîcheur de son quatuor de jeunes interprètes débutants qui crèvent l’écran.
Pour tenir tête au trio masculin du film, la réalisatrice a déniché l’étonnante et charismatique Stella Wendick. Une jeune comédienne suédoise qui, pour incarner la fougueuse Fred, a appris l’italien dont elle ne parlait pas un seul mot.

Si le film débute un peu à la manière d’un inoffensif teen-movie, il prend une tournure plus sombre dans sa dernière partie quand la réalisatrice décide d’ausculter les dérives d’un sexisme tristement ordinaire.  
Laura Samani parvient assez bien à négocier ce tournant scénaristique et trouve le juste équilibre de ton entre chronique doucement nostalgique et récit empreint de réalisme social.

N’hésitez donc pas à partager avec Fred, Antero, Pasini & Mitis cette année italienne qui marque pour eux, à la fois la fin de l’innocence et les premiers moments du reste de leur vie.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Et Soudain, la grâce !
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Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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The plague – Puissant et anxiogène

The plague – Puissant et anxiogène

THE PLAGUE

Un film de Charlie Polinger
Scénario de Charlie Polinger
Avec Joel Edgerton, Everett Blunck, Elliott Heffernan, Kenny Rasmussen, Lucas Adler, Kayo Martin…
Drame – Thriller – États-Unis – 2025 – 1h35
Sortie en salles le 3 juin 2026

L’histoire
Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

En découvrant THE PLAGUE pour sa sortie en salles, un an après sa sélection cannoise*, on s’étonne de ne pas en avoir plus entendu parler à l’époque, tant ce thriller psychologique qui puise dans les codes du cinéma horrifique est brillant.
En effet, dès sa séquence introductive et anxiogène sous l’eau dans une piscine, tout fait sens : le son, l’image, le cadre, chaque plan du film est mis au service de son propos.

Ce premier long de Charlie Polinger plonge le spectateur en apnée, 1h35 durant, dans un monde paranoïaque à la frontière entre la petite enfance et l’adolescence. Le réalisateur y explore avec acuité la violence et la vulnérabilité de jeunes gens qui testent leurs limites et celles des autres avec beaucoup de cruauté, à travers le « jeu » de rumeurs, d’injonctions masculinistes, d’humiliations quotidiennes et d’exclusion.
Et cette question à la clé : comment s’intégrer et exister au sein d’un groupe quand on a 12 ans ?

Le film dissèque avec beaucoup d’intelligence et une certaine distance (certains pourraient lui reprocher son refus des émotions faciles) les mécanismes retors du harcèlement et ceux de sa reproduction. Il démontre combien une position, un point de vue, une affirmation de soi peut être difficile à tenir dans certains cas, face aux autres, surtout quand on est en pleine phase de construction de son identité.

Si le propos de THE PLAGUE est puissant, son traitement l’est tout autant. On est littéralement bluffé par l’inventivité et la force de la mise en scène de Charlie Polinger.
À travers des plans séquences d’une rigueur implacable (on songe à plusieurs reprises à ELEPHANT de Gus Van Sant), un travail remarquable sur le cadre, le recours à une lumière souvent très brute (presque clinique), sans oublier l’utilisation d’une bande son organique et immersive, le cinéaste instaure une ambiance d’enfermement étouffante et un judicieux état d’inconfort permanent.

Porté par de jeunes acteurs inconnus mais remarquables de justesse et par la présence adulte de l’excellent Joel Edgerton (BOY ERASED), THE PLAGUE fait partie de ces œuvres puissantes mais éprouvantes dont le propos et les images vous hantent longtemps après sa découverte.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

L’INFO EN +

* THE PLAGUE a été présenté en Sélection officielle Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025.
Également présenté en compétition au Festival du film américain de Deauville 2025, il y a obtenu le Grand Prix et le Prix de la critique.

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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Colony – Mutation zombiesque !

Colony – Mutation zombiesque !

COLONY (Gunche)

Un film de Sang-Ho Yeon
Scénario de Sang-Ho Yeon & Gyu Seok Choi
Avec Gianna Jun, Kyo-Hwan Koo, Ji Chang-Wook…
Épouvante-Horreur – Corée du sud – 2026 – 2h02
Sortie en salles le 27 mai 2026

L’histoire
Interdit – 12 ans avec avertissement
Dans un gratte-ciel du centre de Séoul, une mystérieuse contamination se propage brusquement. L’immeuble est bouclé et toutes les personnes présentes confinées. Au départ, les infectés rampent comme des bêtes. Mais peu à peu, ils évoluent…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

Le réalisateur sud-coréen de l’excellent DERNIER TRAIN POUR BUSAN et sa suite (moins réussie) PENINSULA est de retour avec un passionnant nouveau film de zombies.

La grande force de COLONY tient dans la manière dont interagissent les infectés. Contrairement aux morts-vivants « classique », ceux pris au piège de cette tour infernale fonctionnent à la manière d’une intelligence collective (semblable à celle d’une colonie de fourmis), apprenant très vite de leurs erreurs et communiquant, entre eux, en temps réel pour adopter de nouvelles stratégies.

Autant dire que le résultat est palpitant et se vit avec bonheur à la manière d’une séance de grand huit tant le scénario du film, dopé aux rebondissements improbables mais jouissifs, ne nous ménage pas une seconde de répit.

Et puis, il faut bien l’avouer, nous sommes fascinés par ces infectés pris au piège avec leurs potentielles victimes.
Pour leur donner vie (pardonnez l’expression), Sang-Ho Yeon a fait appel à des cascadeurs/danseurs et à Jeon Young, un remarquable chorégraphe qui nous régalent d’un jeu toujours en mouvement et quel mouvement !

On est littéralement bluffés par la chorégraphie spectaculaire des corps dans l’espace. Cette performance physique des interprètes des infectés participe fortement au plaisir inouï procuré par ce film horrifique, politique et très connecté.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

L’info en +

COLONY a été présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2026.

Et Soudain, la grâce !
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La vénus électrique – Étincelante fantaisie !

La vénus électrique – Étincelante fantaisie !

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE

Un film de Pierre Salvadori
Scénario de Pierre Salvadori, Benoît Graffin, Benjamin Charbit sur une idée de Rebecca Zlotowski
Dialogues de Pierre Salvadori
Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern, Madeleine Baudot…
Comédie – France – 2026 – 2h02
Sortie en salles le 13 mai 2026

L’histoire
Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE  a été choisi pour faire l’ouverture de la 79e édition du Festival International du Film de Cannes

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

4 ans après les mésaventures burlesques de LA PETITE BANDE, film qui n’avait malheureusement pas obtenu le succès qu’il méritait, l’excellent Pierre Salvadori signe un retour très remarqué et remarquable avec LA VÉNUS ÉLECTRIQUE, son 1er film d’époque, en plus de 30 ans de carrière.

Bien lui en a pris, tant ce 11e long métrage est une réussite à tous les niveaux.
Le film est porté par une écriture* précise, incisive et des dialogues ciselés. Pierre Salvadori réussit à imbriquer différents niveaux de récits et de quiproquos sans jamais nous perdre avec cette idée géniale d’utiliser le mensonge comme thérapie de survie. Un pari plus que risqué pour l’ensemble des protagonistes de cette rocambolesque histoire, mais tellement réjouissant pour ses spectateurs.  

Et puis, on ne le dit peut-être pas assez mais Pierre Salvadori, qui nourrit une passion pour les acteurs et les actrices qui le lui rendent bien, est aussi un formidable metteur en scène.
LA VÉNUS ÉLECTRIQUE est, à ce titre, une merveille d’élégance, de précision et d’inventivité. On y retrouve le goût du cinéaste pour le cadre, la lumière (et ses subtils jeux d’ombres) ou le son mais avec ce film, il atteint réellement une forme de perfection.

Rassurez-vous, si l’intrigue du film se situe dans les années 20, il n’y a rien d’ampoulé ou de poussiéreux dans cette VÉNUS ÉLECTRIQUE !
Ici tout est poésie et inventivité avec une fantaisie de tous les instants qui illumine chaque scène. D’autant que la direction artistique du film est transcendée, entre autres, par la musique du fidèle Camille Bazbaz et la photographie de Julien Poupard qui confère à la comédie une atmosphère singulière et fascinante.
D’autant qu’il ne faut pas oublier la reconstitution d’un univers forain étrange et particulièrement soigné qui rappelle, par instants et en plus lumineux, celui du NIGHTMARE ALLEY de Guillermo Del Toro.

Et puis évidemment, au cœur de ce magnifique dispositif cinématographique imaginé par le réalisateur d’EN LIBERTÉ ou DE VRAIS MENSONGES, il y a ses acteurs et ses actrices en état de grâce.
On se régale des mésaventures ubuesques que traversent les personnages hauts en couleurs, magistralement incarnés par Pio Marmaï (son 4e film avec Pierre Salvadori), Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons.
On ressent de manière inouïe le plaisir qu’ils ont pris à s’emparer des dialogues malins et réjouissants écrits par leur réalisateur.

Bref, vous l’aurez compris, on adore cette VÉNUS ÉLECTRIQUE qui a mis en émoi les festivaliers cannois et ses premiers spectateurs. On compte sur vous pour lui réserver tout le succès qu’elle mérite.     

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

L’INFO EN +

Pierre Salvadori a eu l’idée de LA VÉNUS ÉLECTRIQUE en 2016 sur le tournage du film PLANÉTARIUM de Rebecca Zlotowski. Il y tenait le rôle de Jean Servier, un cinéaste qui, à la fin des années trente, se lançait dans le tournage d’un drame sentimental teinté d’occultisme.

La boucle est bouclée pour Pierre Salvadori qui estime que, dix ans plus tard, il a écrit et réalisé le film que son personnage tournait dans celui de Rebecca Zlotowski.

* Le travail sur la structure du scénario a débuté en 2018 pour Pierre Salvadori en compagnie de Benjamin Charbit. Lorsque ce dernier a décidé de se consacrer à un projet personnel, le réalisateur s’est tourné vers son fidèle complice Benoît Graffin pour écrire à quatre mains ce scénario qui marque leur 6e collaboration depuis APRÈS VOUS… en 2003.  

Et Soudain, la grâce !
Et Soudain, la grâce !

Divine surprise que la découverte de ce film de Ryūsuke Hamaguchi porté par le talent de Virginie Efira et Tai Okamoto. Une œuvre lumineuse et douce comme une caresse dont le souvenir vous hante très longtemps après l’avoir découverte.

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