Bergers – Le sens de la vie

Bergers – Le sens de la vie

BERGERS

Un film de Sophie Deraspe
Scénario de Sophie Deraspe
Avec Félix-Antoine Duval, Solène Rigot, Guilaine Londez, David Ayala
Comédie dramatique – 2024 – Canada– 1h53

Sortie en salles le 9 avril 2025

L’histoire
Sur un coup de tête, Mathyas troque sa vie de publicitaire à Montréal pour celle de berger en Provence. Il espérait trouver la quiétude, il découvre un métier éreintant et des éleveurs souvent à bout. Mais quand il rencontre Elise qui elle aussi vient de tout quitter, ils se voient confier un troupeau de 800 moutons et s’engagent dans une transhumance. Ensemble, ils vont traverser les épreuves de la montagne et se façonner une vie nouvelle.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Quel citadin n’a pas rêvé un jour de tout plaquer, faire table rase du passé pour tenter de réinventer sa vie ?
Le passage à l’acte, lui, est sans aucun doute beaucoup plus rare et la réalité souvent moins glorieuse que le fantasme…
Le sixième long métrage de Sophie Deraspe est librement inspiré du roman de Mathyas Lefebure, D’où viens-tu, berger ? Un livre qui racontait cette période singulière de la vie de son auteur.

Avec un sens inné du cadre, un soin attentif à la lumière (magnifique travail du directeur de la photographie Vincent Gonneville) Sophie Deraspe nous livre un récit passionnant sur le dépassement de soi, empreint de beauté et de rudesse, de croyances et de rencontres.

Son passé de documentariste n’est sans doute pas étranger dans la manière subtile dont la cinéaste arrive à donner une grande véracité à sa fiction.
On est fasciné par la puissance et la beauté de certaines images et situations, notamment lors des séquences de transhumance.
Le spectateur vit ainsi pleinement avec Mathias les joies et les affres de sa nouvelle vie au milieu de centaines de moutons.

BERGERS qui fait l’éloge du nomadisme n’idéalise néanmoins en rien le monde pastoral.
Sophie Deraspe ne fait l’impasse sur aucun des sujets qui divisent aujourd’hui : les conséquences du changement climatique, les difficultés économiques, la crainte du loup… Des thématiques qui résonnent fortement dans le quotidien de gens qui, à l’instar des bergers, font des choix de vie radicaux, en marge de la société capitaliste.

Pour donner corps et vie à Mathyas, la réalisatrice a fait appel à Félix-Antoine Duval, acteur canadien charismatique qui apporte beaucoup de nuances et une belle palette de couleurs à son personnage. Remercions aussi la réalisatrice d’avoir choisi l’excellente et trop rare Solène Rigot pour incarner Elise qui va accompagner Mathyas dans une transhumance qui va changer à tout jamais leurs vies.   

Le récit se clôt de manière un peu abrupte alors que l’on aurait volontiers passé encore un moment dans les alpages aux côtés de Mathyas & Élise. Mais cela ne ternit en rien le plaisir et l’intérêt pris à la découverte de ce très beau film canadien.

BERGERS a obtenu le Prix du meilleur film canadien au TIFF 2024. On vous le conseille chaleureusement. Dépaysement garanti !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Au boulot ! Good job !

Au boulot ! Good job !

AU BOULOT !

Un film de Gilles Perret et François Ruffin
Scénario de François Ruffin et Gilles Perret
Documentaire– 2024 – France – 1h24
Sorti en salles le 6 novembre 2024

Disponible depuis le 1er avril 2025 en DVD et VOD – Jour2fête

Audio : français  5.1 et 2.0
Sous titres anglais et français pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
« C’est quoi ce pays d’assistés ? De feignasses ? » Sur le plateau des Grandes Gueules, l’avocate parisienne Sarah Saldmann s’emporte : « Le Smic, c’est déjà pas mal. » D’où l’invitation du député François Ruffin : « Je vous demande d’essayer de vivre, madame Saldmann, pendant trois mois, avec 1 300 €. – Admettons, mais une semaine, ça sera déjà pas mal. » Alors : peut-on réinsérer les riches ?

Le film ****

AU BOULOT ! marque la troisième collaboration entre François Ruffin et Gilles Perret après J’VEUX DU SOLEIL (2019) & DEBOUT LES FEMMES (2021). Un film difficilement envisageable, notamment pour Gilles Perret.

Le réalisateur de LA FERME DES BERTRAND ou REPRISE EN MAIN pensait que réaliser un film sur « cette bourgeoise méprisante, arrogante qui achète un collier Lagerfeld à son chien qui traite les Français de « feignasses », de « bons à rien », serait au-dessus de ses forces !
Il a donc fallu toute la puissance de persuasion de son fidèle complice François Ruffin pour le convaincre de réaliser AU BOULOT !

Car, au final, le point de départ, façon « Rendez-vous en terre inconnue », n’est qu’un prétexte pour rencontrer et rendre hommage aux vrais héros et héroïnes du film, Louisa, auxiliaire de vie, Amine, le livreur de colis,  Ked, ouvrière dans une usine de découpe de poissons fumés, Nathalie, femme de chambre ou bien encore Mohamed et Illies, intérimaires à Grigny.

L’idée mutine proposé par le député cinéaste ne pouvait que faire des étincelles et donner du mordant au propos de ce film dopé à l’humour.
Fortes d’un décalage évident, les rencontres entre Sarah, la « pauvre petite fille riche » avec des hommes et des femmes en proie à un quotidien souvent difficile interrogent, amusent, émeuvent et dérangent, tant le fossé social est grand et cruel.

En donnant la parole aux gens insultés par l’avocate arrogante à longueur de plateaux télé, Gilles Perret & François Ruffin leur ont offert un véritable droit de réponse.
Certes, les échanges souvent assez francs et touchants n’auront duré que le temps du tournage de ce beau documentaire mais rêver d’un monde meilleur, plus généreux, même un instant, « C’est déjà ça » comme le chante si bien Alain Souchon.

« Célébrer ceux qui ne célèbrent pas. Pour une fois, j’aimerais lever mon verre à ceux qui n’en ont pas… À ceux qui n’en ont pas. » Stromae

A ce titre de Souchon qui ne figure pas dans le film, peut s’ajouter celui de Stromae « Santé », qui illustre, elle, parfaitement la jolie et très utopique séquence finale du tapis rouge.

Un moment, hors du temps, qui remet à l’honneur ces hommes et ces femmes qui illuminent AU BOULOT ! de leur intelligence du cœur.

Un cœur et une générosité qui semblent manquer cruellement à Sarah Saldmann, même si nous sommes tentés à 2-3 reprises de croire en son empathie, comme lorsqu’elle refuse qu’on la filme en train de pleurer, face à un témoignage bouleversant.
Mais le constat fait par les deux réalisateurs est implacable et la jeune femme disparait totalement de la fin du film et de la séquence évoquée plus haut. Preuve si besoin, qu’elle n’en était que le prétexte…

Avec AU BOULOT ! Gilles Perret et François Ruffin évitent intelligemment le tourisme social qu’ils semblent tant redouter et nous livrent un film humble et généreux qui met l’accent sur l’importance de se sentir utile, notamment en travaillant…

AU BOULOT ! met aussi le doigt là où ça fait mal, à savoir l’injustice sociale.
Il n’est pas interdit de rire de certaines situations surréalistes, bien au contraire, mais nul doute que comme les autres films du duo, leur nouveau documentaire va susciter des débats salutaires ! Y’à plus qu’à…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ****

* La tournée des héros (16mn)
* Rencontre avec Gilles Perret & François Ruffin – rencontre effectuée dans le cadre des « Unipop de ville en ville » au cinéma Jean Eustache de Pessac (26mn)
* Entretien avec Christine Erhel (économiste) et Bruno Palier, chercheur en sciences politiques, par François Ruffin (26mn)
 + 5 cartes postales en cadeau   

Une part manquante – Ma fille, ma bataille !

Une part manquante – Ma fille, ma bataille !

UNE PART MANQUANTE

Un film de Guillaume Senez
Scénario de Guillaume Senez & Jean Denizot
avec Romain Duris, Judith Chemla, Mei Cirne-Masuki, Yumi Narita, Shungiku Uchida, Patrick Descamps…

Drame– 2024 – France, Belgique, Japon – 1h38
Sorti en salles le 13 novembre 2024

Disponible depuis le 19 mars 2025 en DVD et VOD – Blaq Out

Audio : VO français et japonais Dolby Digital  5.1 et 2.0
Sous titres français et français pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
Tous les jours, Jay parcourt Tokyo au volant de son taxi à la recherche de sa fille, Lily. Séparé depuis 9 ans, il n’a jamais pu obtenir sa garde. Alors qu’il a cessé d’espérer la revoir et qu’il s’apprête à rentrer en France, Lily entre dans son taxi…

Le film ****

Avec UNE PART MANQUANTE, son troisième long-métrage après KEEPER & NOS BATAILLES, le cinéaste belge Guillaume Senez poursuit son exploration de récits intimes et familiaux inscrits dans le paysage plus vaste d’une société mondialisée.

Cette fois ci, il le fait à travers une histoire inspirée de faits réels. Le récit sensible et bouleversant d’un homme pris au piège d’un véritable phénomène culturel au Japon (+ de 150 000 enfants par an gardés exclusivement par l’un des deux parents, qu’il soit japonais ou étranger).

Si Guillaume Senez filme avec élégance la ville en mouvement à travers les trajets en taxi du chauffeur incarné par Romain Duris, ce sont surtout les doutes et questionnements parentaux de ce dernier qu’il nous donne à ressentir.
Il faut, à ce titre, saluer la délicatesse de la mise en scène du cinéaste dont la caméra est toujours au bon endroit pour capter, par exemple, un échange de regards dans un rétroviseur qui exprime sans nul doute, bien plus qu’un simple dialogue.

Cette économie de mots et une absence totale de pathos participent pleinement aux émotions subtiles véhiculées par cette histoire, notamment dans sa bouleversante conclusion. Un épilogue qui ouvre un nouveau chapitre dans le parcours de ce père et de sa fille.

Ce n’est pas une révélation mais UNE PART MANQUANTE confirme à quel point Romain Duris est devenu un immense acteur, au fil des ans et des premiers ou seconds rôles d’une grande diversité qu’il semble choisir avec beaucoup de discernement.

Le comédien compose ici un personnage en quête d’apaisement et de retrouvailles avec sa fille et livre une performance sobre et pleine de tendresse qui touche au cœur.
Il faut également saluer la prestation de sa jeune partenaire japonaise Mei Cirne-Masuki dont c’est ici la première et belle apparition à l’écran ainsi que le jeu toujours intense et sur le fil de l’excellente Judith Chemla.

Saluons enfin la belle et sobre partition musicale du film signée du musicien, compositeur, arrangeur et réalisateur Olivier Marguerit (alias O) à qui l’on doit déjà quelques brillantes bandes originales de film comme celles, entre autres, de DIAMANT NOIR, GARÇON CHIFFON ou LA NUIT DU 12 (avec une nomination aux César pour cette BO du film de Dominik Moll).

Cette bande originale composée pour UNE PART MANQUANTE est complétée par deux chansons que l’on entend à bord du taxi conduit par Jay, à commencer par une exotique version japonaise de « Que je t’aime » par Johnny Hallyday en personne.

Mais c’est surtout l’envoutante reprise du « I’m Kissing you » de Des’ree par Jeanne Added que l’on retiendra, une chanson que l’on prend beaucoup de plaisir à réécouter sur le générique final du film.

A noter que l’ensemble de cette BO d’UNE PART MANQUANTE ( 9 morceaux signés Olivier Marguerit + les chansons de Johnny Hallyday et Jeanne Added) est disponible sur les plateformes d’écoute ou de téléchargement légales.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ****

MIEUX QUE LES ROIS ET LA GLOIRE – Court-métrage de Guillaume Senez (14mn – 2020)
Entretien avec Guillaume Senez (30mn)

Cassandre… Les mécaniques de l’ombre

Cassandre… Les mécaniques de l’ombre

CASSANDRE

Un film d’Hélène Merlin
Scénario : Hélène Merlin avec la collaboration de Clara Bourreau & Anne-Claire Jaulin
Avec Billie Blain, Zabou Breitman, Éric Ruf, Guillaume Gouix, Laïka Blanc-Francard, Florian Lesieur, Agathe Rousselle…
Drame – 2024 – France – 1h43
Sortie en salles le 2 avril 2025

L’histoire
Été 1998. Campagne. Cassandre a 14 ans. Dans le petit manoir familial, ses parents et son frère aîné remarquent que son corps a changé. Heureusement, Cassandre est passionnée de cheval et intègre pour les vacances, un petit centre équestre où elle se fait adopter comme un animal étrange. Elle y découvre une autre normalité qui l’extrait petit-à-petit d’un corps familial qui l’engloutit…
Film interdit – 12 ans avec avertissement

L’avis Cin’Écrans ****1/2

Le temps long (près de 10 ans) qu’il a fallu à Hélène Merlin pour mener à bien son projet, lui a sans doute été bénéfique, tant la scénariste -réalisatrice a su éviter l’écueil du simple récit autobiographique pour nous offrir une œuvre tout à la fois épidermique et réfléchie, mais surtout purement cinématographique.

Bravo et merci donc à la cinéaste de nous offrir cette œuvre si personnelle, à l’écriture implacable, audacieuse sur la forme et sur le fond en osant s’aventurer sur des terrains surréalistes ou en proposant à ses spectateurs des pauses réflexives comme ces étonnantes séquences de manipulation d’une poupée.

« … Réussir à avoir fait ce film, c’est déjà avoir fait les 3/4 du chemin » Hélène Merlin

Avec la formidable complicité de sa troupe de comédien.ne.s, Hélène Merlin dépeint avec beaucoup de recul et non sans humour, le quotidien d’une famille dysfonctionnelle, les dérives et conséquences d’un masculinisme toxique.
La réalisatrice affirme également un point de vue radical sur la question taboue de l’inceste mais sans jamais céder à la facilité d’une conclusion facile et surtout sans jamais se poser en donneuse de leçon. Respect !

« … j’ai beaucoup d’empathie et d’amour pour ma famille et ces personnages-là qui en sont inspirés … » Hélène Merlin

Impossible de passer sous silence l’excellence du judicieux casting de CASSANDRE, de Zabou Breitman à Éric Ruf en passant par Florian Lesieur, Laïka Blanc Francard et Guillaume Gouix mais le film ne serait sans doute pas le même sans la prestation remarquable de la jeune Billie Blain dans le rôle-titre.

Avec ce premier film, Hélène Merlin démontre magistralement comment transformer une réalité parfois sordide en un audacieux et puissant geste artistique. Une façon pour elle de sortir la tête de l’eau, de respirer et reprendre son destin en main, tout en affirmant une solidarité indispensable avec toutes les victimes de violences familiales.
CASSANDRE qui met intelligemment le spectateur dans une position souvent inconfortable est un film singulier, utile et lumineux qu’il convient de découvrir absolument. Et on attend désormais avec une grande impatience la suite du parcours de la brillante Hélène Merlin.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Le + Cin’Écrans

C’est à l’occasion de la présentation hors compétition de CASSANDRE au Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz que nous avons eu l’immense plaisir d’échanger avec Hélène Merlin et Zabou Breitman, remarquable interprète de la mère de Cassandre.

INTERVIEW HÉLÈNE MERLIN & ZABOU BREITMAN

La vallée des fous – C’est pas l’homme qui prend la mer…

La vallée des fous – C’est pas l’homme qui prend la mer…

LA VALLÉE DES FOUS

Un film de Xavier Beauvois
Scénario de Xavier Beauvois, Marie-Julie Maille, Gioacchino Campanella
avec Jean-Paul Rouve, Pierre Richard, Madeleine Beauvois, Joseph Olivennes, Xavier Maly, Abbes Zahmani, Sophie Cattani, Hugues Delamarliere…

Drame– 2024 – France – 2h00
Sorti en salles le 13 novembre 2024

Disponible depuis le 19 mars 2025 en DVD et VOD – Pathé

Audio : Français Dolby Digital  5.1 et 2.0
Sous titres pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
Passionné de voile, Jean-Paul traverse une passe difficile. Il accumule les dettes et s’éloigne des siens. Bien décidé à reprendre sa vie en main, il s’inscrit à Virtual Regatta, la course virtuelle du Vendée Globe. Il se met dans les conditions d’un vrai skipper en s’isolant pendant 3 mois sur son bateau dans son jardin… Ce voyage pas comme les autres, lui permettra de renouer avec sa famille mais surtout avec lui-même.

Le film ****

Avec son neuvième long-métrage, Xavier Beauvois touche au cœur et signe une œuvre dont le propos très original est né pendant le confinement.
Le réalisateur nous invite à participer à l’aventure intérieure de son personnage principal, Jean-Paul, qui a besoin de ce voyage intime et immobile pour se reconnecter à la vie et pour mieux retrouver ses proches.

Sous son apparente simplicité narrative, LA VALLÉE DES FOUS développe un propos judicieux très personnel mais qui tend à l’universel sur la reconstruction d’un homme en crise. Chacun.e pouvant se retrouver dans ce besoin de prendre le temps nécessaire pour identifier et recentrer son quotidien sur l’essentiel…
Le résultat est un film lumineux, généreux et positif dont l’humanité fait un bien fou.

Jean-Paul Rouve est un acteur caméléon. Pour preuve, il y a un peu plus d’un an, il nous terrifiait avec son incarnation impressionnante de Gabriel Matzneff, véritable monstre de perversité dans LE CONSENTEMENT de Vanessa Filho. Et il y a quelques semaines, c’est sous les traits du fantasque Jeff Tuche qu’il réapparaissait dans GOD SAVE THE TUCHE, 5eme volet des aventures de la famille Tuche dont il signe aussi la réalisation.

Aujourd’hui, c’est une autre et singulière composition qu’il nous propose avec ce personnage de Jean-Paul, un homme à la dérive, obligé de se couper de son monde pour mieux se retrouver. Et une nouvelle fois, sa performance subtile éblouit, tant ce personnage oblige le comédien à explorer une riche palette de jeu (rares, notamment, sont les comédiens à jouer aussi justement l’ivresse). 

Pour accompagner Jean-Paul Rouve au cœur de cette vallée des fous et dans cette exaltante aventure humaine, Xavier Beauvois a fait appel à un casting judicieux à commencer par Pierre Richard que l’on a toujours un immense plaisir à retrouver d’autant que la variété et la fantaisie de son jeu trouve un véritable écho dans celui de Jean-Paul Rouve.

Pour incarner la fille de Jean-Paul, le réalisateur n’est pas allé bien loin puisqu’il a fait appel à sa propre fille Madeleine Beauvois qu’il avait déjà fait tourner dans ALBATROS et LES GARDIENNES. Nul doute que son beau tempérament et sa prestation dans LA VALLÉE DES FOUS inspirera d’autres metteurs en scène ces prochaines années.

On retrouve également avec plaisir la trop rare (au cinéma) Sophie Cattani (TOMBOY ou POLISSE, entre autres), tandis que Joseph Olivennes révèle un beau tempérament sur grand écran en incarnant Ferdinand, fils de Jean-Paul Rouve et petit fils de Pierre Richard. Une belle filiation pour cet acteur qui dans la vraie vie n’est autre que le fils de Kristin Scott Thomas. Bon sang ne saurait mentir !

Notons enfin la présence dans cette aventure au long cours, de deux skippers et navigateurs émérites, Jean Le Cam et Michel Desjoyeaux. L’occasion pour Xavier Beauvois d’une belle séquence de fin en forme de malicieux clin d’œil au monde de la mer.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus **

Entretien avec l’équipe du film (8mn12)