Wet Monday – Blessures invisibles…

Wet Monday – Blessures invisibles…

WET MONDAY (Lany poniedzialek)

Un film de Justyna Mytnik
Scénario de Monika Dembinska, Rosanna Hall & Justyna Mytnik
Avec Julia Polaczek, Nel Kaczmarek, Weronika Kozakowska…
Drame – 2024 – Pologne – 1h27

Sortie en salles le 2 avril 2025

L’histoire
Klara, 15 ans, doit faire face à un traumatisme qui s’exprime par une soudaine phobie de l’eau. Elle peut compter sur le soutien de Diana, sa nouvelle amie. Une histoire teintée de magie sur la puissance de l’empathie et de la sororité, au cœur des célébrations colorées de Pâques en Pologne.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

Premier long-métrage de la réalisatrice polonaise Justyna Mytnik, WET MONDAY dresse le portrait d’adolescentes coincées entre la foi chrétienne de leurs familles, les traditions polonaises de Pâques, et leur quête éperdue de liberté et d’émancipation.

Au cœur de ce récit initiatique poignant et intrigant se trouve Klara, une jeune fille qui décide de se battre pour se débarrasser d’un violent traumatisme passé mais encore terriblement présent qui l’empêche de vivre pleinement et de s’épanouir.

Si la réalisatrice abuse de séquences métaphoriques qui finissent par étouffer un peu son récit, on reste néanmoins captivé par le destin de Klara qui trouve, dans sa relation complexe avec sa sœur Martha et sa nouvelle amie Diana, le chemin vers la lumière.
Il convient ici de saluer la remarquable composition de la jeune interprète de Klara, l’étonnante Julia Polaczek. Une comédienne, à l’air parfois buté, dont le jeu n’est pas sans rappeler celui de l’excellente Céleste Brunnquell (LES ÉBLOUIS, EN THÉRAPIE, FIFI…)

WET MONDAY n’est certes pas un film parfait mais la proposition de Justyna Mytnik, tant dans la forme que sur le fond, est suffisamment sincère et singulière pour qu’elle suscite curiosité et bienveillance.  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Sauvages « S.O.S de terriens en détresse »

Sauvages « S.O.S de terriens en détresse »

SAUVAGES

Un film de Claude Barras
Scénario de Catherine Paillé, Claude Barras, Nancy Huston & Morgan Navarro
avec les voix de Babette De Coster, Martin Verset, Laetitia Dosch, Benoit Poelvoorde, Pierre-Isaie Duc, Michel Vuillermoz, Gaël Faye, Sailyvia Paysan

Animation – 2024 – Suisse/France/Belgique – 1h27
Sorti en salles le 16 octobre 2024

Disponible depuis le 18 mars 2025 en BLU RAY, DVD et VOD – Blaq out

Audio : Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous titres pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
À Bornéo, en bordure de la forêt tropicale, Kéria recueille un bébé orang-outan trouvé dans la plantation de palmiers à huile où travaille son père. Au même moment Selaï, son jeune cousin, vient trouver refuge chez eux pour échapper au conflit qui oppose sa famille nomade aux compagnies forestières. Ensemble, Kéria, Selaï et le bébé singe baptisé Oshi vont braver tous les obstacles pour lutter contre la destruction de la forêt ancestrale, plus que jamais menacée.

Le film ****1/2

Si vous avez aimé MA VIE DE COURGETTE, il y a maintenant 8 ans, vous allez adorer SAUVAGES, le dernier long-métrage de Claude Barras intégralement et remarquablement réalisé, lui aussi, en Stop motion.
Un film enthousiasmant qui n’a malheureusement pas trouvé son public en salles, contrairement à son illustre prédécesseur. Une séance de rattrapage s’impose donc…

Avec cette fable écolo vibrante, véritable plaidoyer contre la déforestation, le scénariste-réalisateur suisse nous régale d’une nouvelle pépite animée.

L’humour véhiculé par le film et le message humaniste, mais jamais donneur de leçon, délivré par son réalisateur font que SAUVAGES passionnera sans aucun doute les enfants.

Ajoutez à cela un univers visuel chatoyant, des personnages hauts en couleurs au langage moderne, et vous obtenez une œuvre formidablement séduisante pour toutes les générations.

Très (trop) souvent, les films d’animations s’offrent un casting de voix « stars » qui facilite évidemment leur promotion.

Si le résultat est souvent probant, il s’avère parfois anecdotique. Il convient donc de saluer ici l’excellente idée d’avoir confié certains personnages clés et adultes du film à des personnalités vocales fortes et très identifiables. Laetitia Dosch, Benoît Poelvoorde, Michel Vuillermoz (déjà présent sur MA VIE DE COURGETTE) et Gaël Faye.

Jamais leur signature vocale ne vient parasiter un propos qui pourrait se suffire à lui-même, bien au contraire.
Chacun.e offre à son personnage, une véritable personnalité et un timbre singulier qui participent grandement, aussi, au charme du film.

On connait le « bon » goût de Claude Barras pour la musique avec notamment l’utilisation d’une sublime version de la chanson de Noir Désir « Le vent nous portera » par Sophie Hunger dans MA VIE DE COURGETTE.

Dans SAUVAGES, c’est « Tous les cris, les S.O.S. », un des derniers et très beau titres de Daniel Balavoine que le réalisateur a choisi pour illustrer, notamment, son générique de fin. Un choix musical judicieux qui touche au cœur, tant les paroles de ce tube des années 80 résonnent avec le propos du film, quelque part entre espoir et désespoir.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ***

Les coulisses de Sauvages ! d’Ulrich Teiger et Claire Braillard (une production de la RTS – Radio télévision Suisse, 22mn)

Le garçon – Se souvenir des belles choses…

Le garçon – Se souvenir des belles choses…

LE GARÇON

Un film de Zabou Breitman & Florent Vassault
Scénario : Zabou Breitman & Florent Vassault
Avec Damien Sobieraff, Nicolas Avinée, Isabelle Nanty, François Berléand, Florence Muller, Jean-Paul Bordes, Sarah Thiery
Documentaire – Comédie dramatique – 2024 – France – 1h37

Sortie en salles le 26 mars 2025

L’histoire 
Tout débute avec les photos d’une famille. Une famille inconnue, qu’on a l’impression pourtant de connaître. Au centre : ce garçon. Qui est-il ? Quelle est son histoire ? Et si chaque individu était aussi le héros involontaire d’un conte ? Une enquête familiale vertigineuse, où réalité et fiction se mêlent jusqu’à̀ se confondre parfois.

L’avis Cin’Écrans ****1/2

C’est à un jeu de piste original et ludique que nous convient Zabou Breitman et Florent Vassault avec LE GARÇON, un long-métrage entre documentaire et fiction.
Ce projet atypique est né de l’envie pour Zabou Breitman d’un projet qui trouverait son inspiration dans les photos d’une personne anonyme. Un.e inconnu.e dont la réalisatrice tenterait, avec la complicité de Florent Vassault, de raconter le chemin de vie.

Un parcours dont, forcément, l’issue leur échapperait et dont l’équilibre du récit ne pourrait se trouver qu’au montage. Il convient d’ailleurs de saluer à ce titre le magnifique travail effectué sur ce poste par les deux coréalisateurs pour donner au film son rythme et sa fluidité.

Autant dire que monter un projet aussi casse-gueule n’a pas été chose facile, même si la réalisatrice dont on connait la force de conviction et de persuasion s’était déjà essayée avec succès, à l’exercice au théâtre avec « Des gens », d’après les documentaires de Raymond Depardon et « Logiquimperturbabledufou », d’après Ilan Kipper.

Vous l’aurez compris, si vous aimez les œuvres qui osent sortir des sentiers battus, les films qui invoquent le temps qui passe, les traces qu’on laisse, le rapport aux images et à leurs interprétations, LE GARÇON est fait pour vous.

Ce film profondément original et émouvant provoque l’envie immédiate de se replonger dans les albums de famille pour y retrouver ses souvenirs mais aussi en imaginer d’autres, jusqu’au vertige.
LE GARÇON est une plongée palpitante au cœur de l’intime et dont le propos universel résonne puissamment en chacun.e d’entre nous. À découvrir sans faute.   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Le + Cin’Écrans

C’est à l’occasion du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz, dont elle présidait le jury en octobre dernier, que nous avons découvert avec bonheur le nouveau film (sans distributeur à l’époque) de Zabou Breitman.

Même si elle regrettait l’absence de son complice réalisateur et monteur, Zabou Breitman a accepté, avec son enthousiasme habituel, de répondre à nos interrogations sur ce mystérieux GARÇON

INTERVIEW ZABOU BREITMAN

Retour gagnant au conservatoire pour Valérie Donzelli

Retour gagnant au conservatoire pour Valérie Donzelli

RUE DU CONSERVATOIRE

Un film de Valérie Donzelli
Avec Clémence Coullon, Alexandre Auvergne, Hélène Gigou, Léna Tournier, Basile Sommermeyer…
Documentaire – 1h20 – France

Sorti en salles le 18 septembre 2024

Disponible en VOD et DVD depuis le 21 janvier – Diaphana

Audio : Français Dolby Digital 5.1 & 2.0
Sous titres français

L’histoire
” En 1996 j’ai passé le concours du conservatoire. Je l’ai raté. Il y a un an on m’a demandé d’y faire une masterclass sur le jeu d’acteur au cinéma. J’y suis allée. J’ai rencontré une jeunesse vivante, joyeuse et passionnée. Parmi mes élèves il y avait Clémence. L’année d’après, elle m’a demandé de filmer leur dernier spectacle. J’ai ressenti son urgence et la peur qu’elle avait de quitter ce lieu mythique. Alors j’ai accepté. En filmant cette jeunesse, j’ai revisité la mienne. ” Valérie Donzelli

Le film ****1/2

Né de la rencontre entre l’actrice, réalisatrice Valérie Donzelli et Clémence Coullon, une jeune comédienne qui s’essaie avec énergie et talent à la mise en scène à travers une version revisitée d’Hamlet, RUE DU CONSERVATOIRE est un formidable documentaire.

Un film généreux et passionnant sur le jeu et qui raconte avec malice le travail de création.

Après avoir réalisé, entre autres, 6 longs-métrages de fiction pour le cinéma et une série (l’inspirée NONA ET SES FILLES), Valérie Donzelli s’essaie pour la première fois au documentaire, mais un doc façon « Donzelli !

RUE DU CONSERVATOIRE est comme un film miroir dans lequel elle plonge avec générosité et sans retenue, n’hésitant pas à se mettre en scène dans cette ode joyeuse et galvanisante à la jeunesse et au collectif.

Le spectateur, lui, est en totale empathie avec l’actrice-réalisatrice, quand elle prodigue ses encouragements sincères et puissants à Clémence et certain.e. s élèves. 

RUE DU CONSERVATOIRE est un film joyeux qui (re)donne foi en l’avenir et dans la jeunesse, à travers la fougue, l’énergie et la magnifique croyance dans le jeu (malgré certains moments de doute) de ces apprentis comédiens et comédiennes.

Valérie Donzelli proclame haut et fort qu’ils feront le théâtre et le cinéma de demain. On la croit volontiers et c’est tout le bien qu’on leur souhaite !

En attendant, (re) découvrez au plus vite RUE DU CONSERVATOIRE pour y découvrir une jeunesse qui se bat, pour vivre de sa passion. C’est beau et ça fait un bien fou ! 

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Pas de bonus

Le + Cin’Écrans

Le Festival du film francophone d’Angoulême a consacré son focus 2024 à Valérie Donzelli à travers la diffusion de tous ses longs métrages et de sa série NONA ET SES FILLES. C’est à cette (belle) occasion que nous avons pu découvrir avec bonheur et quelques jours avant sa sortie en salles cet excellent RUE DU CONSERVARTOIRE, désormais disponible en VOD et DVD.

« C’est un film qui s’est fait de façon spontanée et artisanale » Valérie Donzelli

Impossible évidemment de laisser filer la géniale Valérie Donzelli, sans lui dire combien ce nouveau film nous avait touché. C’est donc avec grand plaisir que nous avons retrouvé une actrice réalisatrice dont la curiosité et l’envie ne faiblissent pas au fil des ans, sans parler de son enthousiasme si communicatif…

INTERVIEW VALÉRIE DONZELLI

Monsieur Aznavour, de nouveau en haut de l’affiche !

Monsieur Aznavour, de nouveau en haut de l’affiche !

MONSIEUR AZNAVOUR

Un film de Mehdi Idir & Grand Corps Malade
Scénario de Grand Corps Malade & Mehdi Idir
Avec Tahar Rahim, Bastien Bouillon, Marie-Julie Baup, Camille Moutawakil, Hovnatan Avédikian, Luc Antoni, Ella Pellegrini, Victor Meutelet…
Comédie dramatique – 2024 – France – 2h13
Sorti en salles le 23 octobre 2024

Disponible depuis le 26 février 2025 en BLU RAY, DVD et VOD – Pathé

Audio : Français Dolby Atmos
Sous titres pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
Fils de réfugiés, petit, pauvre, à la voix voilée, on disait de lui qu’il n’avait rien pour réussir. À force de travail, de persévérance et d’une volonté hors norme, Charles Aznavour est devenu un monument de la chanson, et un symbole de la culture française. Avec près de 1200 titres interprétés dans le monde entier et dans toutes les langues, il a inspiré des générations entières.

Le film ***

Plutôt classique dans sa forme, ce biopic de l’interprète d’Emmenez-moi, se regarde et s’écoute néanmoins avec un plaisir certain.

Reconnaissons qu’il est difficile, même en 2h15, de faire le tour d’une carrière aussi prolifique que celle de Charles Aznavour.
Il convient donc de saluer le tour de force de ses deux réalisateurs qui parviennent à retracer dans les grandes lignes, au gré de ses succès mais aussi de ses échecs, le parcours d’un homme en quête perpétuelle de reconnaissance et de succès.

Saluons aussi le choix judicieux d’un certain nombre de chansons emblématiques au pouvoir très évocateur qui apportent au film, son supplément d’émotion. Des titres qu’interprète avec subtilité l’excellent Tahar Rahim qui, par son impressionnant travail sur la voix et les attitudes, parvient à faire oublier la différence physique avec celui que l’on surnommait le Sinatra français. Bluffant !

Bonus ***

Séance tenante : Master class des réalisateurs et de Tahar Rahim ( 49mn45 )