Ghostlight… Art-thérapie pour tous

Ghostlight… Art-thérapie pour tous

GHOSTLIGHT

Un film de Kelly O’Sullivan & Alex Thompson
Scénario de Kelly O’Sullivan
Avec Keith Kupferer, Katherine Mallen Kupferer, Tara Mallen
Comédie dramatique – 2024 – États-Unis – 1h55

Sortie en salles le 30 avril 2025

L’histoire
Dan travaille sur des chantiers de voirie à Chicago et ses environs. Un peu par hasard, et à l’insu de sa famille, il intègre une troupe de théâtre amateur qui met en scène Roméo et Juliette. Peu à peu, la tragédie qui se monte sur scène commence à lui renvoyer le reflet de sa propre vie.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

S’il raconte en filigrane l’histoire d’un deuil, GHOSTLIGHT n’est en aucun cas un film plombant, bien au contraire, grâce à la subtilité de son scénario.

Par la manière dont Kelly O’Sullivan & Alex Thompson distillent aux spectateurs, les tenants et aboutissants de cette histoire familiale, leur récit se présente comme celui d’une lente reconstruction.
Une réappropriation de sa vie qui s’avère parfois douloureuse, parfois cocasse pour chacun des membres de cette famille.

Avec beaucoup de pertinence, le film incite ses personnages (et les spectateurs, par la même occasion) à écouter leurs propres émotions et celles de leurs proches pour mieux avancer, voire pour guérir une blessure intime.

GHOSTLIGHT, qui célèbre l’importance du jeu et du théâtre est porté avec énergie et sensibilité par une belle troupe de comédiens méconnus.

Il convient d’ailleurs de signaler que Dan, Daisy & Sharon sont interprétés par Keith Kupferer, Tara Mallen, et leur fille Katherine Mallen Kupferer. Cette vraie famille dans la vie apporte évidemment au film, ce petit supplément d’authenticité qu’aucun scénario n’aurait pu imaginer ou imposer.

On vous conseille donc, plus que chaleureusement la découverte de ce film US indépendant que l’on n’attendait pas vraiment mais qui fait un bien fou. On y rit, on y pleure, en compagnie de personnages généreux dont la vie est transcendée par l’art et la culture ! Et ça en 2025, c’est véritablement devenu essentiel !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

L’époustouflante odyssée de Flow !

L’époustouflante odyssée de Flow !

FLOW, LE CHAT QUI N’AVAIT PLUS PEUR DE L’EAU

Un film de Gints Zilbalodis
Scénario de Gints Zilbalodis & Matīss Kaža

Animation – 2024 – Lettonie – Belgique – France – 1h25
Sorti en salles le 30 octobre 2024

Disponible depuis le 15 avril 2025 en BLU RAY, DVD et VOD – UFO Distribution

Audio : Sans dialogues – DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0

L’histoire
Un chat se réveille dans un univers envahi par l’eau où toute vie humaine semble avoir disparu. Il trouve refuge sur un bateau avec un groupe d’autres animaux. Mais s’entendre avec eux s’avère un défi encore plus grand que de surmonter sa peur de l’eau ! Tous devront désormais apprendre à surmonter leurs différences et à s’adapter au nouveau monde qui s’impose à eux.

Le film *****

FLOW, LE CHAT QUI N’AVAIT PLUS PEUR DE L’EAU, c’est évidemment le récit des mésaventures palpitantes d’un petit chat noir et de ses compagnons d’infortune mais c’est aussi l’histoire d’un véritable miracle cinématographique.

Au cœur d’une année riche en films d’animation de qualité, de SAUVAGES à VICE-VERSA 2, en passant par LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES ou bien encore LE ROBOT SAUVAGE, c’est en effet, cette « modeste » mais enthousiasmante coproduction entre la Lettonie, la Belgique et la France qui a raflé la mise critique et l’essentiel des récompenses, un peu partout à travers le monde (*) …

Il faut dire que ce film d’animation se démarque de tous les autres par son absence totale de dialogues, une puissance visuelle ébouriffante et surtout par l’intelligence et l’intensité de son propos autour du vivre ensemble…
FLOW, LE CHAT QUI N’AVAIT PLUS PEUR DE L’EAU, véritable ode à la nature, dépeint avec force une humanité qui part à la dérive.  On ne peut qu’être touché par cette fable animalière et sensorielle qui mêle les rires et les larmes avec poésie et subtilité.

FLOW, LE CHAT QUI N’AVAIT PLUS PEUR DE L’EAU
est un grand film, onirique, délicat et magistralement mis en scène.
Une œuvre à ranger d’ores et déjà parmi les classiques de l’animation aux côtés de celles signés Hayao Miyazaki. À voir et à revoir absolument !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

* Le film a obtenu, entre autres, les récompenses suivantes :
Prix du jury et Prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy 2024,
César 2025 du meilleur film d’animation
Oscar 2025 du meilleur film d’animation
Golden Globe du meilleur film d’animation
Lumière de la presse étrangère du meilleur film d’animation

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus *****

* Présentation du film à Cannes : Interview de Gints Zilbalodis par Olivier Père dans l’émission « Arte Kino Conversation » (5mn VOST)

* Entretien avec Gints Zilbalodis au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2024 (14mn VOST)

* « Évolution d’un plan » Making – of (6mn)

* 2 courts métrages de Gints Zilbalodis :

AQUA (2010-2012, 7mn32, sans dialogues) & PRIORITIES (2014, 9mn24, sans dialogues)

Familia – Oppressante tragédie

Familia – Oppressante tragédie

FAMILIA

Un film de Francesco Costabile
Scénario de Vittorio Moroni, Francesco Costabile, Adriano Chiarelli
Avec Francesco Gheghi, Barbara Ronchi, Francesco Di Leva, Marco Cicalese…
Drame – 2024 – Italie – 2H04

Sortie en salles le 23 avril 2025

L’histoire
Rome, début des années 2000. Licia élève seule ses fils Luigi et Alessandro, suite à une mesure d’éloignement de Franco, leur père dont la violence a marqué leur enfance. Gigi grandit en trouvant refuge auprès d’un groupe néofasciste et reproduit peu à peu le schéma paternel. Après dix ans d’absence, Franco réapparaît, bien décidé à retrouver sa place au sein de ce qu’il considère comme son foyer.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Inspiré du livre Non sarà sempre così (Il n’en sera pas toujours ainsi) de Luigi Celeste qui raconte sa propre vie, FAMILIA est le récit poignant d’une tragédie familiale.

Avec ce deuxième long-métrage réalisé 3 ans après UNA FEMMINA (inédit en France), Francesca Costabile traite sans aucun manichéisme des questions de l’emprise et des violences conjugales.
Le réalisateur a fait le choix d’une mise en scène sèche et nerveuse, adaptée à la situation d’enfermement de ses personnages, provoquant un sentiment de claustrophobie chez le spectateur qui assiste impuissant au drame qui se met inéluctablement en place.

Piégée dans un cycle infernal de violence, la mère (formidablement incarnée par Barbara Ronchi) cherche, quels qu’en soient le prix et les conséquences, à protéger ses deux enfants.

Le film met parfaitement en avant les puissants mécanismes de l’emprise qui empêchent bien trop souvent leurs victimes de s’en sortir, tant les institutions semblent impuissantes à les protéger. La séquence de la descente de police dans l’appartement familial est à ce titre terriblement éloquente et angoissante.

C’est contre cette emprise et cette violence familiale que Luigi, le plus jeune des deux frères, en proie à ses propres démons, va lutter jusqu’à ce que l’inéluctable arrive.
Il est incarné avec force par Francesco Gheghi, qui a reçu pour sa composition dans le film, le très mérité Prix Orizzonti du meilleur acteur lors de la Mostra de Venise 2024.
Le jeune acteur italien est au cœur de certaines scènes parmi les plus puissantes du film lorsque Luigi s’oppose frontalement à son père démoniaque, magistralement interprété par Francesco Di Leva.

Vous l’aurez sans doute compris, Francesco Costabile signe avec FAMILIA un grand film noir, glaçant à souhait, un implacable et puissant thriller psychologique dont les protagonistes n’ont pas fini de nous hanter.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

En fanfare… Un triomphe fraternel et musical !

En fanfare… Un triomphe fraternel et musical !

EN FANFARE

Un film de Emmanuel Courcol
Scénario de Emmanuel Courcol & Irène Muscari
avec Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin, Sarah Suco, Jacques Bonnaffé, Clémence Massart, Anne Loiret…

Comédie dramatique – 2024 – France – 1h43
Sorti en salles le 27 novembre 2024

Disponible depuis le 1er avril 2025 en BLU RAY, DVD et VOD – Diaphana Edition Vidéo

Audio : Français Dolby Digital 5.1
Sous titres français pour sourds et malentendants
Audiodescription pour aveugles et malvoyants

L’histoire
Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence tout les sépare, sauf l’amour de la musique. Détectant les capacités musicales exceptionnelles de son frère, Thibaut se donne pour mission de réparer l’injustice du destin. Jimmy se prend alors à rêver d’une autre vie…

Le film ****1/2

Avec plus de 2,5 millions de spectateurs en salles, le troisième long-métrage d’Emmanuel Courcol s’est offert, pour reprendre le titre de son précédent film, « un triomphe », plus que mérité !

Il faut dire que le scénario original d’EN FANFARE peaufiné par le cinéaste et sa coscénariste Irène Muscari, sur fond de déterminisme social et de fraternité retrouvée, est imparable.
Il faut absolument saluer la qualité de leur écriture et des dialogues, mais aussi celle du remarquable montage effectué par Guerric Catala qui manie à merveille l’ellipse pour donner un rythme parfait au film.

Autant dire que les deux nominations (parmi les 7 recueillies par EN FANFARE) aux César 2025 pour le scénario original et le montage du film étaient plus que méritées même si elles n’ont pas été transformées en récompenses.

Et puis il y a les interprètes, et quels interprètes !
Les frangins du film sont incarnés avec la fougue qu’on leur connait par deux comédiens au sommet de leur forme, Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin.
Mais il serait injuste de ne pas saluer l’ensemble du casting de Sarah Suco à Jacques Bonnaffé en passant par tous les musiciens et musiciennes de La Fanfare de Walincourt qui apportent au film toute sa véracité.

EN FANFARE qui célèbre la musique et la fraternité, trouve l’équilibre quasi parfait entre drame et comédie. Un film chaleureux et harmonieux qui fait du bien, dans la veine du meilleur du cinéma social britannique, quelque part entre THE FULL MONTY et LES VIRTUOSES. On en redemande…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ****

* VENTS ET BAGUETTES : Documentaire réalisé par Antonin Cloteau
* EN FANFARE au Festival d’Angoulême : Émission « L’Invité » présenté par Patrick Simonin, réalisée par Gildas Nivet et Océane Launay (TV5 Monde)
* « La Tournée nord » : Les coulisses de l’avant-première
* Scène coupée commentée par Emmanuel Courcol

Le + Cin’Écrans

C’est à l’occasion d’une projection d’EN FANFARE au Festival du Film Francophone d’Angoulême que nous avons eu le plaisir de partager un moment privilégié et très joyeux avec une partie de l’équipe du film, le scénariste-réalisateur Emmanuel Courcol, la coscénariste Irène Muscari et les comédiens Sarah Suco, Benjamin Lavernhe & Pierre Lottin.
La preuve en fanfare ci-dessous…

INTERVIEW EMMANUEL COURCOL, IRÈNE MUSCARI, BENJAMIN LAVERNHE, PIERRE LOTTIN & SARAH SUCO

Simón de la montaña, un film et un héros hors-normes…

Simón de la montaña, un film et un héros hors-normes…

SIMÓN DE LA MONTAÑA

Un film de Federico Luis
Scénario de Federico Luis et Agustin Toscano
Avec Lorenzo Ferro, Kiara Supini, Pehuén Pedie
Drame – 2024 – Argentine – 1h38

Sortie en salles le 23 avril 2025

L’histoire
Simón a 21 ans et vit en Argentine. Depuis peu, il fréquente une nouvelle bande d’amis inattendue. Auprès d’eux, pour la première fois, il a le sentiment d’être lui-même. Mais son entourage s’inquiète et ne le reconnaît plus. Et si Simón voulait devenir quelqu’un d’autre ?

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Présenté en compétition au cours de La Semaine de la Critique au Festival de Cannes l’an passé, SIMÓN DE LA MONTAÑA y a reçu le très convoité Grand Prix de cette sélection.

Avec ce premier long-métrage, Federico Luis qui a passé une grande partie de son enfance dans les hôpitaux ne souhaitait pas spécialement parler de handicap ou de différence mais d’«hyperception», en explorant une part plus sombre et manipulatrice que peuvent avoir, comme tout individu, certaines personnes handicapées.    

SIMÓN DE LA MONTAÑA est un film étonnant, voire déstabilisant pour les spectateurs auxquels le cinéaste argentin ne donne volontairement pas toutes les clés de compréhension.
On en veut pour preuve l’étonnante séquence d’ouverture du film où l’on découvre au cœur des paysages arides de la cordillère des Andes, un groupe d’adolescents et de jeunes adultes handicapés qui paraissent abandonnés à leur propre sort.

Passée cette mystérieuse introduction, la caméra du cinéaste ne va plus lâcher d’une semelle ses jeunes protagonistes et coller au plus près des corps et des visages de certains d’entre eux, à commencer par celui de Simón.
En refusant d’expliquer les intentions profondes du jeune homme, qui semble néanmoins vouloir échapper à sa mère et à sa classe sociale, Federico Luis instaure un malaise insidieux qui sert parfaitement son film.

Contre toute attente, la personnalité complexe et le regard buté de Simón, son « héros » finit par hanter nos souvenirs, sans doute en grande partie, grâce à la performance marquante de son interprète Lorenzo Ferro.

Certes, SIMÓN DE LA MONTAÑA n’est pas une œuvre aimable, ni très accueillante mais l’austérité, voire la radicalité de sa forme et de son propos lui confèrent une place à part dans le flot des sorties ciné hebdomadaires. À découvrir donc !

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans