Anatomie d’une chute  et ascension gagnante pour Justine Triet

Anatomie d’une chute et ascension gagnante pour Justine Triet

ANATOMIE D'UNE CHUTE

Drame – Thriller judiciaire – 2023 – 2h30 (BR) 2h25 (DVD) – France
Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet & Arthur Harari
Avec Sandra Hüller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner, Antoine Reinartz, Samuel Theis, Jenny Beth…

Sorti en salles le 23 août 2023

Disponible en BR, DVD, VOD & EST – le 21 décembre 2023 – Le Pacte
BLU RAY : un BR avec le film + un DVD de bonus)
DVD : un DVD avec le film et un second DVD de bonus)
Image : 16/9 – 1.85 :1 – Son : DTS-HD 5.1 & 2.0
Audiodescription

L’histoire
Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère, véritable dissection du couple.

Le film *****
Voilà un film qui n’a pas volé sa Palme d’or en mai dernier. Après LA BATAILLE DE SOLFERINO, VICTORIA et SYBIL, Justine Triet est passée à la vitesse supérieure avec ce film brillant dont elle a cosigné le scénario avec son compagnon, l’acteur réalisateur Arthur Harari (DIAMANT NOIR, ONODA-10 000 NUITS DANS LA JUNGLE)

Plus qu’un simple, mais fascinant film de procès, ANATOMIE D’UNE CHUTE fait l’autopsie d’un cataclysme conjugal. Justine Triet y prend son temps pour tenter de dénouer les fils d’une relation ambigüe et toxique.
Résultat, ANATOMIE D’UNE CHUTE s’y révèle en drame psychologique palpitant et implacable dont on ressort épuisé, à l’image de ses principaux protagonistes, tant le propos et l’ambiance du film sont puissants…

Outre son formidable scénario, il convient de saluer le remarquable travail de montage effectué, surtout quand on découvre dans les bonus qui accompagnent le film, la puissance de certaines prises abandonnées au profit d’autres pour le bénéfice du récit. Justine Triet démontre avec un bel aplomb à quel point le cinéma est une affaire de point de vue et de choix !

Il est évidemment impossible de parler d’ANATOMIE D’UNE CHUTE sans évoquer l’incroyable prestation de son interprète principale. Si l’ensemble du casting est à saluer, l’incarnation par Sandra Hüller de cette femme accusée d’avoir tué son mari, est absolument sidérante.
ANATOMIE D’UNE CHUTE est tout à la fois une étude subtile sur le couple, un passionnant film de procès et un superbe portrait de femme. Du grand art et un grand film, le meilleur de Justine Triet, sans aucun doute. On attend la suite avec une impatience non dissimulée.

Bonus *****
6 scènes coupées et alternatives, avec ou sans commentaires de Justine Triet

Entretiens :
« Anatomie d’un scénario » avec Justine Triet & Arthur Harari (32 mn)
« Anatomie d’un film » avec Justine Triet & les producteurs du film (36 mn)
Entretien Swann Arlaud et Milo Machado-Graner (21 mn)
Entretien avec Antoine Reinartz et Vincent Courcelle-Labrousse, avocat et conseiller juridique sur le film (22 mn)
« Anatomie d’un procès » avec Vincent Courcelle-Labrousse, avocat et conseiller juridique sur le film (15mn)

Casting Milo Machader-Graner (7 mn)
Call back Milo Machader-Graner (3mn)
Casting Antoine Reinartz

Anatomie des répétitions 2021 /2022 Milo Machado-Graner –  Antoine Reinartz

Secrets de tournage avec Snoop, le chien du film (une réalisation Madmoizelle) : rencontre avec Laura Martin coach animalier sur le film (8 mn)

Saluons la très heureuse initiative du Pacte (distributeur du film et éditeur des BR/DVD) qui avec la complicité de la réalisatrice nous offre un vrai et somptueux menu de bonus.
Difficile de vous en faire un compte rendu complet mais sachez néanmoins que la durée totale de ces suppléments avoisine les 4 heures (3H42 pour être précis).

Si tous ces bonus s’avèrent pertinents, on mettra plus particulièrement l’accent sur l’imposante sélection de scènes coupées et alternatives. Dans la plupart des cas, ce type de bonus n’apporte pas grand-chose, or, ici la proposition s’avère extrêmement pertinente tant ils permettent de parfaitement appréhender les méthodes de travail de Justine Triet. On y perçoit à quel point, ce film puissant s’est construit en 3 étapes, l’écriture, le tournage et le montage. On ne peut que vous conseiller de découvrir ces longues séquences bonus avec leurs commentaires passionnants et indispensables assurés par la cinéaste.

A voir absolument aussi, en parfait complément à ses séances de casting et à son échange avec Swann Arlaud, la séquence consacrée aux répétitions du jeune Milo Machado-Graner.
Des séances de travail intenses avec différents membres de l’équipe technique et artistique du film, qui permettent de voir à quel point la composition du jeune Milo est exceptionnelle d’intelligence et de maturité.

Raphaël Quenard explose sur scène avec Yannick

Raphaël Quenard explose sur scène avec Yannick

YANNICK

Comédie – 2023 – 1h07(BR) 1H03 (DVD) – France
Réalisation : Quentin Dupieux
Scénario : Quentin Dupieux
Avec Raphaël Quenard, Pio Marmaï, Blanche Gardin, Sébastien Chassagne

Sorti en salles le 2 août 2023

Disponible en BR, DVD & VOD – le 5 décembre 2023 – Diaphana Édition Vidéo
Image : 16/9 – 1.33 :1 – Son : DTS-HD 5.1 & 2.0
Audiodescription

L’histoire
En pleine représentation de la pièce « Le Cocu », un très mauvais boulevard, Yannick se lève et interrompt le spectacle pour reprendre la soirée en main…

Le film ****
Mais où donc Quentin Dupieux va-t-il puiser son inspiration ?
Sa peur d’ennuyer le public n’est sans doute étrangère au pitch de ce long métrage atypique. Tourné en dehors du cadre classique des productions cinéma, dans un décor unique et en tout juste six jours, YANNICK a tout du film ovni.
Mais, et c’est là toute la magie du cinéma, ce 11e long métrage du cinéaste est devenu très rapidement son plus grand succès avec près de 450.000 spectateurs en salles.
Et ce n’est que justice, tant YANNICK emporte tout sur son passage et se balade avec une aisance insolente à travers les genres, de la comédie sociale grinçante au thriller.

On rigole énormément tout au long du film mais on en ressort également très touché par le désarroi de l’ensemble de ses personnages, face à une situation qui leur échappe.
Saluons avec plaisir l’audace du réalisateur qui continue de nous surprendre de film en film, sans jamais se répéter (on attend avec impatience son DAAAAAALI !, en salles le 7 février) et celle de son enthousiasmant casting.

Si Sébastien Chassagne semble, lui, être victime d’un personnage un peu laissé pour compte par le scénario, ses deux complices Blanche Gardin et Pio Marmaï s’en donnent à cœur joie autour de la partition écrite par Quentin Dupieux. Drôles, très drôles (au point d’avoir -presque- envie de voir un spectacle d’une telle médiocrité) mais pas que…
On vous met notamment au défi de ne pas être touché lors de cette séquence ou Pio Marmaï (enfin son personnage) fend l’armure et délivre une réflexion passionnante et bouleversante sur sa vocation de comédien.

Et puis il y a Yannick, alias Raphaël Quenard. Impossible de ne pas en rajouter une couche sur le génie, la puissance de jeu et l’incroyable inventivité de cet acteur devenu totalement incontournable en quelques mois seulement. Chacune de ses performances nous emporte que ce soit le temps d’une scène (mais quelle scène face à Adèle Exarchopoulos) dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES de Jeanne Herry ou tout au long d’un film (et quel film !) avec Anthony Bajon dans CHIEN DE LA CASSE de Jean-Baptiste Durand. Et ce n’est qu’un début, on n’a pas fini de voir et d’entendre parler Raphaël Quenard ! Yannick, le cinéma français et nous, lui disons merci !

Bonus ****
Commentaire audio de Quentin Dupieux
Entretien avec Quentin Dupieux et Raphaël Quenard (23 mn)
Scènes de répétition (5 mn)
3 teasers

Outre le commentaire audio de Quentin Dupieux, Diaphana nous régale d’un copieux et réjouissant échange entre l’iconoclaste réalisateur et le fougueux interprète de Yannick, Raphaël Quenard.
Une rencontre au cours de laquelle les deux hommes, très complices, reviennent, entre autres, sur la conception de ce film hors des sentiers battus et dont ils n’avaient pas imaginé une seconde l’écho qu’il rencontrerait auprès du public.

Ajoutez à cela quelques sympathiques images de répétitions et 3 teasers hilarants, et vous obtenez un excellent programme de réjouissances cinématographiques à déguster bien au chaud chez vous. Et donc sans risquer l’irruption perturbante d’un certain Yannick !

Le samouraï, implacable et solitaire…

Le samouraï, implacable et solitaire…

LE SAMOURAÏ

LE SAMOURAÏ
Policier – 1967 – 1h45 (UHD & BR) 1H40 (DVD) – France
Réalisation : Jean-Pierre Melville
Scénario : Jean-Pierre Melville & Georges Pellegrin
Avec Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon, Cathy Rosier…

Sorti en salles le 25 octobre 1967

Disponible le 29 novembre en version restaurée sur une édition collector limitée et numérotée à 1000 exemplaires –  UHD 4K + BR + DVD – Pathé
Le coffret est agrémentée du vinyle 33 tours de la bande originale du film, du scénario original du film et du livret (60 pages) « Le Samouraï : Chorégraphie de la solitude et de la mort » rédigé par Bertrand Tessier
Le film est également disponible en VOD

Image : 1.66– Son : Français DTS Mono 2.0 (UHD & BR) Mono 2.0 (DVD)
Sous titres anglais / Sourds et malentendants – Audio-description

L’histoire
Jef Costello, dit le Samouraï est un tueur à gages. Alors qu’il sort du bureau où git le cadavre de Martey, sa dernière cible, il croise la pianiste du club, Valérie. En dépit d’un bon alibi, il est suspecté du meurtre par le commissaire chargé de l’enquête. Lorsqu’elle est interrogée par celui-ci, la pianiste feint ne pas le reconnaître. Relâché, Jeff cherche à comprendre la raison pour laquelle la jeune femme a agi de la sorte.

Le film *****
Est-il vraiment encore besoin de présenter ce film considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre ?
Pas certain, même si on ne résiste pas à la tentation de saluer l’initiative de Pathé d’offrir une nouvelle vie au film noir de Jean-Pierre Melville.
Pour cela, l’éditeur nous régale d’une superbe version restaurée avec pour plus bel écrin cette édition limitée et numérotée mais nous invite aussi, plus simplement à redécouvrir le film magnifiquement restauré, en VOD.

LE SAMOURAÏ marquait en 1967, la première des 3 collaborations entre Jean-Pierre Melville et Alain Delon, avant LE CERCLE ROUGE et UN FLIC.

(Re)voir en 2023 LE SAMOURAÏ dans ces conditions constitue une belle expérience pour les cinéphiles d’autant qu’elle permet de mieux comprendre la passion suscitée, encore aujourd’hui, par le film chez de très nombreux cinéastes.
On voit bien à quel point les audacieux partis prix de mise en scène de Jean-Pierre Melville, la rareté des dialogues, le jeu tout en retenue d’Alain Delon à travers le personnage impénétrable et inoubliable de Jef Costello, ont pu inspirer des réalisateurs comme Michael Mann, Jim Jarmusch, John Woo, Nicolas Winding Refn ou bien encore Kim Hong-Joon.
Ajoutez à cela le remarquable travail sur la lumière du chef opérateur Henri Decaë et vous obtenez un film indémodable qui traverse le temps avec grâce.  

Bonus *****
« Le Samouraï : La Restauration » avec Tessa Pontaud, directrice adjointe restauration patrimoine Pathé Films (11min)
« Jean-Pierre Melville, mon ami » : entretien avec Philippe Labro (34min)
« Jean-Pierre Melville, l’influenceur » : entretien avec Philippe Rouyer (33min)
« Jean-Pierre Melville et la musique de film » : entretien avec Stéphane Lerouge, historien de la musique de film, et Nicolas Errera, compositeur (21min)
« Le Samouraï » revu par Taylor Hackford (19min)

Soyons honnête, nous n’avons pas visionner la totalité des bonus exclusifs proposés dans cette somptueuse édition du SAMOURAÏ.
Mais les riches suppléments consacrés à la restauration du film et l’entretien avec Philippe Labro, ami fidèle de Jean-Pierre Melville valent largement le détour.

Amore moi… Hymne à la vie en DVD !

Amore moi… Hymne à la vie en DVD !

AMORE MIO

Drame – 2023 – 1H19 – France
Réalisation : Guillaume Gouix
Scénario : Guillaume Gouix, Camille Lugan & Fanny Burdino
Avec Alysson Paradis, Élodie Bouchez, Viggo Ferreira-Redier, Félix Maritaud…

Sorti en salles le 1er février 2023

Disponible en DVD & VOD – le 5 décembre 2023 – Urban Distribution
Image : 1 .85 – Son : 5.1
Sous titres anglais

L’histoire
Lola refuse d’assister à l’enterrement de l’homme qu’elle aime. Elle convainc Margaux, sa sœur, de les emmener, elle et son fils, loin de la cérémonie. Sur la route qui les mènera vers l’Italie, elles découvrent les adultes qu’elles sont devenues et tentent de retrouver la complicité des enfants qu’elles étaient.

Le film ****
« Il fallait que ce soit radical mais pas ennuyeux… une forme d’insolence joyeuse !» Guillaume Gouix

Après 3 courts métrages Guillaume Gouix s’est essayé en 2022, avec une belle réussite, à l’exercice du long avec AMORE MIO.

Plus qu’une histoire de deuil, c’est un récit de vie et de retrouvailles auquel nous convie le cinéaste.

Pour nous raconter cette histoire de sororité, Guillaume Gouix fait une belle confiance au spectateur en osant l’ellipse et le non-dit.  Et surtout il adopte un parti pris radical de mise en scène à travers un cadre très serré (en 4/3), au plus près de ses personnages et quasiment sans contre champs. Aucune échappatoire possible donc pour le spectateur invité à partager le chemin de ces deux sœurs, éloignées par le temps et la vie.

« … de l’improvisation sur des accidents d’émotion… » Alysson Paradis

AMORE MIO, road movie sensible et électrique, n’est pas sans évoquer l’urgence et l’énergie vitale du cinéma de John Cassavetes. D’autant qu’il est porté par la performance généreuse de deux comédiennes en parfaite osmose. A plusieurs reprises, le jeu intense d’Alysson Paradis rappelle même certaines compositions de l’immense Geena Rowlands

« Il y avait une forte proximité mais jamais les contraintes de cette proximité… » Elodie Bouchez

Quant à Élodie Bouchez, elle nous surprend une fois de plus en composant un personnage complexe dont l’apparente rudesse cache des trésors de tendresse et d’amour pour cette sœur qui s’affranchit des codes de la bienséance.

Enfin, il serait injuste de passer sous silence la prestation du très jeune Viggo Ferreira-Redier qui incarne avec une juste émotion le fils de Lola.

Ce premier long métrage de Guillaume Gouix est donc une jolie surprise, une belle déclaration d’amour au cinéma et à ses deux comédiennes principales, à (re)découvrir sans plus tarder en DVD…

Bonus ****
2 courts métrages de Guillaume Gouix

ALEXIS IVANOVITCH VOUS ÊTES MON HÉROS (20mn – 2011)
Avec Swann Arlaud, Fanny Touron, Michaël Abiteboul

L’histoire Alex et Cerise s’aiment d’un amour joyeux. Un après-midi, autour d’un verre en terrasse, Alex est agressé devant Cerise, et la peur l’empêche de réagir. Alors que Cerise fait de cette histoire une simple anecdote, Alex la vit comme une réelle humiliation. Et si son amour-propre le faisait passer à côté du bonheur ?

MADEMOISELLE
(17mn – 2014)
Avec Céline Sallette, Fanny Touron, Vincent Deniard, Finnegan Oldfield

L’histoire
J’arrive pas à me rappeler la dernière fois qu’un mec a été vulgaire avec moi.
C’est quand la dernière fois qu’on m’a fait ce truc insupportable, tu sais, quand ils aspirent entre leurs lèvres… le t’es bonne dont tu parles ?
Évidemment que je détestais ça. Mais Madame putain, il y a un monde.
Ce petit con m’a appelé Madame.”

Excellente initiative d’Urban Distribution de proposer en complément du long métrage de Guillaume Gouix, ses deux premiers et excellents courts-métrages, ALEXIS IVANOVITCH VOUS ÊTES MON HÉROS, réalisé en 2011 et MADEMOISELLE qui a suivi en 2014.
Ne manque à l’appel que le très beau MON ROYAUME réalisé peu avant AMORE MIO, en 2021.

Dans ces deux premiers essais très prometteurs, dont il signe aussi les scénarios, on retrouve déjà un vrai sens du récit, et l’amour du cinéaste pour les comédien.ne.s. Il faut dire que l’acteur-réalisateur s’est particulièrement bien entouré avec, pour ALEXIS IVANOVITCH VOUS ÊTES MON HÉROS, Swann Arlaud et Fanny Touron, qui a également composée la BO du film, et interprétée sa chanson générique, « Cerise ».
On retrouve Fanny Touron au générique de MADEMOISELLE dont elle partage la tête d’affiche avec l’excellente Céline Sallette, mais aussi dans des seconds rôles, Vincent Deniard et Finnegan Oldfield.
MADEMOISELLE est un film fort qui interrogeait, entre autres et judicieusement, il y a près de 10 ans déjà, la notion d’harcèlement et de consentement…

Le + Cin’Écrans
Interview en deux temps pour accompagner le très beau premier long métrage de Guillaume Gouix.

C’est peu après la fin de la première projection publique d’AMORE MOI au Festival du film francophone d’Angoulême en août 2022 que nous avons rencontré avec plaisir Guillaume Gouix pour parler de cette belle aventure du premier long.
2 mois plus tard, nous avons retrouvé l’acteur-réalisateur au Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz. Mais cette fois ci, ce sont ses deux magnifiques comédiennes, Alysson Paradis et Élodie Bouchez que nous avons interrogé à propos d’AMORE MIO

INTERVIEW GUILLAUME GOUIX, ALYSSON PARADIS & ÉLODIE BOUCHEZ

Les ombres persanes – Double je à Téhéran

Les ombres persanes – Double je à Téhéran

LES OMBRES PERSANES

LES OMBRES PERSANES
Drame -Thriller – 2023 – 1h47(BR) 1H43 (DVD) – Iran
Réalisation : Mani Haghighi
Scénario : Mani Haghighi et Amir Reza Koohestani
Avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Esmail Poor-Reza…

Sorti en salles le 19 juillet 2023

Disponible en BR, DVD & VOD – le 21 novembre 2023 – Diaphana Édition Vidéo
Image : 16/9 – 1.85 – Son : Dolby audio 5.1 & 2.0
Sous titres français

L’histoire
À Téhéran, un homme et une femme découvrent par hasard qu’un autre couple leur ressemble trait pour trait. Passé le trouble et l’incompréhension va naître une histoire d’amour… et de manipulation.

Le film ****
A la manière de films comme LA LOI DE TÉHÉRAN ou LEILA ET SES FRÈRES, de Saeed Roustaee, LES OMBRES PERSANES s’aventure sur le terrain du cinéma de genre (en l’occurrence ici, le film possède une vraie dimension fantastique) tout gardant un fort ancrage réaliste et social.

Grâce à un formidable travail sur photographie de Morteza Nafaji, une BO remarquable de Ramin Kousha et un beau sens de l’ellipse et du hors-champ, il se dégage de ces OMBRES PERSANES, une remarquable et oppressante atmosphère.

La question du double est au centre de ce passionnant thriller psychologique qui interroge également le regard et la perception du spectateur sur le drame qui se déroule devant ses yeux.
Impossible à ce titre de ne pas saluer comme il se doit le remarquable travail des deux comédiens principaux Taraneh Alidoosti et Navid Mohammadzadeh (déjà partenaires dans l’excellent LEILA ET SES FRÈRES) qui ne sont jamais dans la démonstration que pouvait laisser craindre la singulière histoire dans laquelle leurs personnages sont embarqués.

Si la mise en scène au cordeau de Mani Haghighi est pour beaucoup dans la réussite du film, la partition infiniment subtile que jouent ses deux interprètes majeurs, à travers chacun 2 personnages, vient transcender le travail du réalisateur.
Ajoutons à cela, le personnage de Bardia, magnifiquement incarné par un tout jeune acteur Farham Azizi, dont le regard aiguisé vient souvent aiguiller celui du spectateur.

Parfois les mots sont inutiles, d’autant que la mise en scène vient en permanence questionner le spectateur sur ce qu’il voit ou devine. Qui est qui ? semble nous demander le cinéaste. Cette ambiguïté scénaristique permanente participe aussi grandement au plaisir pris à la découverte du film et sur l’envie de le partager.

LES OMBRES PERSANES est un film troublant et fascinant qui provoque une sorte de vertige. On est comme envouté par la mésaventure singulière qui bouleverse le quotidien de ses principaux protagonistes. Une histoire dont le dénouement restera longtemps ancré dans nos mémoires.

Une excellente surprise, à découvrir sans faute !

Bonus ****
Entretien exclusif avec Mani Haghighi (24 mn)

C’est une longue et passionnante interview avec le réalisateur-scénariste du film qui est proposée en complément des OMBRES PERSANES.
On y apprend ainsi que le sujet du film est né lorsque le réalisateur a découvert sur une photo de guerre prise quelques dizaines d’années auparavant, le visage d’un homme à qui il ressemblait parfaitement. Après le choc de cette vision, le réalisateur s’est alors demandé comment il réagirait s’il rencontrait son double physique mais qu’il ne partagerait aucun autre point commun avec lui…
L’idée de départ du film était là, ne restait plus alors qu’à la développer et à l’enrichir…  
On comprend au fil de cet entretien, le peu de goût du réalisateur pour le réalisme social, d’où l’utilisation de métaphores pour s’en affranchir.  
Mani Haghighi s’exprime également sur le caractère politique de son film, la complexité du scénario ou bien encore sur le choix et le travail de ses deux comédiens principaux.