Je ne suis pas un héros… Ses faux pas collent à la peau de Vincent Dedienne

Je ne suis pas un héros… Ses faux pas collent à la peau de Vincent Dedienne

« Arrêtez de penser et de réfléchir à la place du public ! » Rudy Milstein

JE NE SUIS PAS UN HÉROS

JE NE SUIS PAS UN HÉROS est le premier long métrage écrit et réalisé par le comédien Rudy Milstein, principalement connu, jusqu’à présent pour ses rôles au théâtre et notamment la première pièce qu’il a interprétée et mise en scène LES MALHEURS DE RUDY en 2013 (avec déjà à ses côtés son ami Johann Dionnet).

En attendant de le retrouver sur scène en janvier prochain à Paris au théâtre Lepic dans C’EST PAS FACILE D’ÊTRE HEUREUX QUAND ON VA MAL, n’hésitez pas une seconde à découvrir en salles sa réjouissante comédie JE NE SUIS PAS UN HÉROS, portée par un impeccable casting…

L’Histoire   
Louis c’est ce mec super gentil. Et dans son cabinet d’avocat, ce n’est pas un compliment. Le jour où son médecin lui diagnostique par erreur une maladie grave, le regard des autres change : on fait attention à lui, on lui pose des questions et on écoute les réponses, Louis existe enfin ! Alors bien évidemment, il hésite à dire qu’il va très bien.

Le + Cin’Écrans
C’est en octobre dernier, lors du Festival International du film de Saint-Jean-de-LuzJE NE SUIS PAS UN HÉROS était présenté en avant-première que nous avons rencontré Rudy Milstein.

L’occasion d’évoquer entre autres, avec l’acteur, scénariste et réalisateur, la genèse de ce premier long-métrage au sujet casse-gueule à souhait puisque sous prétexte de réaliser un film sur l’apparence, il y aborde avec beaucoup d’humour le cancer et les dommages collatéraux que son annonce peut provoquer…
Rudy Milstein qui nous explique également pourquoi il a choisi d’incarner lui-même Bruno, un personnage (irrésistible de drôlerie)incapable d’éprouver la moindre émotion, suite à un AVC.
Retrouvez également dans ce sujet consacré au film Clémence Poésy et Johann Dionnet qui se sont régalés à donner la réplique à Vincent Dedienne, Géraldine Nakache et à leur partenaire de jeu, réalisateur…  

INTERVIEW RUDY MILSTEIN, CLÉMENCE POÉSY, JOHANN DIONNET

JE NE SUIS PAS UN HÉROS

Un film de Rudy Milstein
Scénario de Rudy Milstein & Théo Courtial
Avec Vincent Dedienne, Géraldine Nakache, Clémence Poésy, Rudy Milstein, Isabelle Nanty, Sam Karmann, Rabah Naït Oufella, Johann Dionnet…
Comédie dramatique – 1H41 – France
Sortie en salles le 22 novembre 2023

Vincent doit mourir ! Cours Karim, cours…

Vincent doit mourir ! Cours Karim, cours…

« On a tous une part de monstre, de connard en nous… » Karim Leklou

VINCENT DOIT MOURIR !

VINCENT DOIT MOURIR est le premier long métrage mis en scène par Stéphan Castang, comédien et réalisateur de plusieurs courts-métrages très remarqués, JEUNESSES FRANCAISES (2011), PANTHÉON DISCOUNT (2016) et FINALE (2020).

L’Histoire   
Du jour au lendemain, Vincent est agressé à plusieurs reprises et sans raison par des gens qui tentent de le tuer. Son existence d’homme sans histoires en est bouleversée et, quand le phénomène s’amplifie, il n’a d’autre choix que de fuir et de changer son mode de vie.

Nourri par sa passion pour des cinéastes comme George Romero, John Carpenter et Luis Bunuel, VINCENT DOIT MOURIR ne ressemble à aucun autre film dans la production française. Le réalisateur nous propose en effet une œuvre très originale, à la croisée des genres, entre survival paranoïaque, fantastique, burlesque, comédie romantique (eh oui !) et une pointe très salutaire d’ironie. Bref un cocktail original et explosif, mais dangereux s’il n’est pas correctement dosé.
En l’occurrence, Stéphan Castang a parfaitement réussi son coup et trouvé l’équilibre idéal pour nous offrir un palpitant divertissement sur fond de délitement de notre société.

« Chercher de l’empathie ou de la guimauve dés le départ… c’est chiant ! » Karim Leklou

Le réalisateur souhaitait interroger notre indifférence face à la violence en évitant à tout prix de la rendre « fun » comme souvent au cinéma (même s’il dit adorer le cinéma Hongkongais et celui de Tarantino). C’est un sans-faute également de ce point de vue avec une démonstration par l’absurde des capacités que possède l’être humain pour se plonger dans des situations inextricables…

« Il ne faut jamais oublier ça… La troupe, nom de Dieu ! » Stéphan Castang

Pour l’accompagner dans cette aventure singulière, le réalisateur s’est entouré d’une belle troupe d’interprètes avec un casting composé d’acteurs et d’actrices dont on a tendance à dire, par facilité que ce sont des gueules. Ce choix de montrer des personnages aux physiques plutôt « ordinaires » (selon le cinéaste), donne toute sa véracité au film.
Et puis surtout, Stéphan Castang  a fait appel pour les deux personnages principaux, à deux de nos plus enthousiasmants comédiens, Karim Leklou et Vimala Pons.

A propos de Karim Leklou, Stéphan Castang déclare que « c’est un acteur précieux, généreux et qu’il a quelque chose des grands burlesques » … Pour le réalisateur « sur tout le début du film, Karim est dans un corps en réaction mais avec un visage impassible qui peut faire penser à Harry Langdon ou Buster Keaton… » Excusez du peu !
Quant à Vimala Pons, si le réalisateur ne tarit pas non plus d’éloges à son égard, son partenaire de jeu, Karim Leklou va jusqu’à affirmer qu’il n’aurait pas fait le film sans elle, tant il a une admiration « totale » pour la comédienne.  

Le + Cin’Écrans
6 mois après avoir été présenté avec succès et pour la première fois à La Semaine de la critique à Cannes, c’est au Festival du film de Sarlat, à une semaine de sa sortie en salles que nous avons eu grand plaisir à échanger avec Stéphan Castang et Karim Leklou autour de leur excellent VINCENT DOIT MOURIR.
Eh oui d’ailleurs, pourquoi Vincent doit-il mourir ? Réponse… ou pas, par le réalisateur et l’interprète de Vincent…

INTERVIEW STÉPHAN CASTANG & KARIM LEKLOU

VINCENT DOIT MOURIR

Film interdit en salles aux moins de 12 ans
Un film de Stéphan Castang
Scénario de Mathieu Naert
Avec Karim Leklou, Vimala Pons, François Chattot
Fantastique – Drame – Thriller – 1H48 – France
Sortie en salles le 15 novembre 2023

 

Et la fête continue ! Mélancolie joyeuse pour Robert Guédiguian

Et la fête continue ! Mélancolie joyeuse pour Robert Guédiguian

ET LA FÊTE CONTINUE !

Un film de Robert Guédiguian
Scénario de Robert Guédiguian et Serge Valletti
Comédie dramatique – 1H46 – France
Sortie en salles le 15 novembre 2023

L’histoire
A Marseille, Rosa, 60 ans, a consacré sa vie à sa famille et à la politique avec le même sens du sacrifice. Tous pensent qu’elle est inébranlable d’autant que Rosa est la seule qui pourrait sceller l’union de la gauche à la veille d’une échéance électorale décisive. Elle s’accommode finalement bien de tout ça, jusqu’au jour où elle tombe amoureuse d’Henri. Pour la première fois, Rosa a peur de s’engager. Entre la pression de sa famille politique et son envie de lâcher prise, le dilemme est lourd à porter.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Après un détour récent par le Mali pour TWIST À BAMAKO.  Robert Guédiguian retrouve avec ET LA FÊTE CONTINUE !, son 23è long métrage, la chaleur de la Bonne mère et de Marseille.

Avec la complicité d’une grande partie de ses fidèles interprètes, le réalisateur nous replonge dans l’ambiance bigarrée de la cité phocéenne (appellation qui donne lieu à une formidable séquence dans le bistrot tenu par Sarkis/Robinson Stévenin).
Marseille qui respirerait le bon vivre s’il n’y avait une précarité de plus en plus présente et l’effondrement de bon nombre de valeurs de notre société, symbolisé par celui des immeubles de la rue d’Aubagne.
Heureusement et même s’il n’est pas dupe, le réalisateur semble vouloir croire en un avenir meilleur à travers l’engagement d’une jeune génération prête à reprendre différemment le combat social et politique.

2 / Le personnage de Rosa, justement, magnifiquement incarné par Ariane Ascaride synthétise tout ce que l’on aime chez le cinéaste et sa compagne, le sens de la famille, de la solidarité, l’ouverture aux autres et le refus de se mettre en avant.

Rosa est une femme tiraillée entre ses idéaux politiques, sociaux et l’envie de respirer, de prendre enfin du temps pour elle, rien que pour elle.
Au moment de passer la main professionnellement et malgré une forme de culpabilité, elle est même prête à s’engager dans une nouvelle et inattendue histoire d’amour avec Henri (le toujours parfait Jean-Pierre Darroussin).

Après la noirceur assumée de GLORIA MUNDI, le réalisateur renoue donc avec une veine presque idéaliste dans ET LA FÊTE CONTINUE !

Un film sur la transmission, placé sous le signe de la tendresse et de la bienveillance, avouons qu’en cette période troublée et anxiogène, ce regain d’optimisme, quasi utopique, nous fait le plus grand bien.

3/ Outre les excellents Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin, Robert Guédiguian s’est entouré d’une grande partie de sa famille de comédien.ne.s fétiches pour nous confier cette histoire de famille(s).
Toutes et tous, de Gérard Meylan à Grégoire Leprince-Ringuet, en passant par Lola Naymark, Robinson Stévenin et Alicia Da Luz Gomes (la révélation de TWIST À BAMAKO) apportent au film cette véracité, cette humanité et même une forme de douceur dans le combat quotidien, que l’on aime tant chez le réalisateur de MARIUS ET JEANNETTE OU LES NEIGES DU KILIMANDJARO.  

Gueules noires, Samuel Le Bihan & Amir El Kacem, au fond du trou !

Gueules noires, Samuel Le Bihan & Amir El Kacem, au fond du trou !

« J’aime sortir de mon confort… » Samuel Le Bihan

GUEULES NOIRES

Avec son troisième long métrage, Mathieu Turi continue d’explorer avec aplomb les méandres d’univers qu’il affectionne particulièrement. En effet, le réalisateur d’HOSTILE et MÉANDRE s’amuse à mélanger les genres pour nous proposer un film d’aventure mâtiné de fantastique, d’horreur et d’un soupçon de gore sur fond de réalisme social.
Un projet atypique et casse-gueule à souhait, quelque part entre ALIEN & GERMINAL

« Des 3 films que j’ai faits, c’est celui qui est le plus proche de ce que je voulais à l’écriture » Mathieu Turi

L’Histoire  
Film interdit en salles aux moins de 12 ans
1956, dans le nord de la France. Une bande de mineurs de fond se voit obligée de conduire un professeur faire des prélèvements à mille mètres sous terre. Après un éboulement qui les empêche de remonter, ils découvrent une crypte d’un autre temps, et réveillent sans le savoir quelque chose qui aurait dû rester endormi…

Si le mélange des genres s’avère par moments un peu improbable, il convient néanmoins de saluer l’audace de son metteur en scène qui a réussi la prouesse d’entrainer avec lui toute son équipe et ses acteurs au fond de la mine, sans jamais avoir recours au moindre fond vert …
Véritable défi technique (saluons ainsi, en particulier, le remarquable travail d’Alain Duplantier, le directeur photo du film), GUEULES NOIRES fait aussi la preuve de l’évidente maitrise formelle de Mathieu Turi, mise au service d’un film d’aventure horrifique plutôt efficace.

 « Ce film-là, je ne risque pas de l’oublier parce qu’il a été très intense… » Amir El Kacem

Le + Cin’Écrans
C’est au cours du Festival du film francophone d’Angoulême, qu’a eu lieu la toute première projection publique de GUEULES NOIRES, en août dernier.
L’occasion pour nous d’évoquer avec le réalisateur et deux de ses principaux comédiens Amir El Kacem et Samuel Le Bihan, la genèse de ce film de genre, de ses enjeux très spécifiques de mise en scène et de son tournage exaltant mais, pour le moins, éprouvant et intense …  

INTERVIEW MATHIEU TURI, AMIR EL KACEM & SAMUEL LE BIHAN

GUEULES NOIRES

Un film de Mathieu Turi
Scénario de Mathieu Turi
Avec Samuel Le Bihan, Amir El Kacem, Jean-Hugues Anglade, Thomas Solivérès, Bruno Sanches, Diego Martin, Marc Riso, Philippe Torreton…
Aventure – Fantastique – 1H43 – France
Sortie en salles le 15 novembre 2023

 

Nous, étudiants ! Au banc de la République centrafricaine…

Nous, étudiants ! Au banc de la République centrafricaine…

NOUS, ÉTUDIANTS !

Un film de Rafiki Fariala
Scénario de Rafiki Fariala
Documentaire – 1H22 – Afrique, France, Arabie saoudite
Sortie en salles le 15 novembre 2023

L’histoire
République centrafricaine. Nestor, Aaron et Benjamin sont des étudiants en économie à l’Université de Bangui. Rafiki, le réalisateur, les a rencontrés en première année, ils ont étudié ensemble, ils ont lutté ensemble et chaque jour inventé des moyens de survivre. Ils ont aussi rêvé de leur avenir ensemble. Les examens approchent. Chacun est à la croisée des chemins.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Un campus vétuste, des salles de cours bondées, des professeurs qui marchandent de bonnes notes contre les faveurs des étudiantes… Vous l’aurez compris, le tableau dépeint par Rafiki Fariala, du quotidien et de l’avenir des étudiants de l’université de Bangui n’est guère reluisant. Avec la complicité de ses amis de galère, le jeune réalisateur décrit au plus juste et au plus près les problèmes et les questionnements d’une jeunesse en mal de repères, qu’ils soient politiques, sentimentaux, sexuels, religieux ou sociétaux.

2 / Avec NOUS, ÉTUDIANTS ! présenté à la Berlinale 2022 (section Panorama) Rafiki Fariala donne à voir et entendre la difficulté de la jeune génération à lutter contre l’ordre établi. Des étudiantes et étudiants qui peinent à faire entendre leur voix auprès d’une classe politique installée, vieillissante et bien souvent corrompue. Face à ce constat amer de relative impuissance, le réalisateur nous offre une belle et réconfortante ode à l’amitié, même si la question de la trahison amicale y est posée, notamment par l’attachant Nestor.

3/ Malgré une construction parfois hésitante, NOUS, ÉTUDIANTS ! intrigue, captive et nous interroge sur un rapport au monde très différent de nos modes de vie occidentaux.  
A noter que le film est rythmé par de nombreuses chansons qui commentent à leur manière la situation guère enviable d’une jeunesse en manque de perspectives exaltantes.