Rencontre avec La syndicaliste Maureen Kearney

Rencontre avec La syndicaliste Maureen Kearney

« Plus jamais ça ! » Maureen Kearney

LA SYNDICALISTE

Un matin, Maureen Kearney est violemment agressée chez elle. Elle travaillait sur un dossier sensible dans le secteur nucléaire français et subissait de violentes pressions politiques. Les enquêteurs ne retrouvent aucune trace des agresseurs… Est-elle victime ou coupable de dénonciation mensongère ?

« … On a tout perdu ! » Maureen Kearney

En 1987, Maureen Kearney est engagée comme professeure d’anglais au sein d’Areva, fleuron du nucléaire civil français. Elle devient ensuite représentante syndicale de la CFDT. En 2012, elle enquête sur des contrats secrets passés entre la France et la Chine, persuadée que les salariés en seront les grands perdants. Son engagement lui vaut de subir de multiples pressions et menaces avant d’être agressée par un homme, chez elle, dans les Yvelines.

« Je comprends mieux le jeu d’Isabelle Huppert que je ne comprenais pas nécessairement au départ… » Maureen Kearney

Ce tragique fait divers a été raconté par la journaliste Caroline Michel-Aguirre dans La Syndicaliste. C’est la découverte de ce livre et du parcours hors du commun de Maureen Kearney qui a donné envie à Jean-Paul Salomé de s’en emparer pour en faire un film.

LA SYNDICALISTE est l’occasion pour le réalisateur de retrouver Isabelle Huppert qu’il avait déjà dirigé dans un tout autre registre, celui de la comédie pour LA DARONNE, en 2020. La comédienne impressionne une fois de plus, dans le rôle de cette femme prise dans les engrenages d’un pouvoir qui la dépasse.

Rencontrer Maureen Kearney est déstabilisant au départ, tant Ia ressemblance physique d’Isabelle Huppert avec la syndicaliste qu’elle incarne est frappante. On oublie néanmoins très rapidement ce « détail » pour se passionner par la manière dont cette femme forte, d’origine irlandaise, nous relate son parcours, sa terrible mésaventure et ses conséquences sur son quotidien.

Cette interview a été réalisée en décembre 2022 lors du Festival du film de société de RoyanLA SYNDICALISTE a obtenu le Prix du public.

LA SYNDICALISTE
Thriller – Drame – 2H01 – France
Sortie en salles le 1er mars 2023
Un film de Jean-Paul Salomé
Scénario de
Fadette Drouard et Jean-Paul Salomé d’après l’œuvre de Caroline Michel-Aguirre
Avec Isabelle Huppert, Grégory Gadebois, François-Xavier Demaison, Yvan Attal, Marina Foïs, Pierre Deladonchamps…

 

INTERVIEW MAUREEN KEARNEY

Petites victoires, de salle en salle pour Mélanie Auffret

Petites victoires, de salle en salle pour Mélanie Auffret

« Aujourd’hui, être maire d’un petit village, c’est beaucoup plus qu’une fonction, c’est un dévouement ! » Mélanie Auffret

LES PETITES VICTOIRES

Entre ses obligations de maire et son rôle d’institutrice au sein du petit village de Kerguen, les journées d’Alice sont déjà bien remplies. L’arrivée dans sa classe d’un sexagénaire au caractère explosif, enfin décidé à apprendre à lire et à écrire, va rendre son quotidien ingérable.

« Il n’y a aucune moquerie sur les personnages et ça c’est très agréable… et rare !» Sébastien Chassagne

Lauréat du prix spécial du jury et du prix du public lors du Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez 2023, LES PETITES VICTOIRES est le second long métrage réalisé par Mélanie Auffret.  
Quatre ans après la jolie réussite de ROXANE son premier long métrage, la réalisatrice récidive et signe une nouvelle comédie rurale et sociale, pleine d’optimisme et empreinte de tendresse pour l’ensemble de ses personnages.
L’occasion pour la jeune cinéaste de rendre un hommage sincère et amusé à ces maires en charge du quotidien de leurs administré.e.s dans des petites communes sans grands moyens.

Les « petites victoires », ce sont celles qu’accumulent Alice, l’institutrice et maire de Kerguen, avec la complicité parfois rugueuse de ses habitants, pour sauver le village, son école, ses commerce et sa convivialité.

LES PETITES VICTOIRES est portée par ses deux comédiens principaux, Julia Piaton qui déploie enfin son talent dans un beau premier rôle et Michel Blanc dont le sens du rythme et de la répartie fait mouche à tous les coups.
Saluons également quelques jolis seconds rôles comme ceux incarnés par Lionel Abelanski, India Hair ou Sébastien Chassagne.

Sébastien Chassagne que l’on a récemment pu remarquer dans LE FLAMBEAU (la série de Jonathan Cohen sur Canal+) ou COUPEZ ! de Michel Hazanavicius sera également à l’affiche le 29 mars prochain de GRAND PARIS, une comédie de Martin Jauvat aux côtés de Mahamadou Sangaré et William Lebghil.
Il y a quelques jours, il accompagnait Mélanie Auffret lors de l’avant-première de leur film à l’Atlantic Ciné de Saintes.
L’occasion pour nous de les rencontrer et de les interroger sur LES PETITES VICTOIRES et la tournée de présentation au long cours et originale du film, puisque leur marathon d’avant-première est  passée par de très petits villages, souvent sans salle de cinéma, avant de rejoindre les circuits plus traditionnels…

LES PETITES VICTOIRES
Un film de Mélanie Auffret
Scénario de Mélanie Auffret & Michaël Souhaité
Avec Michel Blanc, Julia Piaton, Lionel Abelanski, Sébastien Chassagne, Marie Bunel, Marie-Pierre Casey, India Hair, Bruno Raffaelli…
Comédie – 1H30 – France
Sortie en salles le 1er mars 2023

INTERVIEW MÉLANIE AUFFRET & SÉBASTIEN CHASSAGNE

Arrête avec tes mensonges – Le délicat poids du passé…

Arrête avec tes mensonges – Le délicat poids du passé…

« Se souvenir du bonheur, c’est encore du bonheur… » Philippe Besson

ARRÊTE AVEC TES MENSONGES

Le romancier Stéphane Belcourt a accepté de parrainer le bicentenaire d’une célèbre marque de cognac. C’est l’occasion de revenir pour la première fois dans la ville où il a grandi. Sur place, il rencontre Lucas, le fils de son premier amour. Les souvenirs affluent : le désir irrépressible, les corps qui s’unissent, une passion qu’il faut taire… Ce premier amour s’appelait Thomas. Ils avaient 17 ans.

ARRÊTE AVEC TES MENSONGES est le 4ème long métrage de fiction d’Olivier Peyon (UNE VIE AILLEURS et TOKYO SHAKING).
Avec la bénédiction de son auteur, le cinéaste a très librement adapté, le roman homonyme et autobiographique de Philippe Besson.

S’il avait été bouleversé à la lecture du roman par l’histoire d’amour tragique vécue par son auteur, Olivier Peyon a surtout été séduit par la seconde partie du livre qui raconte la rencontre de Philippe Besson avec Lucas, le fils de son premier amour. Au point d’en faire l’articulation centrale d’un film qui va néanmoins faire de nombreux allers retours entre présent et passé.

«Dans le roman, il y a des scènes très crues dans les mots, je ne voulais pas faire ça dans le film, mais je ne pouvais pas non plus les éviter … » Olivier Peyon

Avec la belle complicité de ses deux jeunes comédiens, Jérémy Gillet et Julien de Saint-Jean, Olivier Peyon donne corps et chair au récit de la passion amoureuse des deux garçons, sans rien occulter mais sans jamais verser dans un voyeurisme malsain et inutile. Ces scènes d’amour et de sexe ne font que renforcer en intensité la rencontre entre l’écrivain adulte et le fils de son amour de jeunesse .

Avec son personnage de Stéphane Belcourt, Guillaume de Tonquédec, qui a beaucoup emprunté au phrasé et à la démarche de Philippe Besson, trouve l’un de ses plus beaux rôles et démontre une nouvelle fois après LES NUITS D’ÉTÉ & PLACE DES VICTOIRES  qu’il est aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame.
Face à lui, c’est un très convaincant Victor Belmondo (ENVOLE-MOI, MISKINA LA PAUVRE) qui incarne Lucas, jeune homme en quête de réponse sur un père dont il n’avait pas compris le tourment.

« Aucun personnage n’est secondaire » Guillaume de Tonquédec

Saluons, aussi, parmi les libertés prises par le réalisateur et ses coscénaristes, l’idée de donner vie à Gaëlle, un personnage qui n’existait pas dans le roman. C’est la trop rare Guilaine Londez qui interprète cette femme en charge d’organiser l’événement auquel est invité Stéphane Belcourt. L’actrice apporte au rôle et au film, son talent, sa fraîcheur et une salvatrice dose d’humour.

C’est fin août, au lendemain de la toute première et très émouvante projection publique du film au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons rencontré le réalisateur Olivier Peyon, Guillaume de Tonquédec et Guilaine Londez.

Quelques mois plus tard, autre lieu, autre plaisir, celui d’échanger avec Philippe Besson, l’auteur du roman qui accompagnait une partie de l’équipe du film pour une projection/rencontre dans le cadre du Festival du film de société de Royan.
Un festival qui a salué de belle manière ARRÊTE AVEC TES MENSONGES à travers un très enthousiaste accueil public et l’attribution à l’unanimité du Prix du jury lycéen.

ARRÊTE AVEC TES MENSONGES
Un film d’Olivier Peyon
Scénario de
Olivier Peyon, Vincent Poymiro, Arthur Cahn & Cécilia Rouaud d’après le roman de Philippe Besson
Avec Guillaume de Tonquédec, Victor Belmondo, Guilaine Londez, Jérémy Gillet, Julien De Saint-Jean
Drame – 1H4 – France
Sortie en salles le 22 février 2023

INTERVIEW OLIVIER PEYON, PHILIPPE BESSON, GUILLAUME DE TONQUÉDEC & GUILAINE LONDEZ

Fabuleux The fabelmans…

Fabuleux The fabelmans…

THE FABELMANS

Un film de Steven Spielberg
Scénario de Steven Spielberg & Tony Kushner
Avec Gabriel LaBelle, Michelle Williams, Paul Dano, Seth Rogen, Chloe East, Julia Butters, Sam Rechner, Judd Hirsch…

Biopic – Drame – 2H31 – Etats-Unis
Sortie en salles le 22 février 2023

L’histoire : Passionné de cinéma, Sammy Fabelman passe son temps à filmer sa famille. S’il est encouragé dans cette voie par sa mère Mitzi, dotée d’un tempérament artistique, son père Burt, scientifique accompli, considère que sa passion est surtout un passe-temps. Au fil des années, Sammy, à force de pointer sa caméra sur ses parents et ses sœurs, est devenu le documentariste de l’histoire familiale ! Il réalise même de petits films amateurs de plus en plus sophistiqués, interprétés par ses amis et ses sœurs. Mais lorsque ses parents décident de déménager dans l’ouest du pays, il découvre une réalité bouleversante sur sa mère qui bouscule ses rapports avec elle et fait basculer son avenir et celui de ses proches.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Parce qu’à travers l’évocation magnifiquement mise en image de ses souvenirs d’enfance Steven Spielberg nous offre son film le plus intime, le plus personnel et sans aucun doute le plus attachant.
THE FABELMANS est à la fois le portrait d’un jeune garçon fou de cinéma (Spielberg lui-même) et le  récit d’une douloureuse séparation familiale qui va nourrir la fertile imagination du cinéaste en devenir.

De ce traumatisme de jeunesse, Steven Spielberg parvient à tirer un film lumineux et bouleversant, qui ne sombre jamais dans le pathos.
Mieux, on se régale véritablement quand le jeune Sammy Fabelman s’essaie au tournage de films de guerre ou de science-fiction avec une imagination débordante et une foi infinie dans le cinéma, celle de Spielberg, évidemment, qui revisite ici ses premiers essais derrière la caméra.
Bref, quand on aime le cinéma, difficile de résister à cette magnifique déclaration d’amour au septième art, signée par l’un de ses plus brillants artisans.

2/ Pour la justesse de son casting à commencer par Gabriel LaBelle, véritable révélation du film qui ne souffre jamais de la comparaison avec ses illustres ainés, Michelle Williams (totalement bouleversante à plusieurs reprises), Paul Dano et un surprenant Seth Rogen. N’oublions pas non plus, le clin d’œil final réjouissant que Steven Spielberg adresse à John Ford, l’un de ses cinéastes de chevet. Un rôle que le cinéaste a confié à un autre très grand réalisateur que vous ne manquerez pas de reconnaitre…

3/ Pour un scénario d’une richesse incroyable coécrit par Steven Spielberg et Tony Kushner avec lequel il a déjà collaboré à trois reprises sur MUNICH, LINCOLN et WEST SIDE STORY.

Impossible enfin de passer sous silence (ce serait un comble !) la somptueuse bande originale signée par le compositeur fétiche de Steven Spielberg, John Williams. Précisons que cette collaboration est la 28ème entre le musicien et le réalisateur…

Le marchand de sable, Steve Achiepo ne s’endort pas sur ses lauriers

Le marchand de sable, Steve Achiepo ne s’endort pas sur ses lauriers

« Un sujet que j’avais envie d’aborder par l’intime… » Steve Achiepo

LE MARCHAND DE SABLE

Un film de Steve Achiepo
Scénario de Steve Achiepo, Romy Coccia Di Ferro
Avec Moussa Mansaly, Aïssa Maïga, Ophélie Bau, Benoît Magimel…

Drame  – 1H46 – France

Sortie en salles le 15 février 2023

Marqué par des années de prison, Djo, livreur de colis en banlieue parisienne, vit modestement chez sa mère avec sa fille. Un jour, une tante qui vient de fuir le conflit ivoirien débarque chez eux avec ses trois enfants. Dans l’urgence, Djo réussit à leur trouver un local.

Coup d’essai et coup de maître pour Steve Achiepo qui signe avec LE MARCHAND DE SABLE, un premier long métrage passionnant, et très maitrisé techniquement, qui pointe l’un des dysfonctionnements majeurs de notre société, celui du logement.

Entre drame social, thriller et film noir, LE MARCHAND DE SABLE est une œuvre puissante qui démontre subtilement combien la frontière entre solidarité, moralité et illégalité peut parfois être ténue.

On avait déjà remarqué les talents de comédien de Moussa Mansaly dans des films comme PATIENTS, LA SURFACE DE RÉPARATION ou bien encore la série de Franck Gastambide VALIDÉ. Cette fois ci, grâce au personnage riche et ambigu de Djo, Moussa Mansaly passe la vitesse supérieure et trouve enfin un premier rôle marquant, au cinéma, qui devrait inspirer d’autres réalisateurs…

Le reste du casting, d’Aïssa Maïga à Ophélie Bau en passant par Mamadou Minté, est à la hauteur de cet ambitieux projet avec une mention spéciale, une fois de plus, pour la composition bluffante de Benoît Magimel. L’acteur impressionne et confirme de film en film qu’il est devenu en quelques années l’un de nos tous meilleurs comédiens, pour ne pas dire le meilleur.

Retrouvez ci-dessous Steve Achiepo, Moussa Mansaly et Ophélie Bau que nous avons rencontrés en août dernier à l’occasion d’une des premières présentations publiques du MARCHAND DE SABLE, dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême

Depuis, le film a remporté de nombreux prix en festivals dont le Prix du public et de la meilleure réalisation au Festival International du film politique de Carcassonne ainsi que le Prix de la critique et celui de la meilleure interprétation pour Moussa Mansaly, lors du Festival du film de société de Royan.

INTERVIEW STEVE ACHIEPO, MOUSSA MANSALY & OPHÉLIE BAU