Interview Juliette Tresanini, Présidente de jury du Festival du film de société

Interview Juliette Tresanini, Présidente de jury du Festival du film de société

"C’est la première fois, il faut que j’en profite..." Juliette Tresanini

Actrice, mais aussi scénariste, réalisatrice, youtubeuse… le nom de Juliette Tresanini est aussi associé très fortement à son personnage de Sandrine Lazzari dans la série DEMAIN NOUS APPARTIENT.
Cette semaine, Juliette Tresanini ajoute une nouvelle ligne à son riche CV en devenant Présidente de jury de la première édition du Festival du film de société.
Avec les membres de son jury, Christian Gerin, Jérémy Banster, Paul Ghezi, Coline Crance Philouze et Christophe Favre, Juliette Tresanini aura le plaisir d’attribuer trois prix, meilleur film, meilleure mise en scène et interprétation.

C’est à la sortie de la projection du film COMPAGNONS au cinéma Le Lido à Royan, que nous avons cueilli la présidente du jury pour prendre le pouls de cette première édition du Festival du film de société.

Juliette Tresanini: C’est toujours compliqué pour moi de parler dès la sortie d’un film d’autant plus quand l’émotion est forte ce qui a été le cas avec ce film qui m’a beaucoup touché.

Je peux vous appeler madame la présidente ?
Juliette Tresanini: (éclat de rire), je vous en prie… c’est la première fois, il faut que j’en profite. Plus sérieusement, c’est ma première présidence même si j’ai déjà fait partie d’un jury, notamment au Festival de Luchon (ndlr ; Festival des créations TV).
Je tiens vraiment à remercier l’organisation du festival car c’est un véritable honneur d’être ici pour la première édition d’un festival consacré à des films de société qui rejoignent bon nombre de mes préoccupations. C’est un immense plaisir mais aussi une vraie responsabilité (rire). Nous nous parlons beaucoup avec le reste du jury et c’est passionnant car nous avons des personnalités et des parcours différents. Après avoir déjà vu une partie des films en compétition, je peux déjà vous dire que les choix vont être difficiles car nous n’avons que 3 prix à remettre et nous avons déjà l’embarras du choix, mais nous allons y arriver !

Comment vous êtes-vous préparée à ce festival ? Vouliez-vous en savoir le moins possible sur la sélection ou avez-vous cherché des infos sur les films, leurs réalisateurs, réalisatrices … ?
Juliette Tresanini: J’avoue que dès que j’ai connu la sélection, j’ai cherché à en savoir plus, notamment sur le parcours des réalisateurs, savoir ce qu’ils avaient fait avant, regardé leur travail quand il était disponible. Ça m’intéresse énormément de comprendre les motivations d’un film, d’un projet.
Je suis très curieuse du travail des autres et je dois bien dire que pour le moment, je n’ai pas été déçue. Comme je vous le disais, je sors tout juste du film COMPAGNONS (ndlr ; de François Favrat) qui m’a beaucoup touché mais ça a aussi été le cas hier soir avec LA VRAIE FAMILLE qui m’a profondément émue.

Actrice, scénariste, créatrice, youtubeuse… comment vous définiriez-vous ?
Juliette Tresanini: Tout ça à la fois en fait ! j’adore mon métier d’actrice mais j’ai besoin de plus. C’est pour ça que j’écris et que j’adore travailler sur des idées de courts métrages, notamment. J’ai aussi fait une vraie pause de deux mois pour écrire un livre qui devrait sortir en mars prochain autour des « phrases qui ont changé nos vie » (ndlr ; série de vidéos, sur la chaine Youtube de Juliette où des personnalités évoquent une phrase importante dans leur vie).

Votre relation au public a-t-elle beaucoup changé avec le formidable succès de « DEMAIN NOUS APPARTIENT » ? Et comment avez-vous vécu la fin de cette aventure… ?
Juliette Tresanini: Elle n’est pas totalement terminée (sourire). Tant qu’un personnage n’est pas mort, il y a toujours de l’espoir… d’autant que tout va parfaitement bien avec mes partenaires et avec la production… Evidemment j’étais triste de quitter cette famille et ce personnage très riche de Sandrine Lazzari qui n’était pas forcément si évident que ça au départ. Et puis ma vie a beaucoup changé avec cette aventure, puisque je me suis notamment installé avec ma famille à Sète où avaient lieu les tournages. Une grande partie de ma vie était là-bas.
Mais, au final, je ne garde qu’un souvenir formidable de cette aventure, d’autant que la réaction du public a été formidable. J’ai reçu de très nombreux témoignages de remerciements et me demandant aussi de revenir… (sourire)
Cet arrêt m’a donné du temps pour développer d’autres projets et je continue de travailler avec TF1 qui ne m’a pas abandonné (ndlr ; on a pu la voir récemment dans LE FURET).
Sinon, en dehors du livre, je suis aussi en train d’écrire un long métrage avec Laurent Firode (ndlr ; avec qui l’actrice a tourné cette année LA CICATRICE, un court métrage dont elle est l’initiatrice) et que nous allons sans doute coréaliser…

Vous ne vous ennuyez donc pas ! D’autant qu’il y a toujours votre goût pour le court métrage qu’on peut partager avec vous sur votre riche chaine Youtube… Je pense notamment au très beau PROMO 2000 (à découvrir ci dessous), réalisé par Paul Lapierre, un film dont je trouve qu’il a une réelle ambition de cinéma sur le fond, comme sur la forme …
Juliette Tresanini:
Oh merci beaucoup, ça me fait très plaisir ! Avec Paul, nous sommes effectivement très contents de ce film. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui fait tout pour qu’on l’oublie et qui à l’occasion d’une soirée retrouve ses camarades de lycée… Mais eux ne la reconnaissent pas !
Nous sommes d’autant plus heureux que le film vient d’être sélectionné avec quatre autres pour le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand dans une toute nouvelle section (ndlr; la sélection POP-UP dédiée à des courts métrages produits sur le web).

Avant de vous retrouver à Clermont-Ferrand en février, il ne me reste donc plus qu’à vous souhaiter une bonne fin de festival ici à Royan et de faire les bons choix avec votre jury…
Juliette Tresanini: Merci beaucoup, il nous reste encore 2-3 films à voir en compétition et je vais sans doute rester après la cérémonie de clôture pour découvrir ZAÏ, ZAÏ, ZAÏ, ZAÏ présenté hors compétition. Je ne repartirai que lundi matin, je vais profiter jusqu’au bout de ce beau festival.

Propos recueillis par Jean-Luc Brunet au Cinéma Le Lido de Royan dans le cadre du Festival du film de société de Royan. Un grand merci à Guillaume Mousset, directeur du cinéma et du Festival ainsi qu’à Audrey Grimaud (Agence Valeur absolue).

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Rose – Interview de l’équipe du film

Rose – Interview de l’équipe du film

« Ca me ressemblait tellement ce qu’elle avait écrit… » Françoise Fabian

C’est à l’occasion du dernier Festival du film francophone d’Angoulême, en août dernier, que j’ai découvert avec bonheur ROSE, le très beau premier long métrage d’Aurélie Saada, moitié de l’ex groupe Brigitte.

La réalisatrice nous régale d’un premier film très personnel. L’histoire de la révolution intime d’une femme de 78 ans qui, après avoir perdu son mari qu’elle aimait tant, se (re)découvre et réalise qu’elle n’est pas juste une mère, une grand-mère, et une veuve, mais qu’elle est aussi une femme… Et ce bouleversement va chambouler tout son entourage familial…

C’est avec un immense plaisir que j’ai pu échanger quelques minutes avec la réalisatrice et la magnifique interprète de Rose, l’étonnante Françoise Fabian mais aussi avec les enfants du film de cette dernière, Aure Atika et Grégory Montel

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En salle – Les choses humaines – Points de vue…

En salle – Les choses humaines – Points de vue…

- Les choses humaines -

LES CHOSES HUMAINES de Yvan Attal avec Ben Attal, Suzanne Jouannet, Charlotte Gainsbourg, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, Pierre Arditi, Mathieu Kassovitz, Audrey Dana…
Drame 2020 – 2H18
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Un jeune homme est accusé d’avoir violé une jeune femme. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1 / Pour la construction du film, en 3 chapitres, qui expose, tour à tour, le point de vue de ses deux principaux personnages.
Yvan Attal invite alors le spectateur ainsi que les proches de l’accusé et de sa victime présumée, à questionner leurs propres certitudes et leurs contradictions pour une passionnante plongée au cœur de la justice, à la manière d’un véritable thriller !

2 / Après une première collaboration sur MON CHIEN STUPIDE, Yvan Attal a proposé fort judicieusement le rôle principal de son 7ème long-métrage à son fils. Ben Attal incarne avec beaucoup de subtilité, Alexandre, un personnage complexe de jeune homme arrogant qui s’interroge trop tard et, sans doute, pour la première fois de sa vie sur la notion de consentement et d’écoute de ses partenaires.
Sa prestation est d’autant plus remarquable que le réalisateur lui a donné pour mère de cinéma, Charlotte Gainsbourg qui est également sa mère dans la vie. Une situation qui contribue à donner encore plus d’intensité à leur interprétation. Leurs échanges et leurs regards portent le poids de cette relation intime.

3 / Si Ben Attal confirme avec ce film qu’il peut abandonner le métier de cuisinier, auquel il se destinait potentiellement, pour embrasser pleinement celui d’acteur, il serait injuste de passer sous silence le reste du casting.
Saluons en premier lieu, la performance de la jeune Suzanne Jouannet dont la sidération de son personnage de Mila est parfaitement rendue. Quant aux seconds rôles, ils sont tous absolument parfaits, de Charlotte Gainsbourg dont l’assurance et les convictions vacillent, à Pierre Arditi, abject de certitudes machistes, en passant par Mathieu Kassovitz ou Judith Chemla.
Et il faut, une fois de plus, dire combien Benjamin Lavernhe est un immense acteur. Après sa géniale prestation, il y a quelques mois dans LE DISCOURS de Laurent Tirard, sa plaidoirie en tant qu’avocat d’Alexandre dans LES CHOSES HUMAINES, restera comme un des sommets de ce drame judiciaire, à voir sans tarder.

Palmarès du Festival du film de Sarlat 2021
Palmarès du Festival du film de Sarlat 2021

Après 5 jours de projections et de rencontres le Festival du film de Sarlat, qui fêtait cette année ses 30 ans, a décerné La Salamandre d’or (Prix du public) à Adieu Monsieur Hafmann de Fred Cavayé. Pour découvrir le reste du palmarès, c’est par ici…

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En salle – Le diable n’existe pas – Et pourtant…

En salle – Le diable n’existe pas – Et pourtant…

- Le diable n'existe pas -

LE DIABLE N’EXISTE PAS de Mohammad Rasoulof avec Ehsan Mirhosseini, Shaghayegh Shourian, Kaveh Ahangar
Drame 2020 – 2H32
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté.

Présenté en compétition au Festival de Berlin 2020, LE DIABLE N’EXISTE PAS y a remporté la plus prestigieuse récompense du festival, le fameux Ours d’Or.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Parce que le nouveau film de Mohammad Rasoulof est l’œuvre d’un cinéaste totalement censuré et résistant chez lui en Iran (Il a tourné ce film de manière totalement clandestine) à l’image de ses principaux protagonistes. Mais surtout, il faut voir LE DIABLE N’EXISTE PAS car c’est tout simplement un grand film, totalement implacable et fascinant !

2 / On pouvait craindre le pire du format de ce long métrage, tourné sous forme de 4 courts (un moyen aussi de détourner l’attention des autorités iraniennes). Non seulement, le procédé donne encore plus de force au propos du cinéaste sur la question de la liberté d’agir et celle de penser, mais il apporte au film une variété de situations et de formes qui en font toute la richesse.

3/
Pour saluer l’humanisme absolu qui se dégage des quatre segments de ce film qui se découvre à la fois avec surprise, passion et aussi de la terreur, face à des situations proprement insupportables.
Espérons simplement qu’un jour Mohammad Rasoulof puisse laisser exprimer son immense talent plus facilement et avec une vraie liberté de ton et de mouvement !

Palmarès du Festival du film de Sarlat 2021
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Série TV  – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

Série TV – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

- NONA ET SES FILLES -

NONA ET SES FILLES
Une série, en 9 épisodes de 30 minutes, créée et écrite par Valérie Donzelli et Clémence-Madeleine Perdrillat

Réalisation : Valérie Donzelli
Avec Miou Miou, Virginie Ledoyen, Valérie Donzelli, Clotilde Hesme, Antoine Reinartz, Michel Vuillermoz, Barnaby Metschurat, Rüdiger Vogler, Christopher Thompson
(France/Allemagne, 2021)

NONA ET SES FILLES est diffusé en intégralité sur arte.tv du 25 novembre 2021 au 14 janvier 2022 et tous les jeudis à 20h55 du 2 au 16 décembre 2021.

Amoureuse d’André et libérée de ses trois filles qu’elle adore, Nona, 70 ans et toujours responsable au planning familial, vit sa vie à 100 à l’heure au cœur de la Goutte d’Or. Jusqu’au jour où le docteur Trüffel lui annonce qu’elle est enceinte…

3 bonnes raisons de regarder la série

1/ Avec Nona et ses filles, Valérie Donzelli s’offre une première et très réussie incursion dans la série télévisée. L’actrice – scénariste – réalisatrice de NOTRE DAME,  LA GUERRE EST DECLAREE ou MAIN DANS LA MAIN poursuit dans la veine originale et onirique de son cinéma.
Le spectateur familier de l’univers de la cinéaste ne sera pas déstabilisé par le scénario empreint d’une formidable fantaisie et par des parti pris de mise en scène, forts et assumés: Une voix off très présente, des séquences enchantées, façon comédie musicale, la fermeture de séquences à l’iris, un personnage « leader » différent pour introduire chaque épisode…

2 / L’un des grands plaisirs de NONA ET SES FILLES tient dans son casting féminin. Le plaisir  de Miou Miou à composer ce personnage de mère confrontée à une nouvelle et très tardive grossesse, est véritablement contagieux.
Valérie Donzelli, Clotilde Hesme et Virginie Ledoyen ne sont pas en reste et nous entraînent avec bonheur dans un tourbillon d’énergie et de questionnements en tous genres autour, entre autres, de la parentalité et de la sororité.
Et avec une grande intelligence, la scénariste réalisatrice offre aux hommes de sa première série, une vraie place avec des personnages extrêmement bien dessinés. Mention particulière, néanmoins, pour le génial Michel Vuillermoz qui incarne à merveille un personnage d’amoureux transi et quelque peu dépassé par la situation (Se peut-il qu’il soit le père de l’enfant, sans vraiment l’être ?)

3/
Valérie Donzelli avait quelques doutes sur sa capacité à préserver sa singularité sur ce projet atypique. Qu’elle se rassure, son pari est plus que réussi, grâce à la belle connivence de l’ensemble de son casting mais aussi à une direction artistique inspirée et cohérente qui va d’un générique, vintage à souhait, à un choix de décors et de costumes très marqués, en passant par la musique ludique de Philippe Jakko (compositeur de la BO de NONA et de celle de NOTRE DAME).
Sur un format idéal de 9 x 30 minutes, NONA ET SES FILLES balade le spectateur au cœur d’une fable drolatique, poétique, parfois mélancolique et relevée d’une pointe de fantastique. Un vrai régal !

Palmarès du Festival du film de Sarlat 2021
Palmarès du Festival du film de Sarlat 2021

Après 5 jours de projections et de rencontres le Festival du film de Sarlat, qui fêtait cette année ses 30 ans, a décerné La Salamandre d’or (Prix du public) à Adieu Monsieur Hafmann de Fred Cavayé. Pour découvrir le reste du palmarès, c’est par ici…

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