Le Festival Music & Cinema s’installe à Marseille pour sa 23e édition

Le Festival Music & Cinema s’installe à Marseille pour sa 23e édition

C’est du 4 au 9 avril que se déroulera donc l’édition de ce festival européen, le seul à consacrer l’intégralité de sa programmation à la relation réalisateur/compositeur.

Music & Cinema qui se déroulait jusqu’alors à Aubagne débarque cette année au cœur de la cité phocéenne. Un festival qui devrait réunit pendant 6 jours plus de 25 000 spectateurs et 500 professionnels du monde entier, qu’ils soient compositeurs de musique pour l’image, réalisateurs, scénaristes ou comédiens.

Cette 23e édition de Music & Cinema Marseille (MCM) débutera lundi 4 avril à 20 heures avec la projection hors compétition et en avant-première du film d’Antoneta Alamat Kusijanović MURINA, lauréat de la Caméra d’or à Cannes l’an passé.

Et c’est le samedi 9 avril que sera dévoilé le palmarès 2022. La cérémonie de clôture sera suivie d’un ciné concert de la Masterclass de composition musicale pour l’Image sous la direction de la compositrice Marie-Jeanne Séréro.

Entre-temps, les festivaliers pourront se régaler tout au long des 6 jours de festivité d’un programme très riche et varié…

                             COMPETITION LONGS MÉTRAGES

Le jury de la compétition longs-métrages est composé cette année de la productrice Delphine Schmidt, du journaliste/réalisateur Thierry Jousse, de la compositrice et fidèle complice de Tony Gatlif, Delphine Mantoulet et d’Audrey Estrougo, réalisatrice des récents SUPREMES et A LA FOLIE (sortie en salles le 6 avril et présentation au cours du festival).
Ils auront le plaisir de devoir départager les 10 films sélectionnés cette année…

  • CLARA SOLA de Nathalie Alvarez Mésen – Musique originale de Ruben De Gheselle (Suède/Belgique/Allemagne/Costa Rica)
  • HIVE de Blerta Basholli – Musique originale de Julien Painot (Macédoine/Albanie/Kosovo/Suisse)
  • TOUBAB de Florian Dietrich – Musique originale de Jacob Vetter (Allemagne)
  • LE CŒUR NOIR DES FORÊTS de Serge Mirzabekiantz – Musique originale de Cyrille de Haes, Margaret Hermant, Manuel Roland (Belgique/France)
  • NOW/HERE de Peter Monsaert – Musique originale de Demusmaker (Belgique)
  • GHOST SONG de Nicolas Peduzzi – Musique originale de Jimmy Whoo (France)
  • LA RUCHE de Christophe Hermans – Musique originale de Fabian Fiorini (Belgique/France)
  • JUMP DARLING de Phill Connell – Musique originale de Harry Knazan (Canada)
  • WILD ROOTS de Hajni Kis – Musique originale de Oleg Borsos (Slovaquie/Hongrie)
  • MA FAMILLE AFGHANE de Michaela Pavlatova – Musique originale de Sacha et Evgueni Galperine (République tchèque/Slovaquie/France)
    + d’info sur les films de la compétition

                         COMPETITION COURTS METRAGES

Le festival a également sélectionné 63 courts métrages dont 37 productions ou co-productions françaises.
Le jury de cette compétition courts-métrages est composé du producteur Jérôme Nunes, de la compositrice Julie Roué, de l’acteur Jérémie Duvall et du compositeur/dessinateur Marc Marder.
+ Toutes les infos concernant la programmation des courts métrages est à retrouver ici

                         UN LIEU D’ECHANGE ET DE RENCONTRES

Outre ces films présentés en compétition, le festival propose également des avant-premières, des films coups de cœur, des séances « Carte Blanche » et de très nombreuses rencontres avec des équipes de films mais aussi avec les invités d’honneurs de cette édition, la comédienne Dominique Blanc, la chanteuse et compositrice Imany (photo ci-dessous) et la compositrice Nainita Desai.

Les festivaliers pourront également échanger avec les invités du traditionnel programme « Accords en duo » mettant à l’honneur des duos compositeurs/ réalisateurs. Sont ainsi célébrés cette année Delphine Mantoulet & Tony Gatlif (Photo ci-dessous) autour de la projection de TOM MEDINA, ainsi qu’Éric Neveux & Emmanuelle Bercot, avec la présentation du film DE SON VIVANT qui a récemment valu un César du meilleur acteur à Benoît Magimel.

Certains compositeurs ayant déjà participé au festival, comme membre du jury, intervenant ou en ayant bénéficié des différents dispositifs d’aide à la création du festival, seront célébrés cette année à travers le programme Ostinato (Ils ou elles repasseront par-là). On pourra ainsi, entre autres, retrouver le groupe électro The Penelopes autour de leur travail sur SPACEBOY d’Olivier Pairoux et le compositeur oscarisé (pour SHAKESPEARE IN LOVE) Stephen Warbeck qui présentera son premier film en tant que coréalisateur THE MAN IN THE HAT.

J’aurai l’immense plaisir de me rendre au festival durant quelques jours, notamment pour y réaliser quelques interviews que vous pourrez retrouver très bientôt sur Cin’Ecrans…

En attendant, et pour en savoir plus sur cette édition de MCM, découvrir l’intégralité de la programmation des films, rencontres et ciné-concerts, ainsi que pour réserver vos places, rendez-vous sur le site officiel du festival.

En salle – En corps – The show must go on…

En salle – En corps – The show must go on…

- EN CORPS -

EN CORPS de Cédric Klapisch
Avec Marion Barbeau, Hofesh Shechter, Denis Podalydès, Pio Marmaï, François Civil, Souheila Yacoub, Muriel Robin…
Comédie dramatique – 2021 – 2h00 – France
Sortie en salles le 30 mars 2022

Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Elle se blesse pendant un spectacle et apprend qu’elle ne pourra plus danser. Dès lors sa vie va être bouleversée, Elise va devoir apprendre à se réparer…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Cela fait quelques années que Cédric Klapisch tourne autour du monde de la danse à travers de nombreuses captations de spectacles pour l’Opéra de Paris et avec le documentaire-portrait AURELIE DUPONT, L’ESPACE D’UN INSTANT. Cette fois-ci c’est par le biais de la fiction que le réalisateur nous invite à partager sa passion pour la danse.  
Avec ce quatorzième et palpitant long-métrage, le généreux réalisateur ajoute une œuvre majeure à son déjà très riche parcours.
Afin d’être immédiatement plongé dans l’ambiance, EN CORPS s’ouvre sur une longue et ambitieuse séquence de danse classique, alors même que son personnage principal ne nous a pas été présenté. La suite est au diapason et la caméra de Cédric Klapisch ne lâche plus d’un chausson sa jeune héroïne qu’un accident oblige à se remettre en question…  Le spectateur s’émerveille, s’émeut et vibre au diapason d’Elise qui se découvre et s’ouvre aux autres, en même temps qu’elle se réinvente grâce à d’autres formes de danse…

2/ Cédric Klapisch prouve une fois de plus son amour des acteurs avec un casting qui regroupe quelques habitués de son cinéma comme les deux frères de CE QUI NOUS LIE François Civil et Pio Marmaï (au coeur de deux séquences jubilatoires) mais aussi quelques petits nouveaux comme Souheila Yacoub (CLIMAX de Gaspar Noé, ENTRE LES VAGUES d’Anaïs Volpé…), Denis Podalydès et une Muriel Robin très surprenante. La comédienne aborde ici frontalement le registre de l’émotion (mais avec toujours une pointe d’humour), avec son très beau personnage de propriétaire de résidence pour artistes. Espérons que sa remarquable composition inspirera d’autres metteurs en scène à l’avenir.
Et EN CORPS doit bien sûr une grande partie de sa réussite au choix du réalisateur d’avoir offert le rôle d’Elise à Marion Barbeau.
Cette actrice novice mais douée et danseuse émérite de l’Opéra de Paris se prête avec une gourmandise non dissimulée aux joies de la danse contemporaine avec les danseurs de la magnifique compagnie du danseur chorégraphe et compositeur israélien Hofesh Shechter.

3/
Pour la mise en scène affutée de Cédric Klapisch entièrement dédiée au mouvement et à la vie. Rarement la passion de la danse et le langage du corps n’auront et été aussi bien filmés, avec une caméra toujours à la bonne place.
Le cinéaste a privilégié la notion de plaisir intense procuré par la danse plutôt que de montrer les souffrances infligées au corps pour atteindre une certaine forme de perfection, même si la notion de douleur et de dépassement de soi est néanmoins présente dans le film. Ce parti pris de partager le bonheur des danseurs et son plaisir de spectateur-réalisateur est plus que communicatif. Et en fin de projection, on n’a qu’une envie, celle de crier « Encore… En corps ! »

En salle – L’ombre d’un mensonge – L’air de rien…

En salle – L’ombre d’un mensonge – L’air de rien…

- L'OMBRE D'UN MENSONGE -

L’OMBRE D’UN MENSONGE de Bouli Lanners
Avec Michelle Fairley, Bouli Lanners, Andrew Still, Julian Glover, Clovis Cornillac…

Drame – Romance 2021 – 1H39 – France
Sortie en salles le 23 mars 2022

Phil s’est exilé dans une petite communauté presbytérienne sur l’Île de Lewis, au nord de l’Ecosse. Une nuit, il est victime d’une attaque qui lui fait perdre la mémoire. De retour sur l’île, il retrouve Millie, une femme de la communauté qui s’occupe de lui. Alors qu’il cherche à retrouver ses souvenirs, elle prétend qu’ils s’aimaient en secret avant son accident…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Ce cinquième long-métrage de l’excellent Bouli Lanners vous prend par surprise. Avec ce film hors du temps, l’acteur-réalisateur ne joue jamais le jeu de la séduction facile. L’OMBRE D’UN MENSONGE ne cherche jamais à s’imposer mais finit par vous gagner au fil du temps passé en compagnie de ses deux personnages principaux.
Le film est un parfait reflet de son territoire géographique, celui d’une ile écossaise isolée, séduisante mais rugueuse, avec des habitants au caractère corseté voire revêche qu’il faut apprivoiser. 

2/ A ce territoire parfois hostile s’oppose la grande douceur du personnage incarné par Bouli Lanners.
Derrière sa truculence et sa bonhommie naturelle, on devinait aisément une grande sensibilité, planquée derrière beaucoup de pudeur. Et c’est un vrai bonheur de voir le comédien belge baisser à ce point la garde pour s’abandonner à ce personnage qui nous bouleverse.  
Il faut dire qu’il est particulièrement bien accompagné par Michelle Fairley (GAME OF THRONES) qui donne corps avec beaucoup de subtilité à ce personnage de femme prisonnière de son mensonge, jusqu’au jour où… 

3/
On sent à travers la richesse de composition de l’image et la très belle photographie du film (signée Frank Van Den Eeden) tout l’amour que Bouli Lanners porte à l’Ecosse.
S’ajoutent à cela quelques sublimes idées de mise en scène comme ces plans d’une infinie délicatesse sur les mains et les doigts de Phil et Millie qui se cherchent et se lient… ou à travers la séquence d’échanges de regards pudiques à travers un jeu de miroir…
Bref, l’air de rien, L’OMBRE D’UN MENSONGE est bien parti pour hanter durablement notre mémoire.   

Interview – Une mère – Sylvie Audcoeur & Darren Muselet

Interview – Une mère – Sylvie Audcoeur & Darren Muselet

« Je veux apprendre, je veux évoluer, je veux changer de type de personnage… » Darren Muselet

Aline n’a jamais réussi à faire le deuil de son fils mort à 17 ans dans une rixe. Quand elle croise par hasard son agresseur, tout juste sorti de prison, elle décide d’échafauder un plan pour se venger. Aussi déterminée soit-elle, Aline commence à douter au fur et à mesure qu’elle apprend à connaître le jeune homme.

Sur un scénario tendu que n’aurait sans doute pas renié Claude Chabrol, la comédienne Sylvie Audcoeur nous livre une première réalisation tendue, un quasi-huis-clos qui emprunte les chemins du thriller pour nous parler de la très délicate et intime question de la vengeance et de la « monstruosité » de chacun.e …

C’est à l’occasion de la toute première projection publique d’UNE MERE, en octobre dernier, lors du Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz que j’ai eu le grand plaisir d’interviewer la réalisatrice Sylvie Audcoeur et Darren Muselet, partenaire principal de Karin Viard dans le film.
Un jeune acteur remarqué notamment dans JEUNESSE SAUVAGE de Frédéric Carpentier et MON FRERE de Julien Abraham, mais fébrile au moment de répondre à quelques questions sur UNE MERE, d’autant qu’il n’allait découvrir le film que quelques heures plus tard, en présence de son tout premier public.

INTERVIEW
Sylvie Audcoeur – Darren Muselet

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En salle – En nous – Retour vers le futur

En salle – En nous – Retour vers le futur

- EN NOUS -

EN NOUS de Régis Sauder
Documentaire – 2021 – 1H39 – France
Sortie en salles le 23 mars 2022

Il y a dix ans, Emmanuelle, professeure de français d’un lycée des quartiers Nord de Marseille, participait à un film avec ses élèves. A partir de l’étude de La Princesse de Clèves, Abou, Morgane, Laura, Cadiatou et les autres énonçaient leurs rêves, leurs désirs et leurs peurs. Tous se retrouvent aujourd’hui, les souvenirs se mélangent aux récits de leur vie et des obstacles à surmonter. Que reste-t-il de leurs espoirs de liberté, d’égalité et de fraternité ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour le portrait juste et sans concessions de ces jeunes gens que brosse le réalisateur dix ans après les avoir filmés une première fois, à l’âge de tous les possibles.
Par l’intelligence d’une mise en scène forte et assumée, mais  toute au service de ses protagonistes et de leurs propos, Régis Sauder accorde sa juste place à leur parole, leurs réflexions de jeunes adultes sur la place qu’ils occupent aujourd’hui et à leur constat sur ce temps passé…

Des questionnements nombreux et passionnants sont posés tout au long du film sur le rapport à l’éducation,  la mise en péril de l’école et du service public au fil des ans et plus troublant peut-être, l’importance accordée au regard des autres pour avancer dans la vie au moment de l’adolescence (avec une cruelle absence de modèle pour bon nombre d’entre eux/elles).
Le film les accompagne à nouveau sur un moment charnière de leur existence, où chacun.e doit finalement concrétiser un projet de vie et l’assumer en tant qu’adulte responsable.

2/ Nul besoin d’avoir vu NOUS, PRINCESSES DE CLEVES pour pleinement apprécier le propos d’EN NOUS. Les personnages sont suffisamment forts, différent et attachants pour qu’instantanément, on ait envie d’en savoir plus et de les retrouver encore et encore, tels des ami.es que la distance géographique aurait éloigné…

3/ Avec EN NOUS, Régis Sauder offre à notre regard et notre esprit le portrait de jeunes gens, véritables héros de leur quotidien, qui se battent pour exister et donner un sens à la vie de leurs proches (très belle séquence sur l’amitié forte qui existe entre Aurore et Sarah, malgré la distance qui les sépare au quotidien).
On en ressort avec la conviction qu’il y a de bonnes raisons de croire en l’avenir de notre société, pourtant tellement malmenée. Ces jeunes adultes construisent leur avenir et le nôtre avec une lucidité et une intelligence qui force le respect. Il serait grand temps que leur parole soit plus souvent mise en avant et relayée. Ce n’est pas le moindre mérite de ce film, en forme d’hymne à la jeunesse, qui montre le chemin avec beaucoup de bienveillance.