La vie devant toi, sensible et percutant !

La vie devant toi, sensible et percutant !

LA VIE DEVANT TOI

Fiction TV – Drame – 90 mn
Réalisation : Sandrine Veysset
Scénario : Françoise Charpiat
Musique originale : Reno Isaac
Avec Zoé Héran, Maïra Schmitt, Éléonore Bernheim, David Kammenos, Christelle Reboul, Philippe Dusseau, Julie Moulier, Xavier Widhoff, Aaliyah Lexilus, Tristan Zanchi…

Première diffusion le mercredi 14 juin à 21.10 sur France 2
Également disponible en replay sur france.tv jusqu’au 21 mars 2024

L’histoire
Violette, 16 ans, promise à un brillant avenir de nageuse de compétition, décide d’assumer son homosexualité. Portée par la bienveillance de ses parents, elle tombe amoureuse de Lisa. Le coup de foudre est réciproque mais Lisa souhaite garder leur relation secrète ; sa famille très conservatrice n’accepterait pas cette réalité. Elles découvrent ensemble les joies du premier amour, ce qui permet à Violette de trouver la force d’affronter les premières réactions homophobes. Cependant, leur amour bascule lorsque Violette se fait agresser alors qu’elles se promenaient main dans la main. Quand elle se réveille à l’hôpital, elle doit faire face à un choc traumatique lié à l’absence de trace de Lisa. Kenza et Théo, ses meilleurs amis, la voient dépérir et s’inquiètent aussi de cette absence. Désespérée, elle se lance à sa recherche et découvre que Lisa connait son agresseur. Seraient-ils de mèche ? Violette se serait-elle fait manipuler par Lisa ? Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir…

« Je ne ferai pas de la télé avec n’importe qui, ça c’est sûr ! » Sandrine Veysset

LA VIE DEVANT TOI est une première et très brillante incursion du côté de la fiction TV pour Sandrine Veysset. La réalisatrice de Y’AURA-T-IL DE LA NEIGE À NOËL et MARTHA… MARTHA s’est attelée à raconter à sa manière, cette histoire écrite par Françoise Charpiat.

« Ça ne devait pas être comme ça de base, mais j’aime beaucoup cette fin assez ouverte !» Zoé Heran

Sandrine Veysset s’intéresse au destin contrarié de Violette et Lisa qui vivent très différemment leur homosexualité, parfaitement assumée pour Violette et plus que contrariée pour Lisa par une famille bourgeoise, coincée dans des schémas archaïques, qui ne peut et ne veut comprendre les sentiments de la jeune fille.

 « J’avais peur de tomber dans la caricature » Maïra Schmitt

Avec LA VIE DEVANT TOI, Sandrine Veysset signe un délicat récit d’apprentissage qui n’est pas sans rappeler un autre film, NAISSANCE DES PIEUVRES réalisé en 2007 par Céline Sciamma.
Notons d’ailleurs que les deux réalisatrices ne se contentent pas de partagent quelques thématiques communes mais aussi une jeune et remarquable comédienne Zoé Héran. Découverte par Céline Sciamma pour TOMBOY, Zoé Héran (12 ans en 2011) trouve enfin 12 ans après ce beau galop d’essai, un formidable premier rôle avec le personnage de Lisa.
Son duo intense et complice avec Maïra Schmitt, avec qui elle a partagé un double Prix d’interprétation lors du Festival Fiction TV l’an dernier, donne au film une puissance supplémentaire.  

C’est justement à l’occasion du Festival FICTION TV de La Rochelle, en septembre dernier, que j’ai eu le plaisir de retrouver la réalisatrice Sandrine Veysset ainsi que ses deux jeunes et remarquables interprètes Zoé Héran et Maïra Schmitt, quelques heures seulement avant qu’elles n’obtiennent ce très mérité prix d’interprétation ex-aequo.  

INTERVIEW SANDRINE VEYSSET, ZOÉ HÉRAN & MAÏRA SCHMITT

Nos cérémonies… rituels sensuels et mortifères sous le soleil de Royan

Nos cérémonies… rituels sensuels et mortifères sous le soleil de Royan

«… C’est mon premier film, il faut y aller à fond, quitte à se rater ! » Simon Rieth

NOS CÉRÉMONIES

Royan, 2011. Deux jeunes frères, Tony et Noé, jouent au jeu de la mort et du hasard… Jusqu’à l’accident qui changera leur vie à jamais. Dix ans plus tard, ils recroisent la route de Cassandre, leur amour d’enfance. Mais les frères cachent depuis tout ce temps un secret…

« Chaque mouvement est millimétré, chaque déplacement est pensé » Simon Rieth

Auteur, réalisateur de six courts métrages, Simon Rieth, nous livre avec NOS CÉRÉMONIES, à seulement 27 ans, un premier film étrange et audacieux en forme de conte estival et fantastique.
C’est un récit d’apprentissage explorant la complexité et l’ambiguïté de la relation fraternelle qui lie Tony & Noé que nous invite à explorer Simon Rieth. Malgré le jeu parfois « bord cadre » de Raymond et Simon Baur, l’indéniable communion qui lie les deux frères nourrit le film d’un véritable supplément d’âme.

« … C’est quelque chose qui était important de me dire que c’était un film sur des corps masculins qui vont aussi être érotisés » Simon Rieth

Simon Rieth avait la volonté de filmer avec sensualité des corps qui peuvent être à la fois extrêmement violents et extrêmement doux et de montrer ainsi la beauté de ces corps d’hommes.
Le jeune réalisateur affiche aussi, dés le début du film, une envie de déstabiliser le spectateur, afin de le mettre dans une position particulière et c’est parfaitement réussi.

Baigné par la magnifique lumière de la côte atlantique et le remarquable travail de la directrice photo Marine Atlan, NOS CÉRÉMONIES est, vous l’aurez compris, un film au style narratif, visuel et sonore très affirmé et qui propose une image assez rare dans notre cinéma. Il déroute parfois, envoute souvent et marque durablement notre rétine et notre esprit.

Un premier long d’un jeune cinéaste plus que prometteur qu’il faut découvrir sans tarder…

C’est à quelques kilomètres des principaux lieux de tournage de NOS CÉRÉMONIES, et à l’occasion d’une avant-première de son film au cinéma Créa-Le Relais de Saint-Georges de Didonne, que nous avons rencontré Simon Rieth…

NOS CÉRÉMONIES
Un film de Simon Rieth
Scénario de Simon Rieth & Léa Riche
Avec Raymond Baur, Simon Baur, Maïra Villena…
Drame – Fantastique – 1h44 – France
Sortie en salles le 3 mai 2023

INTERVIEW SIMON RIETH

Noémie dit oui… jusqu’au dégout !

Noémie dit oui… jusqu’au dégout !

« C’est très facile de tomber dans la prostitution, c’est très difficile de s’en sortir ! » Geneviève Albert

NOÉMIE DIT OUI

Noémie, une adolescente impétueuse de 15 ans, vit dans un centre jeunesse depuis trois ans. Lorsqu’elle perd tout espoir d’être reprise par sa mère, Noémie fugue du centre en quête de repères et de liberté. Elle va rejoindre son amie Léa, une ancienne du centre, qui l’introduit dans une bande de délinquants. Bientôt, elle tombe amoureuse du flamboyant Zach qui s’avère être un proxénète. Fin stratège aux sentiments amoureux ambigus, Zach incite Noémie à se prostituer. Récalcitrante au départ, Noémie dit oui

« j’ai beaucoup appris et je crois que j’en sors une actrice différente et une actrice meilleure… » Myriam DeBonville

Sorti il y a tout juste un an au Québec, NOÉMIE DIT OUI trouve enfin le chemin des salles françaises après un passage très remarqué en août dernier au Festival du film francophone d’Angoulême.
Un festival où le film a été récompensé de deux prix, le Valois des étudiants francophones et une mention spéciale pour la jeune et remarquable interprète de Noémie, Kelly Depeault.

La scénariste et réalisatrice Geneviève Albert signe avec ce premier long métrage choc, une œuvre âpre mais indispensable qui dénonce avec puissance la spirale infernale de la prostitution juvénile.
Sans aucun pathos et sans jamais l’enfermer dans un rôle de victime, la réalisatrice dresse le portrait d’une adolescente livrée à elle-même, Si Noémie accepte de se prostituer, c’est par amour d’un jeune délinquant et pour gagner un peu d’argent. Mais très vite, la jeune femme, escorte malgré elle, va se battre farouchement pour échapper à un destin sordide.
Geneviève Albert ne cède jamais à la facilité et met en scène avec force et de manière quasi-clinique l’enchainement des passes, afin de bien ancrer dans l’esprit du spectateur l’horreur, l’abjection de ces situations, jusqu’à l’écœurement

La réalisatrice a trouvé en Kelly Depeault, une interprète à la puissance de jeu sidérante. On comprend aisément que sur le tournage, la jeune actrice ait eu besoin d’un sas de décompression après le tournage de certaines scènes éprouvantes.

« J’ai demandé à toute l’équipe de porter des oreilles de lapin, pendant qu’on faisait les scènes d’agression…  » Kelly Depeault

C’est entre autres ce que Kelly et sa mère de cinéma, Myriam DeBonville, nous ont confié lors d’une interview réalisée en août dernier au cours du Festival du film francophone d’Angoulême. L’occasion aussi évidement d’échanger avec la réalisatrice sur les raisons qui l’ont poussé, pour son premier film, à s’emparer d’un tel sujet…    

NOÉMIE DIT OUI
Un film de Geneviève Albert
Scénario de Geneviève Albert
Avec Kelly Depeault, James-Edward Métayer, Emi Chicoine, Maxime Gibeault, Myriam DeBonville…
Drame – 1h56– Québec
Sortie en salles le 26 avril 2023

INTERVIEW GENEVIÈVE ALBERT, KELLY DEPEAULT & MYRIAM DEBONVILLE

Premiers pas réussis pour Victoria Bedos et Brune Moulin

Premiers pas réussis pour Victoria Bedos et Brune Moulin

« À jamais, on aura fait notre 1er film ensemble !» Victoria Bedos

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER

Marie-Luce Bison, 14 ans, est élevée par son père dans une joyeuse pension de famille pour seniors dont il est le directeur. C’est bientôt la soirée déguisée de son nouveau collège : son père ne veut pas qu’elle y aille … et de toute façon, elle n’est pas invitée. Mais poussée par Albert, son meilleur ami de 80 ans, Marie-Luce, s’y incruste, habillée en homme. Ce soir-là, tout le monde la prend pour un garçon… un garçon que l’on regarde et qui plait. Elle décide alors de s’inventer un double masculin prénommé Léo pour vivre enfin sa vie d’ado. Bien entendu, à la maison, la relation avec son père se complique.

« On peut embarquer une équipe par l’énergie joyeuse…j’avais tellement envie de faire ce film… » Victoria Bedos

Peut-on mentir par amour ? C’est l’une des nombreuses questions posées avec malice et légèreté par Victoria Bedos dans LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER, son premier film.
Après avoir cosigné les scénarios de LA FAMILLE BÉLIER et VICKY, Victoria Bedos se jette avec bonheur dans le grand bain de la réalisation avec cette histoire intergénérationnelle en forme de marivaudage moderne.

Récit d’apprentissage amoureux qui emprunte les atours d’une comédie de travestissement à la manière de VICTOR VICTORIA, LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER est porté par la jeune Brune Moulin (14 ans au moment du tournage), véritable révélation du film.
La comédienne débute sa carrière au cinéma sous les meilleurs auspices puisque cette toute première prestation a été saluée d’un prix d’interprétation féminine lors de la dernière édition du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez.

« Quand la caméra s’allume, tu n’as plus Pierre Richard devant toi, mais seulement un collègue hyper doué… » Brune Moulin

On retrouve à ses côtés, avec beaucoup de plaisir, les excellents Philippe Katerine (parfait en papa « old school » un peu largué) et Pierre Richard qui défendent avec beaucoup de conviction deux personnages aux antipodes de ceux qu’on leur propose généralement.

Malgré une affiche un peu vieillotte, on se laisse volontiers séduire et emporter par la bienveillance et l’énergie insufflées par Victoria Bedos à son film ainsi que par la fougue et le talent de Brune Moulin, sa jeune interprète principale à qui on peut d’ores et déjà prédire un bel avenir.

C’est à Rochefort, au lendemain de l’une des toutes dernières avant-premières du film à Royan que nous avons croisé Victoria Bedos et Brune Moulin pour deviser joyeusement autour de LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER.
Merci à Alain Jeanne (Chut…on écoute la télé) d’avoir permis cette rencontre.

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER
Un film de Victoria Bedos
Scénario de Victoria Bedos et Louis Pénicaut
Avec Brune Moulin, Philippe Katerine, Pierre Richard, Guy Marchand, Firmine Richard…
Comédie – 1H32 – France
Sortie en salles le 19 avril 2023

INTERVIEW VICTORIA BEDOS & BRUNE MOULIN

Le prix du passage… celui de la liberté !

Le prix du passage… celui de la liberté !

« Si seulement on pouvait faire évoluer les mentalités, ce serait cool ! » Alice Isaaz

LE PRIX DU PASSAGE

Natacha, 25 ans, jeune mère célibataire galère pour élever son fils Enzo, 8 ans. Walid, lui, migrant d’origine Irakienne, attend de réunir assez d’argent pour payer son passage vers l’Angleterre. Aux abois, ils improvisent ensemble une filière artisanale de passages clandestins.

« La puissance de l’incarnation balaie toute la force de l’imagination chez moi… » Thierry Binisti

Avec LE PRIX DU PASSAGE, son troisième long métrage pour le cinéma, Thierry Binisti signe un thriller social extrêmement efficace autour du quotidien âpre, tendu des migrants et de celui d’une jeune femme qui se lance, sans état d’âmes dans un dangereux trafic de passage pour trouver sa liberté, son indépendance.

Le film pose ainsi de nombreuses et passionnantes questions autour des limites morales et que l’on est prêt à franchir, ou pas, pour arriver à ses fins.
Une manière aussi de constater combien le point de vue de chacun.e sur un sujet aussi épidermique peut évoluer quand on fait l’effort d’essayer de comprendre et de mieux connaître « l’autre ». C’est peut-être une évidence mais il est toujours bon de le rappeler, même à travers une fiction.

Thierry Binisti qui privilégie avec ce film, l’action au naturalisme que l’on accole généralement à ce type de sujet, plonge néanmoins le spectateur dans un réel état de tension grâce à la puissance réaliste et quasi documentaire de son propos et de sa mise en scène.
Il est, de surcroit, formidablement épaulé par son remarquable duo de comédiens principaux : Alice Isaaz qui compose un personnage de jeune femme prête à tout pour offrir un quotidien plus lumineux à son fils. Quant à Adam Bessa, il confirme ici tout le bien que l’on pense de son jeu subtil et intense, notamment depuis LES BIENHEUREUX et surtout HARKA.

Saluons d’ailleurs, à propos de ces deux beaux personnages principaux, le parti pris judicieux de Thierry Binisti et ses scénaristes Sophie Gueydon et Pierre Chosson de ne pas avoir emprunté la piste trop facile d’une romance entre eux, laissant ainsi le spectateur leur imaginer, ou pas, un futur commun à Natacha et Walid.

Nous vous invitons donc à découvrir ce PRIX DU PASSAGE dont la pulsion de vie des personnages fait du bien dans un quotidien bien trop souvent gangréné par la suspicion et la peur de l’inconnu.e.

LE PRIX DU PASSAGE
Un film de Thierry Binisti
Scénario de Sophie Gueydon et Pierre Chosson
Avec Alice Isaaz, Adam Bessa, Ilan Debrabant
Drame – Thriller – 1H40 – France
Sortie en salles le 12 avril 2023

Et retrouvez ci dessous l’interview de Thierry Binisti et Alice Isaaz, réalisée à l’occasion d’avant-premières du film en Charente maritime. Merci à Alain Jeanne (Chut… on écoute la télé) pour l’organisation de cet événement.

INTERVIEW THIERRY BINISTI & ALICE ISAAZ