Benjamin Lavernhe et Emmanuelle Bercot redonnent vie à l’abbé Pierre et Lucie Coutaz

Benjamin Lavernhe et Emmanuelle Bercot redonnent vie à l’abbé Pierre et Lucie Coutaz

« Une histoire totalement inattendue que je ne connaissais pas… » Frédéric Tellier

L’ABBÉ PIERRE, UNE VIE DE COMBATS

Avec son quatrième long métrage, Frédéric Tellier nous livre plus qu’un simple biopic. L’ABBÉ PIERRE, UNE VIE DE COMBATS est tout à la fois, le portrait du fondateur d’Emmaüs, le récit de ses combats mais aussi une fresque romanesque à travers la découverte de Lucie Coutaz, une femme méconnue mais tellement importante dans le parcours semé d’embûches d’Henri Grouès, devenu l’abbé Pierre.

L’Histoire   
Né dans une famille aisée, Henri Grouès a été à la fois résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. Des bancs de l’Assemblée Nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son engagement auprès des plus faibles lui a valu une renommée internationale. La création d’Emmaüs et le raz de marée de son inoubliable appel de l’hiver 54 ont fait de lui une icône.

Plus de 30 ans après la sortie d’HIVER 54, L’ABBÉ PIERRE de Denis Amar avec Lambert Wilson, c’est Frédéric Tellier et son coscénariste Olivier Gorce qui se sont attelés à la tâche de ce nouveau film consacré à l’une des personnalités préférées des Français.

« J’étais très curieux, je savais que j’allais découvrir des choses sur lui » Benjamin Lavernhe

Bien leur en a pris, tant cette œuvre dont le récit court sur de nombreuses décennies s’avère réussie.
L’ABBÉ PIERRE, UNE VIE DE COMBATS est un film ambitieux, à la fois spectaculaire et intimiste, porté par l’immense talent de Benjamin Lavernhe, acteur caméléon aussi à l’aise et brillant dans la comédie que dans le drame. L’acteur de La comédie française compose, sur plusieurs décennies, un abbé parfaitement crédible et nous bouleverse à de nombreuses reprises par l’intensité de sa composition.

« Il fallait que j’invente un personnage entre elle et moi ! » Emmanuelle Bercot à propos de Lucie Coutaz

 A ses côtés, il faut évidemment saluer Emmanuelle Bercot, grande réalisatrice (LA TÊTE HAUTE, LA FILLE DE BREST) mais aussi, et on oublie trop souvent de le rappeler une excellente actrice. Elle incarne ici avec délicatesse et puissance Lucie Coutaz, un personnage central dans la vie de l’abbé. Une femme forte, dont très peu d’entre nous connaissaient l’existence, qui s’est entièrement dévouée aux combats de l’abbé Pierre.
Il serait néanmoins injuste de ne retenir du film que le formidable travail de ses interprètes. Toujours au service du récit et de son incarnation, Frédéric Tellier nous offre avec L’ABBÉ PIERRE, UNE VIE DE COMBATS, un film ample et magnifié par le remarquable travail de son directeur photo Renaud Chassaing. Le réalisateur de L’AFFAIRE SK1, SAUVER OU PÉRIR et GOLIATH se sort avec brio de l’exercice souvent compliqué et ampoulé du biopic. Une très belle surprise…

Le + Cin’Écrans
C’est avec un immense plaisir que nous avons retrouvé en août dernier Frédéric Tellier, Benjamin Lavernhe et Emmanuelle Bercot au Festival du film francophone d’Angoulême pour y parler de leur travail commun sur ce film ambitieux et particulièrement réussi.

INTERVIEW FRÉDÉRIC TELLIER, BENJAMIN LAVERNHE & EMMANUELLE BERCOT

L’ABBÉ PIERRE, UNE VIE DE COMBATS

Un film de Frédéric Tellier
Scénario de Frédéric Tellier et Olivier Gorce

Avec Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot, Michel Vuillermoz, Antoine Laurent, Alain Sachs…
Drame-Biopic – 2H18 – France
Sortie en salles le 8 novembre 2023

 

Le syndrome des amours passées… et le pitch de l’année !

Le syndrome des amours passées… et le pitch de l’année !

« La fiction, c’est du code… il y a toujours un endroit de connivence avec le spectateur ! » Ann Sirot

LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES

Il y a tout juste deux ans Ann Sirot et Raphaël Balboni nous régalaient avec UNE VIE DÉMENTE, leur premier long-métrage d’une comédie détonante et d’une originalité folle sur un sujet, celui de la folie, qui ne prête pourtant pas vraiment à sourire…
Après 8 courts-métrages et un long, le duo de cinéastes est donc de retour avec LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES, une nouvelle comédie qui a mis pas mal de temps à se concrétiser puisque son idée est née bien avant la réalisation d’UNE VIE DÉMENTE.

Avec LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES, Ann Sirot & Raphaël Balboni questionnent cette fois ci le couple et le désir d’enfant mais avec un postulat de départ réjouissant et très décalé …

L’histoire
Rémy et Sandra n’arrivent pas à avoir d’enfant car ils sont atteints du “Syndrome des Amours Passées”. Pour guérir, il n’y a qu’une seule solution : ils doivent recoucher une fois avec tou.te.s leurs ex.

Ann Sirot et Raphaël Balboni citent volontiers en guise d’inspiration pour leur postulat de départ déroutant, HIBERNATUS avec Louis de Funès. Et effectivement, comme pour le film d’Édouard Molinaro, une fois acceptée cette idée saugrenue, on se laisse volontiers emporter par la douce folie du propos, à travers le parcours accidenté de ses deux principaux protagonistes.

« On fabrique autant des parents que des enfants… » Lazare Gousseau

Les cinéastes ne sont jamais en quête de réalisme ou de naturalisme et nous livrent une vision du couple et de la famille, très loin des clichés habituels. Il faut dire que dans LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES, tout, ou presque, est à prendre au second degré avec une fantaisie et un sens poussé de l’absurde. Saluons, à ce titre et comme c’est déjà le cas dans UNE VIE DÉMENTE, la stylisation très forte de leur mise en scène et du montage.

Si le cinéma d’Ann Sirot et Raphaël Balboni possède un ton si singulier, c’est aussi grâce à une méthode de travail et de préparation des films atypique Cette méthode basée sur de très nombreuses répétitions filmées, met les comédien.ne.s au cœur du dispositif, avec force propositions à la clé.
Il faut bien sûr citer les interprètes principaux du film, le formidable couple formé par Lucie Debay et Lazare Gousseau mais aussi quelques réjouissants rôles secondaires tenus avec talent par Nora Hamzawi, Florence Loiret-Caille, Florence Janas ou bien encore Vincent Lecuyer (l’inénarrable docteur). Résultat, LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES est un film qui ne ressemble à aucun autre, qui intrigue, séduit et dont on se souvient longtemps.

Le + Cin’Écrans
Leur méthode de travail originale, Ann Sirot, Raphaël Balboni et Lazare Gousseau l’ont bien évidemment évoquée au cours de l’interview qu’ils nous ont accordée en juillet dernier lors du Festival international du film de La Rochelle. À découvrir et partager ci-dessous…

INTERVIEW ANN SIROT, RAPHAËL BALBONI & LAZARE GOUSSEAU

LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES

Un film d’Ann Sirot & Raphaël Balboni
Scénario d’Ann Sirot & Raphaël Balboni
Avec Lucie Debay, Lazare Gousseau, Florence Loiret-Caille, Nora Hamzawi, Florence Janas…
Comédie dramatique – Romance – 1H29 – Belgique / France
Sortie en salles le 25 octobre 2023

 

Une année difficile… sauvée par un film humaniste et généreux

Une année difficile… sauvée par un film humaniste et généreux

« C’est le vide du covid qui nous a donné envie de parler de ce que ça a laissé comme traces chez nous… » Éric Toledano

UNE ANNÉE DIFFICILE

Quatre ans après HORS NORMES (et deux saisons d’EN THÉRAPIE pour Arte), Éric Toledano & Olivier Nakache sont de retour en salles avec UNE ANNÉE DIFFICILE.
Avec ce 8em long-métrage les deux scénaristes réalisateurs continuent de creuser, avec talent, le sillon d’un cinéma social et dans l’air du temps, auquel ils insufflent beaucoup d’humour et un vrai supplément d’âme.

« Quand il y a de l’amour et de la bienveillance derrière la cam, on arrive à se lâcher… » Jonathan Cohen

Même s’ils n’hésitent jamais à donner quelques coups de griffes et à pointer les dérives consuméristes de notre époque, les deux cinéastes ont su préserver le principal, à savoir une attention à l’autre et une bienveillance naturelle pour l’ensemble de leurs personnages…

L’histoire   
Albert et Bruno sont surendettés et en bout de course, c’est dans le chemin associatif qu’ils empruntent ensemble qu’ils croisent des jeunes militants écolos. Plus attirés par la bière et les chips gratuites que par leurs arguments, ils vont peu à peu intégrer le mouvement sans conviction…

Avec la complicité d’un casting « hors-norme », Éric Toledano et Olivier Nakache nous questionnent sur nos travers, nos petites mesquineries quotidiennes, bref sur des comportements que chacun, chacune va devoir faire évoluer pour survivre dans ce monde souvent cruel pour beaucoup.
Si les deux cinéastes ont fait appel, avec bonheur, à Pio Marmaï qu’ils avaient « pratiqué » sur EN THÉRAPIE, c’est la première fois qu’ils travaillaient avec Jonathan Cohen, Noémie Merlant ou Mathieu Amalric. Bien leur en a pris, tant ces comédien.ne.s se sont glissé.e.s avec gourmandise dans la peau de personnages riches et très différents les uns des autres. Et surtout, on sent à quel point ils se sont régalés des situations et des dialogues ciselés des réalisateurs d’INTOUCHABLE et du SENS DE LA FÊTE.

 « Jonathan n’a pas eu besoin de nous pour prouver qu’il n’avait pas de limites… » Éric Toledano

Avec UNE ANNÉE DIFFICILE, les deux réalisateurs flirtent avec le meilleur de la comédie noire italienne des années 70 – 80. On songe, entre autres, à certains films de Dino Risi, Mario Monicelli ou Ettore Scola même si leurs personnages ne sont, au fond, pas aussi « affreux, sales et méchants » qu’on pourrait le penser…

Désireux de retrouver ce public qui leur a tant manqué, les deux réalisateurs accompagnés d’une partie de leurs comédiens sur certaines dates, viennent de boucler une impressionnante tournée d’avant-premières d’UNE ANNÉE DIFFICILE sur 133 villes et plus de 170 salles.

C’est au cours de l’une des premières dates de présentation du film, au Festival du Film de Demain à Vierzon, en juin dernier, que j’ai retrouvé pour mon plus grand plaisir et une courte interview Éric Toledano, accompagné ce soir-là de l’excellent Jonathan Cohen

Quelques semaines, plus tard, c’est à Rochefort dans le cadre du festival Sœurs jumelles que j’ai eu le privilège d’animer la rencontre qui a suivi l’avant-première du film entre les deux réalisateurs (toujours aussi sympathiques & généreux) et des spectateurs enthousiastes…

INTERVIEW ÉRIC TOLEDANO & JONATHAN COHEN

UNE ANNÉE DIFFICILE

Un film d’Olivier Nakache & Éric Toledano
Scénario de d’Olivier Nakache & Éric Toledano
Avec Pio Marmaï, Jonathan Cohen, Noémie Merlant, Mathieu Amalric, Grégoire Leprince-Ringuet, Luana Bajrami…
Comédie dramatique – 1H59 – France
Sortie en salles le 18 octobre 2023

 

La fiancée du poète, délicieuse fantaisie de Yolande Moreau

La fiancée du poète, délicieuse fantaisie de Yolande Moreau

« Il ne faut pas avoir peur d’aller dans l’inconnu… » Yolande Moreau

Yolande Moreau est sans aucun doute l’une de nos comédiennes les plus attachantes mais aussi l’une de nos cinéastes les plus originales.
C’est en 2004 que l’inoubliable interprète de Yolande dans Les Deschiens se lance dans le grand bain de la réalisation avec QUAND LA MER MONTE, un premier essai derrière la caméra qu’elle écrit et réalise avec son complice Gilles Porte.

Ce récit très original et personnel est récompensé du prestigieux Prix Louis Delluc du premier film ainsi que le César de la meilleure première œuvre et celui de la meilleure actrice pour Yolande Moreau. Cinq ans plus tard, son rôle-titre dans SÉRAPHINE de Martin Provost lui vaudra son second César d’interprétation.
En 2013, l’actrice, scénariste et réalisatrice signe cette fois en solo HENRI, une comédie dramatique qu’elle présente la même année à La Quinzaine des réalisateurs.

« J’aimerai bien être une cinéphile, je vais peut-être m’y mettre en vieillissant ! » Yolande Moreau

Il aura donc fallu patienter 10 ans avant de découvrir son troisième long-métrage LA FIANCÉE DU POÈTE, qu’elle coécrit cette fois avec Frédérique Moreau, une scénariste avec qui la cinéaste n’a aucun lien de parenté…

Amoureuse de peinture et de poésie, Mireille s’accommode de son travail de serveuse à la cafétéria des Beaux-Arts de Charleville tout en vivant de petits larcins et de trafic de cartouches de cigarettes. N’ayant pas les moyens d’entretenir la grande maison familiale des bords de Meuse dont elle hérite, Mireille décide de prendre trois locataires. Trois hommes qui vont bouleverser sa routine et la préparer, sans le savoir, au retour du quatrième : son grand amour de jeunesse, le poète.

Avec LA FIANCÉE DU POÈTE, Yolande Moreau nous régale d’une fable poétique en forme de fantaisie enchanteresse et peuplée de joyeux faussaires.
Pour l’accompagner dans cette aventure atypique, la réalisatrice s’est entourée d’un casting 5 étoiles avec, entre autres, Grégory Gadebois, Sergi Lopez, Thomas Guy, Esteban ou bien encore William Sheller dans le rôle d’un curé qui chante du Abba en s’accompagnant à l’orgue.

« Est-ce que tu peux chanter un peu plus faux, tu m’avais habitué à pire… » Esteban, à propos d’une demande de Yolande Moreau

LA FIANCÉE DU POÈTE est une œuvre généreuse, bigarrée et excentrique, à l’image de son instigatrice et principale interprète, la géniale Yolande Moreau.
C’est au cours du Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de parler avec Yolande Moreau de cette troisième réalisation, du sentiment d’usurpation ou bien encore de son plaisir d’actrice à donner la réplique à ses formidable partenaires…
Dans la foulée de ce moment délicieux passé avec Yolande Moreau, nous nous sommes régalés à échanger autour du film avec Thomas Guy et Esteban au cours d’une interview totalement improvisée mais réjouissante…
Merci à Yolande et ses deux formidables comédiens pour ce moment drôle, touchant et décalé à l’image de ce film que l’on vous recommande très chaleureusement.

INTERVIEW YOLANDE MOREAU, THOMAS GUY & ESTEBAN

LA FIANCÉE DU POÈTE
Un film de Yolande Moreau
Scénario de Yolande Moreau & Frédérique Moreau
Avec Yolande Moreau, Grégory Gadebois, Thomas Guy, Esteban, Sergi Lopez, William Sheller, Anne Benoit, François Morel, Philippe Duquesne…
Comédie dramatique – 1H43 – France
Sortie en salles le 11 octobre 2023

Le procès Goldman, « le procès, rien que le procès… »

Le procès Goldman, « le procès, rien que le procès… »

« Un film, ça doit être un angle, je ne vois pas l’intérêt de raconter toute l’histoire de quelqu’un ! » Cédric Kahn

LE PROCÈS GOLDMAN

Son 13e long métrage MAKING OF avec Denis Podalydès, Jonathan Cohen, Emmanuelle Bercot & Stefan Crepon est terminé et sortira en salles le 10 janvier prochain.
Mais c’est pour parler du PROCÈS GOLDMAN, sa précédente réalisation présentée en ouverture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes et en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons rencontré Cédric Kahn, fin août dans la cité angoumoisine.

L’histoire
En avril 1976, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

Avec ce 12e film en tant que réalisateur, Cédric Kahn signe son premier film de procès. Un long métrage intense et captivant où la parole domine. Un (quasi) huis-clos oppressant dont on ressort sans avoir un avis véritablement tranché sur la question de l’innocence ou de la culpabilité de Pierre Goldman.
Et peu importe d’ailleurs, tant l’intérêt du film ne se situe pas là. En revanche, on vibre pendant près de deux heures devant les joutes oratoires des principaux protagonistes. On se passionne par l’intensité de ce qui se joue entre le prévenu et son avocat, la défense de ce dernier étant régulièrement mise à mal par les éclats de Goldman.  

A travers sa mise en scène au scalpel, Cédric Kahn saisit au plus près l’incroyable complexité de Goldman. Il soulève de pertinentes et vertigineuses questions, notamment sur la notion de vérité, de l’importance de la justice, du point de vue et de l’engagement.
Son dispositif immersif de tournage est intégralement mis au service de la parole et de ses remarquables interprètes, au cœur de cette salle de tribunal où chacun s’affronte et se défie avec puissance.

Précisons évidemment que la réussite du film ne serait pas la même sans ses deux principaux interprètes. Arieh Worthalter compose un Pierre Goldman complexe et fascinant face à un Arthur Harari qui incarne Georges Kiejman de manière magistrale….

INTERVIEW CÉDRIC KAHN

LE PROCÈS GOLDMAN

Un film de Cédric Kahn
Scénario de Nathalie Hertzberg et Cédric Kahn
Avec Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stephan Guérrin-Tillié, Nicolas Briançon…
Policier – Drame judiciaire – 1H56 – France
Sortie en salles le 27 septembre 2023