En salle – Je t’aime, filme-moi !  – Besoin d’amour…

En salle – Je t’aime, filme-moi !  – Besoin d’amour…

- JE T'AIME, FILME-MOI ! -

JE T’AIME, FILME-MOI ! d’Alexandre Messina
Avec Christophe Salengro, Michel Cremades, Karine Ventalon…
Comédie – documentaire – 1h20– France

Sortie en salles le 15 juin 2022

Deux frères très dissemblables ont une idée étonnante qu’ils vont mettre en pratique : filmer des “déclarations d’amour” chez les “vraies gens”, célèbres ou pas, et les livrer ensuite aux destinataires sur les routes de France, au volant de leur camionnette, transformée pour l’occasion en mini studio de cinéma.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Parce qu’on ne peut qu’encourager cette volonté de décliner l’amour sous toutes ses formes, en cette période anxiogène à souhait. Alors certes, JE T’AIME, FILME-MOI ! ne va pas révolutionner le petit monde du cinéma, mais sa fraîcheur et sa naïveté parfaitement assumée en font un objet atypique mais franchement attachant.
Le film d’Alexandre Messina, en forme de road-movie est un mélange étonnant à la croisée des chemins entre comédie à l’italienne et du documentaire sociologique. Le tout rythmé par des déclarations d’amour diverses et variées, véritables instantanés de vies, montées à la manière d’un patchwork. Le résultat est parfois déroutant avec une pointe d’émotion qui vient régulièrement vous cueillir quand vous vous y attendez le moins. 

2/ Pour la belle humanité des deux personnages principaux quand ils vont filmer les déclarations d’amour. JE T’AIME, FILME-MOI ! ne se moque jamais de ses personnages, bien au contraire. Et surtout chaque personnage est traité sur un même pied d’égalité, anonymes ou célébrités ayant accepté de jouer le jeu de la déclaration comme Pierre Richard, Zinedine Soualem, Thomas Dutronc, Michel Leclerc & Baya Kasmi, Firmine Richard, Laam ou bien encore Patrice Laffont ? 

3/
Et enfin, bien sûr, pour le plaisir de retrouver 4 ans après sa disparition, Christophe Salengro. Banzaï ! Le regretté Président Grolandais est accompagné dans son périple sur les routes par Karine ventalon et le trop rare Michel Cremades (également coscénariste du film) dont beaucoup connaissent le visage et la bonhommie mais pas le nom. Et c’est bien dommage ! 

Adieu Monsieur Haffmann – Gilles Lellouche, salaud malgré lui !

Adieu Monsieur Haffmann – Gilles Lellouche, salaud malgré lui !

ADIEU MONSIEUR HAFFMANN

Un film réalisé par Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, Sarah Kaminsky d’après la pièce de Jean-Philippe Daguerre

Drame – 1h56 – France
Distribution : Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau…
Sorti en salles le 12 janvier 2022
Disponible en VOD, DVD & Blu-ray chez Orange Studio

Son: Français 2.0 – Français 5.1. Audiodescription
Sous-titres:
sourds et malentendants
Image:
16/9
Bonus:
Commentaire audio de Fred Cavayé – Module de making of – Scène coupée.

Le pitch
Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences, au fil des mois, bouleverseront le destin de nos trois personnages.

L’avis Cin’Ecrans
Avec ce 6em long-métrage (sans compter l’épisode des INFIDELES qu’il a réalisé en 2012, Fred Cavayé s’attaque à un nouveau genre.
Après le thriller, la comédie et la comédie dramatique, c’est un drame que le réalisateur d’A BOUT PORTANT nous invite à partager cette fois-ci.

ADIEU MONSIEUR HAFFMANN marque la troisième collaboration de Fred Cavayé avec Gilles Lellouche. Avec ce personnage de salaud malgré lui, l’acteur confirme ici qu’il est devenu une figure incontournable de notre cinéma, avec une belle palette de jeu et une vraie curiosité dans le choix de ses rôles (LE SENS DE LA FÊTE, PUPILLE ou BAC NORD pour ne citer qu’eux).
Il est ici épaulé par deux acteurs magnifiques Daniel Auteuil et Sara Giraudeau, qui apportent beaucoup de nuances à leurs personnages, dans des registres très différents.
Le propos du film aurait pu se suffire à lui-même, mais ce sujet puissant est transcendé par la mise en scène sobre et précise de Fred Cavayé et par une belle économie des mots. La force du film est plutôt à trouver dans de petits gestes et des regards échangés par ses protagonistes.

Bonus
En supplément sur le DVD et le BR du film, une très courte séquence promotionnelle, « vendue » comme un module de making-of. Soit ! Mais pour le coup, on aurait aimé en avoir vraiment plus afin de découvrir l’envers du décor du tournage de ce film qui a subi de plein fouet la crise Covid.
Heureusement le commentaire audio du réalisateur vient en partie compenser cette impression de trop peu. Si l’exercice peut parfois être rébarbatif pour les intervenants et le spectateur/auditeur sur certains films, Fred Cavayé s’en sort ici plutôt bien, en affirmant et précisant, notamment, certains partis pris de mise en scène.  
Ajoutons à ces deux bonus, une scène coupée intéressante mais dont on imagine aisément pourquoi elle n’a pas trouvé sa place dans le montage final…

A propos du film 
ADIEU MONSIEUR HAFFMANN a valu un très mérité prix d’interprétation féminine à l’excellente Sara Giraudeau lors du dernier Festival du Film de Sarlat. Le film, lui, s’est vu attribuer la Salamandre d’or du meilleur film, grand prix décerné par le public.

Le + Cin’Ecrans
Retrouvez ci-dessous, l’interview de Fred Cavayé, réalisée quelques heures avant la toute première projection publique du film. C’était en novembre dernier au Festival du Film de Sarlat.

INTERVIEW FRED CAVAYÉ

Sortie BR/DVD – Placés… gagnant !

Sortie BR/DVD – Placés… gagnant !

PLACÉS

Un film réalisé par Nessim Chikhaoui
Scénario : Nessim Chikhaoui, Hélène Fillières
Comédie – 1h51 – France
Distribution : Shaïn Boumedine, Julie Depardieu, Philippe Rebbot, Naila Harzoune, Moussa Mansaly, Aloïse Sauvage, Lucie Charles-Alfred…

Sorti en salles le 12 janvier 2022
Disponible en DVD et Blu-ray chez Le Pacte
Image : 16/9-2.39 :1 – Langue : Français 5.1 et Français 2.0. Audio description. Sous-titres pour sourds et malentendants.

Le pitch
Parce qu’il a oublié sa carte d’identité, Elias ne peut passer les épreuves du concours d’entrée à Sciences Po. À la recherche d’un job en attendant de pouvoir se présenter à nouveau, il devient éducateur dans une Maison d’Enfants à Caractère Social. Confronté à un milieu dont il ignore le fonctionnement, Elias ne sait pas encore à quel point cette expérience va changer sa vie.

L’avis Cin’Ecrans
Sorti début 2022 en salles, le premier long-métrage de Nessim Chikhaoui n’a pas rencontré le succès qu’il méritait. La séance de rattrapage « à la maison » est donc très chaleureusement recommandée tant cette comédie sociale et bon esprit fait mouche.
Porté par un message humaniste et plein d’espoir pour une jeunesse trop souvent abandonnée à elle-même, PLACÉS trouve aisément sa place dans la lignée de films comme NOS JOURS HEUREUX ou POLISSE ;
On y retrouve, comme dans les films du duo Toledano/Nakache et de Maïwenn, un vrai sens du rythme, le plaisir de situations bien (d)écrites et des dialogues ciselés accentués par le sens inné de la vanne et de la répartie d’une partie de son jeune et brillant casting.

Bonus  
Saluons Le Pacte qui continue dans la mesure du possible de bien agrémenter ses DVD et Blu-ray en bonus. C’est le cas pour PLACÉS qui le méritait bien.
Vous pourrez ainsi partager « Paroles d’éducateurs », un entretien croisé d’une vingtaine de minutes entre le réalisateur et ancien éducateur Nessim Chikhaoui et un autre éducateur Habib Taouil.
Nessim Chikhaoui est au cœur d’un second entretien (10mn34) mené cette fois ci avec deux de ses comédiens Shaïn Boumedine et Aloïse Sauvage dont on sent à quel point ce tournage fut pour eux, libre et heureux.
La bande annonce, 3 scènes coupées dont une qui aurait largement pu trouver sa place dans le film (l’accueil d’un père et de sa petite fille au cœur de la maison) ainsi que le  Clip de la chanson « Placés » de Sam’s (feat. Aloïse Sauvage & Viki) viennent compléter la partie supplément de ces galettes.

A propos du film 
C’est à partir de sa propre expérience d’éducateur, durant 7 ans, dans une maison d’enfants que Nessim Chikhaoui a écrit le scénario de son premier long-métrage, en tant que réalisateur.
Co-scénariste des 3 derniers « TUCHE » mais aussi du DOUDOU, le cinéaste a souhaité mettre, à l’image d’un film comme PATIENTS, beaucoup de comédie et de vie dans son récit, sans occulter les moments plus difficiles rencontrés au quotidien par ces jeunes et leurs éducateurs.

Le + Cin’Ecrans
En novembre dernier, le Festival du film de Sarlat présentait PLACÉS, avec grand succès. J’ai profité de la présence du réalisateur et de Lucie Charles Alfred, véritable révélation du film (dans le rôle d’Emma) pour revenir avec eux sur la belle expérience de ce premier long-métrage.
Interview ci-dessous…

INTERVIEW NESSIM CHIKHAOUI & LUCIE CHARLES-ALFRED

Interview – Clovis Cornillac – un peu, beaucoup… passionnément !

Interview – Clovis Cornillac – un peu, beaucoup… passionnément !

« Je pense que dans la réalisation, tu dois assumer seul l’échec et tu partages la réussite ! » Clovis Cornillac

Son adaptation de “Couleurs de l’incendie” de Pierre Lemaître est terminée depuis août dernier et sortira en salles le 9 novembre prochain.
En attendant, c’est son troisième long-métrage, C’EST MAGNIFIQUE, après UN PEU, BEAUCOUP, AVEUGLEMENT et BELLE ET SEBASTIEN 3 : LE DERNIER CHAPITRE, que Clovis Cornillac nous invite à découvrir en salles.

Pierre, la quarantaine, a toujours vécu loin des désordres du monde, entre ses abeilles et ses hibiscus. Lorsque ses parents disparaissent, c’est tout son univers qui bascule : il découvre qu’il a été adopté et doit apprendre à survivre dans une société moderne qu’il n’a jamais connue. Déterminé à élucider le mystère de ses origines, il croise la route d’Anna qui, touchée par la bienveillance de cet homme pas comme les autres, accepte de l’aider. Mais à mesure qu’il progresse dans son enquête, Pierre se décolore comme par enchantement.

Difficilement catégorisable, même par son instigateur principal, C’EST MAGNIFIQUE navigue entre comédie burlesque, fantaisie poétique et conte fantastique, sur fond de bienveillance… Autant dire que le film détonne au milieu du cynisme ambiant et qu’il fait du bien à l’âme et au cœur de celles et ceux qui acceptent de s’y abandonner.

Le meilleur conseil que l’on puisse vous donner est donc d’aller vous faire votre propre opinion et définir ainsi cette touchante proposition cinématographique.

« Si le scénario devient ce qu’il est, c’est forcément parce que je suis chiant ! »

Son acteur-réalisateur a sillonné la France pour y présenter avec sa générosité et sa gentillesse naturelle ce film qu’il porte sur les épaules avec la complicité de la toujours délicieuse Alice Pol, mais aussi Myriam Boyer, Lilou Fogli, Gilles Privat et Laurent Bateau, entre autres.

« Moi, je ne suis pas un génie, je ne suis pas génial… le seul truc que je sais faire, c’est m’investir dans le travail !  … »

C’est à l’occasion de l’avant-première du film à l’Atlantic Ciné de Saintes, il y a quelques semaines que j’ai eu le grand plaisir de retrouver Clovis Cornillac pour échanger autour de ce troisième film… Et ça comme le dit si bien son personnage “C’est Bath ?” Vraiment 😊   

INTERVIEW CLOVIS CORNILLAC

Sortie BR/DVD – 3 films de Patrice Leconte sinon rien ! –

Sortie BR/DVD – 3 films de Patrice Leconte sinon rien ! –

- Le mari de la coiffeuse - Les grands ducs - Le parfum d'Yvonne -

Très prolifique, Patrice Leconte voit depuis quelque temps ses nombreux films ressortir en DVD et/ou Blu-ray, avec plus ou moins d’attention apportée à la qualité technique, au packaging et aux bonus.
Après les sorties conjointes l’an passé des versions restaurées de TANDEM, TANGO et MONSIEUR HIRE, sur des combo Blu-ray / DVD, très soignés chez Pathé, c’est au tour de 3 autres films, LE MARI DE LA COIFFEUSE, LES GRANDS DUCS et LE PARFUM D’YVONNE de s’offrir une nouvelle jeunesse dans de belles versions remasterisées HD, et une première sortie en blu-ray (ils sont également disponibles en DVD), chez Rimini Editions.
Comme toujours, l’éditeur ne fait pas les choses à moitié côté bonus puisque si certains contenus figuraient déjà sur de précédentes éditions DVD, on trouve ici pas moins de 5 suppléments inédits…  

LE MARI DE LA COIFFEUSE
Un film réalisé par Patrice Leconte
Scénario : Patrice Leconte et Claude Klotz

Comédie dramatique – 81 mn (BR) 78mn (DVD) – France
Distribution : Jean Rochefort, Anna Galiena, Jacques Mathou, Albert Delpy, Maurice Chevit…
Sorti en salles le 3 octobre 90

Disponible en Blu-ray et DVD chez Rimini Editions
Nouveau master HD. Audio : Français stéréo. Image : 2.35 – 16/9

Le pitch
Antoine a connu ses premiers émois amoureux dans le salon de coiffure de la plantureuse Madame Sheaffer. Il s’est fait une promesse : lorsqu’il sera grand, il épousera une coiffeuse. Il rencontre Mathilde, la coiffeuse de ses rêves. Le coup de foudre est réciproque.

L’avis Cin’Ecrans
Difficile d’imaginer en (re)découvrant avec bonheur LE MARI DE LA COIFFEUSE que Jean Rochefort a fait vivre un cauchemar au jeune Patrice Leconte sur le tournage de son premier film LES WC SONT FERMES DE L’INTERIEUR, tant le comédien semble s’être abandonné aux envies de son réalisateur (ah cette petite danse improvisée dans le salon de coiffure !). Jean Rochefort a rarement, pour ne pas dire jamais, été filmé et regardé avec tant d’amour et de bienveillance. Ce film, né de certains souvenirs d’enfance du réalisateur, est à l’image du duo formé par Jean Rochefort et Anna Galiena, un monument de sensualité, une ode à l’émoi amoureux et au désir. Incontournable !

Bonus DVD
Pour l’amour d’une coiffeuse – inédit (17′)
Les confessions d’une coiffeuse
– inédit (17′)
Le batteur du boléro –
1992 (8′).
Interview de Patrice Leconte
– 2000 (54′)

Outre le génial court-métrage LE BATTEUR DU BOLERO (1992) avec Jacques Villeret et une longue et passionnante interview du réalisateur de près d’une heure, datant de 2000, Rimini éditions nous régalent de deux autres interviews, inédites cette fois-ci.
Dans « Pour l’amour d’une coiffeuse » Patrice Leconte nous raconte avec sa générosité habituelle l’étonnante genèse de ce film singulier produit par Thierry de Ganay. Il s’explique aussi sur l’utilisation assez inhabituelle chez lui de la voix-off, sur le « pourquoi du comment » il ne réalise que des films courts, sur son rapport à l’enfance et à ses émotions qui ont inspiré une partie du film et puis il évoque aussi les relations parfois compliquées entre ses deux acteurs principaux.

Quant aux « Confessions d’une coiffeuse », il s’agit évidemment de celles d’Anna Galiena. La comédienne italienne évoque sa rencontre avec Patrice Leconte, ses doutes sur sa légitimité à incarner Mathilde, son travail d’apprentissage de la coiffure et sa relation avec Jean Rochefort. Il est d’ailleurs amusant de constater que, sur cette question, les points de vue du réalisateur et de l’actrice diffèrent véritablement.

LES GRANDS DUCS
Un film réalisé par Patrice Leconte
Scénario : Serge Frydman et Patrice Leconte

Comédie – 84mn (BR) 80mn (DVD) – France
Distribution : Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Catherine Jacob, Michel Blanc, Jacques Nolot…
Sorti en salles le 21 février 96

Disponible en Blu-ray et DVD chez Rimini Editions
Nouveau master HD. Audio : Français stéréo. Image : 2.35 – 16/9

Le pitch
Trois vieux comédiens, sans le sou, minables et au chômage, sont engagés dans une comédie de boulevard médiocre, qui part en tournée. Le spectacle est monté par un producteur escroc, bien décidé à le saboter afin de toucher l’argent des assurances. Mais les trois acteurs se prennent au jeu et s’investissent dans ce qui sera peut-être la dernière chance de leur vie.

L’avis Cin’Ecrans
Accueilli sans grand enthousiasme lors de sa sortie en salles en 1996, LES GRANDS DUCS méritent d’être redécouverts et pas seulement parce que ses fameux grands ducs nous ont malheureusement quitté.
Si le scénario du film n’est pas exempt de quelques faiblesses, cette farce grand-guignolesque vaut en partie pour la truculence de certaines situations et de ses dialogues. Un texte porté haut et fort par son génial trio de comédiens, cabots à souhait, dont le plaisir à jouer ensemble est plus que palpable. Quant au bonheur de Patrice Leconte à les filmer, il transpire dans chaque plan du film.
Ici, le bonheur n’est pas dans le pré, mais sur scène et sur l’écran. 

Bonus DVD
La tournée des grands ducs, inédit (12′)
Commentaire audio de Patrice Leconte –
2000
Making-of
-1995 (17′)
Rochefort en baskets
– 2016 (64′)

Pour « La tournée des grands ducs » (titre original du film), supplément inédit, Patrice Leconte revient sur la genèse du film ou bien encore sur la déception éprouvée envers Michel Blanc, l’un de ses comédiens fétiches, qu’il soupçonne d’avoir fait le film uniquement pour le chèque ! (« il est parfait dans le film, mais il n’était pas dans son assiette ! »).
On y apprend aussi que la chanson de Scoubidou (celle de la pièce dans le film) a réveillé chez le réalisateur, une vieille envie de comédie musicale qu’il ne se résout pas à abandonner. Comme il n’est pas certain que son rêve se réalise un jour il tient à préciser, non sans humour, qu’il adorerait se réincarner en réalisateur à Bollywood !

3 autres et copieux bonus viennent éclairer le film : un commentaire audio du film par son réalisateur, un making-of d’époque assez complet et ROCHEFORT EN BASKET, un passionnant documentaire de 2016, réalisé par Alain Teulère.
Le documentariste y déroule le scénario de sa vie avec le fantasque comédien et la complicité de quelques proches comme Edouard Baer, Sandrine Kiberlain, Jean-Pierre Marielle et… Patrice Leconte. Tout se tient !  

LE PARFUM D’YVONNE
Un film réalisé par Patrice Leconte
Scénario : Patrice Leconte d’après Villa triste de Patrick Modiano

Comédie – 89mn (BR) 85mn (DVD) – France
Distribution : Hippolyte Girardot, Jean-Pierre Marielle, Sandra Majani, Richard Bohringer, Paul Guers…
Sorti en salles le 23 mars 94

Disponible en Blu-ray et DVD chez Rimini Editions
Nouveau master HD. Audio : Français stéréo. Image : 2.35 – 16/9

Le pitch
À la fin des années 50, un jeune homme qui prétend être un comte d’origine russe, tombe amoureux d’une sublime jeune femme, toujours accompagnée d’un dogue allemand et d’un vieil excentrique. Tout le monde semble avoir quelque chose à cacher…

L’avis Cin’Ecrans
LE PARFUM D’YVONNE n’est certes pas le meilleur Patrice Leconte mais avec cette libre adaptation du roman de Patrick Modiano, le réalisateur distille une petite musique non dénuée de charme. On se souviendra du PARFUM D’YVONNE notamment pour la démesure du personnage incarné par Jean-Pierre Marielle même si, au final, le film peine à trouver son ton et son rythme.

Bonus DVD
Interview de Patrice Leconte – inédit (12′)

Une interview inédite du réalisateur constitue le seul bonus pour LE PARFUM D’YVONNE, Mais il faut bien avouer que cela suffit à notre plaisir tant la passion et la franchise du réalisateur semblent intactes, malgré le temps qui passe.

Dés les premières secondes de l’entretien autour de ce film, son premier avec Jean-Pierre Marielle « ça c’est irremplaçable » qui n’a pas été son plus gros carton, Patrice Leconte évoque son rapport au succès et à l’échec. Une relation saine avec la reconnaissance publique et critique qui lui a permis de traverser les années, les genres, les modes sans jamais se fourvoyer.
On y apprend que le réalisateur garde de ce film adapté de Modiano, des parfums narratifs qui lui plaisaient beaucoup à l’époque et qui lui plaisent encore aujourd’hui, contrairement à certains autres films dont il dit qu’il aurait pu s’en passer.
Il y exprime néanmoins quelques regrets sur l’affiche cinéma dont il dit ne pas comprendre comment il a pu la laisser sortir, tant elle ne correspond pas à l’esprit du film, et sur le choix du titre, LE PARFUM D’YVONNE. Un titre dont il s’est laissé convaincre par Thierry de Ganay, son producteur de l’époque, qu’il était bien meilleur que « Villa triste », titre du roman original de Patrick Modiano.
Et puis il y a cette jeune actrice, Sandra Majani, dont le réalisateur estime que l’échec du film fait qu’elle a totalement disparu du paysage cinématographique. Parfum d’incompréhension et d’injustice…