The Fabelmans. Au cœur de l’intime avec Steven Spielberg

The Fabelmans. Au cœur de l’intime avec Steven Spielberg

THE FABELMANS

Biopic – Drame – 2022 – 2H31 (Blu ray) 2h25 (DVD) – Etats-Unis
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Steven Spielberg & Tony Kushner
Distribution : Gabriel LaBelle, Michelle Williams, Paul Dano, Seth Rogen, Chloe East, Julia Butters, Sam Rechner, Judd Hirsch…
Sorti en salles le 22 février 2023

Disponible en 4K UHD + Blu ray – Blu ray – DVD – VOD le 5 juillet 2023 – Universal Pictures France
16/9 – 1.85 :1 – Anglais, français, allemand 7.1 – Sous-titres anglais français, allemand.

Le pitch
Passionné de cinéma, Sammy Fabelman passe son temps à filmer sa famille. S’il est encouragé dans cette voie par sa mère Mitzi, dotée d’un tempérament artistique, son père Burt, scientifique accompli, considère que sa passion est surtout un passe-temps. Au fil des années, Sammy, à force de pointer sa caméra sur ses parents et ses sœurs, est devenu le documentariste de l’histoire familiale ! Il réalise même de petits films amateurs de plus en plus sophistiqués, interprétés par ses amis et ses sœurs. Mais lorsque ses parents décident de déménager dans l’ouest du pays, il découvre une réalité bouleversante sur sa mère qui bouscule ses rapports avec elle et fait basculer son avenir et celui de ses proches.

Le film *****
À travers l’évocation magnifiquement mise en image de ses souvenirs d’enfance Steven Spielberg nous offre son film le plus intime, le plus personnel et sans aucun doute le plus attachant.
THE FABELMANS est à la fois le portrait d’un jeune garçon fou de cinéma et le récit d’une douloureuse séparation familiale qui va nourrir la fertile imagination du cinéaste en devenir. De ce traumatisme de jeunesse, Steven Spielberg parvient à tirer un film lumineux et bouleversant, qui ne sombre jamais dans le pathos.

Mieux, on se régale véritablement quand le jeune Sammy Fabelman s’essaie au tournage de films de guerre ou de science-fiction avec une imagination débordante et une foi infinie dans le cinéma, celle de Spielberg, évidemment, qui revisite ici ses premiers essais derrière la caméra.
THE FABELMANS est porté par un casting de très haute tenue, à commencer par Gabriel LaBelle, véritable révélation du film qui ne souffre jamais de la comparaison avec ses illustres ainés, Michelle Williams (totalement bouleversante à plusieurs reprises), Paul Dano et un surprenant Seth Rogen. N’oublions pas non plus, le clin d’œil final réjouissant que Steven Spielberg adresse à John Ford, l’un de ses cinéastes de chevet. Un rôle que le cinéaste a confié à un autre très grand réalisateur que vous ne manquerez pas de reconnaitre…

A l’heure où les scénaristes américains (et une grande partie des acteurs/actrices) sont en grève, il convient de souligner l’incroyable richesse du récit coécrit par Steven Spielberg et Tony Kushner, brillant scénariste  avec lequel le cinéaste a déjà collaboré à trois reprises sur MUNICH, LINCOLN et plus récemment WEST SIDE STORY.
Impossible enfin de passer sous silence (ce serait un comble !) la somptueuse bande originale signée par le compositeur fétiche de Steven Spielberg, John Williams. Précisons que cette collaboration est la 28ème entre le musicien et le réalisateur…

Bref, quand on aime le cinéma, et même si désormais le visionnage se fait à la maison, difficile de résister à cette magnifique déclaration d’amour au septième art, signée par l’un de ses plus brillants artisans.

Bonus ****
Présent sur les 3 supports
THE FABELMANS : Un voyage intime (11mn, VOST)

Présent uniquement sur le 4K UHD et le Blu ray
Une dynamique familiale (15mn, VOST)
La Création du monde THE FABELMANS (22mn, VOST)

« Je ne peux pas revivre le passé, mais je peux le partager » c’est ce que déclare Steven Spielberg, à l’issue du troisième module de ce « Documentaire – The Fabelmans ».
On ne saurait mieux dire tant le visionnage de ces trois bonus passionnants et complémentaires nous donnent envie de revoir au plus vite THE FABELMANS afin de replonger dans le passé du réalisateur et de partager avec lui le souvenir de cette magnifique histoire de famille.
Même si l’ensemble de ces suppléments n’évite pas, par moments, le côté « tout le monde, il est beau… » presque inhérent au genre, on ne doute pas un seul instant le bonheur et l’émotion incroyable que ce tournage (en pleine période « covid ») a pu procurer à l’ensemble de ses protagonistes. Et ils sont très nombreux à témoigner, du coscénariste Tony Kushner à l’ensemble du formidable casting, en passant par le génial John Williams qui, avec ce film, marque d’une belle note ses 90 ans et ses 50 ans de carrière aux côtés de Steven Spielberg.
Spielberg, justement !
Quand on le voit sur son plateau, s’amuser comme l’enfant qu’il est encore avec d’anciennes caméras, mais toujours si proche de ses interprètes, de ses collaborateurs, on est touché au cœur. Impossible de ne pas être ému par l’humanité folle et la curiosité insatiable d’un homme, d’un réalisateur qui n’a pourtant plus rien à prouver.
C’est sans doute pour cela que le cinéaste nous livre ici, sans aucun doute, son film le plus intime et le plus bouleversant.

Arrête avec tes mensonges… Philippe Besson touché au cœur !

Arrête avec tes mensonges… Philippe Besson touché au cœur !

ARRÊTE AVEC TES MENSONGES

Drame – 2022 – 1h30 – France
Réalisation : Olivier Peyon
Scénario : Olivier Peyon, Vincent Poymiro, Arthur Cahn & Cécilia Rouaud d’après le roman de Philippe Besson
Distribution : Guillaume de Tonquédec, Victor Belmondo, Guilaine Londez, Jérémy Gillet, Julien De Saint-Jean…
Sorti en salles le 22 février 2023

Disponible en DVD & VOD le 22 juin 2023 – Blaq Out
16/9 – Français 5.1 et 2.0 – Audiodescription Français 2.0

Le pitch
Le romancier Stéphane Belcourt a accepté de parrainer le bicentenaire d’une célèbre marque de cognac. C’est l’occasion de revenir pour la première fois dans la ville où il a grandi. Sur place, il rencontre Lucas, le fils de son premier amour. Les souvenirs affluent : le désir irrépressible, les corps qui s’unissent, une passion qu’il faut taire… Ce premier amour s’appelait Thomas. Ils avaient 17 ans.

Le film ****
ARRÊTE AVEC TES MENSONGES est le 4ème long métrage de fiction d’Olivier Peyon (UNE VIE AILLEURS et TOKYO SHAKING).
Avec la bénédiction de son auteur, le cinéaste a très librement adapté, le roman homonyme et autobiographique de Philippe Besson.

Se souvenir du bonheur, c’est encore du bonheur… » Philippe Besson

S’il avait été bouleversé à la lecture du roman par l’histoire d’amour tragique vécue par son auteur, Olivier Peyon a surtout été séduit par la seconde partie du livre qui raconte la rencontre de Philippe Besson avec Lucas, le fils de son premier amour. Au point d’en faire l’articulation centrale d’un film qui va néanmoins faire de nombreux allers retours entre présent et passé.

« Dans le roman, il y a des scènes très crues dans les mots, je ne voulais pas faire ça dans le film, mais je ne pouvais pas non plus les éviter … » Olivier Peyon

Avec la belle complicité de ses deux jeunes comédiens, Jérémy Gillet et Julien de Saint-Jean, Olivier Peyon donne corps et chair au récit de la passion amoureuse des deux garçons, sans rien occulter mais sans jamais verser dans un voyeurisme malsain et inutile. Ces scènes d’amour et de sexe ne font que renforcer en intensité la rencontre entre l’écrivain adulte et le fils de son amour de jeunesse.

Avec son personnage de Stéphane Belcourt, Guillaume de Tonquédec, qui a beaucoup emprunté au phrasé et à la démarche de Philippe Besson, trouve l’un de ses plus beaux rôles et démontre une nouvelle fois après LES NUITS D’ÉTÉ & PLACE DES VICTOIRES qu’il est aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame.

Face à lui, c’est un très convaincant Victor Belmondo (ENVOLE-MOI, MISKINA LA PAUVRE) qui incarne Lucas, jeune homme en quête de réponse sur un père dont il n’avait pas compris le tourment.

« Aucun personnage n’est secondaire » Guillaume de Tonquédec

Saluons, aussi, parmi les libertés prises par le réalisateur et ses coscénaristes, l’idée de donner vie à Gaëlle, un personnage qui n’existait pas dans le roman. C’est la trop rare Guilaine Londez qui interprète cette femme en charge d’organiser l’événement auquel est invité Stéphane Belcourt. L’actrice apporte au rôle et au film, son talent, sa fraîcheur et une salvatrice dose d’humour.

Bonus
Interview de l’équipe du film

Nous ne donnerons pas notre avis cette fois sur le sujet proposé en seul bonus du DVD, car il a été réalisé par nos soins à la demande de son éditeur. Nous vous laissons donc découvrir par vous-même, ce sujet monté à partir des interviews d’Olivier Peyon, Guillaume de Tonquédec, Guilaine Londez et Philippe Besson. Des interviews réalisées en 2022 au cours du Festival du film francophone d’Angoulême et du Festival du film de société de Royan. Un festival qui a salué de belle manière ARRÊTE AVEC TES MENSONGES à travers un très enthousiaste accueil public et l’attribution à l’unanimité du Prix du jury lycéen.

Le + Cin’Écrans
Retrouvez ci dessous le sujet monté à partir de ces mêmes interviews, pour la sortie du film en salles, l’hiver dernier. 

INTERVIEW DE L’ÉQUIPE DU FILM

Jane Fonda décoiffe dans Le souffle de la tempête !

Jane Fonda décoiffe dans Le souffle de la tempête !

LE SOUFFLE DE LA TEMPÊTE (Comes a horseman)

Western – 1978 – 1H58 (blu ray) – Etats-Unis
Réalisation : Alan J. Pakula
Scénario : Dennis Lynton Clark
Distribution : Jane Fonda, Jason Robards, James Caan, Richard Farnsworth, Mark Harmon…

Sorti en salles le 3 avril 1979

Disponible en combo Blu ray (inédit) – DVD & VOD le 4 juillet 2023 – Rimini Editions
16/9 – 2.40 :1 – Anglais & français mono 2.0 – Sous-titres français.

Le pitch
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Propriétaire d’un ranch dans l’Ouest, Ella Connors est harcelée par le riche J. W. Ewing, qui a des vues sur ses terres. Endettée, la jeune femme a dû vendre une parcelle à deux soldats démobilisés, dont l’un trouve bientôt la mort lors d’une échauffourée avec les hommes d’Ewing. L’autre, Frank Athearn, s’en tire avec une blessure et se réfugie chez Ella…

Le film ***
Sixième long métrage d’Alan J. Pakula, LE SOUFFLE DE LA TEMPÊTE méritait beaucoup mieux que l’accueil tout juste poli qui lui a été réservé lors de sa sortie en salles, il y a 45 ans !

Il faut dire qu’après la belle réussite des HOMMES DU PRÉSIDENT en 1976,  le réalisateur n’était pas du tout attendu dans ce registre (moribond à l’époque) du western. D’autant que l’action du SOUFFLE DE LA TEMPÊTE se situe à la sortie de la seconde guerre mondiale et que le film pointe du doigt la collusion entre tradition et modernité.
Autant dire que ce film de survie dans un monde en pleine évolution a sans doute déstabilisé en ne jouant, ni la carte du western classique ni celle de la parodie en vogue à l’époque.  

Avec ce film au rythme assez lent (mais jamais ennuyeux) qui parfois manque d’enjeux narratifs, le cinéaste fait néanmoins le pari de nous intéresser au destin croisé d’Ella Connors & Frank Athearn, des personnages solitaires et taciturnes qui vont devoir apprendre à s’apprivoiser pour lutter contre le riche et ambitieux J.W Ewing…
Et s’il y réussit en très grande partie, Alan J.Pakula le doit évidemment à son sens de la mise en scène mais aussi beaucoup à son magnifique quatuor d’acteurs Jane Fonda, James Caan, Jason Robards et Richard Farnsworth.

Ce western atypique d’Alan J. Pakula, magnifié par la photographie de Gordon Willis est donc à voir ou à revoir, désormais chez vous, grâce à cette belle édition proposée par Rimini Éditions.

Bonus ****
Entretien avec Éric Thouvenel, enseignant en cinéma à l’Université Paris Nanterre (2023, 32mn)
Entretien avec Simon Gosselin, doctorant en études cinématographiques à l’Université de Rennes 2 (2023, 24mn)
Bande-annonce

Si l’on s’attarde en général assez peu sur les bandes annonces proposée en bonus, je vous invite à regarder celle-ci (proposée en version originale d’époque et non sous-titrée), tant elle permet de mesurer à quel point la restauration du film était utile pour retrouver notamment le bel éclat de son image.

Mais comme souvent chez son éditeur Rimini Editions, ce sont deux entretiens érudits et très complémentaires qui sont à voir en priorité pour compléter le visionnage du film.
Dans le premier, Éric Thouvenel revient notamment sur le tiède accueil réservé au film, lors de sa sortie en salles. Pour l’enseignant en cinéma, LE SOUFFLE DE LA TEMPÊTE est un film mal compris, sorti à une époque où le western était quasiment en état de mort clinique. Il nous explique également que ce projet a surpris la critique et le public tant le nom d’Alan J. Pakula qui sortait du beau succès des HOMMES DU PRÉSIDENT (4 Oscars en 1977) était associé à l’époque au thriller politique.
Éric Thouvenel revient aussi sur la filmographie du réalisateur, sur les thèmes abordés par ce western ancré à la fin de la seconde guerre mondiale, les personnages et les acteurs.

Dans un second entretien qui débute de manière un peu abrupte, Simon Gosselin revient tout d’abord sur le choix d’Alan J. Pakula de tourner son film en format scope, sur ses partis pris de mise en scène et sur la place de ses personnages dans le cadre, avec de nombreux exemples illustrés et bienvenus.
Le reste de cet entretien est du même acabit à travers des informations assez pointues mais souvent passionnantes, notamment sur la psychologie des personnages qui raviront les cinéphiles et les amateurs du film.   

2 x 1 ou les affres de La vie conjugale…

2 x 1 ou les affres de La vie conjugale…

JEAN-MARC ET FRANÇOISE OU LA VIE CONJUGALE (2 films)

Drame psychologique – 1964 – 3h18 (blu ray) 3H10 (DVD) – France
Réalisation : André Cayatte
Scénario : André Cayatte, Maurice Aubergé, Louis Sapin
Distribution : Marie-José Nat, Jacques Charrier, Michel Subor, Macha Méril, Alfred Adam, Giani Esposito

Sorti en salles le 1er février 1964

Disponible en digipack 2 Blu ray ou 2 DVD (éditions limitées à 2000 exemplaires), le 28 juin 2023 – Pathé  
16/9 – 2.35 :1 – Français mono 2.0 – Audiodescription en français – Sous-titres anglais.

L’histoire
Quels sont les grands moments qui marquent la vie d’un couple ? Mais surtout, sont-ils vécus de la même manière ? Chacun leur tour, de façon personnelle, Françoise et Jean-Marc racontent les grands événements qui ont marqué leur union et leur rupture : la rencontre, les études, le mariage, la naissance de leur enfant, le déménagement en province, la jalousie, les doutes…

Les films ***
Assez tièdement accueilli lors de sa sortie en salles en 1964, ce diptyque d’André Cayatte sur la vie de couple est à re(découvrir) aujourd’hui au regard des évolutions de notre société.

En effet, LA VIE CONJUGALE peut se voir comme un témoignage édifiant sur une époque avec tous les clichés inhérents autour de la place des femmes et celle des hommes.
Ces années 60 au cours desquelles les femmes tentent de s’émanciper, notamment par le travail. Reste que cette double vision du couple aurait sans doute été encore plus pertinente si son écriture avait été équilibré. Or, là, ce sont trois scénaristes hommes qui nous proposent leur regard, forcément un peu biaisé sur le couple Françoise (Marie-José Nat) & Jean-Marc (Jacques Charrier).
Force est de reconnaitre que le portrait de Françoise se révèle parfois à charge, la jeune femme étant dépeinte comme indépendante, ambitieuse, légère et vénale (visiblement elle gagne son argent très facilement), même si le film pointe aussi fortement la puissante domination patriarcale de l’époque.
Les deux films qui restent néanmoins assez passionnants, peuvent se regarder dans n’importe quel ordre mais il est troublant de voir à quel point la découverte du second volet donne envie de revoir le premier afin d’en saisir toutes les nuances.
On peut ainsi rapprocher cet exercice de style, de la remarquable trilogie réalisée en 2003 par Lucas Belvaux (CAVALE, APRÈS LA VIE, UN COUPLE ÉPATANT), même si les deux films d’André Cayatte ne possèdent pas l’habileté et la puissance narrative des films du cinéaste belge.
L’intention initiale du réalisateur (basée sur ses souvenirs d’avocat) était de démontrer combien les points de vue d’époux en instance de divorce sur des moments communs pouvaient être différents. Un choix artistique original, même s’il est parfois maladroit ou parfois déséquilibré dans sa double mise en image.

Au final, LA VIE CONJUGALE montre combien ses deux protagonistes se sont laissé enfermer, à leur corps défendant, dans des rôles prédéfinis. Une situation qui va finir par avoir raison de leur couple, et on ne divulgue rien en disant ça ! Ces deux films font aussi la preuve de la subjectivité absolue de la mémoire et sur la manière dont chacun peut être amené à la pervertir. Tout est question d’interprétation, pour les protagonistes, les comédiens mais aussi les spectateurs…
Pour cela aussi, cette singulière expérience cinématographique mérite largement le détour.  

Bonus ****
Sur JEAN-MARC OU LA VIE CONJUGALE : 19 scènes étendues (38mn)

Sur FRANÇOISE OU LA VIE CONJUGALE : Les vertiges de l’identité : Entretiens des films par Roland-Jean Charna avec Geneviève Sellier (historienne du cinéma français), Ginette Vincendeau (historienne du cinéma français), Noël Herpe (écrivain, cinéaste, critique de cinéma et historien du cinéma français), Jean-Fabrice Janaudy (directeur de la société de distribution les Acacias et du cinéma Le Vincennes) (2023 – 56mn)

LES VERTIGES DE L’IDENDITÉ, présenté en complément du volet FRANÇOISE est constitué de passionnant entretiens entre Roland-Jean Charna avec des interlocuteurs très concernés par le cinéma d’André Cayatte et/ou par l’époque décrite dans le film.
Ce bonus conséquent de près d’une heure aborde, entre autres, la genèse du film, sa place dans la carrière d’André Cayatte, les difficultés d’écriture rencontrées par le réalisateur et les nombreux thèmes du film comme le basculement d’époque, les différentes visions des personnages, l’émancipation des femmes, le patriarcat et ses dérives, sans oublier quelques anecdotes amusantes autour de la sortie du film en salles, comme l’idée des comédiens de faire éditer une pièce de monnaie « Françoise/Pile, Jean-Marc/Face, afin d’aider les spectateurs hésitants sur l’ordre de visionnage du film.   

Le second bonus proposé avec le volet JEAN-MARC est un bout à bout consistant d’une vingtaine de scènes (en version longues) non restaurées mais qui apportent, pour certaines d’entre elles, un éclairage différent sur l’histoire de cette VIE CONJUGALE.

Les Rascals, Outsiders made in France…

Les Rascals, Outsiders made in France…

LES RASCALS

Drame – 2022 – 1H44 (Blu-ray) 1H40 (DVD) – France
Réalisation : Jimmy Laporal-Trésor
Scénario : Jimmy Laporal-Trésor, Sébastien Birchler, Virak Thun
Distribution : Jonathan Feltre, Angelina Woreth, Missoum Slimani, Victor Meutelet, Marvin Dubart, Taddeo Kufus, Jonathan Eap, Emerick Mamilonne…

Sorti en salles le 11 janvier 2023

Disponible en Blu-ray, DVD & VOD le 14 juin 2023 – The Jokers
16/9 – 2.35 :1 – Français 5.1 & 2.0 – Sous-titres français pour sourds et malentendants – Audiodescription  

Le pitch
Les Rascals, une bande de jeunes de banlieue, profite de la vie insouciante des années 80. Chez un disquaire, l’un d’eux reconnait un skin qui l’avait agressé et décide de se faire justice lui-même. Témoin de la scène, la jeune sœur du skin cherche à se venger des Rascals.

Le film ****
Après avoir cosigné les scénarios de LA CITÉ ROSE et MON FRÈRE avec Julien Abraham, puis la réalisation de SOLDAT NOIR, un court-métrage très remarqué (nommé aux César 2022 dans la catégorie Court-métrage de fiction) et présent en bonus sur le Blu ray du film, Jimmy Laporal-Trésor nous offre enfin son 1er long métrage, LES RASCALS.

Un film difficilement classable (on s’en réjouit !) tant son réalisateur s’emploie à brouiller les pistes pour mieux stimuler le spectateur. Résultat LES RASCALS, un divertissement choc et spectaculaire pour dénoncer le racisme qui gangrénait déjà notre société dans les années 80 et la montée en puissance de l’extrême droite.

« On ne sort jamais de ce cycle de la violence… cette société va imploser ! » Jimmy Laporal-Trésor

Avec ce film très documenté sur ces 80’s qu’il décrit sans fioritures, Jimmy Laporal-Trésor fait le portrait sans concessions d’une jeunesse et d’une société en pleine mutation.

LES RASCALS est un film dont le cinéaste considère qu’il fait partie d’une sorte de triptyque débuté avec SOLDAT NOIR et qui devrait se poursuivre avec une série TV (8x40mn) dont il finalisait l’écriture l’hiver dernier, BLACK MAMBAS
On est impatient de découvrir la suite de son travail.

Bonus ***
– Une bande à part : Le making-of du film (35 mn) ***
– Retour en 1984 : Les effets visuels du film (3 mn) **
– Storyboard interactif ***
Exclusivement dans le Blu ray :
– Le court-métrage SOLDAT NOIR de Jimmy Laporal-Trésor, nommé aux César en 2021 (25 mn) ****
Judicieuse idée de proposer en supplément le court-métrage SOLDAT NOIR. Dommage, en revanche que les premiers pas de Jimmy Laporal-Trésor soient réservés aux seuls spectateurs du Blu ray. Mais ne blâmons pas The Jokers qui propose sur les deux supports 3 autres bonus dont le storyboard original du film qui donne déjà une idée très précise de la mise en scène voulue par le réalisateur.

Le module consacré aux effets spéciaux mériterait presque, lui, deux visionnages pour saisir la subtilité de certains des effets du film, tant leur montage en parallèle s’avère rapide.

Quant à « Une bande à part : le making du film », le bonus déstabilise un peu tant sa construction semble parfois manquer de cohérence éditoriale. Paradoxalement si chaque segment du document s’avère intéressant, l’enchainement de certaines séquences manque parfois de cohérence et de sens. Un sentiment exacerbé par quelques problèmes techniques (notamment sur la prise de son de certaines interviews, choix de cadre peu valorisants) qui ne sont pas vraiment à la hauteur, quand on voit le soin apporté à ces éléments (son, photo, lumière, cadre) dans le film.
Reste qu’il faut néanmoins saluer la richesse globale du propos mais aussi des éléments d’archives ou d’illustrations choisis qui replacent parfaitement le film dans son contexte d’époque.

Le + Cin’Écrans
C’est au Festival de SarlatLES RASCALS a été présenté avec grand succès en novembre dernier que nous avons pu échanger avec Jimmy Laporal-Trésor autour, entre autres, de la genèse du film, du contexte politique et musical de ces années 80 déjà si lointaines ou des enjeux de casting…

INTERVIEW JIMMY LAPORAL-TRÉSOR