En salle – La panthère des neiges – (En)quête) introspective

En salle – La panthère des neiges – (En)quête) introspective

- La panthère des neiges -

LA PANTHERE DES NEIGES de Marie Amiguet et Vincent Munier avec Vincent Munier et Sylvain Tesson
Documentaire 2021 – 1H32
Sortie en salles le 15 décembre 2021

Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde.

LA PANTHERE DES NEIGES faisait partie de la nouvelles section « Cinéma pour le climat » dans le cadre de la sélection officielle du Festival international du film de Cannes 2021.  

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec la complicité amusée du photographe Vincent Munier, Sylvain Tesson nous fait partager sa découverte des sublimes paysages sauvages du haut Tibet, à la recherche de la fameuse panthère des neiges.
Cette quête de l’animal par le photographe serein et l’écrivain impatient est aussi l’occasion d’une belle introspection pour ses protagonistes et le spectateur, tant Marie Amiguet et Vincent Munier, coréalisateurs du film, savent donner du temps au temps, sans jamais nous ennuyer. On redécouvre le plaisir de la découverte d’un monde qui semble figé dans le temps. Au fil de ce somptueux documentaire, on se rend bien compte que ce n’est pas véritablement le cas et que la vie y est très présente et puissante…

2/ Si le propos global et le traitement du film est très différent, on peut rapprocher LA PANTHERE DES NEIGES du documentaire de Cyril Dion ANIMAL, sur au moins un point ! Pour continuer à bénéficier de la beauté et des bienfaits de notre planète, apprenons à mieux la regarder et à la partager. L’Homme n’y est qu’un animal, parmi tant d’autres… Ne l’oublions pas !

3/
Pour la magnifique musique de Warren Elis & Nick Cave. Après avoir déjà signé près d’une quinzaine de bandes originales de film, les deux musiciens australiens nous livrent une BO somptueuse qui sait à la fois se fondre dans les paysages magnifiques du film mais aussi s’octroyer quelques moments de bravoure comme le sublime We are not alone…

En salle – Les choses humaines – Points de vue…

En salle – Les choses humaines – Points de vue…

- Les choses humaines -

LES CHOSES HUMAINES de Yvan Attal avec Ben Attal, Suzanne Jouannet, Charlotte Gainsbourg, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, Pierre Arditi, Mathieu Kassovitz, Audrey Dana…
Drame 2020 – 2H18
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Un jeune homme est accusé d’avoir violé une jeune femme. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?

3 bonnes raisons de voir ce film

1 / Pour la construction du film, en 3 chapitres, qui expose, tour à tour, le point de vue de ses deux principaux personnages.
Yvan Attal invite alors le spectateur ainsi que les proches de l’accusé et de sa victime présumée, à questionner leurs propres certitudes et leurs contradictions pour une passionnante plongée au cœur de la justice, à la manière d’un véritable thriller !

2 / Après une première collaboration sur MON CHIEN STUPIDE, Yvan Attal a proposé fort judicieusement le rôle principal de son 7ème long-métrage à son fils. Ben Attal incarne avec beaucoup de subtilité, Alexandre, un personnage complexe de jeune homme arrogant qui s’interroge trop tard et, sans doute, pour la première fois de sa vie sur la notion de consentement et d’écoute de ses partenaires.
Sa prestation est d’autant plus remarquable que le réalisateur lui a donné pour mère de cinéma, Charlotte Gainsbourg qui est également sa mère dans la vie. Une situation qui contribue à donner encore plus d’intensité à leur interprétation. Leurs échanges et leurs regards portent le poids de cette relation intime.

3 / Si Ben Attal confirme avec ce film qu’il peut abandonner le métier de cuisinier, auquel il se destinait potentiellement, pour embrasser pleinement celui d’acteur, il serait injuste de passer sous silence le reste du casting.
Saluons en premier lieu, la performance de la jeune Suzanne Jouannet dont la sidération de son personnage de Mila est parfaitement rendue. Quant aux seconds rôles, ils sont tous absolument parfaits, de Charlotte Gainsbourg dont l’assurance et les convictions vacillent, à Pierre Arditi, abject de certitudes machistes, en passant par Mathieu Kassovitz ou Judith Chemla.
Et il faut, une fois de plus, dire combien Benjamin Lavernhe est un immense acteur. Après sa géniale prestation, il y a quelques mois dans LE DISCOURS de Laurent Tirard, sa plaidoirie en tant qu’avocat d’Alexandre dans LES CHOSES HUMAINES, restera comme un des sommets de ce drame judiciaire, à voir sans tarder.

En salle – Le diable n’existe pas – Et pourtant…

En salle – Le diable n’existe pas – Et pourtant…

- Le diable n'existe pas -

LE DIABLE N’EXISTE PAS de Mohammad Rasoulof avec Ehsan Mirhosseini, Shaghayegh Shourian, Kaveh Ahangar
Drame 2020 – 2H32
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté.

Présenté en compétition au Festival de Berlin 2020, LE DIABLE N’EXISTE PAS y a remporté la plus prestigieuse récompense du festival, le fameux Ours d’Or.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Parce que le nouveau film de Mohammad Rasoulof est l’œuvre d’un cinéaste totalement censuré et résistant chez lui en Iran (Il a tourné ce film de manière totalement clandestine) à l’image de ses principaux protagonistes. Mais surtout, il faut voir LE DIABLE N’EXISTE PAS car c’est tout simplement un grand film, totalement implacable et fascinant !

2 / On pouvait craindre le pire du format de ce long métrage, tourné sous forme de 4 courts (un moyen aussi de détourner l’attention des autorités iraniennes). Non seulement, le procédé donne encore plus de force au propos du cinéaste sur la question de la liberté d’agir et celle de penser, mais il apporte au film une variété de situations et de formes qui en font toute la richesse.

3/
Pour saluer l’humanisme absolu qui se dégage des quatre segments de ce film qui se découvre à la fois avec surprise, passion et aussi de la terreur, face à des situations proprement insupportables.
Espérons simplement qu’un jour Mohammad Rasoulof puisse laisser exprimer son immense talent plus facilement et avec une vraie liberté de ton et de mouvement !

Série TV  – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

Série TV – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

- NONA ET SES FILLES -

NONA ET SES FILLES
Une série, en 9 épisodes de 30 minutes, créée et écrite par Valérie Donzelli et Clémence-Madeleine Perdrillat

Réalisation : Valérie Donzelli
Avec Miou Miou, Virginie Ledoyen, Valérie Donzelli, Clotilde Hesme, Antoine Reinartz, Michel Vuillermoz, Barnaby Metschurat, Rüdiger Vogler, Christopher Thompson
(France/Allemagne, 2021)

NONA ET SES FILLES est diffusé en intégralité sur arte.tv du 25 novembre 2021 au 14 janvier 2022 et tous les jeudis à 20h55 du 2 au 16 décembre 2021.

Amoureuse d’André et libérée de ses trois filles qu’elle adore, Nona, 70 ans et toujours responsable au planning familial, vit sa vie à 100 à l’heure au cœur de la Goutte d’Or. Jusqu’au jour où le docteur Trüffel lui annonce qu’elle est enceinte…

3 bonnes raisons de regarder la série

1/ Avec Nona et ses filles, Valérie Donzelli s’offre une première et très réussie incursion dans la série télévisée. L’actrice – scénariste – réalisatrice de NOTRE DAME,  LA GUERRE EST DECLAREE ou MAIN DANS LA MAIN poursuit dans la veine originale et onirique de son cinéma.
Le spectateur familier de l’univers de la cinéaste ne sera pas déstabilisé par le scénario empreint d’une formidable fantaisie et par des parti pris de mise en scène, forts et assumés: Une voix off très présente, des séquences enchantées, façon comédie musicale, la fermeture de séquences à l’iris, un personnage « leader » différent pour introduire chaque épisode…

2 / L’un des grands plaisirs de NONA ET SES FILLES tient dans son casting féminin. Le plaisir  de Miou Miou à composer ce personnage de mère confrontée à une nouvelle et très tardive grossesse, est véritablement contagieux.
Valérie Donzelli, Clotilde Hesme et Virginie Ledoyen ne sont pas en reste et nous entraînent avec bonheur dans un tourbillon d’énergie et de questionnements en tous genres autour, entre autres, de la parentalité et de la sororité.
Et avec une grande intelligence, la scénariste réalisatrice offre aux hommes de sa première série, une vraie place avec des personnages extrêmement bien dessinés. Mention particulière, néanmoins, pour le génial Michel Vuillermoz qui incarne à merveille un personnage d’amoureux transi et quelque peu dépassé par la situation (Se peut-il qu’il soit le père de l’enfant, sans vraiment l’être ?)

3/
Valérie Donzelli avait quelques doutes sur sa capacité à préserver sa singularité sur ce projet atypique. Qu’elle se rassure, son pari est plus que réussi, grâce à la belle connivence de l’ensemble de son casting mais aussi à une direction artistique inspirée et cohérente qui va d’un générique, vintage à souhait, à un choix de décors et de costumes très marqués, en passant par la musique ludique de Philippe Jakko (compositeur de la BO de NONA et de celle de NOTRE DAME).
Sur un format idéal de 9 x 30 minutes, NONA ET SES FILLES balade le spectateur au cœur d’une fable drolatique, poétique, parfois mélancolique et relevée d’une pointe de fantastique. Un vrai régal !

En salle – Madres paralelas – Tout sur deux mères

En salle – Madres paralelas – Tout sur deux mères

- Madres Paralelas -

MADRES PARALELAS de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Milena Smit, Israel Elejalde, Aitana Sánchez-Gijón, Rossy de Palma
Drame 2021 – 2H00
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d’hôpital au moment d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d’âge mûr, n’a aucun regret et durant les heures qui précèdent l’accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu’elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l’hôpital. Les quelques mots qu’elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d’une manière qui changera leur vie à toutes les deux.

Présenté en compétition à la Mostra de Venise 2021, MADRES PARALELAS a valu à l’actrice fétiche de Pedro Almodóvar, Penélope Cruz, la coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Deux ans après son très introspectif DOULEUR ET GLOIRE, Pedro Almodóvar revient avec un 22ème long métrage que certains qualifieront à tort de mineur, tant le réalisateur donne chair à son récit, à mi-chemin entre le mélodrame et le thriller historique et politique.

2 / Pedro Almodóvar explore le mystère de la maternité avec une infinie délicatesse, à travers le portrait croisé de deux femmes dont le destin est intimement lié. Du grand art, transcendé par la remarquable performance de sa muse Penélope Cruz (MADRES PARALELAS est leur septième collaboration depuis EN CHAIR ET EN OS – 1997)  et celle de la jeune Milena Smit, véritable révélation du film.

3/
Le réalisateur espagnol signe avec MADRES PARALELAS une œuvre intense, dans la droite lignée de films comme TOUT SUR MA MERE ou VOLVER.
On y retrouve ses principaux sujets de prédilection comme la maternité, la puissance du secret de famille, la force et la vertu de la parole ou bien encore la sororité…
Même si le cinéaste continue d’accorder une place importante aux décors et aux couleurs, sa mise en scène plus sobre et plus épurée que d’habitude, est entièrement mise au service d’un récit bouleversant et palpitant.