César 2024 – Le règne animal & Anatomie d’une chute partent favoris

César 2024 – Le règne animal & Anatomie d’une chute partent favoris

Nommé 5 fois pour les Oscars 2024, ANATOMIE D’UNE CHUTE de Justine Triet n’arrive que second avec 11 nominations pour ces César 2024, tout juste derrière LE RÈGNE ANIMAL de Thomas Cailley qui en affiche 12.

Suivent ensuite avec 9 nominations JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES de Jeanne Herry qui truste pas moins de 4 places sur 5 de la catégorie Meilleur second rôle féminin et LE PROCÈS GOLDMAN de Cédric Khan avec 8 citations.

Si globalement, nous ne trouvons pas grand chose à redire sur ce très beau cru de nominations 2024, on regrettera néanmoins l’absence totale de quelques un de nos films préférés sortis l’an passé comme LE TEMPS D’AIMER de Katell Quillévéré, INVINCIBLE ÉTÉ de Stéphanie Pillonca, TONI EN FAMILLE de Nathan Ambrosioni, YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS de Baya Kasmi,  LA FIANCÉE DU POÈTE de Yolande Moreau, SAGES FEMMES de Léa Fehner, pour ne citer qu’eux.

Alors, qui succèdera à LA NUIT DU 12, grand vainqueur des César 2023 avec pas moins de six récompenses dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur ? Pour le savoir, rendez-vous dans quelques semaines.

Présidée par l’actrice et réalisatrice Valérie Lemercier, la 49e Cérémonie des César se déroulera donc le vendredi 23 février à 20h45 à l’Olympia, et sera diffusée en clair, en direct et en exclusivité sur CANAL+.
La cinéaste et actrice française Agnès Jaoui ainsi que le réalisateur britannico-américain Christopher Nolan recevront un César d’Honneur, à cette occasion.

Ce qu’il faut savoir de cette 49e édition

Les César 2024, ce sont :

111 nominations pour 48 films, réparties sur 24 catégories.

Taux de participation au 1er tour : 71,9% soit 3375 votes parmi les 4694 membre votants de l’académie. Le second tour de vote s’ouvrira le jeudi 1er février et se clôturera le vendredi 23 février, quelques heures avant l’ouverture de la cérémonie.

 

Véronique Cayla, Présidente de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma avec l’enveloppe contenant les nominations 2024, après le premier tour des votes.

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE

Marion Cotillard dans LITTLE GIRL BLUE
Léa Drucker dans L’ÉTÉ DERNIER
Virginie Efira dans L’AMOUR ET LES FORÊTS
Hafsia Herzi dans LE RAVISSEMENT
Sandra Hüller dans ANATOMIE D’UNE CHUTE

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR

Romain Duris dans LE RÈGNE ANIMAL
Benjamin Lavernhe dans L’ABBÉ PIERRE – UNE VIE DE COMBATS
Melvil Poupaud dans L’AMOUR ET LES FORÊTS
Raphaél Quenard dans YANNICK
Arieh Worthalter dans LE PROCÈS GOLDMAN

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

Leila Bekhti dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Galatea Bellugi dans CHIEN DE LA CASSE
Élodie Bouchez dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Adèle Exarchopoulos dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Miou MIOU dans JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

Swann Arlaud dans ANATOMIE D’UNE CHUTE
Anthony Bajon dans CHIEN DE LA CASSE
Arthur Harari dans LE PROCÈS GOLDMAN
Pio Marmaï dans YANNICK
Antoine Reinartz dans ANATOMIE D’UNE CHUTE

CÉSAR DE LA MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE

Céleste Brunnquell dans LA FILLE DE SON PÈRE
Kim Higelin dans LE CONSENTEMENT
Suzanne Jouannet dans LA VOIE ROYALE
Rebecca Marder dans DE GRANDES ESPÉRANCES
Ella Rumpf dans LE THÉORÈME DE MARGUERITE

CESAR DE LA MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE

Julien Frison dans LE THÉORÈME DE MARGUERITE
Paul Kircher dans LE RÈGNE ANIMAL
Samuel Kircher dans L’ÉTÉ DERNIER
Milo Machado-Graner dans ANATOMIE D’UNE CHUTE
Raphaël Quenard dans CHIEN DE LA CASSE

CÉSAR DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL

Justine Triet, Arthur Harari pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Jean-Baptiste Durand pour CHIEN DE LA CASSE
Jeanne Herry pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Nathalie Hertzberg, Cédric Kahn pour LE PROCÈS GOLDMAN
Thomas Cailley, Pauline Munier pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DE LA MEILLEURE ADAPTATION

Valérie Donzelli, Audrey Diwan pour L’AMOUR ET LES FORÊTS
Vanessa Filho pour LE CONSENTEMENT
Catherine Breillat pour L’ÉTÉ DERNIER

CÉSAR DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

Gabriel Yared pour L’AMOUR ET LES FORÊTS
Delphine Malausséna pour CHIEN DE LA CASSE
Vitalic pour DISCO BOY
Andrea Laszlo De Simone pour LE RÈGNE ANIMAL
Guillaume Roussel pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DU MEILLEUR SON

Julien Sicart, Fanny Martin, Jeanne Delplancq, Olivier Goinard pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Rémi Daru, Guadalupe Cassius, Loïc Prian, Marc Doisne pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Erwan Kerzanet, Sylvain Malbrant, Olivier Guillaume pour LE PROCÈS GOLDMAN
Fabrice Osinski, Raphaél Sohier, Matthieu Fichet, Niels Barletfa pour LE RÈGNE ANIMAL
David Rit, Gwennolé Le Borgne, Olivier Touche, Cyril Holtz, Niels Barletta pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DE LA MEILLEURE PHOTO

Simon Beaufils pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Jonathan Ricquebourg pour LA PASSION DE DODIN BOUFFANT
Patrick Ghiringhelli pour LE PROCÈS GOLDMAN
David Cailley pour LE RÈGNE ANIMAL
Nicolas Bolduc pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DU MEILLEUR MONTAGE

Laurent Senéchal pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Francis Vesin pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Valérie Loiseleux pour LITTLE GIRL BLUE
Yann Dedet pour LE PROCÈS GOLDMAN
Lilian Corbeille pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DES MEILLEURS COSTUMES

Jürgen Doering pour JEANNE DU BARRY
Pascaline Chavanne pour MON CRIME
Tran Nu Yên Khê pour LA PASSION DE DODIN BOUFFANT
Ariane Daurat pour LE RÈGNE ANIMAL
Thierry Delettre pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DES MEILLEURS DÉCORS

Emmanuelle Duplay pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Angelo Zamparuiti pour JEANNE DU BARRY
Toma Baquéni pour LA PASSION DE DODIN BOUFF
Julia Lemaire pour LE RÈGNE ANIMAL
Stéphane Taillasson LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

CÉSAR DES MEILLEURS EFFETS VISUELS

Thomas Duval pour ACIDE
Lise Fischer, Cédric Fayolle pour LA MONTAGNE
Cyrille Bonjean, Bruno Sommier, Jean-Louis Autret pour LE RÈGNE ANIMAL
Olivier Cauwet pour LES TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)
Léo Ewald pour VERMINES

CÉSAR DE LA MEILLEURE RÉALISATION

Justine Triet pour ANATOMIE D’UNE CHUTE
Catherine Breillat pour L’ÉTÉ DERNIER
Jeanne Herry pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES
Cédric Kahn pour LE PROCÈS GOLDMAN
Thomas Cailley pour LE RÈGNE ANIMAL

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE D’ANIMATION

DRÔLES D’OISEAUX réalisé par Charlie Belin
ÉTÉ 96 réalisé par Mathilde Bédouet
LA FORÊT DE MADEMOISELLE TANG réalisé par Denis Do

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE

L’ACTEUR, OU LA SURPRENANTE VERTU DE L’INCOMPRÉHENSION réalisé par Hugo David, Raphaël Quenard
L’EFFET DE MES RIDES réalisé par Claude Delafosse
LA MÉCANIQUE DES FLUIDES réalisé par Gala Hernandez Lopez

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DE FICTION

L’ATTENTE réalisé par Alice Douard
BOLÉRO réalisé par Nans Laborde-Jourdàa
RAPIDE réalisé par Paul Rigoux
LES SILENCIEUX réalisé par Basile Vuillemin

CÉSAR DU MEILLEUR FILM D’ANIMATION

INTERDIT AUX CHIENS ET AUX ITALIENS réalisé par Alain Ughetto
LINDA VEUT DU POULET réalisé par Chiara Malta, Sébastien Laudenbach
MARS EXPRESS réalisé par Jérémie Périn

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE

ATLANTIC BAR réalisé par Fanny Molins
LES FILLES DIOLFA réalisé par Kaouther Ben Hania
LITTLE GIRL BLUE réalisé par Mona Achache
NOTRE CORPS réalisé par Claire Simon
SUR L’ADAMANT réalisé par Nicolas Philibert

CÉSAR DU MEILLEUR PREMIER FILM

BERNADETTE réalisé par Léa Domenach
CHIEN DE LA CASSE réalisé par Jean-Baptiste Durand
LE RAVISSEMENT réalisé par Iris Kaltenbâck
VERMINES réalisé par Sébastien Vanicek
VINCENT DOIT MOURIR réalisé par Stéphan Castang

CÉSAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER

L’ENLÈVEMENT réalisé par Marco Bellocchio
LES FEUILLES MORTES réalisé par Aki Kaurismâki
OPPENHEIMER réalisé par Christopher Nolan
PERFECT DAYS réalisé par Wim Wenders
SIMPLE COMME SYLVAIN réalisé par Monia Chokri

CÉSAR DU MEILLEUR FILM*

ANATOMIE D’UNE CHUTE réalisé par Justine Triet
CHIEN DE LA CASSE réalisé par Jean-Baptiste Durand
JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES réalisé par Jeanne Herry
LE PROCÈS GOLDMAN réalisé par Cédric Kahn
LE RÈGNE ANIMAL réalisé par Thomas Cailley

*Les 5 films nommés au César du Meilleur Film seront également soumis au vote de 2 286 lycéens pour le César des Lycéens.

Récapitulatif des nominations pour les César 2024

12 pour LE RÈGNE ANIMAL

11 pour ANATOMIE D’UNE CHUTE

9 pour JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

8 pour LE PROCÈS GOLDMAN

7 pour CHIEN DE LA CASSE

6 pour TROIS MOUSQUETAIRES (PARTIE 1 : D’ARTAGNAN / PARTIE 2 : MILADY)

4 pour L’ÉTÉ DERNIER

4 pour L’AMOUR ET LES FORÊTS

3 pour LITTLE GIRL BLUE

3 pour LA PASSION DE DODIN BOUFFANT

2 pour LE CONSENTEMENT

2 pour JEANNE DU BARRY

2 pour LE RAVISSEMENT

2 pour LE THÉORÈME DE MARGUERITE

2 pour VERMINES

2 pour YANNICK

1 pour L’ABBÉ PIERRE – UNE VIE DE COMBATS

1 pour ACIDE

1 pour L’ACTEUR, OU LA SURPRENANTE VERTU DE L’INCOMPRÉHENSION

1 pour ATLANTIC BAR

1 pour L’ATTENTE

1 pour BERNADETTE

1 pour BOLÉRO

1 pour DE GRANDES ESPÉRANCES

1 pour DISCO BOY

1 pour DRÔLES D’OISEAUX

1 pour L’EFFET DE MES RIDES

1 pour L’ENLÈVEMENT

1 pour ÉTÉ 96

1 pour LES FEUILLES MORTES

1 pour LA FILLE DE SON PÈRE

1 pour LA FÔRET DE MADEMOISELLE TANG

1 pour INTERDIT AUX CHIENS ET AUX ITALIENS

1 pour LES FILLES D’OLFA

1 pour LINDA VEUT DU POULET

1 pour MARS EXPRESS

1 pour LA MÉCANIQUE DES FLUIDES

1 pour MON CRIME

1 pour LA MONTAGNE

1 pour NOTRE CORPS

1 pour OPPENHEIMER

1 pour PERFECT DAYS

1 pour RAPIDE

1 pour LES SILENCIEUX

1 pour SIMPLE COMME SYLVAIN

1 pour SUR L’ADAMANT

1 pour VINCENT DOIT MOURIR

1 pour LA VOIE ROYALE

 

Anatomie d’une chute  et ascension gagnante pour Justine Triet

Anatomie d’une chute et ascension gagnante pour Justine Triet

ANATOMIE D'UNE CHUTE

Drame – Thriller judiciaire – 2023 – 2h30 (BR) 2h25 (DVD) – France
Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet & Arthur Harari
Avec Sandra Hüller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner, Antoine Reinartz, Samuel Theis, Jenny Beth…

Sorti en salles le 23 août 2023

Disponible en BR, DVD, VOD & EST – le 21 décembre 2023 – Le Pacte
BLU RAY : un BR avec le film + un DVD de bonus)
DVD : un DVD avec le film et un second DVD de bonus)
Image : 16/9 – 1.85 :1 – Son : DTS-HD 5.1 & 2.0
Audiodescription

L’histoire
Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère, véritable dissection du couple.

Le film *****
Voilà un film qui n’a pas volé sa Palme d’or en mai dernier. Après LA BATAILLE DE SOLFERINO, VICTORIA et SYBIL, Justine Triet est passée à la vitesse supérieure avec ce film brillant dont elle a cosigné le scénario avec son compagnon, l’acteur réalisateur Arthur Harari (DIAMANT NOIR, ONODA-10 000 NUITS DANS LA JUNGLE)

Plus qu’un simple, mais fascinant film de procès, ANATOMIE D’UNE CHUTE fait l’autopsie d’un cataclysme conjugal. Justine Triet y prend son temps pour tenter de dénouer les fils d’une relation ambigüe et toxique.
Résultat, ANATOMIE D’UNE CHUTE s’y révèle en drame psychologique palpitant et implacable dont on ressort épuisé, à l’image de ses principaux protagonistes, tant le propos et l’ambiance du film sont puissants…

Outre son formidable scénario, il convient de saluer le remarquable travail de montage effectué, surtout quand on découvre dans les bonus qui accompagnent le film, la puissance de certaines prises abandonnées au profit d’autres pour le bénéfice du récit. Justine Triet démontre avec un bel aplomb à quel point le cinéma est une affaire de point de vue et de choix !

Il est évidemment impossible de parler d’ANATOMIE D’UNE CHUTE sans évoquer l’incroyable prestation de son interprète principale. Si l’ensemble du casting est à saluer, l’incarnation par Sandra Hüller de cette femme accusée d’avoir tué son mari, est absolument sidérante.
ANATOMIE D’UNE CHUTE est tout à la fois une étude subtile sur le couple, un passionnant film de procès et un superbe portrait de femme. Du grand art et un grand film, le meilleur de Justine Triet, sans aucun doute. On attend la suite avec une impatience non dissimulée.

Bonus *****
6 scènes coupées et alternatives, avec ou sans commentaires de Justine Triet

Entretiens :
« Anatomie d’un scénario » avec Justine Triet & Arthur Harari (32 mn)
« Anatomie d’un film » avec Justine Triet & les producteurs du film (36 mn)
Entretien Swann Arlaud et Milo Machado-Graner (21 mn)
Entretien avec Antoine Reinartz et Vincent Courcelle-Labrousse, avocat et conseiller juridique sur le film (22 mn)
« Anatomie d’un procès » avec Vincent Courcelle-Labrousse, avocat et conseiller juridique sur le film (15mn)

Casting Milo Machader-Graner (7 mn)
Call back Milo Machader-Graner (3mn)
Casting Antoine Reinartz

Anatomie des répétitions 2021 /2022 Milo Machado-Graner –  Antoine Reinartz

Secrets de tournage avec Snoop, le chien du film (une réalisation Madmoizelle) : rencontre avec Laura Martin coach animalier sur le film (8 mn)

Saluons la très heureuse initiative du Pacte (distributeur du film et éditeur des BR/DVD) qui avec la complicité de la réalisatrice nous offre un vrai et somptueux menu de bonus.
Difficile de vous en faire un compte rendu complet mais sachez néanmoins que la durée totale de ces suppléments avoisine les 4 heures (3H42 pour être précis).

Si tous ces bonus s’avèrent pertinents, on mettra plus particulièrement l’accent sur l’imposante sélection de scènes coupées et alternatives. Dans la plupart des cas, ce type de bonus n’apporte pas grand-chose, or, ici la proposition s’avère extrêmement pertinente tant ils permettent de parfaitement appréhender les méthodes de travail de Justine Triet. On y perçoit à quel point, ce film puissant s’est construit en 3 étapes, l’écriture, le tournage et le montage. On ne peut que vous conseiller de découvrir ces longues séquences bonus avec leurs commentaires passionnants et indispensables assurés par la cinéaste.

A voir absolument aussi, en parfait complément à ses séances de casting et à son échange avec Swann Arlaud, la séquence consacrée aux répétitions du jeune Milo Machado-Graner.
Des séances de travail intenses avec différents membres de l’équipe technique et artistique du film, qui permettent de voir à quel point la composition du jeune Milo est exceptionnelle d’intelligence et de maturité.

Interview – A propos de Joan – Laurent Larivière passe un pacte avec le spectateur

Interview – A propos de Joan – Laurent Larivière passe un pacte avec le spectateur

« Je n’aurais pas pu faire le film sans Isabelle… » Laurent Larivière

Sept ans après JE SUIS UN SOLDAT, le scénariste et réalisateur Laurent Larivière est enfin de retour avec À PROPOS DE JOAN, son second long-métrage, véritable écrin pour le talent fou d’Isabelle Huppert.
Un film qu’il a coécrit avec François Decodts déjà à l’œuvre sur le 1er long.

L’histoire est celle de Joan Verra, une femme farouchement indépendante, amoureuse, habitée par un esprit libre et aventureux. Lorsque son premier amour revient sans prévenir après des années d’absence, elle décide de ne pas lui avouer qu’ils ont eu un fils ensemble. Ce mensonge par omission est l’occasion pour elle de revisiter sa vie : sa jeunesse en Irlande, sa réussite professionnelle, ses amours et sa relation à son fils. Une vie comblée. En apparence…

À PROPOS DE JOAN était présenté dans la sélection « Les flamboyants » au Festival du film francophone d’Angoulême. J’y ai retrouvé avec grand plaisir Laurent Larivière pour évoquer la difficulté à produire un film comme celui-ci aujourd’hui, son plaisir à le construire, à l’écriture, sur le tournage et au montage. Et puis impossible évidemment de ne pas parler de ses comédiens Swann Arlaud & Isabelle Huppert en tête…

A PROPOS DE JOAN, à voir actuellement en salles

INTERVIEW LAURENT LARIVIÈRE

Festival du film de Cabourg – Un palmarès tempétueux !

Festival du film de Cabourg – Un palmarès tempétueux !

C’est un début de soirée vraiment pas comme les autres qui a précédé la traditionnelle cérémonie de clôture du Festival.
En effet, peu après 20 heures et alors que débutait le défilé des invités sur le tapis rouge de la promenade Marcel Proust, devant les photographes et une foule compacte, de très fortes bourrasques sont venues perturber l’événement. Les toiles des tentes installées à l’entrée du casino se sont envolées et le public nombreux a rapidement été évacué par les services de police avant que la mairie de Cabourg n’y interdise toute circulation.

Le temps que chacun reprenne ses esprits, la soirée reprenait son cours presque normal avec la traditionnelle cérémonie de clôture animée par Pierre Zéni.

Retrouvez ci-dessous le palmarès complet de cette 36è édition des journées romantiques.

PALMARÈS COMPLET  

Les Swann d’Or sont décernés chaque année par un groupe de professionnels du cinéma, Le Comité des Swann, qui se réunit en amont du festival pour élire les lauréats romantiques de l’année écoulée.  Et les lauréats 2022 sont :

  • Meilleur film : ON EST FAIT POUR S’ENTENDRE de Pascal Elbé
  • Meilleure réalisation : LES JEUNES AMANTS de Carine Tardieu (Interview de l’équipe du film ci dessous, réalisée au Festival d’Angoulême)
  • Meilleure actrice : Fanny Ardant dans LES JEUNES AMANTS de Carine Tardieu
  • Meilleur acteur : Swann Arlaud dans VOUS NE DÉSIREZ QUE MOI de Claire Simon
  • Meilleur premier film romantique : UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN de Sandrine Kiberlain
  • Prix Gonzague Saint Bris (meilleure adaptation d’une œuvre littéraire) : SERRE MOI FORT de Mathieu Amalric
  • Révélation féminine : Rebecca Marder dans UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN de Sandrine Kiberlain
  • Révélation masculine ex-aequo : Yasin Houicha dans FRAGILE d’Emma Benestan & Thimotée Robart dans LES MAGNÉTIQUES de Vincent Maël Cardona
  • Swann d’honneur : Françoise Fabian

PRIX DU JURY & PRIX DE LA JEUNESSE

Le jury de la compétition Longs métrages présidé par la réalisatrice Diane Kurys a attribué son Grand Prix à NELLY & NADINE de Magnus Guertten. Un film qui s’est offert un beau doublé puisqu’il a également remporté le Prix de la jeunesse attribué par un jury de six lycéennes de seconde.

Le toujours très convoité Prix du public est allé à MARIA RÊVE, 1er long métrage de Lauriane Escaffre & Yvo Muller avec Karin Viard & Grégory Gadebois.

La veille de cette cérémonie de clôture, forte en émotions, c’est le jury court-métrage présidé par Claire Burger & Samuel Theis (tous deux coréalisateurs de PARTY GIRL avec Marie Amachoukeli) qui remettait ses prix …

  • Meilleur court métrage : L’ATTENTE d’Alice Douard avec Clotilde Hesme & Laetitia Dosch
  • Meilleure actrice et meilleur acteur : Clara Antoons & Andranic Manet dans LA LÉGÈRE DÉVIATION DES ATOMES

PRIX PREMIERS RENDEZ- VOUS

Le comité des Swann, encore lui, a attribué au cours de cette même soirée les Prix Premiers Rendez-vous qui récompensent la première apparition d’une actrice et d’un acteur dans un rôle de premier plan.

Cette année, c’est la révélation des OLYMPIADES de Jacques Audiard, Lucie Zhang qui a été sacrée aux côtés d’Aliocha Reinert (Johnny dans PETITE NATURE de Samuel Theis) et Maël Rouin-Berrandou (Nour dans MES FRÈRES ET MOI de Yohan Manca), deux jeunes et brillants comédiens que le comité n’a pas réussi à départager et on les comprend… Au vu de leur formidable complicité (voir la courte interview ci dessous sur le tapis rouge) tout au long de la soirée, gageons qu’on les retrouvera un jour à l’affiche d’un même film.

Excellente nouvelle donc, malgré le contexte pesant de l’époque, le romantisme n’est pas mort ! Rendez-vous donc en juin 2023 pour les 37è journées romantiques du Festival du film de Cabourg.

Interview – Vous ne désirez que moi – Claire Simon

Interview – Vous ne désirez que moi – Claire Simon

« ll n'y a aucune raison de considérer que seule la pornographie est capable de raconter le sexe » Claire Simon

Après la réalisation de plusieurs documentaires (LE BOIS DONT LES REVES SONT FAITS, LE CONCOURS, PREMIERES SOLITUDES…) Claire Simon est de retour, neuf ans après GARE DU NORD, du côté de la fiction avec VOUS NE DESIREZ QUE MOI.

Compagnon de Marguerite Duras depuis deux ans, Yann Andréa éprouve le besoin de parler : sa relation passionnelle avec l’écrivaine ne lui laisse plus aucune liberté, il doit mettre les mots sur ce qui l’enchante et le torture. Il demande à une amie journaliste de l’interviewer pour y voir plus clair. Il va décrire, avec lucidité et sincérité, la complexité de son histoire, leur amour et les injonctions auxquelles il est soumis, celles que les femmes endurent depuis des millénaires…

Adapté du livre « Je voudrais parler de Duras » de Michèle Manceaux, VOUS NE DESIREZ QUE MOI est une œuvre très atypique. Certains diront que ce nouveau film de Claire Simon est bavard, ce n’est pas totalement faux, tant la parole et son écoute sont au cœur du dispositif mis en place par la réalisatrice. Le film étonne par son parti pris de réalisation sous forme de huis clos en temps réel et en longs plans-séquences. Le fantôme de Marguerite Duras irrigue en permanence le film avec d’étonnantes images d’archives, mais aussi à travers une présence que l’on devine à l’étage inférieur de cette pièce unique où se déroule le récit.

C’est Swann Arlaud qui incarne Yann Andréa face à la toujours excellente Emmanuelle Devos, remarquable ici dans l’écoute. Et la composition du comédien fascine, tant il donne le sentiment qu’il invente les mots, le texte, au moment même où il les dit…

C’est dans le cadre du Festival du film de société de Royan que j’ai eu le privilège d’échanger avec Claire Simon, une réalisatrice passionnée qui ne recule jamais devant un défi, comme celui d’adapter ce texte pour le grand écran…

Claire Simon : L’envie est née en relisant ce texte. Ce qui paraît évident, c’est de le faire au théâtre mais je me suis dit « faisons-le au cinéma, montrons qu’une conversation peut être une vraie histoire, avoir une structure narrative totale ».
J’ai réécrit le texte en entier et je trouvais ça génial. J’avais un ami scénariste qui me disait qu’il faisait ça quand il adaptait des textes. Donc, j’ai recopié tout le texte pour l’avoir dans mon ordinateur et j’ai été prise par le suspense. Je me disais « Mais qu’est-ce qu’il va dire après ? c’est dingue ! » Donc j’ai tout écrit, ce qui m’a permis de bien le connaître et ensuite de pouvoir enlever les trucs qui paraissaient inutiles et pour ça, j’ai travaillé un peu sur les coupes avec celle qui fait les dessins, avant justement qu’elle ne s’attaque aux dessins présents dans le film. Vous savez, moi, je suis documentariste, c’est à dire que j’aime le réel. J’ai construit le film par rapport à ce que je voyais quand je lisais. J’ai considéré que j’étais Michèle Manceaux et j’ai donc donné à Michèle Manceaux, le rôle de la metteure en scène.
Ensuite, j’ai utilisé dans la deuxième partie du film des extraits de DURAS FILME (1981), réalisé par le fils de Duras Jean Mascolo, et Jérôme Beaujour, un ami avec qui elle avait écrit La vie matérielle (ndlr : un recueil de texte paru en 1987). DURAS FILME a été réalisé sur le tournage d’AGATHA sur lequel Yann Andréa était présent. Au départ, je n’avais pas pensé mettre ces images, c’est au montage que j’ai décidé de mettre ces deux séquences, quand elle le dirige et quand elle parle de lui.  Je trouvais intéressant que l’on ait la certitude que tout ce qu’il dit est vrai.

Sans ces images, on pourrait penser qu’il nourrit une forme de fantasme à son égard. Elles donnent, en fait, à comprendre qu’il s’agit d’une forme d’amour monstre…
Une passion quoi !  Et en fait, je me suis aussi beaucoup documentée aussi par le livre de Michèle Manceau sur Duras L’ami (1999). Elle raconte l’enregistrement de cet entretien qui l’avait énormément impressionnée.

Qu’est-ce qui vous touche particulièrement chez ce jeune homme de 30 ans ?  
Ce qu’il dit me parle de moi et parle à beaucoup de gens d’eux-mêmes. J’ai des amis qui m’ont dit « Par moments on est Duras, par moments on est lui » et c’est vrai que le rapport de force dans l’amour n’est pas toujours raconté. On voudrait que ça soit parfait et ça se casse la gueule, on ne comprend pas pourquoi ! Donc ça, je trouvais que c’était extrêmement fort, important.
Et puis je trouve qu’un homme comme lui qui a été méprisé injustement, à mon avis, n’est pas forcément un homme bête. Ça, ça me touche beaucoup. Je trouve que ça fait partie de mon féminisme de montrer un homme faible qui est intelligent.

Quel étaient les enjeux en vous lançant dans ce projet peut-être encore plus radical que vos précédents films ? Est-ce facile de convaincre des partenaires de vous suivre dans cette aventure ?
J’ai eu la chance d’avoir un producteur formidable. Quand je lui ai dit que je voulais faire ça, il m’a dit « Je prends tout de suite », donc ça, c’était super. On a ensuite réussi à convaincre quelques organismes comme le CNC ou la région Ile de France. Mais c’est vrai que beaucoup de gens ont peur du mot Duras, ils se disent « ça va être chiant ». Et il y avait une évidemment toujours eu un préjugé sur le fait que ça allait parler beaucoup. Donc, ça n’a pas été simple mais on a eu suffisamment de soutien pour tourner. En télé, Il n’y a que Bruno Deloye chez Ciné+ qui m’as suivi, c’est le seul grand programmateur de la télévision en France. C’est le seul producteur à avoir un niveau si exceptionnel, il est merveilleux et il adore Duras (sourire).
Et puis, surtout que les deux acteurs que j’espérais le plus ont accepté. Ce qui était pour moi le plus important.

Comment justement avez-vous convaincu Swann Arlaud et Emmanuelle Devos de vous suivre ?
Swann Arlaud, ça n’a pas été facile parce que par sa famille, il avait connu Yann Andréa quand il était petit et Yann Andréa n’était pas une personne qui faisait très envie. Il s’est tout le temps fait agresser… quand Duras est morte, quand il a publié Cet amour-là, etc. On voit que les gens n’aiment pas sa position mais moi, c’est le texte que j’ai adapté !
Je ne voulais pas faire un biopic où Swann serait obligé de ressembler à Yann Andréa. L’idée, c’était de trouver quelque chose qui soit commun, de trouver son énergie, son sentiment, ce n’était pas de lui ressembler, quoi.

Il faut dire que tous les deux avaient très envie de tourner ensemble. C’est ce qui m’a le plus enthousiasmé. L’année dernière avec le covid, Ils avaient des dates de théâtre qui ne collaient pas. Moi, après deux lectures à la maison, j’ai dit « Mais il faut tourner ! Si vous avez une semaine, on la prend, vous avez dix jours ? On les prend et on commence ». Et en fait, tous leurs engagements sont tombés et donc on a fait ça comme ça.

Justement quelles ont été les conditions de tournage ? vous cadrez vous-même, mais étiez-vous en équipe réduite sur un film comme celui-ci en quasi-huis-clos ?
Oui, je cadre tout et c’est fondamental ! Sinon, ce sont deux personnes qui discutent, donc ce n’est pas non plus la cavalerie, mais on avait notamment une équipe sérieuse pour la lumière.

Et la forme du film, fiction ou documentaire, elle s’impose en fonction du sujet ?
Les documentaires, vous savez, on est devant rien, il faut que quelque chose apparaisse, donc c’est un défi énorme. Là, c’est autre chose mais j’étais très enthousiaste à faire ça.

Pouvez-vous nous parler du parti pris d’utiliser des dessins pour illustrer les rêves de Michèle Manceaux ?
Oui, ses fantasmes… Une des raisons de départ et de mon envie de raconter cette histoire, c’était vraiment de dire qu’il s’agissait d’une histoire sexuelle, charnelle, parce que c’est une des choses qu’on a dénigrées. Je ne vais pas faire du name dropping mais il y a des biographes de Duras et d’autres qui ont dit qu’il ne se passait rien entre eux, etc. Moi, j’ai cru le texte, je l’ai cru ! J’ai même eu des contacts avec une des amies de Yann Andréa après la mort de Duras qui m’a confirmé tout ça. Peu importe, mais je voulais que ce soit vu et je ne savais pas comment faire. Et finalement, le dessin, c’est ce qui me paraissait le plus important. Ça permettait de montrer les corps, l’étreinte, de la montrer avec du mouvement et avec du sexe. Je trouvais que c’était très important parce qu’il n’y a aucune raison de considérer que seule la pornographie est capable de raconter le sexe. Judith Fraggi qui est la peintre, je lui ai confié deux fois la réalisation d’affiches de mes films et j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Ça a été un très gros travail pour arriver à la ressemblance et à ces scènes où on a vraiment l’impression qu’il y a du mouvement. C’est ça qui était important pour nous.

Le film n’est pas destiné qu’aux seuls adorateurs de Marguerite Duras, bien au contraire.
En revanche, le fantôme de sa très forte personnalité est présent tout au long du récit…

Je l’ai pensé comme ça. Mon modèle pour ce film, c’était Stephen Frears avec THE QUEEN, où il ne fait pas jouer Lady Di. Je trouvais génial la façon dont il représentait Lady Di dans le film. Et donc je me suis dit «Jeanne Moreau est morte, elle était géniale dans le rôle de Duras (ndlr : dans CET AMOUR-LÀ de Josée Dayan en 2002), mais je ne vais pas demander à une actrice de jouer Duras». Et puis, ça n’avait pas de sens pour moi. Je préférais privilégier ce côté fantomatique, on comprend qu’elle en bas dans la maison, lors de ces entretiens entre Yann et Michèle. Et puis, elle est aussi présente à travers les images d’autres films, de temps en temps.

Propos recueillis par Jean-Luc Brunet.

Remerciements à Audrey Grimaud et au Festival du film de société pour l’organisation de cet entretien.