Comme un prince – Combat gagnant pour Mallory Wanecque & Ahmed Sylla

Comme un prince – Combat gagnant pour Mallory Wanecque & Ahmed Sylla

« J’ai trop kiffé !» Mallory Wanecque

COMME UN PRINCE

Un film de Ali Marhyar
Scénario de   Marhyar & Julien Guetta
Avec Ahmed Sylla, Mallory Wanecque, Julia Piaton, Igor Gotesman, Jonathan Cohen, Jonathan Lambert, Habib Dembélé, Malika Azgag, Antoine Gouy, Olivier Rosemberg…
Comédie dramatique – 1H30 – France
Sortie en salles le 17 janvier 2024

L’histoire 
Souleyman, 27 ans, champion de boxe en pleine préparation des J.O. avec l’Équipe de France, voit son avenir s’écrouler lorsqu’il se fissure les os de la main, suite à une bagarre dans un bar. Souleyman se fait exclure de l’équipe et est envoyé au Château de Chambord, où il doit effectuer ses 400 heures de travaux d’intérêt général (T.I.G.) à ramasser les déchets dans les jardins. D’abord insensible au lieu, Souleyman finit par s’intéresser au château, à ceux qui y travaillent, et notamment à Eddy, la responsable événementiel, qui va l’embarquer dans un autre univers. Mais sa rencontre avec Mélissa, une jeune ado au talent exceptionnel pour la boxe, va remettre en question ses projets…

L’avis Cin’Écrans ***
Avec sa première réalisation, le comédien Ali Marhyar signe une comédie sociale sur fond de transmission, sans prétention, mais touchante et pleine de charme.

« Je remercie Ali, il m’a fait passer un cap ! » Ahmed Sylla

De son côté, avec COMME UN PRINCE, Ahmed Sylla élargit son registre de jeu. S’il est toujours aussi drôle et réjouissant dans la comédie pure, le comédien baisse un peu la garde avec le personnage de Souleyman et se laisse aller, avec légèreté, à l’émotion.
Et il faut le dire, Ahmed Sylla est un excellent camarade de jeu. Le comédien ne tire jamais la couverture à lui et laisse exister fortement chacun.e de ses partenaires. Citons parmi ces seconds rôles de choix qui lui donnent la réplique, l’espiègle Julia Piaton ou bien encore Jonathan Cohen, Jonathan Lambert qui sont au cœur de quelques une des plus réjouissantes séquences du film.  
Et surtout n’oublions pas Mallory Wanecque, la formidable révélation du premier film de Lise Akoka et Romane Gueret LES PIRES, et qui confirme ici tout le bien que l’on pensait d’elle.
La jeune actrice dont le tempérament de jeu n’est pas sans rappeler celui de Sara Forestier à ses débuts, possède une formidable énergie et surtout un remarquable sens du rythme. On n’a pas fini d’apprécier son talent (elle sera le 16 octobre à l’affiche de L’AMOUR OUF de Gilles Lellouche) en espérant que les scénaristes et réalisateurs aient une imagination fertile pour ne pas la cantonner au seul registre de jeune femme au tempérament de feu.   

Le + Cin’Écrans
C’est lors du dernier Festival de Sarlat en novembre dernier que nous avons pu échanger avec Ali Marhyar et ses deux principaux comédiens à propos de COMME UN PRINCE. L’occasion de partager quelques instants d’une très belle et non feinte complicité entre Mallory Wanecque et Ahmed Sylla.

INTERVIEW ALI MARHYAR, MALLORY WANECQUE & AHMED SYLLA

La fille de son père… en état de grâce

La fille de son père… en état de grâce

« On est ensemble ou on ne l’est pas… » Erwan Le Duc

LA FILLE DE SON PÈRE

Un film d’Erwan Le Duc
Scénario d’Erwan Le Duc
Avec Nahuel Perez Biscayart, Céleste Brunnquell, Maud Wyler, Mohammed Louridi, Alexandre Steiger, Camille Rutherford…
Comédie dramatique – 1h31 – France
Sorti en salles le 20 décembre 2023

L’histoire 
Etienne a vingt ans à peine lorsqu’il tombe amoureux de Valérie, et guère plus lorsque naît leur fille Rosa. Le jour où Valérie les abandonne, Etienne choisit de ne pas en faire un drame. Etienne et Rosa se construisent une vie heureuse. Seize ans plus tard, alors que Rosa doit partir étudier et qu’il faut se séparer pour chacun vivre sa vie, le passé ressurgit.

L’avis Cin’Écrans ****
PERDRIX, le premier long métrage d’Erwan Le Duc en 2019, nous avait séduit par la douce fantaisie distillée par son scénario et ses comédiens.
Cet automne, c’est Arte qui nous a donné des nouvelles du réalisateur à travers sa toute première et enthousiasmante série SOUS CONTRÔLE.
Et pour redonner un peu de couleurs à cette fin d’année qui en a bien besoin, Erwan Le Duc nous régale d’un second long métrage réjouissant.   
LA FILLE DE SON PÈRE est, en effet, une étonnante comédie burlesque et poétique, dont la liberté de ton fait un bien fou.

Erwan Le Duc n’a pas son pareil pour oser les pas de côté avec un récit débridé et la complicité de son épatant casting. À sa tête, évidemment, la fille et son père incarnés par les excellents Céleste Brunnquell (LES ÉBLOUIS, FIFI, EN THÉRAPIE) et Nahuel Perez Biscayart (120 BATTEMENTS PAR MINUTE, AU REVOIR LÀ-HAUT). Tous deux sont absolument remarquables et parfaitement à l’aise dans l’univers du scénariste – réalisateur. Leur rythme de jeu s’accordant formidablement avec le tempo scénaristique imposé par Erwan Le Duc, passant avec une folle aisance du rire à l’émotion la plus subtile. Le film racontant aussi, et peut être surtout, l’histoire d’un amour inconditionnel…

Si les deux comédiens principaux s’imposent avec grâce et évidence, il serait vraiment injuste de ne pas citer, entre autres, Noémie Lvovsky, Mohammed Louridi ou la trop rare Maud Wyler dont on sent l’infini plaisir qu’ils et elles ont eu à dire les mots et jouer la belle partition de leur metteur en scène.
En sortant du film, une seule envie, celle de vous parler de la jubilation provoquée par certaines idées de mise en scène et quelques séquences mémorables mais nous n’en ferons rien, histoire de vous préserver le plaisir de la surprise.   

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion de la présentation de LA FILLE DE SON PÈRE au Festival du film de Sarlat, début novembre, que nous avons eu le plaisir d’échanger rapidement avec Erwan Le Duc et son actrice fétiche, Maud Wyler, interprète d’Hélène dans le film…

INTERVIEW ERWAN LE DUC & MAUD WYLER

Ma France à moi, liberté, égalité, fraternité ! On y croit encore…

Ma France à moi, liberté, égalité, fraternité ! On y croit encore…

« J’avais besoin de créer des conflits… » Benoit Cohen

MA FRANCE À MOI

Un film de Benoit Cohen
Scénario de Benoit Cohen &
Éléonore Pourriat
Avec Fanny Ardant, Nawid Elham, Pierre Deladonchamps, Suzy Bemba, Elisabeth Margoni, Lionel Abelanski
Comédie dramatique – 1H31 – France
Sorti en salles le 20 décembre 2023

L’histoire 
France, la soixantaine, vit seule dans son appartement bourgeois de l’est parisien. Lorsqu’elle entend parler à la radio d’une association qui met en contact des personnes réfugiées sans logement et celles ayant la possibilité de les accueillir, elle décroche son téléphone pour se porter volontaire. Quelques jours plus tard, Reza, jeune afghan d’à peine vingt ans, débarque dans sa vie. Ces deux êtres, qui n’ont rien en commun, vont devoir apprendre à vivre ensemble…

L’avis Cin’Écrans ***
À l’heure où la France se crispe autour de la future loi immigration, le nouveau film de Benoit Cohen arrive à point nommé pour nous donner à voir, entendre et comprendre (si besoin était) que la solidarité, l’entraide et l’ouverture aux autres sont plus que jamais indispensables.
Et ce que nous montre très bien MA FRANCE À MOI, c’est à quel point l’écoute et la rencontre fonctionnent dans les deux sens. Si au premier abord, on peut penser que Reza reçoit beaucoup de France, cette dernière voit très vite son horizon s’élargir au contact de ce jeune réfugié qui va lui apporter beaucoup plus qu’elle ne l’imaginait.

Avec cette adaptation de son propre livre Mohammad, ma mère et moi, qui raconte l’accueil d’un jeune Afghan par sa mère Marie-France, Benoit Cohen nous livre un film généreux et humaniste qui donne un peu d’espoir dans le genre humain, bien malmené ces derniers temps.

« C’est qui Fanny Ardant ? … » Nawid Elham

MA FRANCE À MOI est porté par la fougue et la fantaisie de Fanny Ardant et par la révélation du talent naissant de Nawid Elham. Un jeune afghan, lui aussi, dont le parcours de vie n’est finalement pas si éloigné de celui de Mohammad Ewaz avec qui l’apprenti comédien a pu échanger tout au long de la fabrication du film.

Le + Cin’Écrans
C’est au Festival du film francophone d’Angoulême où le film était présenté au public, en août dernier, pour la toute première fois, que nous avons eu le plaisir de rencontrer Benoit Cohen. L’occasion pour le réalisateur de nous raconter la genèse de ce projet si personnel. Trois mois plus tard c’est dans le cadre d’un autre festival, celui du film de Sarlat que nous avons eu le privilège d’échanger avec Nawid Elham, le jeune interprète de Mohammad et avec celui qui a inspiré le livre et le film de Benoit Cohen, Mohammad Ewaz. Une rencontre très touchante entre deux réfugiés afghans qui ont su trouver leur place en France, grâce à la bienveillance de quelques personnes dont le réalisateur et sa mère Marie-France. Cette histoire méritait bien d’être racontée en partie sur grand écran…  

INTERVIEW BENOIT COHEN, NAWID ELHAM, MOHAMMAD EWAZ

Soudain seuls … Un couple en survie

Soudain seuls … Un couple en survie

« On a une chance folle de faire du cinéma… » Thomas Bidegain

SOUDAIN SEULS

Un film de Thomas Bidegain
Scénario de Thomas Bidegain & Valentine Monteil d’après le roman d’Isabelle Autissier
Avec Gilles Lellouche & Mélanie Thierry
Drame – Aventure – Romance – 1H50 – France
Sorti en salles le 6 décembre 2023

L’histoire  
En couple depuis 5 ans, Ben et Laura ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d’atteindre l’Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques. En pleine exploration, une tempête s’abat sur eux et leur bateau disparaît. Éloignés du monde, soudain seuls face au danger et à l’hiver qui approche, ils vont devoir lutter pour leur survie et celle de leur couple.

L’avis Cin’Écrans
Huit ans après LES COWBOYS, c’est à une grande aventure physique et intime que nous convie Thomas Bidegain (scénariste, entre autres, de Jacques AudiardUN PROPHÈTE, DE ROUILLE ET D’OS…) avec sa seconde réalisation.

Adapté du roman d’Isabelle Autissier, SOUDAIN SEULS devait se tourner, à l’origine, en anglais avec Jake Gyllenhaal et Vanessa Kirby pour interprètes. Seulement voilà, comme nous l’explique le réalisateur au cours de notre interview, l’idylle avec ses comédiens a tourné court à quelques semaines du début du tournage…
Mais grâce à la ténacité de son fidèle producteur, Alain Attal, Thomas Bidegain revoit sa copie en compagnie de sa coscénariste Valentine Monteil avant de convaincre Gilles Lellouche et Mélanie Thierry de le suivre sur ce projet original et un peu fou.
Il entraine alors ses deux interprètes sur une île nichée au cœur de l’Islande pour y donner corps à ce « survival » à la française. Pari plus que réussi avec deux acteurs très investis, une équipe réduite et un bout de rocher hostile sur lequel va se jouer une aventure humaine intense et hors du commun.

SOUDAIN SEULS embarque le spectateurs sur la trace de ses deux seuls protagonistes en lutte pour leur survie et celle de leur couple. Résultat, un film très efficace en forme de grand huit émotionnel, à mi-chemin entre le thriller et le drame psychologique.
Avec la complicité de ses deux formidables interprètes, le réalisateur relève donc haut la main l’impressionnant défi de ce second long métrage dont le tournage, c’est peu de le dire, n’a pas été de tout repos…

 

Le + Cin’Écrans
C’est en ordre dispersé que nous avons eu le plaisir d’échanger avec Thomas Bidegain et Mélanie Thierry autour de SOUDAIN SEULS. C’est à l’occasion du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, en octobre dernier que nous avons rencontré le scénariste réalisateur avant de retrouver sa remarquable interprète Mélanie Thierry, un mois plus tard au Festival du film de Sarlat.  
Et l’occasion d’évoquer évidement à chaque fois le souvenir d’une aventure pas comme les autres…   

INTERVIEW THOMAS BIDEGAIN & MÉLANIE THIERRY

Ladj Ly & Anta Diaw entre les murs du Bâtiment 5

Ladj Ly & Anta Diaw entre les murs du Bâtiment 5

« Sur le terrain, c’est presque désespérant mais il faut garder espoir … » Ladj Ly

BÂTIMENT 5

Un film de Ladj Ly
Scénario de Ladj Ly & Giordano Gederlini
Avec Anta Diaw, Alexis Manenti, Aristote Luyindula, Steve Tientcheu, Aurélia Petit, Jeanne Balibar, Bass Dhem, Nabil Akrouti, Judy Al Rashi…
Drame – 1H40 – France
Sortie en salles le 6 décembre 2023

L’histoire  
Haby, jeune femme très impliquée dans la vie de sa commune, découvre le nouveau plan de réaménagement du quartier dans lequel elle a grandi. Mené en catimini par Pierre Forges, un jeune pédiatre propulsé maire, il prévoit la démolition de l’immeuble où Haby a grandi. Avec les siens, elle se lance dans un bras de fer contre la municipalité et ses grandes ambitions pour empêcher la destruction du bâtiment 5.

L’avis Cin’Écrans ****
4 ans après l’immense succès critique et public de son premier long métrage, LES MISÉRABLES, Ladj Ly est de retour avec BÂTIMENT 5, un riche et puissant drame humain sur la question très sensible du mal logement.  
Ce second volet de sa trilogie consacrée à la banlieue raconte le difficile mais utile combat d’une jeune femme pour empêcher la destruction du fameux Bâtiment 5.

C’est sur le tournage du JEUNE IMAM de Kim Chapiron dont il était coscénariste et producteur que Ladj Ly a flashé sur les qualités de comédienne d’Anta Diaw. Un talent largement mis en valeur à travers le personnage d’Haby auquel la jeune actrice apporte sa fougue et son énergie vitale. Un vrai challenge quand on donne la réplique à des acteurs aussi chevronnés qu’Alexis Manenti (César du jeune espoir masculin pour LES MISÉRABLES) ou Steve Tientcheu (LES MISÉRABLES, NENEH SUPERSTAR…).
Nul doute que la belle personnalité d’Anta Diaw inspirera très vite d’autres cinéastes.

Avec BÂTIMENT 5, Ladj Ly confirme, lui aussi, tout le bien que l’on pensait de son engagement et de son cinéma. S’il se savait attendu après le carton des MISÉRABLES, le cinéaste n’a pas baissé la garde, bien au contraire, et nous balance à la face un pamphlet salutaire contre les vicieuses et intolérables politiques d’exclusion, notamment par le logement.
A l’exclusion d’une séquence finale démonstrative et curieusement maladroite, BÂTIMENT 5 s’avère être une œuvre politique percutante mais nuancée. À voir donc…

Le + Cin’Écrans
C’est à l’issue d’une projection de BÂTIMENT 5 devant plusieurs centaines de lycéens au Festival du film de Sarlat que nous avons eu le plaisir de rencontrer Ladj Li et Anta Diaw, la remarquable interprète d’Haby.

L’occasion pour nous d’en savoir plus sur ce film choc qui, quelques heures après cet entretien, allait rafler le prix du jury jeunes et le prix des lycéens.

A leurs côtés, Nabil Aboukri, comédien et ami d’enfance de Ladj Ly, ancien habitant du fameux Bâtiment 5 qui interprète l’un des porteurs de cercueil au début du film.

INTERVIEW LADJ LY, ANTA DIAW & NABIL ABOUKRI