Et alors…
Si la saison 1 d’Hippocrate avait séduit sans mal l’amateur que je suis du cinéma humaniste de Thomas Lilti, la seconde saison actuellement diffusée sur Canal + m’a carrément emballée.
Il faut dire que le cinéaste – médecin n’a pas son pareil pour nous plonger au cœur d’un monde que chacun a déjà fréquenté sans forcément bien le connaître. Un monde avec ses codes et son quotidien souvent pesant (même si l’humour et une forme de trivialité y cohabitent également), la faute à un manque cruel de moyens matériels et humains…
Même avec la meilleure volonté du monde, nos soignants qui se dépassent très (trop) souvent, sans même une simple reconnaissance de base, ne peuvent faire des miracles en permanence. C’est terrible, c’est cruel mais cette situation perdurera, tant qu’une volonté politique forte n’y mettra pas un terme. C’est cet aveu d’impuissance, de désenchantement que dresse Thomas Lilti à travers le récit du parcours croisé et des interrogations de ses principaux protagonistes.
Et pourtant, tous y ont cru (Hugo/ Zaccharie Chasseriaud ou Chloé/Louise Bourgoin rongés par le doute), ou veulent encore y croire (Arben/Karim Leklou prêt à tout pour exercer).
Saluons, à ce titre, l’absolue justesse et l’équilibre de ce magnifique casting. On retrouve avec beaucoup de plaisir et d’émotion les principaux protagonistes de la saison 1, mais aussi quelques petits nouveaux comme le génial Bouli Lanners, alias Olivier Brun, récent chef des urgences (l’émotion provoquée par son 1er échange avec Arben…), ou de Théo Navarro-Mussy dans le rôle d’Igor, un jeune interne qui donne beaucoup de sa personne…
Thomas Lilti signe, sans aucun doute, avec cette saison 2 d’Hippocrate, son œuvre la plus aboutie. Une série remarquablement écrite interprétée et mise en scène, qui nous entraine au cœur des Urgences et du quotidien de ses médecins, soignant.es, infirmier.es.
Gageons qu’un jour, cet hôpital en péril et situation de crise permanente, montré par le cinéaste ne sera plus que pure fiction… Thomas Lilti pourra alors passer à autre chose et aborder d’autres sujets avec le même talent, la même bienveillance. On a hâte !