SI TU PENSES BIEN
Un film de Géraldine Nakache
Scénario de Géraldine Nakache & David Lambert
Avec Monia Chokri, Niels Schneider, Clémentine Célarié
Drame – France – 2026 – 1h34
Sortie en salles le 16 septembre 2026
L’histoire
Lorsque Gil rencontre Jacques, leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie…
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****
SI TU PENSES BIEN … appelle évidemment la suite du propos asséné par Jacques à Gil… Il ne t’arrivera que du bien !
Ce titre puissant instaure immédiatement ce malaise qui va aller grandissant au fil d’un récit subtil mais implacable qui dissèque les mécanismes invisibles de l’emprise conjugale.
Le temps de ce quatrième long-métrage, Géraldine Nakache délaisse donc le registre de la comédie (TOUT CE QUI BRILLE, J’IRAI OÙ TU IRAS) qui lui va si bien pour nous livrer un drame psychologique intense et asphyxiant autour de la masculinité toxique. Et si l’on est en droit d’être surpris (mais à quel titre ? ), on ne peut que saluer la réussite d’un film qui ne cède jamais à la facilité.
A l’instar de son scénario coécrit avec le cinéaste David Lambert (HORS LES MURS, LES TORTUES), la mise en scène du film refuse la violence physique brute ou spectaculaire pour mieux exposer la terrifiante et quotidienne érosion mentale de Gil.
Pour renforcer le sentiment d’enfermement de son héroïne, la cinéaste privilégie les plans serrés sur les visages, les silences pesants et une utilisation quasi sensorielle de certains lieux comme lors des séquences au Mikvé (bain rituel utilisé pour l’ablution nécessaire aux rites de pureté familiale dans le judaïsme).
C’est l’actrice-réalisatrice de SIMPLE COMME SYLVAIN, Monia Chokri qui incarne avec une vulnérabilité bouleversante cette femme forte qui perd tous ses repères face à la violence insidieuse et psychologique que lui fait subir son compagnon-bourreau. Son incarnation subtile de Gil à d’ailleurs valu à la comédienne le très mérité Valois de l’actrice lors du dernier Festival du film francophone d’Angoulême.
Face à elle, Niels Schneider, l’un des acteurs les plus brillants et les plus étonnants de ces dernières années. Très remarqué récemment (et méconnaissable) dans L’INCONNUE d’Arthur Harari et dans LA BATAILLE DE GAULLE d’Antonin Baudry, le comédien compose ici de manière magistrale un prédateur du quotidien glacial, manipulateur et faussement bienveillant qui maintient sa compagne sous une terrible domination psychique.
Ce film dont le propos n’est jamais manichéen peut également être vu comme un véritable pamphlet contre l’instrumentalisation de la religion à des fins manipulatrices. Un point de vue salutaire par les temps qui courent…
SI TU PENSES BIEN est un long-métrage intime, puissant et utile sur l’emprise qui ne peut et ne doit laisser indifférent.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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