L’homme d’argile, fragile et puissant Raphaël (Thiéry)

L’homme d’argile, fragile et puissant Raphaël (Thiéry)

« J’ai livré une idée à Anaïs et c’est elle qui s’est emparée de ce scénario…» Raphaël Thiéry

L’HOMME D’ARGILE

Un film d’Anaïs Tellenne
Scénario d’Anaïs Tellenne
Avec Emmanuelle Devos, Raphaël Thiéry, Mireille Pitot, Marie-Christine Orry
Drame – Romance – 1h34 – France
Sortie en salles le 24 janvier 2024

L’histoire 
Raphaël n’a qu’un œil. Il est le gardien d’un manoir dans lequel plus personne ne vit. À presque 60 ans, il habite avec sa mère un petit pavillon situé à l’entrée du grand domaine bourgeois. Entre la chasse aux taupes, la cornemuse et les tours dans la Kangoo de la postière, les jours se suivent et se ressemblent. Par une nuit d’orage, Garance, l’héritière, revient dans la demeure familiale. Plus rien ne sera plus jamais pareil.

L’avis Cin’Écrans ***
C’est en toute logique et convergence artistique que la réalisatrice Anaïs Tellenne et l’acteur Raphaël Thiéry se sont retrouvés, après 3 courts métrages en commun, pour donner naissance à L’HOMME D’ARGILE.

« Le film interroge cette question : Qu’est-ce que la beauté ? Profondément… » Anaïs Tellenne

Avec à ce premier long métrage, Anaïs Tellenne nous livre une œuvre atypique, dont elle assume pleinement l’artifice (à la manière de LA BELLE ET LA BÊTE de Jean Cocteau) tout en laissant une belle place pour l’émotion qui nait de la relation artistique entre ses deux personnages principaux.

« Tu t’es donné corps et âme à ce film… » Emmanuelle Devos à Raphaël Thiéry

A l’instar de Garance (excellente Emmanuelle Devos), Anaïs Tellenne pose un regard fasciné, plein de tendresse et contagieux sur Raphaël. Nul doute que cet HOMME D’ARGILE n’existerait pas sans la présence du magnétique Raphaël Thiéry. Espérons maintenant que sa composition puissante et fragile à la fois, incite d’autres cinéastes à lui écrire d’autres rôles à sa démesure.

Le + Cin’Écrans
C’est en octobre dernier, dans le cadre chaleureux du Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz, que nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer Anaïs Tellenne, Raphaël Thiéry et Emmanuelle Devos.

L’occasion de parler avec la réalisatrice et ses deux principaux comédiens de la genèse de ce premier long-métrage, de leur travail sur la sculpture, la question de la beauté et celle pour un comédien de se retrouver dans la position d’une muse…

INTERVIEW ANAÏS TELLENNE, RAPHAËL THIÉRY & EMMANUELLE DEVOS 

La tête froide – Le prix du passage pour Florence Loiret Caille

La tête froide – Le prix du passage pour Florence Loiret Caille

« … des personnages complexes et ambigus » Stéphane Marchetti

LA TÊTE FROIDE

Un film de Stéphane Marchetti
Scénario de Stéphane Marchetti & Laurette Polmanss
Avec Florence Loiret Caille, Saabo Balde, Jonathan Couzinié, Aurélia Petit, Marie Narbonne, Philippe Frécon, Souleymane Toure…
Drame – Thriller – 1H32 – France
Sortie en salles le 17 janvier 2024

L’histoire 
Dans les Alpes enneigées, en plein hiver. Pour boucler ses fins de mois, Marie, 45 ans, trafique des cartouches de cigarettes entre la France et l’Italie avec l’aide de son amant Alex, policier aux frontières. Lorsqu’elle rencontre Souleymane, jeune réfugié, prêt à tout pour rejoindre sa petite sœur, elle s’embarque dans un engrenage bien plus dangereux qu’elle ne l’avait imaginé.

L’avis Cin’Écrans *** ½
Documentariste réputé et lauréat du Prix Albert-Londres en 2008 pour RAFAH, CHRONIQUES D’UNE VILLE DANS LA BANDE DE GAZA coréalisé avec Alexis Monchovet) Stéphane Marchetti réussit son passage à la fiction.

Avec LA TÊTE FROIDE, le réalisateur signe un drame social glaçant aux allures de thriller et de film noir.
Stéphane Marchetti documente le parcours croisé d’une femme qui s’improvise passeuse et d’un jeune migrant déterminé. La rencontre de deux solitudes entre opportunisme et solidarité…
Une des grandes réussites du film tient dans sa volonté de ne jamais poser un regard moralisateur sur ses protagonistes. Stéphane Marchetti ne juge jamais ses personnages mais expose, au plus près, leur situation singulière et souvent désespérante.
Les parti-pris scénaristiques de Stéphane Marchetti font que son propos et son récit ne sont jamais manichéens. A l’instar de Marie et Souleymane, nous sommes en permanence en proie aux doutes et aux questionnements existentiels.
La découverte de LA TÊTE FROIDE confirme pleinement, si besoin était, la complexité de l’être humain et de celle de ce type de situation quand on y est confronté. De près ou de loin…

Grâce à la composition très juste de ses deux principaux interprètes, Florence Loiret Caille et Saabo Balde, le spectateur est embarqué dans cette haletante et touchante aventure humaine qui ne sombre jamais dans le pathos.

A noter que l’excellente Florence Loiret Caille a été fort justement récompensée en novembre dernier d’un prix d’interprétation féminine pour sa prestation lors du Festival du film de Sarlat.

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion de la toute première présentation publique de LA TÊTE FROIDE au Festival du film francophone d’Angoulême, en août dernier, que nous avons rencontré le réalisateur et ses deux principaux comédiens, Florence Loiret Caille & Saabo Balde, belle révélation du film.

INTERVIEW STEPHANE MARCHETTI, FLORENCE LOIRET CAILLE & SAABO BALDE

Comme un prince – Combat gagnant pour Mallory Wanecque & Ahmed Sylla

Comme un prince – Combat gagnant pour Mallory Wanecque & Ahmed Sylla

« J’ai trop kiffé !» Mallory Wanecque

COMME UN PRINCE

Un film de Ali Marhyar
Scénario de   Marhyar & Julien Guetta
Avec Ahmed Sylla, Mallory Wanecque, Julia Piaton, Igor Gotesman, Jonathan Cohen, Jonathan Lambert, Habib Dembélé, Malika Azgag, Antoine Gouy, Olivier Rosemberg…
Comédie dramatique – 1H30 – France
Sortie en salles le 17 janvier 2024

L’histoire 
Souleyman, 27 ans, champion de boxe en pleine préparation des J.O. avec l’Équipe de France, voit son avenir s’écrouler lorsqu’il se fissure les os de la main, suite à une bagarre dans un bar. Souleyman se fait exclure de l’équipe et est envoyé au Château de Chambord, où il doit effectuer ses 400 heures de travaux d’intérêt général (T.I.G.) à ramasser les déchets dans les jardins. D’abord insensible au lieu, Souleyman finit par s’intéresser au château, à ceux qui y travaillent, et notamment à Eddy, la responsable événementiel, qui va l’embarquer dans un autre univers. Mais sa rencontre avec Mélissa, une jeune ado au talent exceptionnel pour la boxe, va remettre en question ses projets…

L’avis Cin’Écrans ***
Avec sa première réalisation, le comédien Ali Marhyar signe une comédie sociale sur fond de transmission, sans prétention, mais touchante et pleine de charme.

« Je remercie Ali, il m’a fait passer un cap ! » Ahmed Sylla

De son côté, avec COMME UN PRINCE, Ahmed Sylla élargit son registre de jeu. S’il est toujours aussi drôle et réjouissant dans la comédie pure, le comédien baisse un peu la garde avec le personnage de Souleyman et se laisse aller, avec légèreté, à l’émotion.
Et il faut le dire, Ahmed Sylla est un excellent camarade de jeu. Le comédien ne tire jamais la couverture à lui et laisse exister fortement chacun.e de ses partenaires. Citons parmi ces seconds rôles de choix qui lui donnent la réplique, l’espiègle Julia Piaton ou bien encore Jonathan Cohen, Jonathan Lambert qui sont au cœur de quelques une des plus réjouissantes séquences du film.  
Et surtout n’oublions pas Mallory Wanecque, la formidable révélation du premier film de Lise Akoka et Romane Gueret LES PIRES, et qui confirme ici tout le bien que l’on pensait d’elle.
La jeune actrice dont le tempérament de jeu n’est pas sans rappeler celui de Sara Forestier à ses débuts, possède une formidable énergie et surtout un remarquable sens du rythme. On n’a pas fini d’apprécier son talent (elle sera le 16 octobre à l’affiche de L’AMOUR OUF de Gilles Lellouche) en espérant que les scénaristes et réalisateurs aient une imagination fertile pour ne pas la cantonner au seul registre de jeune femme au tempérament de feu.   

Le + Cin’Écrans
C’est lors du dernier Festival de Sarlat en novembre dernier que nous avons pu échanger avec Ali Marhyar et ses deux principaux comédiens à propos de COMME UN PRINCE. L’occasion de partager quelques instants d’une très belle et non feinte complicité entre Mallory Wanecque et Ahmed Sylla.

INTERVIEW ALI MARHYAR, MALLORY WANECQUE & AHMED SYLLA

Iris et les hommes – Mise en application

Iris et les hommes – Mise en application

« … Pas de quoi en faire un drame ! » Caroline Vignal

IRIS ET LES HOMMES

Un film de Caroline Vignal
Scénario de Caroline Vignal avec la collaboration de Noémie De Lapparent
Avec Laure Calamy, Vincent Elbaz, Laurent Poitrenaud, Suzanne de Baecque, Sylvain Catan, Olivia Côte…
Comédie – 1h38 – France
Sortie en salles le 3 janvier 2024

L’histoire 
Un mari formidable, deux filles parfaites, un cabinet dentaire florissant : tout va bien pour Iris. Mais depuis quand n’a-t-elle pas fait l’amour ? Peut-être est-il temps de prendre un amant. S’inscrivant sur une banale appli de rencontre, Iris ouvre la boite de Pandore. Les hommes vont tomber… Comme s’il en pleuvait !

L’avis Cin’Écrans ***
20 ans séparent la sortie du premier long métrage de Caroline Vignal LES AUTRES FILLES (2000) de son second, ANTOINETTE DANS LES CÉVENNES.
Après le très joli succès critique et public de cette comédie avec Laure Calamy, la réalisatrice est donc déjà de retour avec IRIS ET LES HOMMES.
Ce troisième film est né des retrouvailles de la réalisatrice avec une amie d’une cinquantaine d’années qui lui a raconté ses expériences, suite à son inscription sur un site de rencontres.
Un récit qui a inspiré Caroline Vignal, au point de s’inscrire à son tour sur Tinder afin de nourrir d’infos et d’anecdotes réelles, le scénario de son projet.
Résultat, IRIS ET LES HOMMES, une joyeuse peinture de mœurs féministe sur le désir, portée par la fougue et l’énergie de la pétillante Laure Calamy.
En découvrant le film, on a d’ailleurs beaucoup de mal à imaginer que ce choix de Laure Calamy n’était pas une évidence au départ pour la réalisatrice, tant l’interprète d’Iris impose son tempo à ce personnage de femme bien décidée à reprendre sa vie en main, guidée par son seul désir.
Si elle n’évite pas quelques clichés et quelques longueurs, Caroline Vignal s’affranchit en revanche, avec intelligence et inventivité de la mise en image, souvent laborieuse, des échanges sur les réseaux et applications.
Si Iris ne possède pas tout à fait le charme d’Antoinette, son interprète, Laure Calamy finit néanmoins par nous entraîner, sans trop de mal, dans sa quête de plaisir.

Le + Cin’Écrans
C’est au cours du Festival du film francophone d’Angoulême en août dernier que nous avons croisé Vincent Elbaz pour évoquer son personnage de Stéphane, le mari d’Iris.
Et début décembre, c’est dans le cadre du Festival du film de société de Royan que nous avons échangé avec Caroline Vignal sur la genèse de cette comédie de mœurs décomplexée autour du désir féminin.   

INTERVIEWS CAROLINE VIGNAL & VINCENT ELBAZ

Le plongeur et des spectateurs en immersion !

Le plongeur et des spectateurs en immersion !

« Le jeu, ça ne m’a jamais intéressé ! » Henri Picard

LE PLONGEUR

Un film de Francis Leclerc
Scénario d’Éric K. Boulianne & Francis Leclerc d’après le roman homonyme de Stéphane Larue
Avec Henri Richer-Picard, Charles-Aubey Houde, Joan Hart, Maxime de Cotret
Drame – 2h07 – Québec
Sorti en salles le 3 janvier 2024

L’histoire 
Stéphane, 19 ans, rêve de devenir illustrateur. Accro aux jeux d’argent, il s’engouffre dans une spirale infernale. Endetté, sans appartement, fuyant ses amis à qui il doit de l’oseille, il trouve un job de plongeur au restaurant La Trattoria pour s’en sortir.

L’avis Cin’Écrans ****
Très inspiré par le cinéma noir américain des années 70, celui de Martin Scorsese ou Sidney Lumet, Francis Leclerc nous invite avec son 6ème long métrage à suivre au plus près le parcours accidenté de Stéphane au cœur de Montréal.
Librement adapté d’un best-seller canadien de Stéphane Larue, LE PLONGEUR dresse le portrait d’un jeune homme addict aux jeux, « obligé » de mentir pour subvenir à ses besoins et survivre dans le monde, plein de faux semblants, de la nuit et de la restauration.

« J’ai vu à peu près tous les films avec Al Pacino des années 70 pour la préparation du film ! » Francis Leclerc

Ce film tendu, rythmé par sa bande son entre rap, rock et heavy metal, navigue avec aisance entre drame psychologique et polar.
La mise en scène aérienne de Francis Leclerc s’adapte en permanence au rythme des émotions de son principal protagoniste. Après une brillante séquence introductive au ralenti, où les mouvements de caméra se font virtuoses, le rythme s’accélère et épouse celui frénétique des cuisines ou Stéphane fait son apprentissage de la vie au travail.

Pour incarner Stéphane, le réalisateur a fait appel à Henri Picard, acteur de séries canadiennes, qui tient ici son premier grand rôle au cinéma.
Le jeune et charismatique interprète de Stéphane, qui est pratiquement de toutes les scènes du film, impressionne tant il est à l’aise dans toutes les phases du jeu et les nuances de son personnage. Un personnage tour à tour agaçant, attachant et vulnérable, qui passe son temps à mentir mais dont le spectateur perçoit en permanence la vérité de son ressenti et de sa réalité. Belle performance !

Il faut également louer l’excellence de ses partenaires de jeu tels que Charles Aubey-Houde, Maxime de Cotret ou Joan Hart qui composent des personnages complexes, parfois retors pour certains, mais jamais totalement malfaisants.

Agrémenté d’une beau travail sur le son et la lumière et d’une intelligente voix off (celle de Marc-André Grondin) LE PLONGEUR nous invite à partager une expérience très immersive dans le monde de la restauration, à travers le portrait sans concessions d’un jeune homme en quête de sérénité. À découvrir sans faute !

A propos d’Henri Picard

Le jeune acteur qui nous a déclaré avoir récemment découvert (et adoré) MON ROI et POLISSE de Maïwenn est désormais représenté par une agent en France. Henri Picard espère (et c’est tout le bien qu’on lui souhaite) pouvoir travailler prochainement en France.
En attendant, il poursuit sa carrière au Québec avec notamment deux séries dont LAC-NOIR (dans laquelle il incarne un loup-garou).

Le + Cin’Écrans
C’est en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de parler avec Francis Leclerc et Henri Picard de leur travail sur LE PLONGEUR.

INTERVIEWS FRANCIS LECLERC & HENRI PICARD