Augure, le réalisme magique et poétique de Baloji

Augure, le réalisme magique et poétique de Baloji

« Une sorte d’aboutissement formel auquel on voulait aboutir…» Baloji

AUGURE

L’histoire  
Après 15 ans d’absence, Koffi retourne au Congo pour présenter sa femme, enceinte, à sa famille. Considéré comme un sorcier par les siens, il rencontre trois autres personnages qui, comme lui, veulent s’affranchir du poids des croyances et de leur assignation.

L’avis Cin’Écrans
AUGURE
, premier long métrage du musicien et cinéaste Baloji faisait partie de la sélection Un certain regard au Festival de Cannes 2023. Il y a reçu le Prix de la Nouvelle Voix. Quelques mois plus tard, c’est pour sa mise en scène que Baloji était récompensé au Festival du film francophone d’Angoulême. Un prix amplement mérité, tant la proposition de cet artiste pluriculturel, passionné d’image et de mode, s’avère brillante et originale.
AUGURE a le grand mérite de ne ressembler à aucun autre long-métrage. A condition de vous abandonner au « réalisme magique » cher à son réalisateur synesthète, vous vivrez une véritable expérience de cinéma à la fois déstabilisante et fascinante.
Pour incarner son envie et sa vision de cinéma, Baloji s’est entouré de comédien.ne.s belges comme Marc Zinga (QU’ALLAH BÉNISSE LA FRANCE, NOS PATRIOTES…) et Lucie Debay (NOS BATAILLES, LE SYNDRÔME DES AMOURS PASSÉES…) , de l’actrice rwandaise Eliane Umuhire, formidable interprète de Tshala, mais aussi de jeunes comédiens non professionnels qui apportent une énergie rageuse au film.  
Proposition singulière de cinéma à l’esthétisme baroque, AUGURE mérite amplement d’être découvert sur grand écran.

 

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion de sa présentation en compétition au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu le plaisir de nous plonger dans l’univers d’AUGURE en compagnie de son créateur/réalisateur Baloji et de l’une de ses interprètes Eliane Umuhire, véritable révélation du film.

INTERVIEW BALOJI & ELIANE UMUHIRE

AUGURE

Un film de Baloji
Scénario de Baloji avec la collaboration de Thomas Van Zuylen
Avec Marc Zinga, Lucie Debay, Eliane Umuhire, Yves-Marina Gnahoua …
Drame – 1H30 – Belgique, France, Pays-Bas, République démocratique du Congo, Afrique du sud, Allemagne
Sortie en salles le 29 novembre 2023

Le temps d’aimer… le temps du cinéma !

Le temps d’aimer… le temps du cinéma !

« Je voulais absolument assumer de faire un mélodrame !» Katell Quillévéré

LE TEMPS D’AIMER

Après un détour remarqué par la série en 2022 avec LE MONDE DE DEMAIN qui racontait brillamment la naissance de NTM et du mouvement hip-hop français, Katell Quillévéré retrouve Gilles Taurand, son coscénariste de RÉPARER LES VIVANTS pour LE TEMPS D’AIMER.

Avec ce quatrième long métrage, Katell Quillévéré se frotte avec aplomb et sensibilité au genre ultra codifié du mélodrame.
Avec la magnifique complicité d’Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste, la réalisatrice évite toute complaisance et les pièges du tire-larmes facile, tout en réussissant à nous toucher profondément avec ce récit bouleversant inspiré d’une histoire très personnelle.

L’histoire  
1947. Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. La providence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien…

Vous l’aurez compris, ne loupez surtout pas LE TEMPS D’AIMER, mélodrame sensible et vibrant porté par des interprètes en état de grâce. Très amis dans la vie, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste trouvent avec les personnages de Madeleine et François, l’occasion de nous surprendre à nouveau. Ils sont pour beaucoup dans le charme que procure cette œuvre ample et admirablement mise en scène.

Ne passons pas non plus sous silence le magnifique travail du directeur de la photographie Tom Harari et celui non moins remarquable d’Amine Bouhafa (ALMA VIVA, LES FILLES D’OLFA, ou bien encore LE MONDE DE DEMAIN), qui offre un superbe écrin musical au film.
Vous pourrez d’ailleurs retrouver d’ici quelques jours Amine Bouhafa, l’un de nos plus brillants compositeurs, en interview pour Cin’Écrans.

Le + Cin’Écrans
D’ici là, on vous invite à découvrir sans tarder, LE TEMPS D’AIMER et à retrouver ci-dessous des entretiens avec Katell Quillévéré, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste, sans oublier une rencontre passionnante avec Amine Bouhafa, brillant compositeur de la BO du film. L’occasion pour nous d’évoquer son travail et notamment cette  seconde collaboration avec Katell Quillévéré après LE MONDE DE DEMAIN (série Arte sur la naissance du Hip hop et du groupe NTM).

Ces interviews ont été réalisées en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême.
Un festival qui a couronné LE TEMPS D’AIMER du Valois de diamant du meilleur film et Vincent Lacoste du Valois de l’acteur

INTERVIEW KATELL QUILLÉVÉRÉ, ANAÏS DEMOUSTIER & VINCENT LACOSTE

INTERVIEW AMINE BOUHAFA & KATELL QUILLÉVÉRÉ

INTERVIEW AMINE BOUHAFA À PROPOS DE SON TRAVAIL

LE TEMPS D’AIMER

Un film de Katell Quillévéré
Scénario de Katell Quillévéré & Gilles Taurand
Avec Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Paul Beaurepaire, Morgan Bailey, Ambre Gollut, Dylan Hawkes, Luc Bataini…
Drame – Romance – 2H05 – France
Sortie en salles le 29 novembre 2023

Je ne suis pas un héros… Ses faux pas collent à la peau de Vincent Dedienne

Je ne suis pas un héros… Ses faux pas collent à la peau de Vincent Dedienne

« Arrêtez de penser et de réfléchir à la place du public ! » Rudy Milstein

JE NE SUIS PAS UN HÉROS

JE NE SUIS PAS UN HÉROS est le premier long métrage écrit et réalisé par le comédien Rudy Milstein, principalement connu, jusqu’à présent pour ses rôles au théâtre et notamment la première pièce qu’il a interprétée et mise en scène LES MALHEURS DE RUDY en 2013 (avec déjà à ses côtés son ami Johann Dionnet).

En attendant de le retrouver sur scène en janvier prochain à Paris au théâtre Lepic dans C’EST PAS FACILE D’ÊTRE HEUREUX QUAND ON VA MAL, n’hésitez pas une seconde à découvrir en salles sa réjouissante comédie JE NE SUIS PAS UN HÉROS, portée par un impeccable casting…

L’Histoire   
Louis c’est ce mec super gentil. Et dans son cabinet d’avocat, ce n’est pas un compliment. Le jour où son médecin lui diagnostique par erreur une maladie grave, le regard des autres change : on fait attention à lui, on lui pose des questions et on écoute les réponses, Louis existe enfin ! Alors bien évidemment, il hésite à dire qu’il va très bien.

Le + Cin’Écrans
C’est en octobre dernier, lors du Festival International du film de Saint-Jean-de-LuzJE NE SUIS PAS UN HÉROS était présenté en avant-première que nous avons rencontré Rudy Milstein.

L’occasion d’évoquer entre autres, avec l’acteur, scénariste et réalisateur, la genèse de ce premier long-métrage au sujet casse-gueule à souhait puisque sous prétexte de réaliser un film sur l’apparence, il y aborde avec beaucoup d’humour le cancer et les dommages collatéraux que son annonce peut provoquer…
Rudy Milstein qui nous explique également pourquoi il a choisi d’incarner lui-même Bruno, un personnage (irrésistible de drôlerie)incapable d’éprouver la moindre émotion, suite à un AVC.
Retrouvez également dans ce sujet consacré au film Clémence Poésy et Johann Dionnet qui se sont régalés à donner la réplique à Vincent Dedienne, Géraldine Nakache et à leur partenaire de jeu, réalisateur…  

INTERVIEW RUDY MILSTEIN, CLÉMENCE POÉSY, JOHANN DIONNET

JE NE SUIS PAS UN HÉROS

Un film de Rudy Milstein
Scénario de Rudy Milstein & Théo Courtial
Avec Vincent Dedienne, Géraldine Nakache, Clémence Poésy, Rudy Milstein, Isabelle Nanty, Sam Karmann, Rabah Naït Oufella, Johann Dionnet…
Comédie dramatique – 1H41 – France
Sortie en salles le 22 novembre 2023

Vincent doit mourir ! Cours Karim, cours…

Vincent doit mourir ! Cours Karim, cours…

« On a tous une part de monstre, de connard en nous… » Karim Leklou

VINCENT DOIT MOURIR !

VINCENT DOIT MOURIR est le premier long métrage mis en scène par Stéphan Castang, comédien et réalisateur de plusieurs courts-métrages très remarqués, JEUNESSES FRANCAISES (2011), PANTHÉON DISCOUNT (2016) et FINALE (2020).

L’Histoire   
Du jour au lendemain, Vincent est agressé à plusieurs reprises et sans raison par des gens qui tentent de le tuer. Son existence d’homme sans histoires en est bouleversée et, quand le phénomène s’amplifie, il n’a d’autre choix que de fuir et de changer son mode de vie.

Nourri par sa passion pour des cinéastes comme George Romero, John Carpenter et Luis Bunuel, VINCENT DOIT MOURIR ne ressemble à aucun autre film dans la production française. Le réalisateur nous propose en effet une œuvre très originale, à la croisée des genres, entre survival paranoïaque, fantastique, burlesque, comédie romantique (eh oui !) et une pointe très salutaire d’ironie. Bref un cocktail original et explosif, mais dangereux s’il n’est pas correctement dosé.
En l’occurrence, Stéphan Castang a parfaitement réussi son coup et trouvé l’équilibre idéal pour nous offrir un palpitant divertissement sur fond de délitement de notre société.

« Chercher de l’empathie ou de la guimauve dés le départ… c’est chiant ! » Karim Leklou

Le réalisateur souhaitait interroger notre indifférence face à la violence en évitant à tout prix de la rendre « fun » comme souvent au cinéma (même s’il dit adorer le cinéma Hongkongais et celui de Tarantino). C’est un sans-faute également de ce point de vue avec une démonstration par l’absurde des capacités que possède l’être humain pour se plonger dans des situations inextricables…

« Il ne faut jamais oublier ça… La troupe, nom de Dieu ! » Stéphan Castang

Pour l’accompagner dans cette aventure singulière, le réalisateur s’est entouré d’une belle troupe d’interprètes avec un casting composé d’acteurs et d’actrices dont on a tendance à dire, par facilité que ce sont des gueules. Ce choix de montrer des personnages aux physiques plutôt « ordinaires » (selon le cinéaste), donne toute sa véracité au film.
Et puis surtout, Stéphan Castang  a fait appel pour les deux personnages principaux, à deux de nos plus enthousiasmants comédiens, Karim Leklou et Vimala Pons.

A propos de Karim Leklou, Stéphan Castang déclare que « c’est un acteur précieux, généreux et qu’il a quelque chose des grands burlesques » … Pour le réalisateur « sur tout le début du film, Karim est dans un corps en réaction mais avec un visage impassible qui peut faire penser à Harry Langdon ou Buster Keaton… » Excusez du peu !
Quant à Vimala Pons, si le réalisateur ne tarit pas non plus d’éloges à son égard, son partenaire de jeu, Karim Leklou va jusqu’à affirmer qu’il n’aurait pas fait le film sans elle, tant il a une admiration « totale » pour la comédienne.  

Le + Cin’Écrans
6 mois après avoir été présenté avec succès et pour la première fois à La Semaine de la critique à Cannes, c’est au Festival du film de Sarlat, à une semaine de sa sortie en salles que nous avons eu grand plaisir à échanger avec Stéphan Castang et Karim Leklou autour de leur excellent VINCENT DOIT MOURIR.
Eh oui d’ailleurs, pourquoi Vincent doit-il mourir ? Réponse… ou pas, par le réalisateur et l’interprète de Vincent…

INTERVIEW STÉPHAN CASTANG & KARIM LEKLOU

VINCENT DOIT MOURIR

Film interdit en salles aux moins de 12 ans
Un film de Stéphan Castang
Scénario de Mathieu Naert
Avec Karim Leklou, Vimala Pons, François Chattot
Fantastique – Drame – Thriller – 1H48 – France
Sortie en salles le 15 novembre 2023

 

Gueules noires, Samuel Le Bihan & Amir El Kacem, au fond du trou !

Gueules noires, Samuel Le Bihan & Amir El Kacem, au fond du trou !

« J’aime sortir de mon confort… » Samuel Le Bihan

GUEULES NOIRES

Avec son troisième long métrage, Mathieu Turi continue d’explorer avec aplomb les méandres d’univers qu’il affectionne particulièrement. En effet, le réalisateur d’HOSTILE et MÉANDRE s’amuse à mélanger les genres pour nous proposer un film d’aventure mâtiné de fantastique, d’horreur et d’un soupçon de gore sur fond de réalisme social.
Un projet atypique et casse-gueule à souhait, quelque part entre ALIEN & GERMINAL

« Des 3 films que j’ai faits, c’est celui qui est le plus proche de ce que je voulais à l’écriture » Mathieu Turi

L’Histoire  
Film interdit en salles aux moins de 12 ans
1956, dans le nord de la France. Une bande de mineurs de fond se voit obligée de conduire un professeur faire des prélèvements à mille mètres sous terre. Après un éboulement qui les empêche de remonter, ils découvrent une crypte d’un autre temps, et réveillent sans le savoir quelque chose qui aurait dû rester endormi…

Si le mélange des genres s’avère par moments un peu improbable, il convient néanmoins de saluer l’audace de son metteur en scène qui a réussi la prouesse d’entrainer avec lui toute son équipe et ses acteurs au fond de la mine, sans jamais avoir recours au moindre fond vert …
Véritable défi technique (saluons ainsi, en particulier, le remarquable travail d’Alain Duplantier, le directeur photo du film), GUEULES NOIRES fait aussi la preuve de l’évidente maitrise formelle de Mathieu Turi, mise au service d’un film d’aventure horrifique plutôt efficace.

 « Ce film-là, je ne risque pas de l’oublier parce qu’il a été très intense… » Amir El Kacem

Le + Cin’Écrans
C’est au cours du Festival du film francophone d’Angoulême, qu’a eu lieu la toute première projection publique de GUEULES NOIRES, en août dernier.
L’occasion pour nous d’évoquer avec le réalisateur et deux de ses principaux comédiens Amir El Kacem et Samuel Le Bihan, la genèse de ce film de genre, de ses enjeux très spécifiques de mise en scène et de son tournage exaltant mais, pour le moins, éprouvant et intense …  

INTERVIEW MATHIEU TURI, AMIR EL KACEM & SAMUEL LE BIHAN

GUEULES NOIRES

Un film de Mathieu Turi
Scénario de Mathieu Turi
Avec Samuel Le Bihan, Amir El Kacem, Jean-Hugues Anglade, Thomas Solivérès, Bruno Sanches, Diego Martin, Marc Riso, Philippe Torreton…
Aventure – Fantastique – 1H43 – France
Sortie en salles le 15 novembre 2023