Les survivants, minimaliste, puissant et captivant !

Les survivants, minimaliste, puissant et captivant !

« C’était une sacrée aventure ! » Guillaume Renusson

Samuel part s’isoler dans son chalet au cœur des Alpes italiennes. Une nuit, une jeune femme se réfugie chez lui, piégée par la neige. Elle est afghane et veut traverser la montagne pour rejoindre la France. Samuel ne veut pas d’ennuis mais, devant sa détresse, décide de l’aider. Il est alors loin de se douter qu’au-delà de l’hostilité de la nature, c’est celle des hommes qu’ils devront affronter…

Coscénariste et réalisateur de la série 3615 MONIQUE (dont les deux saisons sont actuellement disponibles sur OCS), Guillaume Renusson signe avec LES SURVIVANTS, un ambitieux premier long-métrage.

Coup d’essai et coup de maître pour le jeune réalisateur qui, malgré les embûches, est allé au bout de son projet en signant un film à la croisée des genres, entre le film d’aventure, le thriller et le western social. Un long-métrage rescapé de la crise covid, dont le tournage a été interrompu plus de deux mois pour cause de confinement.

« Se faire confiance prend du temps… » Guillaume Renusson

C’est à l’occasion de la présentation des SURVIVANTS au Festival du film francophone d’Angoulême, en août dernier que nous avons rencontré avec grand plaisir Guillaume Renusson.

Nous avons évoqué avec le cinéaste, la genèse du film, son fond et sa forme, les difficultés de réalisation au cœur d’un décor naturel sublime mais rude, sans oublier évidemment ses deux remarquables comédiens, Denis Ménochet et Zar Amir Ebrahimi (prix d’interprétation à Cannes pour sa prestation dans LES NUITS DE MASHHAD) dont l’investissement a été sans faille.

INTERVIEW GUILLAUME RENUSSON

16 ans, l’amour amore…

16 ans, l’amour amore…

« Si on voit le travail, j’ai l’impression qu’on a laissé le prix sur le cadeau ! » Philippe Lioret

Nora et Léo se rencontrent le jour de la rentrée en classe de Seconde. Leurs regards s’enchâssent et tout est dit. Le frère de Nora, manutentionnaire à l’hypermarché local, est accusé de vol et viré sur-le-champ. Le directeur de l’hypermarché c’est Franck, le père de Léo. Les deux familles s’affrontent, les différences s’exacerbent et le chaos s’installe. Les vies de Nora et Léo s’embrasent.

Adaptation contemporaine de la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare, 16 ANS est le 9e long-métrage pour le cinéma de Philippe Lioret.
Comme souvent chez le réalisateur de JE VAIS BIEN NE T’EN FAIS PAS ou LE FILS DE JEAN, c’est au cœur de la cellule familiale et des différences sociales que naissent les conflits et les révoltes qui vont nourrir son histoire.

16 ANS est le tragique récit du quotidien contrarié de deux jeunes gens qui n’aspirent pourtant qu’à une chose : vivre pleinement leur amour naissant.

Cette tragédie shakespearienne revisitée par Philippe Lioret se déroule implacablement, à la manière d’un thriller, sur fond d’amour, d’insouciance de déterminisme social et de patriarcat, sans jamais verser dans les clichés.

C’est à l’occasion de sa présentation en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons évoqué la genèse et la réalisation de ce film intense avec Philippe Lioret et ses deux formidables jeunes interprètes, Sabrina Levoye et Teïlo Azaïs.

INTERVIEW  PHILIPPE LIORET, SABRINA LEVOYE & TEÏLO AZAÏS

La passagère, désir, désirs…

La passagère, désir, désirs…

« La question de la jouissance est au cœur du film… » Héloïse Pelloquet

Chiara vit sur une île de la côte atlantique, là où son mari Antoine a grandi. Ils forment un couple heureux et amoureux. Elle a appris le métier d’Antoine, la pêche, et travaille à ses côtés depuis vingt ans. L’arrivée de Maxence, un nouvel apprenti, va bousculer leur équilibre et les certitudes de Chiara…

« C’est très amusant d’être entre les mains d’une réalisatrice qui sait ce qu’elle veut » Cécile de France

Réalisatrice de 3 courts très remarqués, Héloïse Pelloquet nous livre avec LA PASSAGÈRE, son premier long-métrage, le portrait vibrant d’une femme qui prend son destin en main avec courage, au risque de déplaire.
Ce récit d’un affranchissement est mené avec une grande maitrise scénaristique par Héloïse Pelloquet qui pratique aussi joliment l’art de l’ellipse, jusqu’à la bouleversante séquence finale dont on se gardera bien de vous révéler la teneur.   

Avec la complicité de ses magnifiques comédiens principaux (Cécile de France magistrale, mais aussi Grégoire Monsaingeon et Félix Lefebvre) et de nombreux acteurs non professionnels, la réalisatrice effectue une plongée en immersion dans le quotidien des marins pêcheurs de l’ile.

Et puis surtout, elle filme avec beaucoup d’intelligence et de sensualité, de manière quasi organique, la relation naissante entre Chiara et Maxence, sans jamais l’opposer d’une quelconque manière à celle qu’elle vit avec Antoine, son mari.

LA PASSAGÈRE expose ainsi avec une belle et bienvenue aisance, un point de vue très affirmé sur le désir féminin.  

« Enfin, on nous dit dans un film que c’est possible d’aimer deux personnes à la fois » Cécile de France

C’est à l’occasion de la présentation en avant-première au Festival du film de Sarlat que j’ai eu le grand plaisir d’échanger avec la réalisatrice et ses trois acteurs principaux.  

INTERVIEW HÉLOÏSE PELLOQUET, GRÉGOIRE MONSAINGEON, CÉCILE DE FRANCE, FÉLIX LEFEBVRE

Noémie Lefort, seule contre tous… ou presque, pour l’amour de Julia Roberts

Noémie Lefort, seule contre tous… ou presque, pour l’amour de Julia Roberts

« Julia Roberts, elle me fait du bien ! » Noémie Lefort

Depuis son plus jeune âge, Alex ne rêve que d’une chose : réaliser des films. Mais à Rouen, son quotidien est bien loin du glamour hollywoodien. Surprotégée par sa mère Mathilde, elle espère intégrer une prestigieuse école de cinéma à New York. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et ses rêves sont brutalement brisés. Refusant d’accepter son sort, Alex décide de partir pour la grosse pomme avec l’aide de son excentrique tante Juliette pour un projet fou : donner son scénario à Julia Roberts. Vite rejointes par Mathilde, cette aventure new-yorkaise va marquer pour les trois femmes le début d’une nouvelle étape de leur vie et les rapprocher plus que jamais.

« James Cameron a mis 13 ans à faire Avatar 2, moi, j’ai mis 20 ans à faire Mon héroïne… » Noémie Lefort

Il y a 20 ans à Rouen Noémie Lefort, jeune étudiante en cinéma, réalise CALLING JULIA ROBERTS, un court-métrage qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui veut donner son scénario à la star américaine…
C’est sur un coup de tête et contre l’avis de son entourage et en particulier de sa maman que Noémie Lefort part à New York dans l’espoir de remettre son court et un scénario à la charismatique interprète d’Erin Brockovich.
C’est cet étonnant périple entre la capitale normande et la grosse pomme que raconte MON HEROÏNE. Une histoire « feel good », prétexte à faire aussi le récit d’une relation mère-fille parfois compliquée mais pleine d’amour…   

« Whaou, t’es à Time Square ! » Noémie Lefort

C’est lors de la dernière édition du Festival international du film de Saint-Jean de Luz que nous avons rencontré  Noémie Lefort.
Une réalisatrice enthousiaste dont le tempérament volcanique explique parfaitement comment et pourquoi son incroyable parcours a été possible …

INTERVIEW NOÉMIE LEFORT

La (très) grande évasion… En rire, de peur d’être obligé d’en pleurer !  

La (très) grande évasion… En rire, de peur d’être obligé d’en pleurer !  

« On ne s’interdit rien ! On fait un film de cinéma, on n’a pas de pression économique » Yannick Kergoat

10 ans tout juste après avoir pointé du doigt et de sa caméra les dérives et les perversions d’une presse qui n’a plus d’indépendante que le nom dans LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE (coréalisé avec Gilles Balbastre), Yannick Kergoat récidive dans un cinéma militant et dénonciateur.

Cette fois, c’est aux vicieux mécanismes de la (très) grande évasion fiscale que le réalisateur s’intéresse.
Avec la complicité du producteur Bertrand Faivre et du journaliste d’investigation Denis Robert (coauteur notamment du livre Révélation$ sur l’affaire Clearstream), Yannick Kergoat nous livre une incroyable démonstration des démarches suivies par certains « grands » de ce monde  pour réussir leur évasion fiscale.
Le réalisateur y dénonce évidemment tous ces mécanismes et toutes ces magouilles imaginées par les « puissants », à travers de nombreux témoignages et images d’archives.  Yannick Kergoat procède avec rigueur mais aussi beaucoup de recul et un humour nécessaire afin que le spectateur ne baisse pas les bras et se révolte encore devant tant de cynisme assumé.

« Démontrer, en les remontrant, à quel point les acteurs de ce drame de l’évasion fiscale sont de mauvais génies » Yannick Kergoat, à propos des archives.

Le capitalisme est-il devenu incontrôlable ? De révélations en scandales successifs, l’évasion fiscale est devenue un marronnier médiatique et l’objet d’un concours de déclarations vertueuses pour les politiques. Alors que les multinationales et les plus riches ont de moins en moins de scrupules et de plus en plus de moyens à leur disposition pour échapper à l’impôt, pour nous, simple citoyen, les politiques d’austérité s’intensifient et les inégalités explosent. On voudrait nous faire croire que les mécanismes de l’évasion fiscale sont incompréhensibles et qu’elle est impossible à endiguer… Il ne nous reste alors que nos bulletins de vote, notre déclinant pouvoir d’achat et nos yeux pour pleurer. À moins que l’on puisse en rire malgré tout.

« On y croit encore, on croit que ça peut changer un peu les choses… » Yannick Kergoat

C’est au Festival du film de SarlatLA (TRÈS) GRANDE ÉVASION était projeté en avant-première que Yannick Kergoat est revenu pour Cin’Ecrans sur ce film pensé et écrit pour le cinéma.
Le résultat est édifiant… et actuellement en salles !

INTERVIEW YANNICK KERGOAT