Ecrire une comédie musicale ? C’est un exercice qui te tente, dont tu as déjà rêvé ?
Oui, oui ! Là récemment, Arnaud Viard (ndlr, acteur et réalisateur, CLARA ET MOI, JE VOUDRAI QUE QUELQ’UN M’ATTENDE…) m’a demandé une chanson pour son film qu’il voulait justement chanter façon “comédie musicale” et c’est toujours un truc qui fait envie.
Après, il faut vraiment bien savoir le faire. Récemment, il y a eu des bourses d’aide pour les comédies musicales et du coup tout le monde en a fait (sourire) Mais il y a eu aussi ce truc de vouloir faire, dans certains films, le son en prise directe et ça c’est une bonne idée parce que c’est ça aussi qui fait la différence.
Quand c’est vraiment réussi comme dans LA LA LAND, c’est impressionnant. C’est un film que j’ai revu à cause de mes enfants, entre guillemets. La première fois, je n’étais pas forcément convaincu, je trouvais ça justement un peu fabriqué mais en le revoyant, la mécanique est vraiment très, très bonne. Tu passes d’un plan à un autre, c’est impressionnant. Mais c’est une petite usine à gaz quand même…
Comment as-tu vécu cette longue période de pandémie ? La musique est-elle une aide précieuse dans une telle situation ?
Oui car quand tu crées des trucs dans ton coin, tu es quand même mieux, tu n’es pas dans l’attente permanente, donc tu peux utiliser ce temps pour toi. Je n’ai pas besoin que quelqu’un m’envoie des musiques ou qu’on m’appelle pour jouer.
Après il y a toute une période où on était tous un peu bloqués, à ne pas y arriver, surtout sur le premier confinement. Mais j’ai fait pas mal de trucs liés à la photo, notamment pour la galerie Polka avec qui je travaille. On a sorti un livre après le premier confinement et puis j’en ai refait un autre avec Claude Nori, un photographe que j’aime beaucoup, et qui sort là pour Arles (ndlr, Arles, les rencontre de la photographie jusqu’au 26 septembre) J’ai aussi un peu écrit…
J’ai la chance d’avoir quand même pas mal tourné mon spectacle juste avant le premier confinement, mais on a ensuite pu refaire quelques doubles dates comme à l’Olympia en jouant deux séances le même soir. C’était assez excitant mais particulier parce que tu manques de repères et puis énergétiquement, le début du deuxième concert est très spécial. Tu rentres sur scène et tu te dis “ah oui, donc là, il n’y a vraiment personne qui était là il y a 20 minutes pour voir que tout le monde était debout ! » Il faut tout recommencer à zéro et ça c’est très bizarre (rire)
Sinon, et c’est là où j’ai un discours un peu différent d’autres gens. Je pense que s’il faut que tout le monde reste enfermé chez soi, à un moment donné pour qu’un truc s’en aille, ben voilà, faisons-le ! Quand tu es musicien, chanteur, tu n’es pas plus nécessaire à la société que… que plein d’autres trucs quoi ! En fait, je trouvais ça un peu choquant, des fois, que les artistes se positionnent en disant “c’est scandaleux qu’on ne soit pas considérés comme essentiel !”
Moi, je me disais “S’il y a moins de décès parce qu’on reste chez nous à ne pas chanter, eh bien restons chez nous quoi !” La question était un peu vite réglée, mais j’avoue que je n’ai pas beaucoup pris la parole du coup, pendant le confinement, parce que tout le milieu culturel n’était pas là-dessus mais plutôt sur l’idée “Que seriez-vous sans la culture, sans nous ? On est tellement important pour vous…”
Bon, je sais que c’est important, sinon je ne ferais pas ce métier là et je prends ça très au sérieux quand j’ai un concert à faire. Mais, en dernier ressort, je crois qu’on peut aussi s’arrêter un temps. Je crois qu’il y a juste plein de gens qui aiment trop être sur scène et qui ne supportent pas de devoir s’en passer, tout simplement ! Ce que je comprends car c’est super d’être sur scène, mais il y a des fois, des cas de force majeure et c’en était un !

Quels sont tes projets ?
L’année prochaine, ce sera les 20 ans du premier disque donc je referai un passage à l’Européen (ndlr, salle parisienne du 17eme arrondissement) où j’avais commencé et je sortirai, sans doute, un ou deux albums, voilà ! C’est encore en train de se mettre en place, mais ce sera une année chansons et cette année je reste dans mon coin. C’est d’ailleurs très agréable ce côté où tu prépares le truc dans ta chambre et à un moment donné c’est prêt ! Tu dis “Ca y est, c’est prêt, vous pouvez tous rentrer, je vais vous montrer ! ” On a cette vie-là et ça c’est un grand plaisir !
Propos recueillis le jeudi 24 juin, à l’occasion de la première édition du Festival Soeurs Jumelles à Rochefort.