Les éléphants dans la brume – Mystérieux et fascinant !

Un film d’Abinash Bikram Shah
Scénario d’Abinash Bikram Shah
Avec Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma…
Drame – Népal / France / Allemagne / Brésil / Norvège – 2026 – 1h43
Sortie en salles le 23 septembre 2026

L’histoire
Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l’une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l’enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Présenté à Cannes en mai dernier, LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME, premier long-métrage du cinéaste népalais Abinash Bikram Shah, y a obtenu le Prix du Jury Un Certain Regard.

Le cinéaste qui dit avoir été touché par la résilience des membres de la communauté kinnar* et leur notion de la famille qu’on se choisit, pose un regard fort et singulier sur la marginalité de genre au Népal.
Un regard éloigné des poncifs occidentaux, qui questionne avec réalisme, mystère et poésie, la fragilité des droits et des identités.

Les femmes dont le film nous raconte le quotidien au cœur de cette communauté vivent ainsi en harmonie avec les villageois et participent aux battues nocturnes en forêt pour effrayer les éléphants, jusqu’au jour ou…

LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME se dévoile comme une sorte d’utopie communautaire protectrice avant de basculer vers une forme de thriller intimiste et moral, au moment où Pirati (Pushpa Thing Lama), doit affronter son destin. Avec un choix cornélien à résoudre pour elle, entre son profond désir d’émancipation amoureuse et son devoir de tutelle, de sororité envers les filles de sa communauté.

Par la précision de ses cadres et son sens du récit qui dévoile avec parcimonie les enjeux de survie de la communauté, le réalisateur insuffle à son film un humanisme universel tout en l’ancrant dans les réalités locales sud-asiatiques.

Il convient aussi de saluer le remarquable travail de Noé Bach, le directeur de la photographie (à l’œuvre également sur LA VIE D’UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet) qui apporte au film une grande partie de sa beauté plastique et son mystère.
On se souviendra ainsi longtemps des séquences au cœur de cette forêt obsédante qui entoure et hante le village.   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

* Nom d’une communauté traditionnelle népalaise de femmes transgenres ayant fait vœu de chasteté, vénérées pour leur pouvoir spirituel.

A PROPOS DE CIN’ÉCRANS…

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